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LA RENAISSANTE ET LA REFORME

de bonne lienre à multiplier les exemplaires de chroniques et d'autres monuments littéraires du moyen âge; au commencement du XVI*' siècle, certains liljraires de Paris, comme Guillaume Petit, en avaient lait leur spécialité. Mais il i'aut prendre i^arde que ces très anciennes éditions n'ont pas été préparées ni [lubliées, d'ordinaire, avec des intentions scientifiques ; on les a faites parce que des ouvrages comme ceux de Grégoire de Tours, de Froissart et des chroniqueurs de Saint-Denis avaient encore un j)uhlic ; elles ont le caractère d'entreprises comnierciales. — Puis, chez nous, le moyen àj^e |)assa de mode; cela (hua cinquante ans. — C'est pendant la seconde moitié du siècle que l'investigation méthodique commença, principalement par les soins d'érudits Réformés ou sympathiques à la Réforme, ({ui connaissaient les travaux exécutés en Allemagne. Pierre Pithou ([ 1596), champenois, élève de Cujas, est le plus éminent représentant de ces magistrats lettrés et laborieux qui ont été les premiers à faire œuvre utile dans le domaine de l'histoire de France. Ses grands Recueils de a Scriplores » [Annatium et historiœ Francorum ah anno 708 ad annum 990 scriplores coœtanei duodeclm. Paris, 1588; Historiœ Francorum ah anno 900 ad annum l!2X5 scriptores veteres undecim. Francfort, 1596), ses travaux sur les Capitulaires, l'ancien droit et l'histoire de la Cham[)agne, soutiennent la comparaison avec les meilleures œuvres conteiuporaines d'outre- Rhin ^ Citons encore, comme collecteurs et éditeurs de textes, Papire Masson- et Bongars, l'auteur du premier (( Corps » de documents relatifs aux Croisades (Gesta Dei per Francos. Hanau, 1611)', et, parmi les pionniers de l'histoire locale et provinciale, Loisel (Beau-

1. Les Pitliou, Pierre et François, n'ont pas encore été l'ol)jet des monograpliies <lont ils sont clignes. Voir Levesque de la Ravalière, Hecherches sur MM. Pllhou, dans les Mémoires de i Académie des Inscriptions et Bel les-Le lires, t. XXL

2. Pas de bonne monographie. Voir la Jiibliolhèqiic historique de la France dn P. Leiong, t. III, p. i.xxvin.

r». Snr Rongars et ses travaux. L. An<iuez, Henri IV et l'Allemagne (Paris, 1S87], p. xui-i.xxvi.

Le P. Jérôme Yignier fut aussi un découvreur actif; mais, dans Ihistoire de I érudition française, ses faux font pendant à ceux de Jean de Trillenlieim dans celle de l'éruilition allemande. Voir J. llavct, Les découvertes de Jérôme Vicjnicr, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, XLVI 1885), p. 205.

vaisis), Ca tel (Languedoc), d'Argentré (Bretagne), Besly (Poitou). Des reconnaissances hardies lurent poussées dès cette époque dans les régions les j)lus variées : dans l'histoire des instilulions monarchiques par Jean du Tillet et Etienne Pasquier; dans l'histoire littéraire et les (( antiquités» par Cl. Fauchet. Sans compter les faiseurs d'histoires générales et de philosophies de l'histoire prématurées, comme Hotman, Cl. Vignier, de Thou, Bodin^

348. — Quelques-unes des plus grandes hibliothèques de manuscrits du moyen âge qui existent de nos jours en Angleterre ont été formées par des collectionneurs du xvi^ siècle : celles de Thomas Bodley, le fondateur de la Bodléienne d'Oxford, de [{obert Bruce Cotton (la Cottonienne du British Muséum), de l'archevêque Matthew Parker (Corpus Christi Collège, Cambridge). Quelques-uns des ouvrages les plus considérables sur les sources historiques du moyen fice andais datent aussi de ce siècle.

Le développement des études sur la littérature nationale pendant le moyen âge n'est lié nulle part aussi visil)lement qu'en Angleterre aux controverses religieuses. L' a ancêtre des antiquaires anglais », John Leland, était chapelain d'Henri VIII; il fut le Conrad Celtes de cet autre Maximilien; il visita pour le compte de ce prince, affamé de théologie, les bibliothèques conventuelles; il en rapporta des dépouilles opimes, ses Collectanea (1545), et un essai de répertoire bibliographique des écrivains de la Grande-Bretagne (Commentavii de scriptoribiis Brilanniœ)^. Deux autres essais d'histoire littéraire nationale, du même genre, sont également dus à des sectaires, le protestant John Baie (lllmtrium Major h Britannids scriptorum.... Summariuni)'' el le catholique John Pits (Z)e illustrihus

1. II n'cxislc mallicurcuscment aucune nomcnclalure bil)liograpliiquc des cru dits français du xvr siècle qui se sont occupes de 1 histoire nationale ou du moyen âge, cl nos Biograpliies nationales (ci-dessus, p. 104) sont vieillies ou insuffisantes- Voir l'essai rapide de G. Monod dans la Hevue historique, I (1876), p. 9-15. Cf. G. Grœbcr, Grundriss (1er romanischen Philologie, I, p. 10.

2. Les Collectanea de Leland n'ont été imprimées qu'au xvnr siècle : De rébus brilannicis Collectanea (Oxford, 1715, (') vol.).

3. Cf. Anecdota Oxoniensia, Index lirilannix scriptorum, John Baies Index of British and other wrilers, éd. l\. Lane Poole et Mary Bateson (Oxford, lOO'i, in-4).

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