LE GOBIE NOIR. — GOBIUS NIGER
Puiss. France, t. II, p. 230.
N vulg. : Cabot, Normandie, Doucet à Cherbourg, d'après Jouan ; Roulerot, (ioujon de mer, Poitou; Loche, Arcachon. Long. : 0,08 à 0,15.
La hauteur du tronc est comprise cinq fois et un tiers à six fois dans la longueur totale, et la longueur de la tète quatre fois à quatre fois et quart ; les mâchoires, à peu près égales, sont garnies de dents assez nombreuses, plus fortes et plus crochues à la rangée externe. Le diamètre de Toeil fait à peine le quart de la longueur de la tête, le double de re«pace interorbitaire ; il est généralement un peu plus grand que Tespace préorbitaire. — Ecail., 1. long. 39 ou 40; 1. transv. 15 ou 16. — Les dorsales sont assez rapprochées ; elles ont à peu près la même hauteur qui est moindre que celle du tronc; l'anale est opposée et semblable à la seconde dorsale ; la caudale arrondie mesure le sixième environ de la longueur totale
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et la pectorale le ciiuiiiième, chez les sujets de grande taille elle a une huitaine de rayons crinoïdes ; les ventrales sont de longueur variable, souvent d'un quart moins longues que les pectorales, elles ne vont généralement pas jusqu'à Tanus.
Br. 5. — D. G — 1/l-:j à 14; A. l/llà 13; C. 13; P. 24.
La teinte générale est des plus variables ; le plus souvent le fond est d'un brun jaunâtre avec des marbrures noirâtres, ou bien d'un gris plus ou moins foncé avec une bande latérale plus ou moins continue, formée de points noirs. Les nageoires chez les jeunes sont grisâtres, marquées de taches noires, excepté les ventrales qui sont ordinairement jaunâtres mouchetées de noir ; chez les grands individus, les dorsales et l'anale sont d'un brun foncé avec des macules noires; les pectorales sont plus ou moins brunes, tachetées de noir ; les ventrales sont le plus souvent d'un blanc grisâtre, avec ou sans taches noires ; la caudale est d'une teinte brune uniforme.
Habitat. Méditerranée, assez commun, Nice, Cette. Océan, assez commun. Manche, commun, Roscofï, Cherbourg; plus rare au nord de la Seine, Fécamp, Saint-Valery-en-Caux.
îYancis Day a donné, comme étant celle du Gobius niger, une figure qui rappelle mieux le G. jozo, Day, Brit. Fish., t. I, pi. LU, fig. 3.
Gobiusater, Bellotti, iVo/e Utiolog., dans Atti Soc. liai. Se. mil., Milano, 1888, t. XXXI, avec lig. — Sous le nom de Gobius ater, le D'' Bellotti a décrit un Gobie qu'il pense être de nouvelle espèce. — Au mois de février 1888, mon savant confrère eut Famabilité de m'envoyer plusieurs spécimens de ce Gobie, dont il avait recueilli une certaine quantité sur le marché de Nice. — Ces divers sujets sont identiques à ceux que j'ai reçus de Nice, de Cette, et dont j'ai rappelé Fhabitat, t. II, p. 232. Dans mes notes, j'ai retrouvé le tableau des proportions prises, depuis de longues années, sur un de cesGobies que j'ai rapporté de Nice en 1867; ces proportions, comparées à celles que j'ai relevées sur les individus offerts par M. Bellotti, sont exactement les mêmes. — Voulant expliquer la raison qui l'engage à faire de ce Gobie une espèce nouvelle, M. Bellotti s'appuie d'abord sur l'opinion suivante : Vesistensa nel Mediterraneo del Gobius niger L. fa negata da cdcuni ittiologi : Steinduchner,... etc. — Pour nier, avec apparence de certitude, l'existence du G. niger dans
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la Méditerranée, il faut nécessairement que les ichthyologistes, dont parle M. Tîellotti, aient examiné toutes les espèces du genre Gobie vivant dans cette mer; par conséquent ils ont eu sous les yeux des spécimens de son G. ater, qui a dû être reconnu et déterminé par eux et ne peut dans ces conditions être considéré comme le type d'une espèce nouvelle. — En admeltant d'ailleurs qu'il y ait deux espèces distinctes inscrites par Linné sous une même dénomination, conviendrait-il d'enlever le nom spécifique au Gobie de la Méditerranée et de l'attribuer au Gobie des côtes de l'ouest de l'Europe ? Non assurément; il existe un droit de priorité qui n'est pas disculable, c'est Rondelet qui a donné l'épithète de niger à un Gobie de la Méditerranée, ce nom doit lui être réservé, d'autant mieux que la figure accompagnant le texte, exécutée, suivant toute probabilité, de grandeur naturelle, parait suffisamment exacte, ainsi que le remarque Valenciennes, qui jamais n'a mis en doute l'existence du G. ni(jer dans la Méditerranée, comme le prétend M. Vinciguerra.