ANOMALIES DU CONTENU DES GLANDES TARSIENNES
Une inactivité dans la sécrétion des glandes tarsiennes, ou de Meibomius, peut se rencontrer dans des cas de séborrhée généralisée, ou chez des personnes qui ont longtemps souffert d'affections conjonctivales avec bypérémie du bord palpébral. Une écume blanchâtre occupe le rebord des paupières (particulièrement la commis-, sure externe) et se répand pendant les clignotements, qu'exécutent très fréquemment ces personnes, sur la conjonctive oculaire.
Ou combattra cet état par des lotions légèrement astringentes (eau blanche) ou avec une solution d'acide borique chaude.
Chez des personnes dont la figure et le corps sont le siège de nombreux comédons
DE WECKER ET MASSELON. 4
on peut voir qu'un nombre plus ou moins considérable de glandes tarsiennes subissent, quant à leur contenu, une altération semblable. Dans une longueur variable du conduit excréteur de la glande, parfois dans toute sa longueur, on voit un amas formé par un contenu jaunâtre ressemblant assez à du sagou cuit. De petits corps en forme de perles allongées, d'une consistance très ferme et d'une transparence parfaite, peuvent s'échapper des glandes et donner la sensation de corps étrangers. Une gêne bien autrement accusée peut résulter de la rétention du contenu glandulaire, avec infarctus calcaire, constituant la lithiase palpébrale. Souvent une glande est occupée par plusieurs petites concrétions au-dessous desquelles la conjonctive est légèrement soulevée et hypérémiée, mais laissant toutefois voir parfaitement l'aspect crayeux de la concrétion. Une simple piqûre permet de faire sortir, soit une masse sébacée entremêlée de grumeaux calcaires et de cristaux de cholestérine,
Fig. 33. — Section sagittale occupant à peu près le milieu de la paupière inférieure. Conjonctivite chronique (Michel).
a, accumulation do corpuscules lymphoïdes; b, dlevurcs'villeuses de l'épi thclium ; c, fibres musculaires, repoussées et comprimées ; d, distension d'un divcrticule latéral et du conduit excréteur de la glande; e, tissu intermédiaire atrophié du tarse. Coloration avec l'hématoxyline. Préparation au baume de Canada. Hartnack, IV. Oculaire, 3.
soit, dans d'autres cas, un contenu transformé en une véritable petite concrétion pierreuse, pouvant parfois acquérir le volume d'un noyau de cerise.
Sur les coupes, on peut voir que, par la distension des espaces glandulaires, les tissus voisins sont comprimés, les fibres orbieulaires pressées (fig. 33, c) ; la paroi du conduit glandulaire qui est dirigée vers la conjonctive ne s'aperçoit que par une zone très étroite qui la sépare de la couche épithéliale. Sur certains points, le commencement de la distension est annoncé par un amincissement du tissu interposé entre diverses vacuoles glandulaires (fig. 33, e).
Il est bien entendu que les manifestations inflammatoires qui s'associent à cette rétention de produits, avec tendance à les éliminer, peuvent faire ressembler l'affection à une pustule d'acné, à un petit furoncle (orgelet) ou à un véritable abcès siégeant dans le tarse. Notons en terminant que ce qu'on désigne sous le nom de chalazion enflammé n'est, dans nombre de cas, qu'un abcès formé autour d'un infarctus d'une glande tarsienne.