LES ORFÈVRES
Le travail des orfèvres est à peu près le même que celui des bijoutiers; cependant comme ils opèrent ordinairement sur des matières premières, les affections dentaires prennent chez eux un plus grand degré d’intensité. L’or et l’argent qu’ils travaillent à l’aide d’acides répandent dans les ateliers des émanations qui portent avec elles plusieurs germes de maladies dentaires. Aussi, n’est-ü pas rare de voir les orfèvres atteints d’ophtalmies, de laryngies, de dérangements dans la circulation et la respiration.
Leurs dents continuellement en contact avec les vapeurs chargées de molécules délétères, ne tardent pas à prendre une couleur jaune ; puis le tartre les envahit, et on sait que le tartre n’est que l’avant-coureur des diverses espèces de caries.
J’ai guéri un orfèvre dont les gencives étaient 5*
à moitié rongées par les exhalaisons de l’atelier, plusieurs de ses dents, déchaussées jusqu’à la racine, vacillaient dans les alvéoles; une épaisse couche de tartre les couvrait dans leur partie extérieure et intérieure. Je ne fus pas longtemps à me convaincre qu’il fallait, de toute nécessité, recourir aux grandis moyens : j’enlevai le tartre avec les instruments; pour rendre ensuite aux dents leur première blancheur, je les frictionnai longtemps avec une brosse imbibée de mon eau anti-scorbutique : cette opération toute simple qu’elle est; obtiht un succès complet.
ïë conseillé donc aux orfèvres de hè pas manquer un seul jour, de se laver la bouche , de se rincer les dents avec des parfums émollients et toniques; de bien choisir les poudres dont ils voudront Se servir, parce que présque toutes ces compositions altèrent l’émail et finissent par le décomposer* Il est plus sage et moins dangereux, de se servir des dentifriéés liquides.