COR.NIL ET RANVIER. — H
avec le lissu de soutènement (Yan der Stricht). On trouve dans ces éléments trois parties :
Un périplasme ; Un corps; Un noyau.
Le périplasme est la bordure même du corps de l'élément figuré. Il est dense et s'étire en prolongements ramifiés, anamostosés entre
eux et avec le réticulum conjonctif (Yan der Stricht).
Le corps est formé par un protoplasma, tantôt basophile, tantôt acidophile. Aussi, après coloration par l'éo-
■^ sine orange toluidine, ce protoplasma
g> est-il uniformément rose, ou sablé
'^^"' ^ '' --^m-f • d'un piqueté violet sur fond rouge.
**-|p Tous les intermédiaires existent
Va
Sr
/■'>— ^^#» entre la teinte rosée et la coloration
bleu foncé du corps de ces éléments,
' ' ce qui indique une variabilité consi-
„ ,,„ , , . dérable dans les affinités tinctoriales
MO. IdU. — Va, vesiculo adipeuse ; Mejn,
mcgacaryocyte relié au réticulum cou- dU protoplasma. Quaut aU nOyaU, il jonctif de la moelle par des fdamcnts , , • , i -i-, > , i-
irradiant de sa bordure périplasmiquc. prCSentC UUC instabilité CXtraOrdl-
'*''"'^*'" naire. Il s'incurve, s'enroule sur lui-
même, se pelotonne, il est tantôt très clair, tantôt très foncé, car la chromatine y apparaît en proportions variables.
Quels que soient ces changements d'aspect du noyau, il conserve les mêmes caractères fondamentaux. C'est l'existence de grêles et courts connectifs reliant les renflements nucléaires. C'est un état arborisé de la chromatine tel que celle-ci forme une série de ramifications terminées par de petits renflements arrondis. Ainsi apparaissent des sortes de grappes rattachées à une tige chromatinienne qui court le long du noyau, qui passe d'un renflement à l'autre en suivant les connectifs nucléaires.
En un mot, les mégacaryocites sont des cellules
, , ,Y^■ \ 1 • FiG. 131. — Mégaca-
composees a noyau bourgeonnant (Bizzozero) de- ryocyte, karyokicomposable en segments dont chacun équivaut à un nèso au début (Kar-
' " ^ nianski).
noyau ordinaire.
Ces noyaux restent enchaînés par continuité de substance, et de même le corps énorme qui les inclut équivaut à plusieurs corps cellu-
LE MÉGACARYOGYTE 595
laires qui resteraient indivis. Si le noyau en boudin du mégacaryocyte représente une collection de noyaux, si cet élément renferme des centrosomes et des sphères attractives, nous devons y trouver plus de deux sphères attractives. Tel est le cas et M. Julius Arnold l'a remarquablement mis en lumière. Ici les sphères attractives dépassent non seulement le chiiïre de deux, mais même celui de quatre.
Quelles sont les attributions physiologiques de ces éléments?
Jouent-ils un rôle important dans la confection de l'appareil de soutènement, en raison de leurs anastomoses avec les éléments du tissu conjonctif, comme le veut Denys?
Sont-ils des macrophages?
Sont-ils destinés à se changer en certains des myélocites dont nous allons parler en individualisant leurs noyaux et en découpant leur protoplasma (Saxer)? Sont-ils capables de former des hématies (Foa et Salvioli)?
Ce sont là autant de questions auxquelles on ne saurait répondre d'une façon absolument affirmative.
Modes de reproduvtion. — Les mégacaryocytes se multiplient surtout par division directe et indirecte.
Dans le premier cas, le noyau se replie sur lui-même en lobes complexes. Il prend l'aspect d'une haltère dont les deux extrémités seraient frangées. Peu à peu le pédicule de l'haltère s'amincit, tandis que les extrémités élargies s'écartent de plus en plus l'une de l'autre.
La division indirecte étudiée par Gornil, Demarbeix, Denys, est multipolaire (1).
La chromatine du noyau s'organise en un immense ruban pelotonné, puis secondairement s'établissent les divers stades de la division multipolaire.
Origine et évolution. — Suivant la remarque de Van der Stricht, de Saxer, de Pappenheim, pour citer quelques auteurs qui se sont occupés de l'origine des mégacaryocites, ceux-ci procèdent d'éléments mononucléés dont la taille n'excède pas celle des grands myélocytes ordinaires.
11 semble que deux variétés de cellules, formes originellement différentes, se transforment en mégacaryocites.
Les unes ont un grand noyau à bordure protoplasmique basophile
(1) D'après Julius Arnold, ces cellules se diviseraient par fragmentation indirecte. Cornil et Denys ont déuiontré que le processus en question se ramenait au phénomène de la karyokinèse.
et homogène, extrêmement mince, environnant un grand noyau clair; les autres ont un protoplasma clair ou acidophile.
Quoiqu'il en soit, le noyau de ces éléments primitifs ne tarde pas à se lober, à bourgeonner (Bizzorero), tandis que leur chromatine devient arborescente.
En même temps leur corps s'accroît et contracte avec le tissu conjonctif les attaches particulières dont nous avons parlé.
En effet, ces cellules étaient dépourvues de toute entrave à cette période de leur évolution où elles ressemblaient à de gros mononucléaires à noyau arrondi à corps dépourvu de granulation.
2° Les hématies nucléées ou éléments spécifiques du tissu niyéloïde de la série hémoglobinifère (Malassez).
Les cellules hémoglobinifères, sont caractérisées, avons-nous dit, par l'existence d'hémoglobine répandue dans leur corps à l'état de diffusion.
Elles sont représentées par les types suivants : 1" normoblastes ; 2" mégaloblastes; 3" microblastes (Ehrlich); 4" hématies à large noyau.
Fin. i:>2. — Norraoblaste. FiG. 133. — Mégaloblaste. FiG. d34. — Microblaste.
(Gillot.) (Gillet.) (Gillet.)
1° Le normoblaste est l'hématie nucléée dont la taille est égale à celle des globules rouges normaux et dont le protoplasma offre les mêmes affinités que celui de ces derniers éléments. Son noyau est singulièrement opaque (1). Supposons qu'une telle cellule expulse son noyau, elle deviendra un globule rouge ordinaire (Rindfleisch). En effet, exception faite en ce qui concerne la présence d'un noyau, ses caractères objectifs, physiques et chimiques permettent de l'identifier aux hématies ordinaires.
Les normoblastes sont ici les plus nombreux des représentants de la série hémoglobinifère.
(Ij A vrai dire, le noyau du normoblaste n'est pas absolument compact à toutes les phases de son évolution. Mais les interstices séparant les travées de sa chromatine, interstices très minimes, se réduisent d'autant plus que cet élément vieillit. Finalement, les travées de ciiruniatine deviennent cohérentes.
LES CELLULES P.OUOES 597
2° Mégaloblastcs. — Ces hématies nucléées sont de dimensions trois ou quatre fois supérieures à celle des normoblastes. Leur noyau présente aussi une grande affinité pour les colorants basi(|ues, mais des espaces vides s'y montrent sous forme de brisures claires et radiées, droites ou curvilignes. En réalité, ce noyau n'est pas fissuré, c'est une sphère treillissée dont la chromatine est très dense.
Les mégaloblastes sont rares à l'état normal dans la moelle rouge du Jeune lapin.
3" Le MiCROBLASTE est une hématie nucléée naine, figurant en proportions très faibles dans le tissu myéloïde.
4" La moelle rouge du lapin renferme un quatrième élément hémoglobinifère vu par M. Malassez. Sa taille est égale, tantôt à celle d'un normoblaste, tantôt à celle d'un mégaloblaste, mais le noyau en est énorme et le disque protoplasmique en est réduit à une bordure très mince. Appelons-les simplement les hématies nucléées à gros noyau.
Modes de reproduction. — Les hématies nucléées se reproduisent dans la moelle par division directe et indirecte.
La division directe est un fait rare. Le corps se divise. Le noyau s'étrangle en son milieu, prend la forme typique d'une haltère. Chacune des boules de l'haltère est coiffée par une calotte hémoglobinifère qui est le corps cellulaire. Le mince connectif nucléaire d'union se rompt. La division est faite.
La karyokinèse des globules rouges a été reconnue il y a fort longtemps (Bizzorero-Lovitt). Elle donne lieu à des figures bizarres, contournées, asymétriques, à chromatine très condensée.
Origine et évolution. — Au point de vue de l'ordre de la succession embryogénique, les normoblastes ont apparu après les mégaloblastes.
Les normoblastes dérivent-ils des mégaloblastes ? Les mégaloblastes procèdent-ils au contraire des normoblastes? Cette question, fort simple au premier abord, n'est pas encore résolue. Quoi qu'il en soit, chacun de ces éléments figurés peut se transformer en une variété d'hématie sans noyau, de taille correspondante.
Supposons que normoblastes et mégaloblastes soient irréductibles les uns aux autres au point de vue de la filiation, nous n'en aurons pas moins à suivre l'évolution de ces éléments envisagés en particulier. Or il semble indiscutable que chacun de ces types définis de cellule hémoglobinifère présente les transformations suivantes.
Si on étudie le tissu myéloïde en utilisant la coloration par éosineorange-toluidine, on trouve tous les intermédiaires entre des
hématies nucléées à protoplasma franchement basophile et des hématies nucléées de même type franchement acidophiles (orangeophiles).
Or le corps de ces éléments est d'autant plus chargé de substance basophile que leur phase d'évolution est moins avancée. Quand celle-ci s'accomplit d'une façon régulière, l'élection pour les colorants acides est plus particulièrement marquée pour l'orange que pour tout autre colorant au moment où la cellule hémoglobinifère va perdre son noyau. En cela, le corps des cellules rouges s'identifie à celui des globules rouges ordinaires, qui est essentiellement orangeophile.
Voyons les formes de passage : 1" il est des hématies nucléées à protoplasma coloré en gris bleu ou en violet par action combinée d'éosine, d'orange, de bleu, de toluidine. Ces cellules (qui correspondent sans nul doute aux érythroblastes incolores de Lowitt) ne semblent pas encore renfermer d'hémoglobine; 2" il est des hématies nucléées dont le protoplasma se teint, quand il est mis en présence des mêmes colorants, en violet rouge sombre. Elles présentent donc une affinité tinctoriale mixte, à la fois acidophile et basophile (polychromatophilie, Gabritchewski). Elles renferment alors de l'hémoglobine, substance acidophile, mélangée à la substance primordiale basophile ; 3" il est une série d'hématies nucléées qui se teintent de moins en moins en violet, de plus en plus en orangé rouge, puis en orangé pur. Ce sont là des formes mûres (Engel) pour la transformation en globules rouges ordinaires qui sont orangeophiles (1).
Le passage des hématies nucléées à l'état de globules rouges sans noyaux est le dernier stade de leur évolution. Mais ce changement se produirait suivant des processus différents.
Mégaloblastes. — Le noyau du mégaloblaste disparait par fonte et cet élément mue en un globule rouge de taille anormale par sa grandeur : mégalocyte (Ehrlich). A l'état normal, les mégaloblastes ne se transforment pas eu hématies anucléées. Ce rôle est essentiellement dévolu aux normoblastes (Ehrlich).
Nornioblastes. — A une période avancée de son évolution le normoblaste expulse son noyau (Rindfleisch, Howell, Van der Stricht), Cet élément devient alors un globule rouge ordinaire (normocyte).
Microblastes. — Par le même mécanisme, les microblastes se
(1) Nombreux sont les auteurs qui admettent que les hématies nucléées sont primitivement dépourvues d'hémoglobine; à commencer par Warthon Joues, Van der Stricht, Neumann, Lovitt, Denys. Tel n'est pas l'avis de Bizznrero, Torrc, Saivioli, Aly. La question me semble tranchée dans le sens où je l'ai exposée.
LES CELLULES lîOUf.ES 599
transformeront en hématies naines (microcytes). A l'état normal, les microblastes figurent en proportions insignifiantes dans la moelle.
Hématies nucléées à large noyau. — Supposons que le noyau de ces éléments s'échappe, ils deviendront des globules rouges à large ombilic à rebord discordai, mince.
Mais il est un autre processus en vertu duquel les hématies nucléées peuvent donner naissance aux globules rouges et il a été découvert par M. Malassez. Cet auteur a vu le protoplasma des cellules rouges de grande taille bourgeonner. Le bourgeon atteint peu à peu la taille d'une hématie ordinaire, puis se détache pour former un globule rouge.
A l'état normal, les globules rouges naissent dans la moelle du lapin essentiellement en vertu de l'expulsion du noyau des norinoblastes.
Que dans les mêmes conditions les mégaloblastes soient fonctionnellement inactifs au point de vue hémopoiétique, voilà qui me paraît à peu près certain, et en cela je m'accorderai avec M. Ehrlich qui refuse à ces éléments une participation à la genèse des globules rouges par fonte de leur noyau à partir de la fin de la vie intra-utérine. Inversement, à rencontre de l'opinion de cet auteur, on doit les inscrire parmi les cellules hémoglobinifères du tissu myéloïde normal chez les animaux adultes eux-mêmes.
;^ Les Myéloq/tes (1).
(Elirlicli. Kurlow, Utheman, Denys, Muir, etc.)
Les myélocites sont des mononucléaires souches de polynucléaires neutrophiles, éosinophiles ou à types de Mastzellen. 11 est bien entendu que les mononucléaires dont nous parlons ne doivent pas être confondus avec les mononucléaires ordinaires du tissu lymphoïde qui sont dépourvus de granulations et dérivent essentiellement des follicules clos des ganglions, du tractus gastro-intestinal, des corpuscules de Malpighide.
Les myélocytes sont des mononucléaires renfermant des granulations spécifiques ou aptes à les fabriquer, ils se développent de préférence dans le tissu de moelle rouge, ils donnent naissance, ainsi que nous l'avons dit, aux trois grandes variétés de polynucléaires granuleux du sang.
(1^ Cellules médullaires île Curnil, leucoblastes do Lovitt, Van dor Striclit.
Ces myélocytes, suivant la nature des microsomes spécifiques qu'ils élaborent, sont les :
Myélocytes amphophiles; Myélocytes éosinophiles ; Myélocytes à types de Mastzellen.
Myélocyte ampliopliile.
Morphologie. — Les myélocytes amphophiles sont caractérisés par la présence de la granulation [3 qui offre, au point de vue tinctorial, une affinité complexe et que l'on a désignée sous les noms de granulation amphophile, granulation neutrophile, granulation pseudo-éosinophile.
Abordons l'étude de cette granulation.
Que signifie cette expression : amphophile? Elle implique une affinité double dissociée pour les colorants acides, pour les colorants basiques.
Les microsomes en question ou [3 seront donc teintés par les colorants acides, tels que l'éosine, par les colorants basiques, tels que les bleus polychromes ou de toluidine. Ainsi l'éosine les colorera en rouge, le bleu polychrome les teindra en violet.
Que l'on fasse agir l'un après l'autre l'éosine par exemple, puis un bleu basique, la coloration définitive sera le rouge violet, parce que les deux teintures acide et basique surajouteront leur action sur la granulation.
Si l'affinité pour le colorant acide l'emporte sur l'affinité pour le colorant basique, c'est la teinte rouge qui prédominera. Aussi a-t-on dénommé la granulation amphophile : pseudo-éosinophile. Ceci veut dire que, malgré sa dilection pour les colorants acides, on doit la différencier du vrai microsome acidophile, ou granulation éosinophile proprement dite, comme nous le montrerons plus bas.
Les myélocytes amphophiles se présentent sous l'aspect de mononucléaires de taille variable. Leur diamètre oscille entre 15 et 25 [x, leurs corps est semé de granulations spécifiques, au milieu desquelles est plongé le noyau. Celui-ci est volumineux, arrondi et clair. Un ou deux grains de chromatine en occupent le centre, quelques minuscules karyosomes sont disposés en couronne à sa périphérie. Un fin treillis chromatinien réunit entre eux les chomosomes centraux et périphériques. Ces fins détails de structure ne peuvent être saisis que par l'emploi des procédés spéciaux (dissociation; fixation par iodochlorure de mercure iodé; colorants nucléaires, etc.),
LES MYÉLOCYTES oOl
En général, sur les coupes, le noyau présente l'aspect indiqué dans les planches (1).
Quant aux granulations du corps cellulaire, elles ne présentent pas toutes le même aspect, car, suivant la prédominance de l'affinité basique ou de l'affinité acide, elles seront les unes violettes, les autres violet rouge. Ehrlich a remarqué que l'affinité basique de ces microsomes tendait peu à peu à diminuer au prorata de leur vieillissement. Alors l'affinité acide l'emporte sur l'affinité basique, à l'inverse de ce qui existe dans la granulation nouvellement formée (2).
Michaëlis et Chabot ont décrit dernièrement des centrosomes dans ces myélocites.
Modes DE reproduction. — Ils sont au nombre de deux: division directe, division indirecte. Je n'insiste pas davantage sur ce sujet.
(1) Les meilleurs procédés de fixation pour étudier la strnctuio fine de ces noyaux me paraissent être : l" la fixation par les vapeurs d'acide osmique en solution à 2 grammes pour 100 et chaufîée: 2" l'immersion durant deux ou trois secondes dans une solution de bicliloriire de mercure iodoclihu'uré iodé.
Les meilleures fixations sont obtenues par l'utilisation de tniltis de moelle non desséchés.
La fixation par les vapeurs d'acide osmique, telle que je l'emploie, est une modification du procédé de Malassez. JoUy a préconisé récemment l'utilisation du liquide de Flemming fort.
(2) La granulation du myélocyte souche des polynuch'-aires ordinaires du la|)in différerait de la granulation du myélocyte homologue de l'homme. En efiet, la première serait amphophile, la seconde serait neutrophih' (Ehrlich).
Que signifie ce terme de ueutrophile ? Il imlique d'une part une aptitude à la coloration par les mélanges neutres, et d'autre part, l'incapacité de retenir les matières colorantes acides ou basiques employées isolément.
Le fait est que le mélange neutre d'Ehrlich, dénommé cependant triacide d'Ehrlich, est un admirable colorant de la grantilation e. Ici, les composants orange 0. -fuchsine, acide vert de méthyle s'équilibrent <à peu près de façon à constituer un mélange tinctorial neutre.
Celui-ci donne d'une façon très élective à la granulation e une coloration violette, qui est celle du mélange dilué.
En réalité, il n'y a pas lieu de distinguer d'une façon absolue la granulation dite amphophile du lapin ou de la granulation dite neutrophile de l'homme ou s.
Je ferai remarquer : 1° que la granulation du lapin se teinte de violet par le triacide d'Ehrlich à la façon de la granulation a. Elle serait donc à ce point un microscmie neutrophile.
Inversement, la granulation e est un microsome amphophile comme la granulation p. Ainsi que Jolly l'a remarqué, elle peut être teintée de rose jiar l'éosine couleur acide. Ainsi que j'ai pu m'en assurer, elle est teintée de violet par les bleus basiques, à la manière de la granulation j3 au moment où elle vient de se former.
Il n'y a donc, dans les myélocytes souches de polynucléaires ordinaires de l'homme et du lapin, qu'une variété de granulation, une granulation amphophile. Mais la granulation amphophile de l'homme est plus petite que celle du lapin, elle perd très rapidement son affinité basophile. son affinité pour le mélange neutre d'Ehrlich est plus marquée que pour tout autre colorant.
Kanthack et Hardy n'admettent pas l'existence de granulatiims neutrophiles. Les microsomes seraient les uns basophiles, les autres oxyphiles (acidophiles),
r,0-2 LE SANG ET LE ROLE HÉMATOPOIÉTIQUE DE LA MOELLE OSSEUSE
Divers auteurs, Julius Arnold, Marwedel ont décrit ces processus faciles à constater. J'attire l'attention sur les points suivants :
Des cellules blanches, douées de la propriété d'élaborer des granulations spéciales, se multiplient dans la moelle osseuse sans perdre leurs niicrosomes spécifiques. Ainsi est assurée la perpétuité d'un groupe cellulaire dont les représentants élaborent des granulations amphophiles.
Mais le renouvellement de ces myélocytes peut être assuré par un autre mécanisme.
Nous sommes amenés à envisager l'origine et l'évolution du myélocyte à granulations amphophiles, et de ce fait à aborder l'histoire du mijélocyte basophile.
Fir.. 13."). — (Bleu iJulvilirumc). 1, 2, :}, i, myôlooytos basophiles de taille gradiielloiiK'iil irulssanle; 5 ot 6, myclorytes basopliiles se chargeant île gianiilations amphopliilrs (Gillot).
Origine et évolution des myélocytes à granulations amphophiles. Myélocyte basophile. — Le myélocyte basophile. — Voici un mononucléaire de taille variable, identique ou inférieure à celle des myélocytes neutrophiles. Son noyau ne peut être diflérencié de celui de ces derniers éléments. Inversement, son corps se distingue, à première vue, de celui des myélocytes granuleux, en raison de l'absence de granulations amphophiles (1). Ainsi apparaît une cellule à grand noyau clair serti par une bordure basophile homogène plus ou moins large. En réalité, l'élément en question est un myélocyte amphophile en puissance. Il devient un myélocite amphophile en raison de l'acte suivant : son protoplasma élabore des granulations amphophiles. Limitées d'abord à un point circonscrit du corps du myélocyte basophile, elles envahissent peu à peu la totalité de celui-ci.
Multiplication et origine du myélocyte basophile (2). — Les myélo-
(1) C'est 11' myélocyte sans granulations d'Elirlich, d'Engel, de l'appcnhcini, tl'Hirsi'ii- M<\. Ce dernier autinir a signalé la prédominance de ces myélocytes dépourvus de granulations dans la moelle des jeunes mammifères.
ii) Cet élément présente un aspect tellement particulier, en raison de la coluraliim fortement basophile de son protoplasma et de la teinle claire de son noyau (après roloration par éosine-orange-toluidinblau), que je l'ai dénommé myélocyte basophile.
Ce terme pourrail prêter à confusion, puisque le myélocyte à type de ilastzelle est appelé un élément basophile par Ehrlich et Denys...
Nous verrons que la Mastzelle est une cellule gramdeuse, dont les granulations sont teintées mélachroinatiquemenl en violet par les bleus basiques.
Le myélocyte basophile dont nous parlons est une cellule dépounnie de ijvanul"twn>t, dont le protoplasma homogène est teinté orthochromat iquement en bleu foncé par les tileus baxkjHes. On pourrait l'appeler myélocyte ortho-basophile, pour éviter la confusion terminologique avec la Mastzelle.
LKS MYfiLOr.YTES 003
cytes basophiles se multiplient dans la moelle osseuse par division directe et indirecte. La perpétuité du groupe est donc assurée dans la moelle survant le même mécanisme que celle des myélocytes à grains amplîophiles (formes d'évolution plus âgées des éléments en question).
D'où procèdent les myélocytes basophiles ordinaires? De mononucléaires plus petits offrant les mêmes caractères.
Une mince bordure protoplasmique basophile sertit un noyau arrondi et clair, ponctué d'un ou deux grains de chromatine centraux.
Les plus exigus de ces éléments ont la taille des lymphocytes ordinaires.
Mais ici, la minime cellule présente des attributs qui sont justement ceux des myélocytes basophiles ordinaires : un noyau clair, une bordure protoplasmique basophile et homogène.
Que trouvons-nous, en fin de compte, en deçà du petit myélocyte basophile? Une minime ,.|g ,150. Myéiocyte basocellule à noyau arrondi, cellule indifférente, l'i'iie so chargeant ,ie
J ' ' granulations amplîophiles.
cellule embryonnaire des anciens auteurs. (u existe à la partie supé-
rieure du noyau une ligne
Ainsi le myélocyte basophile de taille minus- ombrée par un trait bien cule est-il à l'un des bouts d'une chaîne dont '^"''"'^ par erreur. Giuct.) l'autre bout est occupé par le myélocyte à granulations amphophiles. Cette chaîne est décomposable en deux moitiés, formées chacune de chaînons différents à première vue.
En quoi consistent ces différences? Les chaînons sont dans l'une des moitiés de la chaîne des leucocytes dépourvus de granulations; dans l'autre moitié, ce sont des leucocytes pourvus de granulations amphophiles. Où est placé le raccord? Il est là où le myélocyte basophile se charge de granulations amphophiles (1).
Il nous reste donc à étudier la deuxième moitié de la chaîne, celle dont les chaînons sont des leucocytes granuleux ; à suivre, en un mot, l'évolution ultérieure des myélocytes amphophiles; à nous occuper de leur transformation en polynucléaires.
Evolution et transformation des myélocytes amphophiles. — Les myélocytes amphophiles sont destinés à se transformer en polynucléaires amphophiles, suivant un mécanisme mis en existence par Kurlow et Ehrlich.
Il consiste en une modification progressive de noyau qui s'iacurve
(It Nœ?;''li, dan» un travail paru en mai 1900, a décrit sous le nom de luyéloblastcs les éléments que j'appelle myélocytes basophiles. Ce travail a été précédé par les recherches d'Hirschlcld (1898), l(!S niienues ^1899) et celles de PappeiiheiiiMl899) sur le même sujet.
fi04. LE SANG ET LE ROLE HÉ MATOPOÏÉTIQUR DE LA MOELLE OSSEUSE
en formant d'abord un U dont les branches présentent ensuite des amincissements et des renflements alternativement disposés. Ainsi se constitue le polynucléaire amphophile, le dernier terme de cette longue évolution, dont nous récapitulons la marche :
1° Une cellule indifl'érenciée, dite embryonnaire, revêt les caractères d'un petit myélocyte basophile; 2° ce petit myélocyte basophile grandit, acquiert la taille d'un myélocyte amphophile; 3» le myélocyte basophile se charge de granulations amphophiles ; 4» le myélocyte à grains amphophiles peut découper son noyau et devenir un polynucléaire à grains amphophiles.
.i*;iTl.;'
FiG. 437. — l, myélocyte amphophile à noyau arrondi; 2, myélocyte amphophile à noyau cylindrique; 3, 4, 5, polynucléaires amphophiles (Gillet).
Telle est la modalité la plus simple des transformations successives de la cellule primordiale destinée à muer en un polynucléaire ordinaire. Nous en avons établi la figuration suivant une série linéaire.
Mais celle-ci est parfois plus compliquée :
a. Les myélocytes basophiles peuvent être la souche d'autres myélocytes basophiles qui se transformeront à leur tour en myélocytes amphophiles.
b. Les myélocytes amphophiles ordinaires deviennent des myélocytes amphophiles de grande taille qui donnent naissance à des myélocytes de taille ordinaire se transformant en polynucléaires amphophiles.
Alors l'évolution d'une des cellules primordiales sera divergente, la figuration en sera complexe.
Myélocytes éosinophiles.
Les myélocytes éosinophiles sont caractérisés par la présence de la granulation éosinophile d'Ehrlich, ou granulation a.
On a cherché à identifier complètement, pendant ces dernières années, les deux variétés de granulations p et a. Cette manière de voir est la cause de déplorables confusions. Avec Ehrhch, Kurlow, Engel, Kanthack et Hardy, Jolly, Levaditi, etc., je continuerai à affirmer que la granulation a doit être différenciée, au point de vue morphologique, de la granulation amphophile du lapin.
LES MYÉLOCYTES 605
Je donne, en un tableau sommaire, quelques-unes de leurs différences.
Granulation amphophile ou e. Granulation a, dite éosinophile.
Grains plus ou moins réguliers, Sphérules arrondies relativement
petits. volumineuses.
Détruites par les solutions acides Résistent aux solutions acides
(Ehriich). (Ehrlich).
Ne renfeiment pas de fer. Contiennent du 1er (Barker).
Réactions tinctoriales : Réactions tinctoriales :
Bleus basiques. — En violet. En vert clair.
Eosine orange. — En rouge vif. Orangé rouge ou orangé pur.
Éosine orange-toluidine. — En vio- Orangé rouge ou orangé pur. let rouge. Orangé brique rouge ou orangé
Triacide. — En violet. pur (1).
Ces réactions sont d'une remarquable précision après fixation par l'iodochlorure de mercure iodé (Dominici).
Fie. 138. — 1, rayélocyte éosinophile; 2, polynucléaire éosiuopliile. Les granuhitions « apparaissent sous l'aspect de sphérules vert clair (Gillot).
Ainsi, si le terme d'éosinophile est mauvais en soi pour qualifier la granulation a, celle-ci n'en est pas moins différente de la granulation 2 ou p, comme l'avait justement écrit M. Ehrlich.
Je n'insiste pas davantage sur la morphologie de ces éléments. De même que les myélocytes amphophiles, ils sont de taille différente, ils se reproduisent de façon identique.
Reproduction et modes de division. — Division directe et indirecte, telle est la norme et les détails abondent concernant la karyokinèse (le ces myélocytes. Je ne saurais mieux faire que de renvoyer au travail de Jolly sur ce sujet.
Origine et érolutioii du ntyélocijte à granulations a. — Le myélo-
(1) Ccpcrulant il est des gi;miil;Uioiis a qui se teintent en bleu loncé parle bleu polychrome. Elles sont alors basophiles ! En réalité les niicrosomes présentant cette réaction sont les granulations nouvellement formées. Toute granulation récemment élaborée peut être basophile (Etirlicli). C'est là un état transitoire auquel succède celui où les niicrosomes acquièrent leurs caractères spéciaux. Au reste, alors mêmes qu'elles sont basophiles, elles se différencient des granulations fi et y et par leur taille plus grande, et par leur coloration qui est bleu l'once el non (>as violette (fixation par bichlorurc de mercure iodochloruré iodé).
cyte éosinophile dérive d'un mononucléaire à protoplasma basophile d'après Pappenheim. Un tel élément pourra-t-il être différencié du myélocyte basophile destiné à se transformer en myélocyte neutropliile? Je n'en sais rien encore. Peut-être confondons-nous avec les myélocytes basophiles ordinaires un certain nombre de myélocytes non granuleux, destinés à se transformer non pas en myélocytes amphophiles, mais en myélocytes éosinophiles ou à granulations y. Mais la confusion cesse au moment de la différenciation évolutive, en raison du fait suivant : quand les premières granulations a, dites éosinophiles, se montrent au sein d'un myélocyte basophile qui paraît semblable à celui qui est la forme larvaire du myélocyte amphophile, les premières granulations formées ont les caractères spécifiques de la granulation a.
L'élément larvé jette alors le masque et son évolution ultérieure ne fera qu'accentuer les différences séparant les leucocytes à granulations a des leucocytes à granulations z ou p.
Transformation du myélocyte éosinophile en polynucléaire éosinophile. — Le myélocyte dit éosinophile se comporte à la façon du myélocyte amphophile pour former des polynucléaires éosinophiles ou à granulations a.
Le myélocyte à type de Mastzelle (Ehiiicli-Jolly, l'appenlieim-Hirschfeid).
Le myélocyte à type de Mastzelle est une cellule à noyau arrondi
caractérisée par la présence de la granu-
' ^ lation Y, dont je rappelle la réaction
\ *^^^. typique. C'est la teinte métachromatique
violette après action des bleus basiques.
La granulation y, en raison de cette
affinité pour les bleus basiques, ne peut
pas être confondue avec la granulation
a des éosinophiles, même quand celle-ci
est basophile, au moment où elle vient
FiG. 13U. — 1, iiiyùlocytu à type de ,,», -i i ' ii • i
Mastzelle. Entre le noyau arrondi d CtrC ClaboreC. MaiS ne Se PapprOChC-
et le proiopiasma basophile t-clle pas dc la grauulation amphophilc ?
coMinienceiit a apjiaraitre les ' " ri
granulations v; 2. myélocyte à Eu effet, les dcux variétés dc granulatious
tvpe de Mastzelle. Noyau incurvé ;
3, polynucléaire :i type de Masi- sout teiutecs de violct par les blcus
zpiie. (Giiiet .; basiques. On peut affirmer qu'il s'agit là
de réactions comparables, n'impliquant pas forcément une identité de
nature. En effet : si les deux variétés de granulations y et p sont
LES MYÉLOCYTES 607
basophiles. elles ne le sont pas d'une façon identique. Je me base sur l'expérience suivante, qui est saisissante.
Étalons par frottis un fragment de moelle osseuse renfermant Mastzellen et leucocytes amphophiles. Métallisons ensuite par l'acide osmique la préparation desséchée. Colorons par un bleu basique. Les granulations amphophiles deviennent réfractaires à l'action colorante des bleus basiques; elles apparaissent comme des grains clairs. Les granulations des Mastzellen ont conservé leur affinité tinctoriale pour les bleus basiques; elles sont colorées en violet rouge foncé.
Origine et évolution. — A la façon du myélocyte neutrophile, du myélocyte éosinophile, le myélocyte à type de Mastzelle procède d'un mononucléaire à protoplasma basophile homogène à noyau clair. C'est là une constatation difficile à obtenir, d'autant plus que ces éléments sont fort peu nombreux dans la moelle osseuse du lapin.
Quoi qu'il en soit, au moment de la différenciation de ces mononucléaires à protoplasma basophile homogène en myélocytes (1) à type de Mastzellen, il se produit une sorte de fente périnucléaire où se montrent des granulations grossièrement façonnées et teintées de violet par les bleus basiques. Peu à peu, la substance basophile homogène s'éclaircit; puis les granulations s'étendent en formant de petits amas isolés les uns des autres, enfin le noyau s'incurve et se lobe, le myélocyte à type de Mastzelle s'est transformé en polynucléaire à type de Mastzelle, Mastzelle ordinaire du sang ("2).
(1) Si je joins cet élément aux nijélocytcs amphophiles et éosinophiles, c'est pour me rapprociier le plus possible de la systématisation d'Ehilich.
Admettons, comme le veut Ehrlich, et en en précisant le mécanisme, la transformation de Mastzellen à noyau arrondi de la moelle en Mastzellen à noyau polymorphe du sang; est-ce une raison pour considérer cçs cellules comme des éléments spéciliqucs (lu tissu myéloïde? Certes, non, car la Mastzelle à noyau arrondi du tissu conjonctif est identique à celle de la moelle. Or nous savons combien est marquée la difl'usion de ces cellules dans l'organisme, là oîi le tissu myéloïde est non seulement absent à l'état normal, mais là aussi oi!i il a|iparaît avec la plus grande difficulté au cours des divers états morbides.
{-) Hécapitulons brièvement la morphologie, l'origine et l'évolution des éléments spécifiques de la moelle ossc::se, dont nous n'avons du reste présenté le tableau qu'en raccourci, et nous mettrons en relief les points suivants :
C'est la localisation dans cet appareil de cellules particulières qui sont les niégacaryocytcs, les hématies nucléées, les myélocytes neutro|tliiles et basophiles ordinaires, les myélocytes éosinophiles. A ces cellules nous avons joint, par esprit de systématisation, les Mastzellen à noyau arrondi.
Cerl.iins de ces éléments jouent un rôle liématopoïétique indiscutable. Ce sont les hématies nucléées qui se transforment en hématies ordinaires, les myélocytes amphophiles et éosinophiles qui deviennent des polynucléaires amphophiles et éosinophiles, les Mastzellen à noyau arrondi qui se changent en Mastzellen à noyau polymorphe. Nous
Répartition des cellules spécifiques du tissu mijéloide dans la moelle. — Les cellules spécifiques du tissu myéloïde ne sont pas jetées sans un certain ordre entre les travées de l'appareil de soutènement. Néanmoins elles ne s'y trouvent pas distribuées suivant une ordonnance rigoureusement systématique.
avons vu qu'il n'était pas un seul de ces éléments qui ne pût dériver d'une cellule primitive à noyau arrondi à protoplasnia basopliile homogène.
Ainsi paraît s'imposer une conception dont Benda, Saxer et Pappenheim me paraissent être les défenseurs les plus autorisés. Tous les éléments figurés de tijpe défini propres au tissu myéloïde [mégacanjocytes, liémaiies nucléées, myélocyles) procéderaient d'une souche unique qui serait un mononucléaire à protoplasma homogène.
Ce mononucléaire (cellule migratrice primitive de Saxer) par accroissement de taille et bourgeonnement du noyau se transformerait en mégacaryocyte. Par formation intraprotoplasmique dilTuse d'hémoglobine il deviendrait une hématie nucléée.
Par élaimration endogène lie granulation, il se changerait soit en myélocyte neutrophile, soit en myélocyte éosinophile, soit en Mastzelle.
Cette théorie a l'avantage d'être claire, mais est-elle exacte?
Évidemment, à une certaine phase de leur évolution, les cellules en que-tion sont conformées, snivant un type à peu près hoinomorphe. C'est au moment où elles n'ont pas encore revêtu leurs caractères spécifiques apparents, où elles sont à l'état larvaire, pour employer une expression tirée du vocabulaire zoologique.
De même que certaines larves d'insectes, par exemple, sont extrêmement différentes du type délinifif ou d'imago qu'elles acquerront plus tard, de même ces éléments figurés sont morphologiquement distincts du type cellulaire défini en lequel ils se transformeront ultérieurement. Alors les mégacaryocytes, les hématies nucléées, les myélocytes sont, je le répète, conformés suivant un modèle comparable. Jlais est-ce une raison suffisante pour ramener leur origine à une souche unique ?
Rien ne prouve la réalité d'une pareille hypothèse. Ces éléments cellulaires ont peut-être leur autonomie alors qu'ils n'ont pas encore dépouillé leur forme larvaire. Mais cette question peut être envisagée à deux points de vue : l'un pratique, l'autre théorique.
Laissant de côté pour l'instant le côté théorique de cette discussion, je dirai qu'au point de vue pratique l'isomorphisme des formes jeunes de cellules du tissu myéloïde ne saurait causer de graves erreurs dans l'appréciation des réactions hématopuïctiques de la moelle osseuse.
En effet, la ressemblance existant entre les formes larvaires des cellules spécifiques du tissu myéloïde n'exclut pas certaines variations, indices probables de la spécificité de ces éléments, permettant jusqu'à un certain point de les catégoriser.
Les mégacaryocytes à l'état larvaire sont caractérisés en général par leur taille, régulièrement plus grande, par l'arborescence de leur chromatine. Les hématies nucléées à protoplasma basopliile se distinguent des autres variétés cellulaires par la coloration intense et la condensation de la chromatine nucléaire.
Restent : 1° les myélocytes basophiles ordinaires destinés à se transformer en myélocytes amphophiles; 2° k-s formes larvaires des myélocytes éosinophiles et à type de Mastzellen ayant comme les précédentes un proloplasma basophile homogène, un noyau clair.
La confusion est-elle possible entre ces trois variétés de cellules envisagées à cette phase de leur évolution, où elles n'ont pas acquis leurs granulations spécifiques? Elle est inévitable, me semble-t-il ; mais je répète que pratiquement cela n'a que peu d'importance. En effet les myélocytes éosinophiles se multiplient essentiellement en tant qu'éléments granuleux. Leurs formes larvaires à protoplasma homogène sonlrarissiines. Ainsi en est-il des Mastzellen.
Étant donnée la supériorité numérique écrasante des myélocytes basophiles ordinaires, larves d'amphophiles sur les mjélocytes à protoplasnia homogène destinés à devenir des éosinophiles ou des Mastzellen, nous pouvons sans hésiter considérer la pullulation de myélocytes basophiles dans la moelle comme une réaction amphophiie larvée.