A LA CHARITÉ DES ME31BRES DE L'ARCHICONFRÉRU
EN FAVEUR DE LA CONVERSION DE l' ANGLETERRE.
Le révérend et honorable Georges Spencer, autrefoW ■ ministre de Fhérésie anglicane, converti à la foi catholique romaine il y a vingt ans, aujourd'hui prêtre et religieux pasùoiMôV^ etv k\isgksi\fc\x^, ilt uo
voyage à Paris dans le mois d'octobre 1837. Ce respectable prêtre, dévoré du zèle de la conversion de sa patrie, pria Mgr l'archevêque de Paris de lui permettre de recommander cette sainte œuvre aux prières de son clergé , des communautés et des fidèles de son diocèse. Notre vénérable Pontife accueillit cette sainte pensée avec son zèle et sa charité ordinaires, présenta M. Spencer à une réunion nombreuse de son clergé, exposa lui-môme les dés is du bon prêtre et engagea son clergé à concourir à les réaliser par Funion de ses prières. M. Spencer nous fit l'honneur de venir nous trouver, et nous pria de demander à tous les membres de l'Archiconfrérie le secours de leurs ferventes et instantes prières pour obtenir de la divine miséricorde , par la protection du très-saint et immaculé Cœur de Marie , la grâce de la conversion de l'Angleterre. Nous sommes entrés dans ses vues de tout notre cœur; dès le jour même de sa visite, nous avons fait prier dans cette pieuse intention; et le lendemain, M. Spencer, et plusieurs pieux catholiques anglais, pour unir avec plus d'efficacité leurs prières aux nôtres , se sont fait inscrire au nombre des membres de l'Archiconfrérie.
Pour mettre tous les confrères en état de bien sentir toute l'importance de la recommandation que nous leur faisons, nous allons mettre sous leurs yeux un tableau abrégé de l'état déplorable dans lequel gémit la religion en Angleterre.
La lumière du saint Évangile pénétra en Angleten*e dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, mais la conversion générale de cette nation date de l'année 597, époque de la grande mission présidée par saint Augustin , archevêque de Cantorbéry , qui ^ îvil ewio^^ par le pape saint Gregoire-le-Grand. PewdawV u\3kft ^-
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riodc de près de mille ans, jusqu'à rannée 1533, TAngleteiTe conserva la foi catholique sans altération. À cette époque Henri YIII régnait sur FAngleterre. Ce prince est fameux dans Fhistoire par le débordement de ses mœurs , par ses horribles cruautés et sa rapacité insatiable. Tout le monde sait que, marié depuis dix-huit ans avec Catherine d'Aragon , dont il avait eu trois enfants, il voulut obtenir du pape Clément Yll une sentence de divorce qui annulât sod mariage, pour s'unir avec Anne de Boulen dont il étaiC^ criminellement épris ; que furieux du refus que fit lesouverain Pontife de sanctionner ses criminels désirs, il prétendit abolir l'autorité du vicaire de Jésus-Chri8t dans tout son royaume , se déclara le chef de l'Église d'Angleterre; s'ingéra, à ce titre, de régler la foi, te culte et les mœurs de ses sujets ; qu'il fit prononcer par d'infâmes complaisants de ses passions une prétendue sentence de divorce, en vertu de laquelle il épousa publiquement Anne de Boulen.
Voilà quels furent la cause et le commencement de l'apostasie de l'Angleterre. On voit que, conune tous les autres schismes et hérésies qui ont affligé l'Église de Jésus-Christ jusqu'à ce jour , elle a eu pour principe l'orgueil et l'impudicité. On achèvera de s'en convaincre, en jetant un coup d'œil rapide sur les actes de la vie de Henri YIII, depuis ce moment jusqu'à sa mort. Anne de Boulen ne jouit pas longtemps de là position à laquelle la passion de Henri l'avait élevée. Trois ans après, une accusation de légèreté dans sa conduite servit de prétexte à Henri, dont la passion était éteinte, pour lui faire trancher la tête après l'avoir déshonorée par une sentence infamante. Le lendemain de son exécution ^ il épousa Jeanne Seymour. CeUô-ci étant merle peu d^ \fcmç%«çt^>^^^T«DûMyi ?
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avec Anoe de GlèTes dont il se dégoûta bien vite, €t dont il se sépara pai* un divorce. Elle fut remplacée par Catherine Howard, décapitée comme Anne de Boulen. A Catherine Howard succéda Catherine Parr ^ui allait aussi périr sur Téchafaud, parce que n'adoptant pas les erreurs religieuses de son époux, elle était dévouée à la secte de Luther et lisait en secret ses livres. Déjà Henri avait donné Tordre au chancelier ^*Angleterre de préparer son procès , de Tan^êter et de la conduire prisonnière dans la Tour de Londres. Ce ministre vint dans Fappartement de la reine, accompagné d'une garde nombreuse pour s'emparer de sa personne, quand une violente attaque de la maladie ^ont Henri mourut arracha à ce danger la sixième ^c ses femmes.
Ce ne fut pas seulement envers ses femmes que Henri VIU se livra à la cruauté ; il se jouait avec une férocité épouvantable de la vie de ses sujets. 11 a fait périr, d'après des documents officiels, des milliers de catholiques , prêtres et laïques , qui refusaient de se soumettre à l'impiété, à l'extravagance de ses inno- ^vations religieuses , et dans le nombre fût sacrifié tout c% que le royaume avait de plus vénérable, de plus considérable par les vertus, le rang, la dignité, les services et la fortune. Une foule d'hérétiques luthéxîcnSy sacramentaires, périrent aussi sous la hache et par le feu. Les lois qu'il porta contre les uns et les autres ne parlent que de mort et de confiscation de tous les biens. Ses ministres les plus affidés , les lâches conseillers, les exécuteurs de ses violences, de ses injustices, les guerriers auxquels le royaume était redevable des plus grands services tombaient sous la hache du bourreau au premier caprice de te\ Y^ycatod^ sangaiiudre. Quelques historiens la^j^^iVieiiV. o^^ ^
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de lui-même avant sa mort : <c Qu'il n'avait jamais « refusé la vie d'un homme à sa haine , ni rhonneur « d'une femme à ses désirs. »
Sa cruauté , son libertinage furent peut-être encore surpassés par sa cupidité et sa rapacité. L'Angleterre et l'Irlande, sur lesquelles il régnait, étaient appelées l'île des Saints , à cause de la piété , de la ferveur de leurs habitants. L'une et l'autre possédaient un grand nombre de monastères que la piété des fidèles avait enrichis, et qui étaient Fasile et la ressource des •pauvres des deux royaumes. 11 en ordonna la dcstnic- . tion , s'empara de tous leurs biens et condamna à la mendicité tous ceux de leurs religieux qu'il ne fit pas périr. 11 en tira des trésors immenses, mais qui furent bientôt dissipés de la manière la plus honteuse. Un moine apostat, fait évêque anglican par Henri, en récompense de son apostasie, s'exprime ainsi à ce sujet: « Une grande partie de ces trésors fut employée à <( soutenir les jeux de dés, les mascarades et les fes- « tins, oui (je voudrais n'avoir jamais eu l'occasion . « d'en parler) , à corrompre , à salarier des femmes c< perdues et les complices de ses débauches. » Une si honteuse et si criminelle prodigalité mettait souvent à sec le trésor de Henri. Il avait alors recours aux injustices les plus violentes. Procès criminels, de lèsemajesté, intentés sous les prétextes les plus vains ou les plus légers, à des^articuliers, et quelquefois à des classes entières de sujets, qui emportaient toujours . la perte de la vie et la confiscation des biens , auxquels il était impossible de ne pas succomber, si on n'avait l'adresse de se racheter en donnant tout ou partie de ses biens. Impôts extraordinaires, taxes exorbitantes, et qui allaient jusqu'au cinquième du revenu, dons gratuits , emprunts îoxcés soxi^ \^ xtfycû. ^^ \fï^^\il& ^ ^t
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dont le parlement, sur Tordre de Henii , faisait la remise au roi; enfin, altération de monnaies, augmentation de leur titre au-delà de la valeur , et ensuite émission d'une monnaie de faux aloi dans laquelle Falliage excédait Fargcnt dans la proportion de deux parties sur une ; voilà comme l'Angleterre fut pressurée. D'après les documents officiels , il est avéré aujourd'hui que dans trente-huit ans de règne, Henri a perçu sur ses sujets, en subsides, en taxes, en exactions, confiscations, usurpations, spoliations de biens ecclésiastiques , plus que le double de ce que tous les rois ses prédécesseurs avaient perçu depuis l'établissement de la monarchie.
Enfin , et pour achever de tracer le caractère de cet homme, et prouver qu'aucun vice ne lui était étranger, il se livra avec une telle immodération aux excès ■de la table , qu'il en acquit une obésité , une corpu- .lence si énorme qu'il ne pouvait plus supporter son propre poids , et qu'il ne parcourait qu'à l'aide d'une machine les appartements de son palais.
Et voilà l'homme qui a eu l'audace de se présenter au monde comme chargé par Jésus-Christ de réparer son œuvre , voilà le créateur de cette prétendue religion et église dites anghcanes ! Il faut avouer qu'il fiuidrait plus que de la foi , et de la plus robuste, pour parvenir à imaginer et croire que la sagesse et la saintalé de Dieu confieraient l'apostolat des vérités divines à un hoDune aussi criminel et aussi dégoûtant.
Quoi qu'il en soit, il est le fondateur de cette prétendue religion. Voyons comme il en a bâti le système. Quand Henri YUI eut soustrait son royaume à l'obéissance duc au vicaire de Jésus-Christ, il s'occupa peu de réformer le dogme. 11 sembla n'avoir eu en vue que de contenter sa haine contre le pape, de sqlM^^^^^ ^^%
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honteuses passions et d'assouvir sa cupidité en s em^ parant de tous les monastères. Mais aussitôt une nuée d'hérétiques , luthériens, calvinistes , sacramentaires , presque tous Allemands, vint s'abattre sur rAngleterre, et se réunir aux disciples de Thérësiarque Widef qui fermentaient cachés dans son sein. Il en résulta des divisions d'opinions, des disputes, des troubles partiels qui menaçaient d'ébranler la tranquillité publique. Henri s'en effraya. D'ailleurs il avait en horreur Yi prit et la doctrine des sectes de Luther et de Calvin. - La partie du clergé anglais , bassement soumise à se^s volontés, l'avait formellement proclamé « premier-^ <x protecteur, seul et suprême seigneur, chef suprêmes et de l'église d'Angleterre et de son clergé. » Le parle — ment fit de cette déclaration une loi fondamentale da royaume. Henri , en vertu de ce titre de chef de Té-^glise et de la prétendue puissance que la Iftcheté etl'apostasie avaient eu l'air de lui conférer, Henri, pour mettre fin aux troubles dont nous venons de parler, porta contre les erreurs que les hérétiques étrangers semaient dans la nation , une loi appelée les six articles. Chacun de ces articles contient une décision de dogme ou de discipline avec une pénalité attachée à chacun d'eux.
Le premier : Dans l'Eucharistie est véritablement présent le corps de Jésus-Christ , sous la forme et non la substance du pain et du vin. Quiconque prêchera, écrira ou disputera contre cet article , ne pourra être admis à faire abjuration , mais sera mis à mort comme hérétique. Ses biens meubles et immeubles seront confisqués au profit du roi.
2° La communion sous les deux espèces n'est pas nécessaire pour le salut. Tout homme qui prêcheiu dans aucun seroiou « coaléx^xvc^^ ^ qkx \ft:^Viex^ ^ro:^^Vfir
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iftnt devant left juges contre un des cinq articles sera andamné aux peines de la félonie. Mais s'il a seulelent énoncé ou publié des opinions contraires, il sn y dans le premier cas, emprisonné au bon plaisir a roi. Ses terres seront confisquées pendant sa vie , » biens meubles pour toujours : dansf le deuxième 18 , il sera mis à mort.
3* Les prêtres ne peuvent se marier conformément la loi de Dieu. Le bill déclare nuls et de nul effet les lariages contractés par des prêtres ou des religieuses, rdonne à toutes les personnes ainsi mariées de se séirer, et condamne à la peine de mort les cohabitaons subséquentes.
4* Les vœux de chasteté doivent être observés. Tout rétre vivant en commerce illégitime avec une femme, j foute religieuse avec un homme , sont condamnés mr la première fois à Temprisonnement et à la conication , et en cas de récidive à la mort. S(* On doit conserver les messes particulières. 6* La coutume de la confession auriculaire est utile ; même nécessaire.
n y a bien loin de la doctrine de ces articles qui, Texception de ce que Fesprit de Henri y a ajouté de uanté et de fiscalité , sont catholiques ; il y a bien in de cette doctrine à celle que professe aujourd'hui , secte anglicane. Peu de temps après, Henri mit au or un livre intitulé : Doctrine nécessaire et Science » tout homme chrétien, que Ton appela le livre du ol. Ce livre fut, jusqu'aux changements qui suivimt, le catéchisme de la secte anglicane. 11 contient L même doctrine et plus développée , car on y enseine le dogme de la transsubstantiation, et la suflkanoe ^]ft communion sous une seule espèce.
finnf, dès ie pnocipe àé ton ii]po«fta&^ ^ %»^ l^m»
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mis indistinctement à tous ses sujets de lire la Bible traduite en anglais. On lui représenta que cette lecture imprudente avait engendré une race de prédicateurs qui débitaient les doctrines les plus étranges , les plus contradictoires , et entraîné des ignorants à discuter le sens des Écritures dans les cabarets et dans les tavernes , où , échauirés par la controverse et la licence, ils se servaient du langage le plus insultant pour la morale publique , et se provoquaient aux plus grands excès. Pour obvier à ce désordre, il fut défendu de lire la Bible publiquement à d'autres personnes. A ne fut plus permis de la lire dans les familles qu^aux lords et aux gentilshommes, et on ne permit de la lire en particulier et en secret, qu'aux chefs de famille et aux femmes de noble et haute extraction. Toute au' c femme , tout apprenti , artisan , journalier, domestique ou laboureur qui se permettrait de dire les livres saints était condamné pour chaque fois à un mois d'emprisonnement. Que pensent de ces restrictions les membres de l'église anglicane qui distribuent les Bibles dans toute l'Europe , et vont môme les colporter aux nègres et aux sauvages de l'Amérique et de TOcéanie qui ne savent pas lire?
Henri VIII mourut à la fin de janvier 1547; il eut pour successeur son fils Edouard VI , jeune enfant de huit ans qu'il avait eu de Jeanne Seymour. A la cérémonie de son couronnement , il prêta le serment accoutumé d'abord sur la sainte Eucharistie , ensuite sur le livre des Évangiles. L'archevêque de Cantorbéry termina cette cérémonie par une grand'messe solennelle. L'Angleterre , conformément à la loi des six ai*ticles , professait encore la foi à la présence réelle de /esus-Christ dans rFiUc\im?>\ift.\i^xvs\çi àvacours qu'il Adressa, au roi, cet arcVxevècçûie \\à T^\x«ûSMîAâ, ^
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Têiller , en sa qualité de vicaire du Christ et de chef suprême de FÉglise d'Angleterre, à ce que Dieu fût adoré, et Tidolâtrie détruite, à ce que la tyrannie de l''évêque de Rome fût abolie , et les images supprimées. -Et voilà un enfant de huit ans, à qui une grande nation attribue la qualité de vicaire de Jésus-Christ et à qui elle reconnaît à ce titre le droit, le pouvoir de ré- S^ler la foi, de diriger la conscience de ses sujets! Un enfant de huit ans ! ô erreur ! ô folie ! dans quels abinnes d'extravagance et d'impiété va se perdre l'esprit bumain, quand il se soustrait au joug de l'autorité de la. sainte et véritable Église !
Cet. enfant n'était pas né avec de mauvaises inclinations , mais livré aux complices des impiétés , des cruautés, des iniquités de son père, il fut bientôt corrompu par eux. L'Angleterre était alors livrée à la perturbation , à l'anarchie des opinions de toutes les sectes hérétiques de ce temps ; les sectateurs de Wiclef , de Luther , de Zuingle et de Calvin pullulaient dans ce malheureux royaume. Les erreurs de Calvin surtout avaient été adoptées par les personnages qui environnaient le jeune roi et s'étaient emparés de son esprit. Ce n'hélait pas par pure théorie qu'ils avaient adopté ce dernier système, il présentait un appât immense à leur cupidité. Henri Vlll, dans ses déprédations, n'avait envahi que les biens des monastères; ceux des évêchés, les riches bénéfices du clergé sécuher restaient intacts. Le système de Calvin, abolissant l'épiscopat et toute dignité ecclésiastique, donnait à ces âmes de boue, s'ils pouvaient le réahser, l'espoir de se partager ces riches dépouilles. Mais la tâche n'était pas facile ; il restait encore trop de souvenirs , et peut-être d'atfections. Les peuples pouvaient ne pas tèmo\^e.T )i vnv rai ea&nt la déférence que leur avaiexiV. aTItà.c^^èx^^3èw
cruauté et le despotisme de son père. Tendant à leur but , ils empoisonnèrent Tesprit du jeune prince , lui communiquèrent leurs préjugés et leurs haines. Ils lui Aspirèrent un vif attachement aux nouvelles doctrines, surtout au calvinisme , et la plus violente antipathie pour tout ce qui tient à la doctrine catholique. Ainsi fanatisé, cet enfant regardait comme le premier de ses devoirs d'extirper ce qu'on lui avait appris à regarder comme Fidolâtrie de ses pères.
Il fallait pour cela détruire la loi des six articles; ils commencèrent par faire autoriser le mariage des prêtres; après cet essai, une autre loi abolit la messe, ordonna de briser les saintes images , proscrivit la religion catholique romaine. Par suite de cet excès , le sang des catholiques et celui même d'un certain nombre d'hérétiques qui n'étaient pas encore contents de la part qu'on leur faisait, fut largement réfianda. « On pilla , on saccagea les églises, dit un historien « protestant, sans que le roi en profitât en aucune « manière. Car quoiqu'il en eût tiré des richesses in- « exprimables, ainsi que de la vente des terres, il fut « accablé de dettes , et les revenus de la couronne di- « minuèrent considérablement sous son règne, n 11 fallait formuler une profession de foi pour cette nation qui allait de désordre en désordre» d'excès en excès. Le luthérien Cranmer fut chargé de la rédiger. Il la composa de quarante-deux articles; ou plutôt toutes les sectes, luthériens, zuingliens, calvinistes y mirent du leur , et on la donna comme symbole à l'Église anglicane, et l'adolescent Edouard, se faisant fort de cette prétendue infaillibilité dans Tidée de laquelle des fourbes avaient bercé son enfance, l'approuva et en
ât une loi de VÉtal à \a.c^\\eV\^ oii ImV ^\^\^ de se oon-
iormer sous les peines \e& "^via ^gEi^eflb.
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Edouard mourut le 6 juillet 1553. Ainsi en dix-huit inSy TÂngleterre a déjà deux fois changé de religion.
A Edouard succéda Marie , fille de Henri et de Catherine d'Aragon. Cette princesse n'avait point ahandonné la foi catholique. A son avènement au trône, elle ne violenta la conscience de personne , laissa librement exercer les prédications et les cérémonies du culte anglican dans les temples, et se contenta de faire célébrer le service divin selon le rit catholique dans sa chapelle pour sa maison. Elle Ût môme proclamer qu'elle n'avait aucune intention de forcer qui que ce fiit à embrasser sa religion , à moins qu'on n'en prit la détermination d'un consentement général ; mais qu'elle défendait d'exciter le peuple à la sédition, et de provoquer aux dissensions , en se servant des termes injurieux d'hérétique et de papiste. Peu à peu les esprits se calmèrent, le parlement porta des lois par lesquelles furent abolies toutes celles qui avaient été rendues contre la religion sous Edouard. La messe , les cérémonies du culte, l'administration des sacrements furent rétablies et pratiquées comme avant les sacrilèges innovations du dernier règne, n ne s'agissait plus que de se réconcilier avec Rome ; dès l'année suivante , les deux chambres du parlement, par un vote unanime, ce déclarè- « rent qu'elles voyaient avec chagrin la séparation du « royaume de la communion du Siège apostolique, c qu'elles étaient prêtes à rapporter tout statut qui avait « amené ou maintenu cette séparation , qu'elles espé- « raient que la médiation de leurs majestés les ferait « absoudre des censures ecclésiastiques et réintégrer « dans le sein de l'Église universelle, i Et le 30 novembre 1554, le parlement reçut à genoux, au nom de la nation anglaise, du cardinal Polus^ \^^\. ^w Stipt^a^, rabsoluUon du schisme, de YY^^t^e cd^
des censures. Ainsi , après dix-huit aimées de schisme et dliérésie, l'Angleterre fut réconciliée avec FÉglise.
Marie ne devait pas jouir longtemps du bonheur et . de la gloire d'avoir rendu la véritable religion à son royaume. Elle ne devait plus vivre que trois ans, et ces trois années lui ont attiré de grands reproches et malheureusement trop mérités. Elle avait épousé Philippe 11 , roi d'Espagne , et ce mariage avait irrité et aliéné la nation. Les hérétiques profitèrent de cette division pour semer les erreurs, exciter des troubles, former des rassemblements dans lesquels des ministres fanatiques priaient à haute voix pour demander la mort de la reine. 11 y eut des conspirations, des révoltes à main armée, et dans toutes ces collisions les chefs des hérétiques se trouvaient à la tête. Le siècle où vivait Marie était un siècle d'intolérance religieuse, où la punition des personnes qui professaient des doctrines erronées , était prescrite comme un devoir par ceux qui rejetaient et par ceux qui reconnaissaient une doctrine contraire. Environ deux cents hérétiques périrent victimes de ce barbare préjugé, dans les quatre dernières années du règne de Marie, qui mourut en
Nous arrivons à la troisième période de l'histoire de l'hérésie anglicane. Nous l'avons vue naître de la violence et des passions de Henri Vlll , s'accroître et se constituer en quelque sorte sous le sceptre d'un enfant, et pendant un intervalle de dix-huit ans inonder TAngleterre de sang humain. Elle n'est plus au moment de la mort de Marie. Fabriquée par le mauvais vouloir des honunes , il n'a fallu qu'un acte du parlement pour l'abolir et l'anéantir. Mais Elisabeth va la ressusciter, la solidilier et la mettre dans l'état où nous la voyons aujourd'hui.
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Elisabeth , reine d'Angleterre , succéda à sa sœur la reine Marie. Fille de Henri VIII et d'Anne de Boulen, son père Favait , à la mort de sa mère, fait déclarer illëgitinie , et , en sa qualité de bâtarde , incapable de lui succéder ; et plus tard , par son testament, il Favait réintégrée dans le droit de succession au défaut de Marie.
Elisabeth, née au moment où son père se soustrayait à l'obéissance due au Souverain Pontife , fut élevée dans les systèmes hérétiques qui furent en faveur sous les règnes de son père et de son frère. Quand Marie monta sur le trône, Elisabeth continua sa pratique religieuse; mais apprenant qu'on attribuait sa conduite, moins à un motif de conscience, qu'aux insinuations des hérétiques et des factieux et au désir de 86 faire un parti parmi eux, elle demanda une audience particulière à sa sœui*, se mit à ses genoux, s'excusa de son obstination passée sur le motif qu'elle n'ayait jamais pratiqué que la religion réformée, qu'elle n'en connaissait pas d'autre ; que peut-être si on lui fournissait les livres nécessaires, et que des théologiens savants voulussent Finstruire, elle poun*ait reconnaître ses erreurs et embrasser la religion de ses pères. Et au bout d'une semaine , elle embrassa la religion catholique. Depuis ce moment, tout dans sa conduite parut annoncer ime catholique fidèle et même ferrente. Elle ne se contentait pas d'assister avec la reine à la messe , mais elle voulut avoir une chapelle dans sa propre maison. Elle participait souvent aux sacrements. Marie, dans ses derniers moments, eut quelques inquiétudes sur la sincérité de ses sentiments et chercha à s'en assurer. Elisabeth se plaignait de la méfiance de sa sœur ; elle croyait sincèrement et en toute confiance à la religion catholique; elle w^ ^mrait mieux ùûre, pour en donner la pieave^ o^^ ca
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qu'elle avait déjà souvent fait, confirmer son assertion par serment ; et elle ajoutait « qu'elle priait Dieu que a la terre s'entr'ouvrît et Fengloutît toute vive, si elle « n'était pas une véritable catholique romaine. »
A la mort de Marie, elle résolut dans un conseil secret d'abolir la religion catholique, et elle prit avec quelques-uns de ses ministres les mesures qui devaient la conduire sûrement au but. Cependant, jusqu'à la cérémonie de son couronnement, elle continua d'assister à la messe et y communia publiquement plusieurs fois. Le couronnement se fit selon le pontifictl romain, et elle y fit le serment et la profession de foi catholique. Cette femme artificieuse ne croyait pas fdm à une religion qu'à l'autre, mais elle avait en horreur le pape et le catholicisme , parce que le pape , an moment de son avènement, avait refusé de reconnaître son droit à la couronne et la légitimité de sa naissance, et que, d'un autre côté, Marie Stuart, reioi d'Ecosse , princesse catholique , annonçait des prétentions au trône d'Angleterre.
Le parlement s'assembla, et sur la demande des ministres, toutes les lois portées sous le règne précédent en faveur de la religion catholique furent abolies, la religion catholique proscrite, l'autorité du pape anéantie. A sa place Elisabeth se fit le chef de la rdîgion sous le tire de souveraine gouvernante de l'Église d'Angleterre pour le spiritiiel et pour le temporel , avec le droit de déléguer sa juridiction, ses pouvoirs à quelque personne que ce fût, au gré de la souveraine gouvernante : titre et autorité qui furent reconnus par la loi appartenir essentiellement à ses successeurs. Ainsi l'erreur a parcouru tous ses degrés depuis sa naissance. £iJe fut un acte monstrueux dans l'usurpation du titre de chef de l'Église par lieiit\N\SL^%toax^ ^axAU^^op-
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ionne d^uu enfant comme Edouard VI , et la voilà devenue ridicule dans la personne d'une femme. Nous k voyons dans toutes ses conséquences aujourd'hui , qa^une reine , jeune ûlle de dix-sept à dix-huit ans , porte la couronne d'Angleterre.
Elisabeth , instituée souveraine gouvernante de FÉ-^ glise, se mit à l'œuvre. Les deux réformes précédentes ne lui convenaient pas. Elle trouvait que celle d'Edouard péchait par excès , et celle d'Henri par défaut. Elle fit composer une confession en trente-neuf articles , mélange du système calviniste avec quelques vestes de la discipline et des cérémonies de l'Église catholique. Élevée dans la hëdne du pape et le zèle pour k réforme , elle aimait les cérémonies que son père avait retenues , elle recherchait la pompe dans le sei*- Tice divin. Elle trouvait que les ministres de son frère avaient outré la réforme dans le culte extérieur. Elle jugeait qu'ils avaient resserré certains dogmes dans des limites trop étroites et sous des termes trop précis ; qa'il fallait user d'expressions plus générales , afin que chacun, de quelque opinion qu'il fût, pût s'en arranger. Ainsi elle conserva les évêques , les chanoines , les curés , les ornements de l'Église , les orgues et la mosique.
Quant à la doctrine , la confession des tiente-neuf articles devint le symbole obligé de sa nouvelle Église. Entre autres erreurs , elle n'admet que deux sacrements , le Baptême et la Gêne qui est la communion ia corps et du sang de Jésus-Christ , dans laquelle on ne mange Jésus-Christ que spirituellement et par la foi, mais en reconnaissant que l'on mange véritablement le corps et le sang de Jésus-Christ , contradiction qui annonce que l'auteur ne se comprenait pas, à moins gu'jJ n'eût le dessein d'amalgamer exvs>^r^\^\^
ce non-sens les calvinistes et les catholiques mal instruits. Autre erreur. 11 n'y a point de transsubstantiation et le pain reste dans le sacrement, et TEucharistie n'est point un sacriflce. Ce symbole nie encore l'infaillibilité des conciles généraux, le purgatoire, lesindirigences, la vénération des reliques, des images, l'invocation des saints.
Le clergé voulut s'opposer, mais inutilement , à ca innovations impies. L'Assemblée des évêques présenta au parlement une déclaration de sa croyance à la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie , à la transsubstantiation au sacrifice de la messe , à la suprématie du pape , et protesta en même temps que ce n'était pas à une assemblée de laïques , mais aux pa»* teurs légitimes de l'Église, à prononcer sur la doctrine, les sacrements et la discipline. Les deux universités signèrent cette profession de foi. Elisabeth , irritée de cette résistance , s'abandonna à toute la violence de son caractère. Fille du cruel , du rapace , de l'impudique Henri , elle avait toutes ses passions et peut-être à un degré supérieur à celui dans lequel son père en était agité. Nous allons tracer rapidement l'histoire d'une époque de quarante-cinq ans de la plus horrible tyrannie, pendant laquelle cette femme atroce rivalisa de fureurs , de cruautés envers ses sujets catholiques avec les Néron , les Dèce , les Dioclétien , ces premiers persécuteurs du Christianisme. Plus coupable qu'eui, puisqu'ils ne connaissaient pas la religion qu'ils voulaient détruire, et qu'elle l'avait embrassée, pratiquée et juré à son sacre de la conserver et de la défendre. Elle commença par chasser de leurs sièges , de leurs bénéfices , les évêques , les curés , tous les prêtres qui n'embrassèrent pas son impie et sacrilège système, leur défendit sous peine de moi\. de \em^\\ «x\K.uwe des
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bnctions de leur ministère , de prêcher ou de blâmer ie9 erreurs qu'elle faisait enseigner. 11 faut avouer ici pie le clergé d'Angleterre ne fit pas honneur à sa foi tans cette circonstance ; car il n'y eut que quinze évê- [aeSy cinquante chanoines et quatre-vingts curés qui, f acceptant pas la réforme , perdirent leurs bénéfices. JB& uns finirent leur vie dans les cachots , les autres lans les tourments. Malgré ces premières violences, la nasse des fidèles catholiques , aidée , soutenue par le Kimistère secret de quelques prêtres restés fidèles et saches dans son sein, la masse résistait à la séduction. Uors conunençaune persécution légale, dont celle que es catholiques ont subie en France pendant les années ^, 93 et 94 , n'a été qu'une pâle copie. Des lois barlares dévouèrent à la mort tout prêtre catholique qui ■entrerait en Angleterre , qui dirait la messe , enten- Ivait les confessions , tous ceux qui le recueilleraient, |ui le soulageraient dans ses besoins. Peine de mort sontre ceux qui assistaient à la messe , qui se confesiident, qui admettaient la suprématie du pape et re- [osaient de reconnaître et de se soumettre à celle que cette femme impie s'était arrogée. Peine de mort contre ceux qui obtiendraient, garderaient aucune bulle, écrit ou acte de l'évêque de Rome , ceux qui seraient absous en vertu de ces actes , et la même peine contre leurs suppôts ou fauteurs j contre ceux qui introduinient ou recevraient des Agnus Dei , des croix , des images ou des chapelets bénis par Fcvêque de Rome , ou autres gens tirant de lui leur autorité. Et ces cmelki pénalités infligées à raison du crime de lèse-majeité, de haute trahison dont chacun de ces actes était quilifié. Et quels supplices furent infligés aux gênéteases victimes de tant de barbarie ? On les pendait* Vais bientôt on trouva ce supplice trop dou^. M^\x\\è.
346 mifusL
mort on les soumettait aux tortures les plus atroces : les prêtres , pour les forcer à découvrir les noms de ceux qui leur avaient donné rhospitalité , qui avaient assisté à leurs messes , à leurs instructions , ou reçu d'eux les sacrements, afin de les égorger avec eux; les laïques, pour leur arracher les mêmes aveux sur Texis- \ence et le séjour des prêtres cachés , et toujours pour augmenter le nombre des victimes. Les historiens Uiglais nous ont donné de ces diverses tortures , des explications dont la lecture fait dresser les cheveux d'horreur. Eu voici une entre autres. La torture , appelée fille du boueur, était un large cercle de fer ^ composé de deux parties jointes ensemble par une charnière. On plaçait le prisonnier à genoux sur le pavé^ et on le contraignait de se ployer dans un aussi petit espace que possible. Alors le bourreau s'agenouillait sur ses épaules, après avoir introduit le cercle sous m$ jambes , il comprimait la victime sur elle-même, ju^ qu'à ce qu'il pût accrocher les extrémités vers les reins. L'esimcc de temps alloué pour cette torture était d*une heure et demie, durant laquelle il arrivait communément (jue l'excès de la compression faisait jaillir le sang par les narines, souvent môme par les extrémiiéf des pieds et des mains.
Quand on cessa de pendre les catholiques, on f servit du couteau pour leur donner la mort. Le boi rcau les éventrait, arrachait leurs entrailles, et couf leur corps en «jualre quartiers. Des inilliei*sde mart prêtres et laujucs , des fcnnncs même ont soufRsr^ horrible supi)lice. Une si atroce persécution dim promptement le nombre des prêtres restés fidèles. 5 en vint de l'étranger. Des séminaires anglais s'élal à Douai, à Reims et à Paris. Des essaims d'apôtr *«»«nt consécuVivemeiA de c^^ Vcovs» \^<ks»> ^iS^s^^
DE l'àrchigonfrérib. 347
de leurs sueurs et de leur sang cette terre ingrate qiii les dévorait, et remplacer ceux de leurs devanciers |ue le martyre avait moissonnés. Les ûdèles persévéitdent, et la rage d'Ëlisaheth augmentait. Pour la sa* isHedre , elle fit rendre par son parlement une loi qui ibUgeait tous les catholiques à assister aux offices anglicans , à y communier sous peine de 20 livres sterling d^amende par mois lunaire , ce qui vaut 6,500 fr. lar an ; on en força plusieurs à vendre leurs propriétés norceau par morceau , afin de payer les amendes. ^orsqu^ils étaient en arrière, le tyran était autorisé par a loi à se saisir de leurs personnes , à s^emparer de ont leur mobilier et des deux tiers de leurs biens imnedbles tous les six mois. Quant aux pauvres catiiplipies qui ne pouvaient payer les amendes , ils étaient letés dans les prisons jusqu'à ce qu'elles ne pussent plus en contenir. Ils y périssaient de misère, de malates contagieuses et de faim. Quand ils en sortaient , les fouettait publiquement , et on leur perçait les avec un fer rouge. Enfin une loi ordonna que les pauvres catholiques seraient chassés du pays, et mis à mort s^ils y reparaissaient. Mais ce dernier acte ne put être exécuté à cause de la multitude d'hommes qa*il aurait fallu frapper ; et pour les punir on se con- \miBL de lever sur eux des sommes , au bon plaisir des joges, comme composition pour le crime qu'ils com- ■etfaient en se refusant à l'apostasie.
Pendant quarante-cinq ans que dura cette domination tjrannique , les catholiques ne purent jouir d'aucun iqKM. A toutes les heures , mais surtout pendant la nuit, des brigands conduits par les magistrats entraient dms leurs maisons , en en brisant les portes ; ils s'é- Imçaient , en se séparant par bandes , datvs \(b^ ^^^x^ tfPÊWiffiDeatg, forçaient les coffres el \e« \^\£%\^^
348 KAKuio:.
examinaient les lits et les poches. Il n^était pas de liai où ils ne cherchassent des prêtres ^ des livres, des o^ nements, des croix , ou d'autres objets qui appartinssent au culte catholique.
Et toutes ces atrocités étaient Fœuyre d^une femme qui , pendant plusieurs années , avait professé ouverte- | ment la religion catholique, et qui n'avait pas balancé de jurer solennellement à son sacre qu'elle croyait fermement en cette religion, et qu'elle la protégerait et la conserverait. Ainsi Thérésie anglicane, comme toutes les hérésies, a eu pour principe le libertinage, Vdf' gueil et la cupidité; elle s'est accrue dans le sang, ie^ meurtres , le brigandage et les ruines.
Un système de persécutions, de concussions et d0 ruines si constanunent suivi pendant quarante-dt^A ans, tout culte catholique public éteint, Fcbstacl^ presque invincible apporté à Tinstruction catholiqi^^ par regorgement des prêtres diminuèrent sensiblemef^ le nombre des catholiques dans F Angleterre propre? ^^ ment dite. Ils cachèrent leurs sentiments , on pouva^ les croire anéantis. Cependant au moindre soupçon au plus petit cri de cette haine furieuse qui s'étai nourrie de leur sang , les persécutions recommençaien '^ contre eux sous les successeurs de la féroce Ëlisabeth..«ii«' De nouvelles lois rendues par le parlement ajoutèrent encore d'époque en époque aux rigueurs, aux vexa^^ tiens dont elle les avait accablés. On en ût un code^ pénal qui n'a cessé d'être en vigueur que dans l'année ' 1778. Voici quelques-unes de ses dispositions.
Privation pour les catholiques de tous les droits politiques et civils. Condamnation répétée à une amende de cinq cents francs , s'ils n'entraient pas dans le temple > et cette démarche était réputée un acte d'apostasie. Défense, sous çem^i ^e çcvi^^ Oûk\:v\£kfc\i\&^ d'avoir
DE l'auchigonfrérie. 349
tB armes daus leurs maisons pour leur propre dense, de plaider des causes en justice , d'être tuteurs, écuteurs testamentaires, médecins, avocats, de s'éigner de plus d'une lieue et demie de leurs maisons. une femme mariée n'allait pas à Téglise anglicane , le perdait les deux tiers de sa dot, le droit d'être aiécutrice testamentaire de son mari; elle pouvait re emprisonnée, à moins que son mari ne payât ux cent cinquante francs par mois pour la racheter. latre juges de paix, en se réunissant, pouvaient citer nrant eux tout catholique convaincu de ne pas aller L temple, le forcer à abjurer sa religion, ou, s'il s'y fusait, le condamner au bannissement perpétuel; et 1 revenait, il devait être puni de mort. Deux juges i paix avaient le droit d'appeler devant eux, sans auine information préalable , tout homme quelconque ^ de plus de seize ans , et si cet homme refusait penint six mois d'abjurer la religion catholique, il develit incapable de posséder des terres ; toutes celles qui i appartenaient revenaient à son plus proche héritier ■otestant, qui ne lui devait aucun compte des révéla ; il ne pouvait en acheter d'autres , et toute acquition faite par lui ou pour lui était nulle. Le père da mille qui employait un précepteur catholique danv . famille était condamné à payer une amende dd M) irancs par mois, et le précepteur lui-même à celle s 2 francs 50 centimes par jour. Le père qui envoyait o fils étudier dans une école catholique à l'étranger svait payer une amende de 2,500 francs , et l'enfant srenait inhabile à hériter, acheter, posséder des terit, des revenus, des biens , des legs, ou des sommeï argent. Le prêtre qui disait la messe, quand il n'était U mis à mort, devait, par grâce , payer une amende 1 9,000 ùwçs, et le catholique qui ^ a^&i^l^ÂV.^^3;fi>&^^
350 HANUEL
i,500. Tout prêtre catholique qui revenait du continent en Angleterre > et qui n'abjurait pas sa religion dans les trois jours qui suivaient son retour; toute personne qui embrassait la religion catholique ou contribuait à la faire embrasser à une autre , était condamnée par ce code sanguinaire à être pendue , éventrée , les entrailles arrachées, et écartelée. Ce luxe de cruautés donne à TAngleterre la primauté sur les Turcs : il* se contentent en pareil cas d'empaler. Et remarques, que ces atroces rigueurs ne pèsent que sur les catholi — ques, qu'aucune d'elles ne frappe aucun de ces mil— ^ liers de sectaires que la prétendue église anglicane n'^ cessé d'engendrer depuis le moment de son établisse* ment. Elle les voit , avec un calme forcé , sortir toua^ les jours de son sein et la dépeupler; cependant iblufiS portent de furieux coups qu'elle ne sait pas parer.
Et ce code sanguinaire n'était rien encore en com— * paraison de celui qui se pratiquait en Irlande. Nous avons vu que la majeure partie du clergé anglais abandonna la foi , et que la violence de la persécution diminua sensiblement le nombre des catholiques en Angleterre ; mais dans la noble et héroïque Irlande , clergé et fidèles demeurèrent inébranlables dans leur attachement à l'Église catholique. Guerres, confiscation des terres , pillages , meurtres , tout fut mis en usage pour vaincre cette généreuse nation ; rien ne put lasser la constance de la catholique Irlande. Aussi la haine , la fureur et l'esprit de vengeance lui firent appliquer un code pénal plus vexatoire et plus barbare que celui qui avait été imposé à l'Angleterre. On en peut juger par la citation suivante de quelques-uns de ses articles.
Tout précepteur catholique, public ou particulier, était puni de prison , d^ WuÀs>^m<^\À ^^\, ^xitLa de la
DE l'àrchicokfrérie. 381
is membres du clergé ne pouvaient rester dîms ans. se faire enregistrer; on les traitait comme BFS, et on donnait, des sommes levées sur les aes, en récompenses à ceux qui les découi,2o0 francs pour un évêque, 500 francs pour 2, et 250 fr. pour un maître d'école. Deux juges avaient le droit de mander devant eux tout je , de lui ordonner de déclarer avec serment and il avait entendu la messe, qui y était prénom et la résidence des prêtres et des maîtres ïu'il pouvait connaître, et sur son refus de i, ils le condamnaient à une année d'incardans une prison d'État, ou à une amende de 2S. Tout protestant qui en soupçonnedt un autre en fidéicommis une propriété pour im cathou d'être engage dans quelque marché, bail contrat pour un catholique, pouvait passer sa on contre le dépositaire, et s'emparer du bien propriété. Tout protestant qui voyait un catenir une ferme dont le produit excédât de 1 tiers le montant de la rente qu'il en faisait, m déposséder le catholique et prendre le bail ::e. Tout protestant qui voyait entre les mains lolique un cheval qui valait plus de 125 francs, j'emparer du cheval en comptant les 125 fr.; le, dans tous ces cas et autres du même genre, \ ne pût être rendue, on n'admettait au jugement es que des protestants bien conntis. On prenait lux des catholiques pour la milice, et en outre ent toujours double taxe. Les pertes de biens BÛsseaux faites par des marchands dans une «ntre un prince catholique étaient payées par t levé sur les biens et les terres des catholi- 3J D^en payaient pas moins une do\3^\^ Vkm^
pour les frais de cette guerre, dans laquelle ils ëiidont forcés de servir eux-mêmes comme soldats. La suece»* sion d'un protestant dont les héritiers selon la loi étaient catholiques , devait passer au plus proche parent protestant , comme s'ils eussent été morts. Toat mariage entre protestants et catholiques était annulé, quoiqu'il en fût né souvent plusieurs enfants. Tont prêtre qui célébrait un marîage entre un catholique ^ un protestant était pendu. Un père catholique ne pouvait garder lui-même son fils, si Fenfant, quelque jeune qu'il fût, prétendait être protestant; on enlevait l'enfant, et on le mettait sous la garde d'un parait protestant. Si l'enfant d'un catholique se faisait protestant, on devait aussitôt faire comparaître le père, et on lui faisait déclarer sur serment la valeur de tout ce qu'il possédait, et de ce moment son bien devenait la propriété de son fils, et le père ne pouvait ni vendre, ni engager, ni léguer une partie quelconque de ses biens, à quelque titre qu'il les possédât, lors même qu'ils étaient le fruit de son travail. Si la femme d'un catholique voulait se faire protestante, elle devenait dès cet instant indépendante des volontés de son mari, participait malgré lui à tous ses biens propres, quelque immorale épouse ou mauvaise mère qu'elle eût ét^ jusque là.
Voilà l'état d'asservissement , d'humiliation et de tortures dans lequel les catholiques d'Angleterre, d*lrlande et d'Ecosse ont vécu pendant deux cent quarantecinq ans, depuis 1533 jusqu'en 1778 *. A cette dernière époque, les soulèvements de l'Amérique firent sentir
^ Les malheurs de VÉcossc ont eu moins de durée. L'apostasie de ce royaume el \a, ^^T^àcviNÀûXi ç.wvVc^Vaç.^UxoUqucs commencèrent cn\^^^.
DE L'àRGHICONFRËRIE. 353
an gouvernement anglais la nécessité de relâcher quelque chose du joug barbare et sanguinaire qu'il faisait peser sur les catholiques. La persécution perdit un peu de sa violence ; elle diminua ensuite à différentes époques , et selon le degré d'inquiétude qu'inspiraient à FAngleterre les mouvements de l'Europe et les agitations révolutionnaires de la France. Mais il restait toujours ce serment impie du test, imposé aux catholiques, dont la prestation eût été un acte d'apostasie formelle, et dont le refus les réduisait à une sorte d'ilotisme dans leur propre patrie , puisqu'il les excluait de tous les emplois civils et militaires. Cette dernière entrave vient d'être brisée : aujourd'hui les catholiques sont appelés, comme leurs compatriotes protestants, à remplir tous les emplois de la société. Plusieurs sont déjà entrés dans ce parlement qui porta autrefois contre eux tant de lois impies et sanguinaires.
La prétendue Église anglicane croule de tous côtés depuis qu'elle n'a plus pour garde et pour appui la terreur, les supplices et les confiscations ; ses bizarreries , le décousu de ses systèmes , les contradictions de ses doctrines sautent aux yeux. Elle est déchirée au dedans, morcelée au dehors par une foule de sectes sorties de son sein et qui l'abhorrent; elle n'a plus qu^un moyen vital : ce sont ses immenses richesses ; mais elles sont un scandale aux yeux de ceux qui la jugent , et la justice divine va peut-être bientôt les lui arracher.
La religion catholique, meurtrie, blessée par tant de persécutions , noyée en quelque sorte dans le sang de ses martyrs, est sortie de ses ruines en Angleterre, et par sa propre vertu , depuis quarante ans. Les catholiques s'y multiplient : telle viVle , "^anc\\Çi?\!C\ ,\«x exemple, qui ne comptait peut-être pas ceuV ca.\-V\^\^^"5»
il y a vingt ans , en a aujourd'hui plus de cinquante mille. Les temples du Seigneur s'élèvent partout : on compte plus de six cents églises ou chapelles construites depuis quelques années. Le Seigneur a jeté un regard de miséricorde sur cette nation qui a eu le malheur d'abandonner sa divine vérité. On doit croire que le moment de sa résurrection religieuse est arrivé; mais Satan, le prince des ténèbres, n'est pas inactif : il voit avec rage et fureur la lumière de la vérité pénétrer chez un peuple qu'il avait regardé comme sa proie ; il suscite tous les jours au sein de la nation des hérésies qui, après tant d'autres, n'ont plus rien de remarquable que leur absurdité et leur ridicule, et qui cependant attirent encore et pervertissent une foule d'âmes, par suite de ce malheuicux esprit de, secte et d'erreur qui a été si longtemps le caractère particulier de la nation anglaise.
Déjà, dans deux circonstances, notre Église de France a porté secours à sa sœur l'Église d'Angleterre. Au commencement du cinquième siècle, l'hérésie du pélagianisme y faisait de grands ravages : sur la demande des évècjuos d'Angleterre, l'Église de France envoya en 429 deux de ses plus saints évoques, saint Germain d'Auxerre et saint Loup de Troyes , qui convertirent un grand nombre d'hérétiques. Saint Germain y fit une seconde mission en 446 , pendant laquelle il acheva la conversion de tout ce qui restait de pélagiens. A la fin du siècle dernier, en Tannée 1792, quand la France, livrée à l'esprit d'hérésie et d'impiété , chassait de son sol ses prêtres catholiques , le plus grand nombre do nos glorieux confesseurs fut cliercher un asile en Angleterre , et celte grande , celle noble , celte généreuse naiiun, niàh^ré ses maVbcuTcwx. ^xd^uçjl^ contre notre sainte religion et aes TOwislves , \^*a \e«\\çs^ààX cxiasfi&
DE l'àBCHICONFRËRIE. dS5
^es firères. Ds étaient sans asile et sans ressources : Uentôt gouvernement , magistrats et simples particuliers pourvurent à tous leurs besoins avec une libéra- , une noblesse, une délicatesse de procédés dont '*£glise de France gardera jusqu'au dernier jour un cieux souvenir. Dieu préparait déjà les miséricordes sa divine bonté réserve à l'Angleterre; il entrait les desseins de sa Providence que cette nation juicieuse se convainquît elle-même de l'absurdité , de ■.«L fausseté de toutes les imputations faites aux prêtres c^^tholiques. Les siens, en très-petit nombre, se ca- C2.2iaient en son sein; elle ne pouvdt les obsen^er, elle ra.e les connaissait pas ; et voilà que des milliers d'év-^ques, de prêtres étrangers abordent à ses rivages, et L^ magnanimité, l'héroïque patience, la dignité dans 1-^ malheur, la sainte résignation de nos confesseurs de foi, les vœux ardents que leur reconnaissance offre ciel obtiennent de la bonté divine la diminution^de préjugés funestes , enfants de l'esprit de schisme et ''hérésie, et souvent le plus gi-and obstacle à la con- '^'crsion des peuples, comme des individus. Le séjour ^e nos prêtres en Angleterre a été le principe de la lil^«r té dont la religion et le culte catholique commencent & y jouir, et de ces conversions si prodigieusement nombreuses.
Membres de l'Archiconfrérie en l'honneur du très-
Saint et immaculé Cœur de Marie , pour obtenir par
«es mérites la grâce de la conversion des pécheurs,
fidèles unis ensemble par les vœux les plus purs et les
0US ardents, pour la gloire de Dieu et le salut de vos
: frères, voilà la plus magnifique occasion d'exercer
' votre saint zèle. Ce ne sont plus seulement quelques
Imes que vous gagnerez à Dieu ; c'esl une xudX\Q\i V^xiX.
entière f ce sont trois grands royaumes qu&>L\!kè.\^^\&<i
a airachés du sein de l'Église, pour lesquels vous demsmderez à Dieu la lumière et le salut. C'est une sainte et pacifique croisade que nous vous proposons contre l'esprit des ténèbres et de mensonge, dont l'effet sera, n'en doutons pas, la destruction de l'hérésie et le retour des miséricordes divines sur cette belle portion de notre Europe. Pilons, prions avec ardeur et con6ance,etIa victoire est à nous. Jésus-Christ nous a dit dans son divin Évangile que si notre foi était brûlante et active comme le grain de sénevé , par elle nous pourrions transporter les montagnes ; et il nous a assuré, lui, la toute-puissance et la vérité éternelles, «que lorsque « deux d'entre nous s'unissent ensemble sur la terre, a quelque chose qu'ils demandent, elle leur seraac- « cordée par son Père qui est dans les cieux. »
Vous comprenez , nos très-chers frères , que nous ne pouvons nous proposer un but plus agréable à la majesté divine, plus propre à procurer sa gloire que l'exaltation de sa sainte Église , la conversion , le retour dans son sein de plusieurs peuples qui ont eu le malheur de s'en arracher ; et combien , par ce motif , nos vœux peuvent être puissants auprès du Seigneur ! D'ailleurs, nous ne prierons pas seuls ; nous nous unirons aux mérites de cette glorieuse légion de martyrs dont l'Angleterre , rÉcosse et l'Irlande ont peuplé le ciel pendant une persécution de deux cent quarante-cinq ans ; nous prierons avec les généreux et fidèles catholiques des trois royaumes dont l'inébranlable constance a lassé et vaincu la fureur de leurs bourreaux; nous prierons avec ces saints évoques , ces vénérables prêtres, ce clergé apostolique que sa magnanimité dans la persécution a rendu digne de la glorieuse mission que le souverain Paslcur des àme?» \\i\ î^. toutiée. Nous appel- Jerons à notre aideYauçv\?>V.e ^o>3ln^\^w^^\s.^\^^\^^
DE L'ARCHICOnFRÉRIE. 357
la terre , qui s'appelle la mère de la miséricorde , le rehge des pécheurs , la consolation des affligés et la reslOarce des chrétiens ; son Cœur très-saint et immaculé idoptera nos Toeux, les enrichira de ses mérites, et les irâieiitera au Dieu de miséricorde et de clémence, et ien ne pourra nous être refusé.
Nous proposons à tous nos chers confrères , les mem- MPes de FArchiconfrérie, de penser tous les jours dans BUTS prières à la conversion de l'Angleterre, surtout [oand ils réciteront Y Ave Maria, en assistant au divin lacrifice de la messe , au moment de la consécration , it de demander alors , ainsi que dans toutes leurs commmions, la conversion de FAngleterre.
Voilà ce que nous écrivions dans la première édition le notre Manuel en 1838; mais aujourd'hui, en 4849, ions renouvelons cet appel à la charité de nos conrères , et avec d'autant plus d'empressement que la liTine bonté a récompensé par les grâces les plus ma- ;nifiqucs, les prières et les vœux que l'Archiconfrérie , offerts au très-saint et immaculé Cœur de Marie en iveur de l'Angleterre. Six mois après que l'Archiconrerie eut commencé ses prières, nous recevions pluienrs lettres venues de différentes parties de l'Anglesrre qui nous apprenaient que des conversions nomareuses, et tout à fait inattendues, avaient amené de 'hérésie à la foi catholique un nombre considérable .^Anglicans et d'autres sectateurs des hérésies sans kombre qui peuplent ce pays ; on croyait que le nombre !e ces heureux retours avait surpassé dans trois ou [uatre mois celui qui s'était opéré et avait consolé 'Église d£ms les douze années précédentes. On avait ntendu dire qu'une association pieuse priait en France lOUr la conversion de l'Angleterre, et on me demarb* Iftil ^Je la coanaisBsds.
Ce mouvement religieux n'était que le prélude d'une véritable révolution religieuse qui commençait doucement, et s'est propagée jusqu'à ce jour avec le calmeetla fermeté que la divine Providence, qui prépare avec douceur l'exécution de ses desseins et les accomplit avec force, met à opérer ses œuvres. 11 y a cinquante ans, on ne comptait guère plus de 30,000 catholiques en Angleterre ; aujourd'hui il y en a près de 2,000,000. Tous les ans des milliers de nos frères séparés reviennent à l'Église catholique. Mais ce qu'il y a déplus extraordinaire, ce qui n'a point d'exemple dans l'histoire , c'est que ce sont les prédicateurs de l'erreur, les docteurs de l'hérésie , les ministres de la secte anglicane qui donnent l'exemple de ces conversions. Un grand nombre d'entre eux, et les plus vénérés pour leur piété, les plus considérés pour leur science et leurs talents, ont hautement abjuré l'erreur et embrassé la foi catholique. Presque tous ceux qui n'étaient point engagés dans les liens du mariage ou ont embrassé la vie monastique , ou sont entrés dans nos séminaires pour y étudier la théologie catholique, y recevoir les saints ordres et se préparer par là à devenir les apôtres de la vérité depuis longtemps perdue dans notre Europe auprès des âmes que leur enseignement erroné avait autrefois abusées. 11 y a six ans on ne comptait qu'une centaine de chapelles catholiques, aujourd'hui plus de six cents chapelles et églises couvrent le sol de l'Angleterre. Parmi ces édifices il y en a de magnifiques, qui, par leur architecture et leur étendue, rivalisent avec nos plus belles cathédrales et l'emportent même sur elles, car l'Angleterre a retrouvé l'ancien type des constructions religieuses.
L'Église catholique d'Angleterre est constituée. Huit eVêques la dirigent e\.\a ^o\iseî^ç.^\.. '^ti cier^é séculier se compose de T a ^00 ^i^Vt^^ q^x\^Q\v\«v\^^^as&>fc
DE L^ÀRCHICONFRÉRIE. 359
taint ministère par un nombre considérable de religieux le plusieurs 'ordres, car il y a dans ce royaume vingt- ^t monastères d'hommes et de femmes. Sept coléges , jouissant des droits des universités , y donnent ^éducation catholique non-seulement à la jeunesse atholîque, mais aussi à des enfants de familles protcsantes. Cette heureuse révolution continue de se pro- MLger, les abjurations, les conversions sont journalères , on les compte par milliers chaque année. Voilà es grâces accordées par la divine miséricorde à une lation bien coupable , mais que Marie a regardée d'un Bil de compassion miséricordieuse. Et ces grâces , et "heureuse révolution qu'elles ont opérée, à qui les attriïuer? Écoutons, Irès-chers confrères, écoutons son illustre témoin , un juge éclairé , son témoignage , son ngement vont répondre à cette question. Monseigneur KTiseman, évêque de Mellopotamos, vicaire apostoiq[ue d'un des districts de l'Angleterre , me disait il y L trois ans : C'est à la prière que Von doit le commencenefU de la conversion de l'Angleterre , et la prière achèwra cette œuvre. On m^ a plusieurs fois engagé à discuter wec des protestants qui paraissaient ébranlés. J'ai toukmrs répondu^ je m'en garderai bien, je gâterais tout. Prions, Nous sommes sûrs d'obtenir cette grâce par la orière. Et le même pontife écrivant au mois d'octobre 1845 aux évoques de France pour invoquer le secours ie leurs prières , leur dit : Ce qui se passe en Angleterre ne saurait s'expliquer ni par Vactivité des catholiques, ni par les prédications de notre clergé, ni par les ouvrages de nos écrivains. Ce n'est ni l'habileté, ni la prudence, ni la puissance, ni la sagesse de Vhomme qui on$, même d'une manière éloignée , concouru au dévehppement de ce qui se fait autour de nous. Bien au con^ traire, il semble que toute intervention de TiolTe^^orrl^
960 MAicnsL
ayant pour objet de hâter le dénouement dUsiré de cè grand mouvement, en aidant avenir à nous tousceua qui se rapprochent de nos doctrines j ait eu pour résuiUA de retarder plutôt que de seconder les effets qui se produisent. Une impulsion spontanée de la grâce, et une su> ' cession providentielle de circonstances, sont les deux seuk moyens auxquels le Maître des hommes ait eu recoun pour produire les glorieux effets dont nous sommes ki témoins. Dans ce changement, 'le Tout-Puissant a e$ soin de nous prévenir contre les dangers de laprésomp^ tion, en nous plaçant dans l'impossibilité de nous aUri' huer même la plus faible part du bien qui s'opère.
Vous le voyez, bien-aimés confrères, cette réTolO' tion religieuse est uniquement Teffet de la grâce, et lA grâce s'obtient par la prière. C'est à laprière quefon Arf* le commencement de la conversion de l'Angleterre, et ^ prière achèvera cette œuvre. Redoublons de zèle et d* ferveur pour obtenir ce but si saint de nos désirs; ^^ lateurs, enfants du Cœur immaculé de Marie, ne d^ méritons pas de ce glorieux titre, remplissons la sain^^ mission que la Mère des miséricordes nous a confié^ Tous les jours , faisons monter vers le trône de la gloi^ nos vœux et nos hommages. La conversion de TAngl^" terre est la première , la principale des œuvres de TA^ chiconfrérie; par elle nous en obtiendrons bien d'autre^ elle aura une immense influence sur le monde entier^ Pensons-y dans toutes nos prières , offrons à son inten^" Uon toutes nos bonnes œuvres , quand nous assistons au saint sacrifice, quand nous y participons par la sainte communion, offrons à Tadorable Trinité la victime pur^ et sans tache , son divin sang ; soyons exacts et fidèle^ à employer ces moyens si puissants, et nous obtiendrons^ que cette belle portion de F Église rentre dans son sein. iésus^Christ nous Va pTOTûi*^. \j^ ^^m ^auveiu* a dit :
m L^ARCHIGONPIIÉBIB. 361
wwque deux ùu trois s'assembleront en mên nom, et de-' tmderotU quelque chose à mon Père, mon Père la leur tordera^ et nous sommes plus de seize millions rëu- A 80US Tétendard du Cœur immaculé de Marie ! Nous avons été forcé de traiter ce sujet si intéresmt d'une manière trop succincte , trop abrégée , pour ne nos lecteurs puissent en avoir une idée suffisante. eus engageons ceux d'entre eux qui voudraient Tacuérir, à lire Texcellente Histoire de Henri VUJy par L Audin , auteur des Histoires de Luther et de Calvin , e sixième Bulletin des Annales de VArchiconfrérie, le Ueucement religieux en Angleterre et la Conversion ite 450 ministres et personnes de distinction , par H. Gondon. Ces ouvrages se trouvent chez Sagnier et taiy, me des Saints-Pores, 64, à Paris.