‹ Manuel d'ichthyologie fran©aiseChapitre 126 sur 623 · LA VIVE ARAKINÉE. — TRACHINUS ARANELS, Guv · texte numérisé non relu

LA VIVE ARAKINÉE. — TRACHINUS ARANELS, Guv

1 Poiss. France, t. II, p. 105, lig. 94, anim. Il Long. : 0,30 à 0,40.

lia hauteur du corps, d'un tiers plus grande que l'épaisseur, est comprise quatre fois et deux tiers à cinq fois et demie , dans la longueur totale. — La tête est forte; sa longueur est contenue quatre fois et demie à quatre fois et trois quarts dans la longueur totale; le museau est gros; la bouche est garnie de dents en velours, elle est fendue jusqu'à l'aplomb du diamètre vertical de l'œil. L'iris est jaunâtre; le diamètre de l'œil fait environ le sixième de la longueur de la tête, il est à peine plus grand que l'espace préorbitaire qui est égal à l'espace interorbitaire ; l'épine du sourcil n'est pas très développée. — La première dorsale est plus longuç que haute; elle est en grande partie noirâtre, d'un gris blanchâtre en arrière; la seconde dorsale est grisâtre avec des points bruns ; l'anale a deux épines, elle est grise, marquée d'une bande longitudinale plus foncée; la caudale, assez échancrée, est grisâtre

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avec des taches brunes clans ses deux premiers tiers, noirâtre dans le reste de son étendue; les pectorales et les ventrales sont grisâtres.

Br. 0. — D.7— 28; A. 2/28 ou 29; C. 2/15/2; P. 15 à 17 ; V. 1/5.

La coloration est d'un gris roussâtre vers le dos avec de très nombreuses taches noirâtres, d'un gris jaunâtre sous le ventre. La tête, le dos et les flancs sont marqués de points ou de petites taches arrondies noirâtres. Au-dessous de la ligne latérale règne une série de grandes taches noirâtres au nombre de six ou sept, quelquefois il y en a davantage.

Habitat. Méditerranée, assez rare, Nice, Cette.

Steindachner regarde le T. arcmeus et le T. radiatus comme étant de même espèce; les différences qui se remarquent entre ces Vives , ne permettent guère d'adopter l'opinion de l'auteur que nous venons de citer, V. Steindach., IcthtJi. Ber. Span. Portug. Rci^e, Wien, 1867, t. LVI, p. 96.

Les blessures faites par les aiguillons des Vives déterminent parfois des accidents fort graves. — Il m'est impossible de rappeler les différentes recherches faites sur l'appareil à venin des Vives. Je parlerai seulement de deux thèses pour le doctorat en médecine présentées à la Faculté de Paris. — La première ayant pour titre : « Contribution à Vétude de V appareil à venin chez les poissons du genre vive, a été soutenue par M. Gressin en 1884. — L'auteur cite l'opinion de quelques naturalistes à propos de la cause du danger qui résulte des blessures faites par les aiguillons des Vives, les uns niant, les autres affirmant la présence d'un appareil à venin chez ces Poissons. — De même que Guvier et Sonini, (ùiichenot, écrit M. Gressin, p. 13, ne veut pas admettre l'existence de venin, et il explique la gravité des piqûres de la même façon que les auteurs précédents... En 1849, Canestrini vient cependant jeter une note discordante... Pendant longtemps on a refusé à cette classe (poissons) l'existence d'appareils à venin ; mais on a récemment démontré que les épines canaliculées qui se trouvent sur le dos et sur les opercules des poissons du genre « trachine » sont des organes venimeux... Canestrini néglige de nous dire sur quelles expériences il a conclu, et qui a récemment démontré l'existence d'une glande. Aussi voyons-nous Moreau confirmer sans hésiter les affirmations de Sonini et de Cuvier ». — Avant de les critiquer, M. Gressin aurait dû prendre la précaution de se faire expliquer les textes dont il n'a pas compris le sens. Au lieu de sa traduc-

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tioii, Je vais donner la pliraso originale de GanesLiini : Si é negata pcr lumjo tempo laprcscnza dl organi velcmferi in qiœsta classe {Pisces), ma recenlemente fa diniostrato che le spine scanalate dorsali ed aperçulari ncl génère Trachinus, sono organi veneliferi (Byerley, 1849). V. Canestr., Compendio Zool. ed Anat. comp., Milano, 1869, t. I, p, 307. — Il me semble que le texte est assez clair et que le nom de celui qui a récemment démontré, etc., n'est pas oublié. — Évidemment M. (iressin a pris le nom de Byerley pour celui du libraire chez leiiui'l aurait été publiée, en 1849, la note un peu discordante qu'il attribue à Canestrini. — Quant à l'opinion que j'ai exprimée, elle n'est pas celle que me prête M. Gressin, on peut s'en convaincre en prenant la peine de lire ce que j'ai écrit t. II, p. 107 de mon travail. Je ne reconnais pas non plus le tableau résumant les caractères diiïérentiels des Vives {loc. cit., p. 25) que M. Gressin dit m'avoir emprunté. — Je regrette que M. Gressin m'ait obligé de réfuter les assertions qu'il a produites et de faire connaître la cause des erreurs qu'il a commises.

Dans la seconde thèse, soutenue en 1889, l'auteur, M. Bottard, s'occupe non seulement de l'appareil à venin des Vives, mais encore de celui d'un certain nombre de Poissons, aiusi que l'indique le titre de son travail : Les Poissons venimeux, Contribution à l'Hygiène navale. — M. Bottard établit une division des appareils à venin d'après cinq types distincts : 1, appareil à venin de la Synancée; 2, appareil à venin du genre Vive; 3, appareil à venin du Thalassophyrne; 4, appareil à venin de la Murène ; 5, appareil à venin du genre Scorpène. — Les glandes à venin paraissent formées de grosses cellules à contenu granuleux. Voici, d'après l'auteur, l'opinion du D^ Rémy sur la structure de la glande operculaire : M. le professeur agrégé Rémy, qui a bien voulu contrôler nos recherches propres, pense que la glande à venin de la Vive est une glande analogue, par sa structure, aux glandes sébacées. L. cit., p. 116. — Je ne puis faire une analyse complète de ce long travail, qui est le résultat de recherches fort intéressantes et mérite d'être consulté.

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