‹ Manuel d'hygiène dentaire à l'usage de toutes les classes et de toutes les professionsChapitre 45 sur 118 · TROISIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME SÉRIE

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LESJ?EINTRES,

De tous les arts, la peinture a été celui qui a joui de la plus grande considération chez les nations civilisées. Le souvenir d’Apeiles, les honneurs qu’on rendit à sa mémoire, sont un témoignage éclatantdu grand cas que les Grecs, peuple artiste par excellence, faisaient de la peinture et de ceux qui la cultivaient avec succès.

De nos jours, les peintres ne sont pas moins bien considérés, moins bien partagés que leurs

devanciers. Les honneurs, la réputation, la fortune courent au-devant d’eux ; on les comble de faveurs.

Hâtons-nous de dire que pour obtenir ces privilèges, les peintres ont à supporter tous les inconvénients d’une vie consacrée à de pénibles travaux, à de longues études. Les couleurs qu’ils emploient, les substances dont elles sont mélangées, renferment des éléments de maladies cruelles : l’huile et la thérébeniino agissent fortement sur les poumons, sur les organes de la respiration, sur les nerfs, il n’est pas rare de voir de jeunes peintres mourir d’affections de poitrine.

J’ai donné mes soins à plusieurs membres déjà célèbres de l’École française, dont les dents étaient dans le plus mauvais état, par suite d’un travail trop prolongé, par l’influence des substances qu’ils tiennent sur leur palette et dont ils absorbent les émanations funestes. Je les ai trouvés pour la plupart atteints d’odontalgies aiguës, d’apthes : d’autres avaient déjà plusieurs dents cariées. J’ai été assez heureux pour les guérir radicalement au moyen de gargarismes aromatisés qui détruisaient l’effet des

émanations des couleurs ; je leur ai prescrit un régime végétal, un travail modéré, leur recommandant de se tenir en garde contre tout ce qui pourrait déterminer en eux des surexcitations nerveuses. Chez les peintres comme chez les poètes , ^imagination joue un très grand rôle, et on sait que celle faculté, déve loppée à un degré plus qu’ordinaire, i*éagit fortement sur le physique et devient la cause première d’un très grand nombre de maladies ou d’affections douloureuses.

STATXJAÏBES ET SCUkPTEUES.

Après la peinture viennent immédiatement la sculpture et l’art du statuaire. Ces deux catégories, sœurs jumelles, ont des ressemblances trop frappantes pour que je cherche à établir des distinctions, des signes de démarcation.

Les sculpteurs et les stuatuaires sont sujets , comme les peintres, à des odontalgies qui ont

des causes tout-à-fait différentes. En effet, les sculpteurs travaillent ordinairement dans de vastes ateliers ouverts à tous les vents, très humides à cause de l’eau qu’on emploie pour faire les modèles en plâtre : cette humidité continuelle, jointe à la fraîcheur de l’air qui circule trop librement, saisitles organes dentaires qui en sont très souvent douloureusement affectés. Les statuaires ont des fluxions, des tumeurs, des aphtes qui dégénèrent souvent en prédispositions scorbutiques. L’hygiène dentaire leur prescrit de se tenir, autant que possible, à l’abri du contact de l’air extérieur dont l’action est très puissante sur nos organes, lorsque nous travaillons en gardant une longue immobilité? de chauffer leurs ateliers, surtout pendant l’hiver, pour en bannir les émanations des matières humides. A ces précautions générales, ils doivent aussi joindre des soins particuliers, tels que la propreté de la bouche, les lotions, les gargarismes et l’usage de la brosse légèrement saupoudrée de dentifrices.

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