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ÉMISSIONS SANGUINES. — SCARIFICATIONS RÉVULSION

Les émissions sanguines très employées autrefois, un peu moins aujourd’hui, présentent des avantages réels. Lorsqu’il existe une inflammation violente, un gonflement marqué de la région, des douleurs vives et continues, etc., il est bon de mettre deux sangsues à la

Fig. 54. — Bistouri boutonné.]

fois, soit en avant du tragus, soit sous le lobule, en haut du sillon auriculo-maxillaire. On se servira de tubes en verre pour appliquer les sangsues au lieu choisi.

Lorsque les sangsues sont tombées, on melira sur les plaies pendant 10 à 20 minutes plusieurs doubles de gaze aseptique ou salolée, trempés dans la solution boriquée chaude, et recouverts de taffetas gommé. On changera ce pansement deux ou trois fois, pour obtenir un écoulement de sang un peu considérable. On arrêtera le sang en superposant des rondelles d’amadou aseptique, maintenues avec les doigts, sur les petites plaies; on appliquera ensuite un bandage un peu serré.

Scarifications. — Il est un autre moyen tout local qui rend de grands services dans les inflammations

circonscrites ou diffuses du conduit auditif externe. Ce sont les scarifications de la peau du conduit pratiquées

après badigeonnage à la cocaïne, avec un petit bistouri mousse. L’effet en est assez rapide, et elles sont souvent

préférées aux sangsues par les malades eux-mêmes. Les scarifications peuvent aussi être faites sur le tympan, lorsque l’altération de la membrane se traduit par un épaississement dû à l’injection des vaisseaux sanguins, soit au centre, soit sur le pourtour.

Révulsion. — L’application d’un vésicatoire volant très camphré , placé soit sur la région mastoïdienne derrière le pavillon, soit en avant de l’oreille, produit de bons effets.

Dans beaucoup de cas, les pointes de feu au moyen du Paquelin, ou du galvano-cautère, peuvent remplacer le vésicatoire volant, qui répugne souvent à beaucoup de malades. En effet, les pointes de feu se font rapidement, et ne causent qu’une douleur absolument insignifiante.

Le lieu d’élection est en général la région mastoïdienne.

Les injections ou irrigations d’eau chaude bouillie ou mieux encore additionnée d’un antiseptique se font ordinairement pour laver le conduit auditif et la caisse (si le tympan est assez largement ouvert), dans les cas d’otite externe ou moyenne, aiguë ou chronique, ainsi que pour enlever les bouchons de cérumen et les corps étrangers. (L’eau froide est absolument proscrite.)

L’appareil qui répond le mieux à ces divers besoins, est la grande pompe qui fut construite il y a plus de cinquante ans par Charrière, sur les indications de mon père. (Yoir fig. 55.) Le double corps de pompe assure la continuité de l’irrigation. Le levier est actionné par la main de l’opérateur, qui tempère à son gré la force du jet. Le diamètre intérieur de la canule, à son extrémité, est de 2 à 5 millimètres. Cet appareil est bien ancien, mais jusqu’à présent on ne l’a pas remplacé par un

autre plus parfait. La canule doit être placée à l’entrée de l’oreille, sans être enfoncée, et dirigée obliquement par rapport à l’axe du conduit, afin que le jet vienne se briser sur une des parois, avant d’atteindre le fond de l’oreille (fig. 56). On évitera sûrement ainsi le choc direct de l’eau sur le tympan, choc qui, transmis à

Fig. 56. — Position de la canule.

l’oreille interne, peut causer des vertiges, des étourdissements, et même quelquefois des nausées et des vomissements.

Cette pompe est d’un volume et d’un poids tel qu’elle ne trouve sa place que dans le cabinet de l’otologiste. Elle est transportable cependant, en cas de nécessité. Dans ces derniers temps, Mathieu a construit un autre modèle de pompe très bien compris (fig. 57).

Après la pompe, l’appareil le plus commode, le plus propre et le plus usuel pour les lavages, est l’injecteur de Collin dont le principe n’est pas nouveau; le modèle en est connu. Avec cet instrument, l’injection n’est ni trop forte, ni trop faible; elle est égale et nettoie bien l’oreille.

Je n’cn donne pas la description; il se place sur le goulot d’une bouteille ordinaire. (Voir fig. 58.) On peut ainsi injecter un litre ou un demi-litre de liquide, ce qui est le minimum pour un lavage sérieux. Et cependant

F;g. 57. — Pompe de E. Mènièré.

combien de personnes, maintenant encore, répondent à mon interrogation : « Avec quel appareil faites-vous les injections dans l’oreille de voire enfant? — Mais, docteur, avec une petite seringue en verre. » Est-il possible qu’on songe à nettoyer une oreille pleine de pus avec 15 à

Fig- 58. — Injecteur.

santés pour enlever un bouchon de cérumen ou un corps étranger; c’est indiscutable.

La pompe possède une puissance dont les effets sont

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