‹ Manuel de bibliographie historique (volume 2)Chapitre 136 sur 186 · CHAPITRE \I (.RANDE-nRETAGNE ET ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE \I (.RANDE-nRETAGNE ET ÉTATS-UNIS

Grande-Bretagn e .

435. — Contrairement à ce que l'on pourrait supposer, le Gouvernement anglais, dont les tendances non interventionnistes sont connues, ne n'est jamais désintéressé au xix*" siècle des travaux histori(jues, au moins de ceux (jui ont trait à l'histoire nationale.

436. — Dès 1800, une Commission (Select Committee) fut nommée par la Chambre des Communes a pour conduire une enquête sur l'état des documents (public records) conservés dans le rovaume » '. Elle prépara les voies à la première Record Commission ofGreal Britain, instituée la même année, a to provide i'or the better arrangement, préservation and more convenient use of the said records ». Cinq autres Record Commissions se sont succédé de ISOC) à 1857 avec les mêmes attributions.

Les six Record Commissio7is ont l'ait peu de chose pour 1' « arrangement )) et la (( préservation » des documents conservés dans les dépôts publics. En revanche, elles ont contribué à faciliter l'usage de quelques-uns de ces documents en les publiant in extenso. La liste des Publications of the Record Commissioners^- se trouve dans le

i. Ellii déposa le 4 juillet 1800 son llapport [lieports from Conunillees of tlie flouse of Gommons, XV, 1805), qui passe en revue non seulement les dépôts d'arcliives, mais encore les bibliothèques (Britisli Muséum, Universités, Lambetb, etc.)

'2. Après l'expiration des pouvoirs de la sixième et dernière Record Commission (1857), les publications commencées par les Commissioners lurent continuées sous la direction du Maître des Rôles. De sorte que la plus récente des Publications of llic Uecord Commissioners est datée de 1869.

llandbook to ihe Public Records (London, 1857)) de F. S. Thomas. Cf. G. Gross, Sources and literature of ençjlisli Jristorij, n" r)58. On peul cilor, ]>armi les plus importantes de ces pn])lica lions, la réédition (inachevée) de Hymer (^ 7)04), la continuation des Statutea of Ihe Realm, l'édition du Doomsdaij Book, des plus anciens rôles de la chancellerie des Plantagenets et d'anciens inventaires des archives de la Couronne. L'œuvre des Record Commissionera fut l'ohjet, à l'époque, de censures très sévères dont on trouvera l'écho dans le llandhook de Thomas.

437. — Kn 187)8, le Public Record {England) Act fut passé « lo estahlisli a lU'Cord Office and a hetter cuslody, and to allow the free use ofthe records » ; un Ordre du Privy Council, du 5 mars 1852, décida que « toutes les archives appartenant à Sa Majesté en Anj,delerre seraient désormais placées dans létalilissement administré sous la haute autorité du Mastcr of the lîolls », conformément aux prescriptions du Public Record Aci. C'est ainsi que les archives de la Couronne et des Hautes Juridictions, et les Papiers d'État de toute espèce, jadis dispersés et inaccessihies, ont été successivement concentrés sans dé[)erdition dans l'admirable dépôt (|ui est connu sous le nom de Public Hecord Oflice (Fetterlane, Fondon, E. G.)*. — Le chef, ou « Deputy Keeper », du Public Record Office [)résente cha(|ue année au Parlement un Rapport imprimé dans la Collection des Parliamentarij papera, depuis 1840. Chacun de ces Rapports contient, en appendice, dos inventaires, des catalogues et des index de documents conservés dans l'établissement. De plus, le Public Kecord Office publie à part, depuis 1892, une série de Lists and Indexes (dont le t. XV, List of ancient Correspondence of ihe Chancery and Exchequer, a paru en 1002). Ces Lisls and Indexes sont destinés à constituer un jour, avec là série parallèle des Calendars of State Papers, etc., un Inventaire complet des Archives nationales de l'Angleterre-.

La grande ('ollection des Calendars of State Papers, etc., dont l'importance est caj)itale, non seulement pour l'iiistoire d'Angleterre,

1. F. S. Tlioiiias, livre ci(c. Cf. S. R. Scarçill Rinl, .1 (juidc lo titc principal classes of (locuntcnts in flie Public lU'conl Oflice l'i"' éd., I.oiulon. 189(3;. "1. Cf. I( T)!"" Annual licport of liic Drpulij Keejji r. p. 10.

mais pour celle de tous les pays qui ont été en relations avec l'Angleterre, remonte au milieu du siècle. — ■ Les Record Commissioners, dont la méthode consistait à imprimer les textes in extenso, avaient décidé, dès 1825, de faire préparer sans délai l'édition intégrale des plus anciens documents du State Paper Office, Office créé en 1578 pour recueillir les papiers des secrétaires d'État et du Conseil Privé. Les ({ Papiers d'Etat )) du règne d'Henri VIll furent en effet édités ainsi (State Papers during tite reign of Henry VIII, 11 vol. in-4) de 1850 à \^d''2. Mais, après la création du Public Record Office, on s'aperçut bientôt qu'il était impossible de continuer sur ce pied : les documents étaient trop nombreux. On résolut alors de se contenter de Calendars. Un Calendar, c'est, d'après la définition officielle que M. Lemon a donnée du mot au t. F"" (p. viii) de la Collection, un inventaire oîi les documents d'archives sont analysés suivant l'ordre chronologique, par opposition aux Catalogues qui décrivent les documents d'après l'ordre où ils se trouvent dans les fonds. Il importe d'ajouter que, dans la pensée des premiers auteurs de Calendars, ces instruments de travail comportaient, non seulement la description et l'analyse des documents, mais, au besoin, de copieux extraits textuels; et qu'on ne devait pas se borner à y insérer toutes les pièces conservées au Public Record Office : on dépouillerait les bibliothèques de manuscrits pour y ramasser tout ce qui serait de nature à compléter les séries. — Le t. P' du Calendar of State Papers parut en 1856. — On divisa de bonne heure* la Collection en trois séries, correspondant aux trois sections du State Paper Office et aux attributions des anciennes secrétaireries d'État : Doniestlc (affaires intérieures), Foreign (affaires étrangères). Colonial (alfaires coloniales). Actuellement, 70 volumes (in-i) ont paru dans les « Domestic Séries )) du Calendar of State Papers (xvi*^, xyii*^ et xviii*' siècles); 14 dans les (( Foreign Séries » (xvi^ siècle) ; 15 dans les « Colonial Séries )) (xvii*^ siècle). Il y a quelques séries accessoires : Calendar of State Papers relating to Scotland (xvi*- siècle, i2 vol.), le Calendar of

1. Pour le règne d'Henri VIII seulement (18 vol.). les ilocumenls du fonds Donieslic et ceux du fonds Foreign sont mêlés et disposés en une seule série chronologique.

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State Papers relat'uuj to lrel(in(l{\\i^cl xvii'' siècles, 15 vol.), etc.".

Le Calendar of State Papers proprement dit, dont presque toutes les séries s'enrichissent encore chaque année, se compose donc, dès maintenant, de près de cent cin(|uante volumes. — Mais il n'est (pi'unc partie de la Collection dite des Calenilars[Calenilars of State l*aiters, etc.], avec laquelle il faut hien se garder de le confondre.

De même ({ue, vers 1850, on s'était aperçu (pi'il fallait renoncer à l'idée, chère aux Kecord Commissioners, de l'édition in extenso, l'Administration du Puhlic llecord Otlice lut amenée à reconnaître, vers 1890, (jue, si l'on voulait mettre dans un délai raisonnable les ressources de ce dépôt à la disposition des érudits, force serait de réduire l'analyse des pièces au strict nécessaire, d'abréger les analyses et de supprimer les extraits. Rien ne fut chan<zé à la méthode employée pour l'inventaire des documents du State Paper Office (c'est-à-dire pour le Calendar of State Papers proprement dit); mais, pour l'inventaire des documents appartenant li d'autres fonds, on décida de procéder d'une façon plus cxpéditive. De là une Coll''CtiT)n nouvelle de « Calendars » : Calendar of the Patent Rolls (depuis Henri 111, 10 \o\.) ; Calendar of the Close Rolls (depuis Edouard ^-^ M vol.); Inquisitions and assessments relating to feudal aids (2 vol.); Descriptive Catalogue of Ancient Deeds (5 vol.); etc.

Simultanément, une des })ensées qu'avaient eues les premiers rédacteurs du Calendar of State Papers a pris une singulière extension. Ils avaient résolu, nous l'avons vu, de pousser leurs investii;ations hors du Public Record Oflice, et de recueillir les papiers d'État dispersés dans les bibliothèques. Cela posé, ils pouvaient ou bien faire figurer dans leurs inventaires les documents ainsi recueillis, à leur place chronologique ; ou bien publier à part ces extrava- (jantia. Les deux méthodes ont été employées. C'est ainsi que l'Administration du Public Record Office a commencé à publier à part, en 1807, un Calendar of the Carew Papers, preserved in the Lambeth Librarij (0 vol.). Dès cette époque, elle avait confié à

1. « Bibliographie rapide, mais com|)léle w.de la Collection, à la date de 1898, par Cil. Bémont, /e.y Archives publiques de l'Angtclerre et t' Inventaire des Papiers d'État, dans la Jievue historique, LXVIII (1898), p. 97-108.

M. G. A. Bergenroth et à D. Pasciial de Gayangos le soin d'analyser ou de copier dans les Archives de Castille à Simancas les documents intéressants pour riiistoirc d'Angleterre; les dépouillements de ces deux missionnaires ont été publiés à part : Calendar of letlers, de^patches and State Papers relating to negotiations hetiveen England and Spnin, preserved in tlie Arclùvea at Simancas... (xv^-xvi^ siècles; G vol., publ. de 1842 à 1899). Depuis, cette procédure a été généralisée. Des missionnaires ont été chargés par l'Administration du Record Oflice d'inventorier les documents intéressants pour l'histoire d'Angleterre qui se trouvent à Venise {Calendar of State Papers and mamiscripts relating to englis/i affair.^, preserved in theA rchives of Venise, xiii'-xvii'' siècles ; 10 vol., publ. de 1864 à 1900), dans les archives de la Chancellerie pontificale (Calendar of entries in the papal registers, illustrating the Jiistorg of Great Britain and Irelnnd, et Pétitions to the pope, 5 vol., publ. de 1893 à 1902), en France (Calendar of documents in France, illustrative of the historg of Great Britain and Ireland, 918-120); 1 vol., publ. en 1899), etc. — Des analyses et des copies fournies par les missionnaires anglais à l'étranger l'Administration ne fait imprimer à part, dans sa Collection des Calendars of State Papers, etc., que les séries les jdus importantes; les autres sont conservées en manuscrit au Record Office, et la liste en est publiée dans les Rapports annu(^ls du Deputy Keeper.

437 bis. — Au Pubhc Record Office se trouvent, par définition, tous les fonds d'archives qui appartiennent à l'Ktat. Les archives (des villes, des corporations, des familles, etc.) (jui n'appartiennent pas à l'Étal ne sont soumis à aucune surveillance' ; mais le Gouvernement met au service de leurs pro})riétaires une ingénieuse institution.

La Bogal Commission on historical manuscripts a été établie en 18G9 a to incpiire what papers and manuscripts belonging to private families and institutions are extant which would be of utility in the illustration of history, constitutional law, science and gênerai literature, and to which possessors would be willing to give access ». Cette Commission, que i)réside le iMaître des Rôles, est outillée^ pour

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