Famille des Lophiidés, Lophiidœ
Corps déprimé, large en avant. Peau complètement nue; sur les côtés, appendices cutanés plus ou moins frangés. Squelette formé d'un tissu spongieux, de faible consistance; vertèbres au nombre de vingt-cinq à trente et une.
Tête énorme, aplatie, épineuse, portant deux ou trois tentacules libres, allongés, mobiles, qui sont des rayons détachés de la première dorsale. Bouche très fendue; mandibule avancée; mâchoires armées de dents pointues, plus ou moins mobiles; palais denté.
Yeux placés en dessus; pas de sous-orbitaires.
Narines; organe olfactif porté sur un pédoncule.
Appareil branchial; ouverture des ouïes au-dessous de l'insertion de la pectorale; lames respiratoires sur trois arcs branchiaux seulement ; pharyngiens dentés. Six rayons branchiostèges ; pas de pseudobranchies.
Nageoires; deux dorsales; rayons antérieurs de la première dorsale isolés et placés très en avant, le premier, se trouvant vers le bout du museau, est terminé par une membrane plus ou moins développée. Pectorales pédiculées, portées sur deux os du carpe excessivement développés. Ventrales jugulaires, très rapprochées Tune de l'autre.
Vessie natatoire nulle.
Appareil digestif; estomac très grand; deux appendices pyloriques.
GENRE PAUDROIE. — LOPHIUS, Arted.
Caractères de la famille Deux espèces.
Épine coracoïdienne faisant la moitié de la distance qui la sépare de la pointe supérieure du coracoïdien 1. commune.
Épine coracoïdienne égale à la distance qui la sépare de la pointe supérieure du coracoïdien 2. dudegassa.
\. LA BAUDROIE COMMUNE. — LOPHIUS PISCATORIUS, Linn.
Poiss. France, t. II, p. 180.
N. vulg. : Boudraie, Nice; Booudroï, Cette; Crapaud, Arcachon ; Baudreuille, île de Ré; Marache, Loire-Inférieure, Vendée; Cabot- Vorage, Vendée; Madeleine, Diable, Ange, Cherbourg; Baudreuil et
LOPllIlDES. 161
Vaiidreuil, Seine-Intérieure; Diable de mer, Crapaud de mer, Grenouille pêcheuse, Pescheteau.
Long. : 0,70 à 1,50 et même 2,00.
Les parties latérales du corps sont munies d'appendices cutanés plus nombreux et plus ciliés que dans la Budegassa ; le nombre des vertèbres est de trente et une. — La tête est excessivement large, déprimée, concave depuis Toccipital jusqu'à la base du second tentacule ; elle porte en dessus quelques épines et le plus souvent trois tentacules libres; sur les côtés do la tète et sur la mâchoire inférieure se trouvent de nomlu'cux appendices cutanés; la bouche est énorme ; la mâchoire supérieure est beaucoup plus courte que la mandibule ; elles sont, Tune et Tautre, armées de dents coniques, crochues, plus ou moins mobiles, disposées généralement sur deux rangées en avant ; les palatins ont une rangée de sept ou huit dents, quelquefois dix ; le chevron du vomer en porte quelques-unes sur chacun de ses angles latéraux. Les yeux sont placés sur le dessus de la tête. L'ouverture de l'ouïe est très reculée, audessous de la pectorale ; la partie postérieure du préopercule se divise en une vingtaine de rayons allongés formant éventail. — La première dorsale se sépare en deux parties, la partie céphalique composée de trois rayons isolés, qui ont été nommés filets pêcheurs ; \di seconde partie de la dorsale est formée de trois rayons assez grêles, insérés à la région antérieure du tronc ; la seconde dorsale est opposée à l'anale ; la caudale est Carrée. Le scapulaire s'articule directement avec le crâne ; le coracoïdien est très développé, il porte, au-dessus du pédoncule de la pectorale, une apophyse munie de trois pointes^ faisant la moitié environ de la longueur de l'espace qui la sépare de la pointe supérieure du coracoïdien ; le pédoncule de la pectorale est constitué par deux os du carpe très allongés.
D. 1 -i-l-i- 1+ 3 — 10 a 12; A. 10 ou 11; C. 8; P. 23 ou 24; Y. 1/5.
Le système de coloration est d'un brun olivâtre en dessus^ gris blanchâtre ou blanc sale en dessous:
Habitat. La Baudroie se trouve Sur toutes nos côtes; elle est plus ou moins commune.
MonF.Ai . — Ichthyoldgle. Il
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Dans une note, fort intéressante, sur les ovaires de la Baudroie commune, M. Mocquard, Aide-naturaliste au Muséum, rappelle la fécondité extraordinaire de ce Poisson. Chez un spécimen mesurant 1,45 de longueur, il a calculé la quantité des œufs les plus développés, devant faire partie de la première ponte ; il en a trouvé un nombre d'environ 1,800,000. — Cette évaluation, dit l'auteur, reste plutôt en deçà qu'au delà de la réalité. Sur les ovaires de laBaudroie, par i\I. F. Mocquard, extrait du Bull. Soc. philomath. Paris, 8^ série, t. 1, nM, p. 40.