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III. — Évolution du tissu myéloïde chez les mammifères

Examinons la moelle osseuse diaphysaire fémorale de lapins d'un à deux ans.

L'aspect en sera bigarré, car des taches y sont entremêlées, les unes rougeâtres et les autres jaunâtres. La substance jaune sera d'autant plus abondante que la portion de moelle examinée est plus éloignée des épiphyses, de l'épiphyse supérieure en particulier.

Inversement, vers les extrémités, l'extrémité paracoxale en particulier, la couleur rouge prédominera d'une façon manifeste.

Mais, en ce qui concerne les proportions de l'une ou l'autre variété de tissu de moelle rouge ou jaune, on doit admettre avec Marwedel que les dissemblances sont extrêmes entre animaux de même poids et de même âge.

Chez l'homme adulte, ainsi que l'ont démontré les travaux de Neumann, de Bizzozero, la transformation adipeuse est poussée très loin et généralisée à la totalité des os longs.

Ainsi, en vertu d'une sorte de balancement, là où s'est formée la moelle jaune, les vésicules adipeuses ont empiété peu à peu sur le champ occupé par les éléments spécifiques du tissu myéloïde, au prorata de leur disparition.

Ce qui remplace finalement un tissu vivace à fonctions hématopoïétiques actives, c'est une sorte de complexus aréolaire, dont les compartiments emmagasinent de la graisse.

Mais, suivant une loi formelle, la substitution du tissu de moelle jaune au tissu de moelle rouge ne représente pas une Iransformation immuable, car le tissu myéloïde peut reparaître dans les territoires où il s'est effacé.

Pour nous expliquer ce phénomène, nous devons étudier d'une façon plus approfondie l'évolution du tissu myéloïde.

L'évolution du tissu myéloïde est assujettie à une règle fondamentale qui commande son apparition et sa disparition successives en les foyers les plus divers.

Distribués avec une extrême diffusion dans l'organisme des embryons de mammifères, ses éléments circulent primitivement dans

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les canaux sanguins ou stagnent dans les intervalles compris entre les cellules conjonctives étoilées.

Mais, malgré cette mise en circulation et cet éparpillement, les cellules du tissu myéloïde s'accumulent en certaines zones, et surtout au niveau de l'aire vasculaire des membranes choriales hématopoïétiques (Van der Slricht, Mathias-Duval) et du foie embryonnaire.

Puis, peu à peu, elles se retirent des canaux sanguins périphériques, elles s'effacent dans la plupart des organes en formation. Elles persistent cependant dans le foie et se multiplient, en outre, dans la rate, les ganglions et le tissu cartilagineux en voie de médullisation, mais c'est dans le foie que le tissu myéloïde prédomine avec massivité pendant la presque totalité de la vie fœtale (Van der Stricht, etc.).

Quand celle-ci va cesser, il y diminue, tout en s'accroissant dans la rate et surtout dans le squelette. Dès la naissance, cette opposition ne fait que s'accentuer.

En quelques semaines, le tissu myéloïde s'effacera complètement dans la glande hépatique. Puis il s'atrophiera peu à peu dans la rate, où ne persistent guère, dès la deuxième enfance, chez l'homme, que de rares hématies nucléées. Il restera en activité et en extension dans le squelette des os longs qui sont en état d'accroissement.

Mais, à partir de la deuxième enfance, il commencera à s'atrophier dans les os longs, et finalement, chez l'adulte, sera cantonné dans les os du crâne, dans le sternum, les côtes, le rachis (Neumann).

Mais insistons de nouveau sur ce point.

Là où le tissu myéloïde ne persiste qu'à l'état rudimentaire, là même où il paraît s'être à jamais effacé, il a conservé la propriété d'entrer en reviviscence. On peut citer à l'appui de cette conception plusieurs faits d'ordre physiologique.

Vers la vingt-cinquième année se produit l'ossification des épiphyses de l'homme. A ce moment, le reliquat de tissu myéloïde des extrémités diaphysaires s'hyperplasie, et une moelle rouge vivace, où pullulent des hématies nucléées, envahit les cartilages (Neumann). Bien plus que le cartilage thyroïde s'ossifie chez des gens âgés, le tissu myéloïde n'en fera pas moins son apparition pour canahser le tissu osseux d'un organe où il semblait totalement absent (1).

(1) Laissons pour un instant de côté le tissu myéloïde des niammileres, [lour rappeler les lotictions de la moelle osseuse de la grenouille. Ici, comme nous l'ont appris les travaux de Neumann, il existe une -Sorte de ryllmic saisonnier en vertu duquel la moelle pei'd et recouvre alLernativement ses propriétés liématopoiétiques durant l'iiiver et pendant l'été.

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