LES CONDUCTEURS ET CHAUFFEURS DE MACHINES A VAPEUR
Les conducteurs de machines à vapeur exposés à l’air qui est fendu avec la plus grande rapidité, sont généralement atteints de fluxions et d’o'dontalgies qui se développent quelquefois avec les symptômes les plus alarmants.
Je leur prescris de couvrir leur bouche pour que les organes dentaires ne soient pas trop fortement impressionnés par les colonnes d’air que la célérité des machines met en mouvement.
Les chauffeurs penchés sur les fourneaux sont exposés aux mêmes affections que les forgerons et les chaufourniers; ils rentrent donc dans cette catégorie pour l’hygiène dentaire.
LES BLANCHISSEUSES, LES DÉBARDEURS, LES HOMMES DES PORTS , LES PLONGEURS.
Cette catégorie d’ouvriers, toujours en contact avec l’eau, est sujette à toutes les variétés d’odontalgies : je ne parle pas des nombreuses maladies , des angines , des rhumatismes, des fluxions de poitrine qui abrègent leur existence ou la mettent sous l’influence des douleurs qui tourmentent notre pauvre humanité.
J’ai remarqué que les blanchisseuses ont les gencives saignantes ou blanchâtres, suivant les symptômes de l’affection buccale. Leurs dents commencent par se couvrir de tartre et ne tardent pas à se carier si elles ne prennent les précautions nécessaires pour les préserver des ravages d’une prompte décomposition.
Le contact de l’éau cause souvent des suppressions qui réagissent avec violence sur la région cérébrale, et entraînent de violents maux
de dents. Pour elles, les préceptes d’hygiène dentaire se divisent en deux classes : préservatifs et curatifs.
Les préservatifs consistent à éviter le contact subit et immédiat de l’eau chaude et de l’eau froide; elles doivent, autant que possible, mettre quelques instants d’intervalle avant de s’exposer à ces deux températures.
Les curatifs se bornent à leur prescrire la plus grande propreté, des bains de pied lorsque le sang se porte à la tête; des sangsues; des sudorifiques. Les blanchisseuses habitent ordinairement des lieux bas et humides, les anti-scorbutiques leur sont très favorables.
Les débardeurs, les plongeurs, les hommes des ports ont les mêmes affections dentaires ; je leur conseille donc de suivre le même régime, sauf les changements que nécessitent la force du tempérament et les symptômes de la maladie qui se déclare.
XYIII.