‹ Manuel de bibliographie historiqueChapitre 21 sur 77 · DOCUMENTS NON LITTÉRAIRES · texte numérisé non relu

DOCUMENTS NON LITTÉRAIRES

112. — Le travail bibliographique le plus général, sinon le plus considérable, sur les documents historiques non littéraires est le Wegweiser durch die Litteratur der Urkundensammlungen (Berlin, 1885-86, 2 vol. in-8) de M. H. Œsterley.

•H. Œsterley a voulu, d'après ses propres expressions, « fournir à l'historien les moyens de connaître vite et complètement les recueils imprimés ou inédits de documents rédigés au moyen âge ». Il entend par « documents » (Uvkunden) tout ce que nous avons désigné par le terme de pièces d'archives (chartes, lettres, lois, inventaires, comptes, etc.). 11 entend par « recueils » tous les groupes d'au moins trois documents réunis de manière à former un ensemble sous une rubrique commune. Il n'exclut que « les recueils d'un intérêt purement juridique ou ecclésiastique )). Son livre est divisé en deux parties : Partie / (t. I, p. 1-47). Recueils généraux :

1. Quant aux « clés bibliographiques » qui ont été faites en vue de rendre plus aisés, soit l'apprentissage, soit le maniement de quelques grandes Collections de documents, il en sera question plus loin [§ 506).

1° grandes collections d'ensemble; 2^ livres de formules; 3® lettres; 4° documents relatifs aux croisades. — Partie II. Recueils de documents classés par pays : Allemagne* (t. I, p. 47-574); Franoi (t. 11, p. 1-185); Italie (p. 186-282); Ibérie (p. 283-294); Grande- Bretagne (p. 295-367); Pays Scandinaves (p. 568-383); Pays Slaves; (p. 384-596); Hongrie (p. 397-402); Grèce (p. 403-405); Orient (p. 406-408). Sous le nom de chaque pays, l'auteur a disposé ainsi les matériaux : 1° recueils généraux de documents manuscrits oti imprimés; 2** recueils particuliers de documents imprimés; 3® diplômes royaux, lois et lettres (ordre chronologique); 4® histoire locale d'après l'ordre alphabétique des noms de lieu : provinces, villes, abbayes, etc., et des noms d'homme. Sous chaque nom de lieu sont indiqués, d'abord les sources manuscrites (cartulaires, inventaires d'archives, etc.), ensuite les imprimés.

L'idée de réunir, en deux volumes, l'indication sommaire des (( recueils » manuscrits ou imprimés de pièces d'archives du moyen âge (500-1500 apr. J.-C.), relatives aux lieux, aux institutions et (incidemment) aux personnages historiques de l'Europe entière, n'était pas heureuse. Dans cet immense domaine, M. Œsterley a dû choisir et il a choisi arbitrairement. « Beaucoup d'histoires locales ou individuelles, dit-il, contiennent des documents, soit disséminés dans le texte, soit groupés en appendice à la fin des volumes; j'en ai mentionné un certain nombre.... » D'aulrç part, il y avait des chances pour cju'une telle compilation, nécessairement incomplète, fût en même temps inexacte; les inexactitudes (noms estropiés, etc.) y fourmillent en eflet, particulièrement choquantes, pour nous, dans les maigres nomenclatures qui concernent les documents étrangers à l'histoire de l'Allemagne. Comme tous les ouvrages bibliographiques qui supposent une polymathie très étendue, lé Wegweiser est superficiel et ne satisfait aucun des spécialistes qui le consultent.

113. — Dans la première partie du Wegweiser d'Œsterley sont, avons-nous dit, énumérés en quelques pages les « recueils » im-

i. L'Allemagne comprend, pour H. Œsterley, non seulement l'Autriche et la Suisse allemandes, mais la Suisse romande, les Pays-Bas et une grande partie de la France actuelle.

])rimés et manuscrits de « lettres » et de « formules ». Mais bien d'autres catégories de pièces d'archives que les lettres et les formules pourraient être l'objet de répertoires bibliographiques spéciaux du même genre, par exemple les cartulaires, les obituaires, les comptes, les anciens inventaires, les correspondances diplomatiques, les (( livres de raison », etc.; et ces répertoires-là, s'ils étaient convenablement dressés, formeraient chacun, non pas une brochure de quelques pages, mais un ou plusieurs volumes. — Le Wegweiser général d'Œsterley sera, ou pourra être, un jour remplacé par toute une bibliothèque de répertoires particuliers aux diverses catégories de documents d'archives que H. Œsterley a très sommairement étudiées et à celles qu'il a tout à fait, mais à tort, passées sous silence.

Ajoutons qu'il existe déjà plusieurs de ces répertoires particuliers, beaucoup plus développés que les parties correspondantes du recueil de M. Œsterley. L'auteur du Wegweiser aurait sans doute fait quelque chose de plus utile que ce qu'il a fait s'il avait borné son ambition à les décrire : on n'en trouve, jusqu'à présent, nulle part, l'énumération systématique.

114. — Nous n'avons pas, quant à nous, la prétention de les énumérer tous ici : il suffira d'en indiquer quelques-uns, en distinguant les divers types.

115. — Répertoires de docume:^ts imprimés. — « Il a été publié depuis le xvi« siècle, dit très bien M. Giry*, un nombre considérable de textes diplomatiques, les uns dans de grandes collections, dans des recueils, d'autres isolément, et souvent comme pièces justificatives ajoutées à des ouvrages d'érudition. Le nombre de ces publications était assez grand, dès le xviii<= siècle, pour qu'il fût déjà difficile de s'y retrouver. Un érudit allemand, P. Georgisch, eut le premier l'idée de dresser la table des documents qui avaient le caractère commun d'avoir été publiés; son ouvrage, intitulé : Regesta chronologico-diplomatica (Francfort-Leipzig, 1740-44, 4 vol. infol.), est aujourd'hui, à cause de sa date même, de peu d'utilité. Il fut imité en France, d'abord par l'abbé de Foy, puis par Bré-

Page 1