ANESTHÉSIE
1° Anesthésie générale. — L’anesthésie générale pouvant, même bien faite, causer des accidents mortels, je ne saurais admettre qu’on la pratique sans raisons
sérieuses. Qu’on emploie le bromure d’éthyle ou le chloroforme, ou qu’on fasse l’anesthésie mixte très en faveur aujourd’hui, en commençant par le bromure d’éthyle, qui met (dit-on) à l’abri des syncopes du début, et en continuant avec le chloroforme, il faut que l’aide chargé de ce soin soit particulièrement habile.
A la moindre alerte sérieuse, dès que le malade cesse de respirer, on doit immédiatement faire pencher la tête en dehors de la table d’opération, pratiquer la respiration artificielle d’une façon continue, et employer en même temps les tractions rythmées de la langue (procédé de Laborde) qui m’ont si bien réussi tout dernièrement (1).
Mon petit malade n’est revenu à la vie qu’après six minutes, pendant lesquelles mes aides et moi avons mis en œuvre les deux procédés indiqués.
L’aneslhésie générale doit être réservée pour la trépanation de la mastoïde, le curettage de l’apophyse et de la caisse, avec décollement du pavillon.
Je ne puis concevoir que des médecins emploient le chloroforme pour faire le cathétérisme, chez des petits enfants difficiles ou pusillanimes.
J’en dirai autant de l’opération des adénoïdes du pharynx nasal, sous le chloroforme, et je développerai mes arguments plus loin. (Voir Adénoïdes page 382.)
2° Anesthésie locale. — Les badigeonnages avec la solution de cocaïne permettent, dans beaucoup de cas, d’obtenir une anesthésie suffisante. Ils peuvent être employés pour le cathétérisme de la trompe, chez les sujets trop craintifs ou trop sensibles ; pour les opérations de polypes, pour les petits curettages de la caisse, pour l’incision des furoncles, et pour la paracentèse du tympan.