CHAPITRE III
Les affections que la rétine présente à étudier sont :
1* Les rétinites.
2° Les affections de la macula.
5" Le décollement de la rétine.
4** Les tumeurs de la rétine.
ARTICLE 1 DES RÉTINITES
On désigne, sous ce nom, les inflammation de la rétine.
YARiéTÉs. — D'après la nature des altérations que la rétine présente à Tophtlialmoscope) on peut diviser les rétinites en :
1* Rétinite séreuse.
2* — exsudative.
3* — apoplectique.
4" — pigmentaire.
Les trois premières formes se combinent souvent entre elles de façon à reproduire les dessins ophtlialmoscopiques les plus variés; Toutefois comme certaines causes
pal, mais reste le corps vitré, dont le trouble peut voiler le fond de Toeil d'une façon uniforme, comme le fait une infiltration séreuse de la rétine. On établira le diagnostic d'après les considérations suivantes :
1° S'il y a trouble du corps vitré, ce trouble est toujours général, plutôt accentué vers les parties déclives et voile l'image du fond de l'œil aussi bien du côté de l'ora serrata qu'au niveau de la papille.
2** Il est souvent accompagné de flocons assez gros pour être visibles à Tophthalmoscope.
Au contraire, s'il s'agit d'une infiltration de la rétine, il faut se rappeler que celle-ci se circonscrit en général au voisinage de la papille, pour aller de là en s'affaiblissant graduellement, sans s'étendre d'ordinaire jusqu'à la périphérie, où l'on retrouve la coloration normale du fond de l'œil.
Enfin les contours très-indistincts de la papille et l'état tortueux des grosses veines de la rétine constituent encore d'excellents caractères de l'œdème rétinien.
Pronostic. — Il dépend tout entier de la cause, mais en général il doit toujours être réservé.
Traitement. — 1* Local. — Repos des yeux. Lunettes bleues en teinte fumée. Vésicatoires volants autour de l'orbite.
2* Généi'al. — Quelques légers révulsifs intestinaux. Stimuler les fonctions de la peau et des reins. — Traitement de la cause présumée.
Il peut s'épancher :
1" Entre la choroïde et la rétine, dont il peut provoquer le décollement. ,
2" Entre la rétine et la membrane hyaloïdiennç* Ce cas semble être exclusivement réservé à certaines hémorrhagies de la macula. On voit alors à ce niveau les vaisseaux rétiniens disparaître derrière la tache apo-* plectique.
3" Dans Tintérieur du corps vitré sous forme de flocons noirâtres, après avoir rompu la membrane limitante et rhyaloïdienne. Mais ce cas est rare, car la membrane limitante offre ordinairement au sang une barrière qu'il ne peut franchir.
A" Enfin, dans l'épaisseur même de la rétine. C'est de beaucoup le cas le plus fréquent et c'est cet état qui constitue la rétinite apoplectique que nous allons étudier.
1" Symptômes fonctionnei s. — Ds ont peu d'importance :
1» Début. — Rapide.
2** Vision centrale. — A peine affaiblie tant que la macula est respectée ; considérablement diminuée dès que celle-ci est atteinte.
3" Vision périphérique. — Ordinairement Intacte.
4° Daltonisme. — Certains malades voient les objets colorés en rouge, en vert, en jaune.
2** Symptômes opiitiialmosgopiql'es.
1* Aspect. — Ce sont des taches ecchymoliques d'un rouge sombre, tranchant manifestement sur le fond rosé de l'œil.
2" Situation. — Leur siège de prédilection est la ma-
puis la papille s'atrophie à son tour et l'affection change de nom pour prendre celui d'atrophie de la papille con sécutive à la rétinite pigmentaire.
Causes. — Elles sont obscures. On a mentionné l'influence de l'hérédité et la coïncidence de cette affection avec l'idiotie et la surdi-mutité (de Graîfe), avec les orteils surnuméraires (Wecker). Liebrich accuse la consanguinité des parents; Galezowski, la syphilis héréditaire.
Z" Réttalte pigmentaire syphilitique.
C'est celle qui se développe quelquefois à la suite d'une choroïdite spécifique.
1" Symptômes fonctionnels. — Le début est celui d'une choroïdite spécifique, puis à la longue l'héméralopie arrive, ainsi que le rétrécissement du champ visuel et. enfin, la perte de la vision centrale. La seule différence dans les symptômes fonctionnels est la présence de photopsies et la marche plus rapide de l'affection.
2* Symptômes opnTHALMoscopiQUES. — Ils sont les mêmes sauf les différences suivantes :
1" Les taches de pigment dont la rétine est infiltrée sont plus grosses que celles de la rétinite pigmentaire congénitale et de forme ordinairement circulais*.
2** La choroïde est très-altérée et présente soit des taches atrophiques soit des taches exsudatives. Il y a souvent un trouble général du corps vitré.
3* L'atrophie de la papille arrive assez rapidement.
Anatomib pathologique. — Le caractère essentiel de la
elle-même du vaisseau , de sorte que celui-ci à ce niveau parait doublé de volume.
5° Les altérations existent toujours dans les deux yeux.
6° Les parties périphériques de la rétine sont saines, ainsi que la choroïde et le corps vitré.
Causes. — La présence de l'albumine dans l'urine en est la cause, m^is quel est son mode d'action? Est-ce parce qu'il y a souvent en même temps hypertrophie du cœur et excès de tension dans le système aortique ? Estce parce que le sang est altéré ainsi que les parois vasculaires? Cette dernière interprétation est la plus logique.
Diagnostic. — II est facile, puisqu'on a ici comme pierre de touche l'analyse de l'urine.
Les affections avec lesquelles on pourrait la confondre sont :
!• Certaines névro-rétinites de cause cérébrale.
Ici les hémorrhagies sont larges au lieu d'être linéaires ; les taches exsudatives moins abondantes, mais l'erreur a été commise, une fois, par de Graefe, ce qui doit toujours engager à une certaine circonspection et à ne pas négliger l'analyse de l'urine.
2" Certaines rétinites diabétiques exceptionnelles.
La rétinite glycosurique est rare et s'éloigne du type de la rétinite albuminurique, puisque la papille n'est pas inûltrée Trés-exceptionnellement elle peut ressembler à cette dernière.
3' Autres variétés de rétinites. Pour ne pas se tromper, il est d'une sage pratique de toujours faire l'analyse de
l'urine lorsque les altérations de la rétine sont binoculaires, et sont accompagnées d'hémorrhagies et d'infiltration de la papille.
Marche. — La marche est lente, intermittente. On voit quelquefois survenir le décollement de la rétine, ainsi que l'atrophie des papilles comme dans les névro-rétinites.
Pronostic. — Au point de vue de la fonction visuelle, il est exceptionnel que la rétinite albuminurique amène la cécité complète, mais on ne peut espérer la guérison que lorsque l'affection n'est, pas symptomatique d'une maladie de Bright. C'est l'affection générale qui rend ici le pronostic très-grave.
Traitement. — Il doit être dirigé contre la cause. Ventouses scarifiées sur la région lombaire , bains sulfureux, iodure de potassium à l'intérieur , tannin, diurétiques, régime tonique, etc.