INFLUENCE DE LA PUBERTÉ SUR LES ORGANES DENTAIRES
De treize à seize ans nne grande révolution s’opère dans la constitution et les organes de la femme. Cette révolution, ou développement de la puberté, réagit fortement sur tout le tempérament et par contrecoup sur les organes de la bouche. En effet, les signes précurseurs de la puberté sont : pesanteur de tête, vertiges, spasmes, difficulté de respirer, sommeil lourd et profond : l’abattement, la tristesse, de continuels maux de nerfs, une grande sensibilité, une propension bien marquée à l’impatience, à •la colère, en sont les autres préludes.
Le sang afflue donc au cerveau en trop grande abondance, et j’ai signalé cette affection comme une des causes les plus fréquentes d’odontalgie.
Les nerfs sont donc irrités, surexcités, et j’ai dit que les névralgies, lorsqu’elles envahissent une partie du corps, ne tardent pas â déterminer de violents maux de dents.
Voyons maintenant par quels moyens hygié-
niques, on pourra remédier à ces deux variétés d’odontalgie.
Si le sang prédomine, on fera prendre des bains de pieds, on appliquera des sangsues, derrière les deux oreilles, en prenant les avis d’un médecin suivant le besoin. On conseillera aux jeunes personnes d’éviter les appartements trop chauds, les bals, les boissons glacées, les refroidissements subits, de ne pas se couvrir la tête dans la crainte d’y attirer le sang. Si malgré ces précautions, les douleurs de dents prennen 1 une certaine intensité; on aura recours aux lotions émollientes, aux gargarismes parfumés avec des calmants.
Les jeunes personnes chez lesquelles prédomine le système nerveux, auront recours aux bains frais, et même froids, aux sédatifs. Si la douleur ne discontinue pas, elles prendront de légères décoctions de pavot ou des pilules d’assa-fœtida. Elle devront surtout mettre le plus grand soin à éviter les émotions trop vives de quelque nature qu’elles soient. Avec ces secours, ces préservatifs donnés par l’hygiène, les affections dentaires se calmeront en peu de
temps, avec les autres symptômes de la puberté, qui alarment à juste titre la tendresse des mères.