VARICES DES MEMBRES INFERIEURS
Je ne décrirai ici que les opérations qui méritent d'être conservées, passant sous silence celles qui, en raison des dangers ou des récidives auxquels elles exposent trop fréquemment, ne doivent plus figurer que dans l'histoire de l'art. Je m'occuperai seulement de la cautérisation par les caustiques et des injections de perchlorure de fer.
CAUTERISATION
Les caustiques les plus usités sont la poudre de Vienne et la pâte de Canquoin. La veille de l'opération, le malade doit marcher ou se tenir longtemps debout, afin de faire gonfler les veines.
Avant Bonnet, on n'appliquait généralement les caustiques que sur un seul point, au-dessous et en dedans du genou lorsque la dilatation porte sur la saphène interne, ce qui est de beaucoup le cas le plus fréquent. Bonnet a posé en principe que pour obtenir la cure radicale des varices il faut détruire la veine de distance en distance et partant répéter plusieurs fois sur le trajet du vaisseau l'application des moyens qui doivent produire un pareil résultat. Il recommande d'agir à la cuisse et à la jambe aux lieux d'élection pour l'application des cautères ordinaires, ou encore à la partie moyenne de ces deux segments du membre inférieur, au cas où trois ou quatre applications seraient nécessaires.
L'eschare doit s'étendre parallèlement au vaisseau; ses dimensions variables du reste peuvent atteindre de trois à cinq centimètres en longueur et de cinq à dix-huit millimètres en largeur. Quand on n'a pas obtenu par la première application l'effet désiré, on a recours à des cautérisations successives.
Si l'on emploie la poudre de Vienne il faut qu'elle soit à l'état de pâte molle, mais non susceptible de fluer. On la laisse en place de quinze à trente minutes, selon l'épaisseur des parties qui recouvrent la veine.
Le caustique de Canquoin est préférable à la pâte de Vienne en ce qu'il n'expose pas à un écoulement sanguin et entraîne la mortification complète de toute la veine variqueuse. En outre, dans l'eschare qu'il produit on peut reconnaître la veine mortifiée, circonstance importante au point de vue du jugement à porter sur le succès de l'opération. On emploie ou la pâte de Canquoin (à parties égales de chlorure de zinc et de farine) ou le sparadrap de Canquoin.