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Ci-dessus, p. 80, note

4. G. Gavet annonce [Sources de l'histoire des institutions et du droit français, p. 759), qu'il dressera prochainement « une liste, par provinces [de l'ancienne France], de décisions judiciaires, de chartes de villes et de coutumes, publiées... surtout dans les Mémoires des Sociétés savantes. ».

88 LNSTniMENTS DE BIBLIOGRAPHIE HISTORIQUE.

l'indication des éditions. Le répertoire des obituaires français, par A. Molinier (Les Obituaires français du moyen âge. Paris, 1890, in-8) en est un spécimen et un modèle. Tous les « catalogues d'actes » (listes, par ordre chronologique, des chartes émanées de la chancellerie de tel roi, ou de tel prince, inédites ou imprimées, avec la cote des exemplaires manuscrits et la bibliographie des éditions)*, et « les inventaires critiques » tels que VInventaire critique des lettres historiques des croisades (p. p. P. Riant dans les Archiver de r Orient latin, t. ^% 1880), rentrent dans la définition de ces intéressants répertoires*. Ils sont très difficiles à faire et, sauf excejvtion, ne sauraient être, actuellement, que provisoires, à cause do l'insufïisance des Catalogues descriptifs de documents manuscrits qui existent (§ lOo). On ne sera jamais sûr de connaître tous les documents d'un certain genre, ni tous les exemplaires manuscrits de chacun de ces documents, tant qu'il y aura encore des fonds de manuscrits totalement dépourvus d'inventaires ou trop sommairement inventoriés.

118. — Il est probable que les répertoires de ce dernier t^pe — théoriquement les plus ])arfaits — iront en se multipliant, à mesuri' que les collections de manuscrits seront mieux aménagées et plus commodes à déimuiller. — Lorsque les catalogues descriptifs des collections de nos bibiiolhè(}ues et de nos archives seront achevés, (( un travail des plus utiles et des plus honorables consistera, dit M. L. Delisle^, à dresser des catalogues spéciaux de différents groupiîs de manuscrits, en s'ait achant à classer méthodiquement tous les textes de même nature, (pielles que soient les cotes sous lesquelles les manuscrits sont inventoriés et rangés sur les rayons. Serait-il même téméraire d'entrevoir la possibilité d'avoir un jour des catalogues oïl seraient enregistrés, plus ou moins sommairement et avec

1. Les principaux (•alalojfucs d'ados qui ont êlê cxéculôs jusqu'à présent soiil énuinêivs dans le Manuel de Diplomatique de A. Girv. Cf. Revue historique, LX, p. 509.

2. Un « inventaire crili<jue » des eomptcs, inédits et imprimés, de Tadministration royale en France, depuis le xiu° siècle, est en préparation.

r>. Manuscrits latins et français ajoutés aux fonds des nouvelles acquisitions...., p. Lxxxni.

l'envoi aux notices détaillées publiées antérieurement, tous les manuscrits d'une même catégorie conserves dans les différentes bibliothèques \>ubliques de la France [et de l'étranger]? » Ces catalogues spéciaux, où seraient signalés à la fois les exemplaires manuscrits conservés dans tous les dépôts et (complément indispensable) les éditions de ceux qui ont été imprimés, pour toute une catégorie, bien définie, (le documents (les comptes, les correspondances diplomatiques, les formulaires par exemple), constitueraient des répertoires bibliographiques de premier ordre. — M. U. Robert est entré depuis longtemps déjà dans cette voie en publiant un Inventaire des cartulaires conaeiDes dans les bibliothèques de Paris et aux Archives nationales y suivi d'une bibliographie des cartulaires publie's en France (Paris, 1878, in-8. Extr. du Cabinet historique, t. XXIII. Il y a un Supplément, Paris, 1879, in-8. Extr. du Cabinet historique, t. XXX)*.

119. — Pour ks documents non littéraires qui concernent l'histoire moderne et surtout l'histoire contemporaine, il n'y a pas lieu, en général, de faire la distinction, si contingente, mais qui s'impose cependant pour les documents du moyen âge, entre l'inédit et l'imprimé. En effet, c'est sous forme d'imprimés que, pour la plupart, ils ont circulé dès l'origine.

120. — Dans tous les pays, les affiches, les placards, etc., qui n'ont jamais été et qui ne sont encore enregistrés nulle part au fur et à mesure de leur publication (cf. \), 55, note 1), sont recueillis avec zèle par les bibliothèques, et surtout par des amateurs, comme; documents historiques. Les seules « bibliographies » que l'on en ait sont des Catalogues de collections, publiques ou particulières. Quel- (|ues-unes de ces collections de placards anciens sont célèbres : la

1. Cf. une bibliographie spéciale «les cartulaires lorrains dans E. Bonvalot, Histoire du droit et des institutions de la Lorraine et des Trois-Évâchés (Paris, 1895, in-8). — Une nouvelle bibliographie générale des cartulaires français est promise depuis longtemps. — M. G. Gavet (o. c, p. 738) annonce qu'il publiera prochainement « une liste descriptive, par provinces [de l'ancienne France], des recueils de documents d'archives (cartulaires proprement dits, recueils de chartes, polyptiques, etc.). avec indication descriptive de leurs tables ».

Bibliotheca Lindesiana en Angleterre, la Collection Likhatchev en Russie (Katalog.,,j Saint-Pétersbourg, 1895, in-8), etc. Le Catalogue de la Collection de documents judiciaires antérieurs à 1790, feuilles volantes et plaquettes imprimées, qui existe à la Bibliothèque nationale de Paris, a été, nous l'avons vu (§ 25), publiée par A. Corda.

121. — Les publications officielles des Gouvernements, des Parlements et des Corporations locales (départements, villes, etc.), forment la catégorie la plus considérable des documents (non littéraires) qui ont été imprimés dés l'origine. L'importance absolue en est, du reste, très grande. On a pu dire que ce qui s'imprime aujourd'hui dans le monde se divise en deux sections : d'une part ces publications, et, d'autre part, tout le reste.

Matériellement, ces publications officielles des gouvernements et des corporations représentent une quantité de papier noirci presque égale à celle de toutes les autres publications réunies, la presse quotidienne exceptée.

Intrinsèquement, elles sont, par excellence, les documents de l'histoire des sociétés contemporaines. Juristes, statisticiens, sociologues trouvent là leurs matériaux*. Dans l'immense collection des Bluebooks du gouvernement anghiis et des gouvernements coloniaux britanniques, et dans les publications similaires du gouvernement des États-Unis, des monographies de premier ordre sur toutes sortes de questions, non seulement administratives, mais anthropologiques, archéologiques, historiques et sociales, sont enterrées et perdues.

122. — Bibliographiquement, ces publications présentent des particularités notables* : presque toutes sont anonymes, périodiques; et il n'en existe point de Catalogues.

Pourquoi pas de Catalogues? Parce que personne n'est pécuniairement intéressé à ce qu'il y en ait. Les plus petits éditeurs font impri-

i. Ce point de vue a été développé par Sidney Wcbb dans The Library, 1897, p. '232. Yoy. aussi G. Maas, dans le Jahrbuch der internationalen Vereinigung fur vergleichende Hechiswissenschaft und Volkwirtschaftslehre^ II (1896).

2. Yoy., à ce sujet, Frank Campbell, The theory of national and international Bibliography (London, 1896, in-8), et G. Maas, Officielle Regierungsdruksacheny eine bibliographische und bibliothekarische Studie, Leipzig, s. d. Extr. du Bôrsenblatt fur den deutschen Buchhandel^ 1897.

mer la liste de leurs Jivres, parce qu'ils se proposent den vendre. Les gouvernements, qui sont les plus grands éditeurs du monde, négligent de faire dresser celle de leurs publications, parce qu'ils n'ont ni désir, ni besoin, ni espoir de gagner de l'argent avec ce qu'ils publient. — Nous avons dit (Livre I^*", ch. ii) que la plupart des instruments de Bibliographie nationale sont des répertoires 6u des mercuriales a l'usage du commerce. Il est naturel qu'il n'y ait pas de répertoires des publications officielles, puisqu'elles ne sont pas, pour la plupart, dans le commerce.

Cependant, les recherches sont à la longue devenues si malaisées dans cette vaste « littérature » (Officiai literature) que l'on a été conduit à fabriquer des instruments bibliographiques, pour les besoins domestiques des administrations elles-mêmes. Des bibhographes comme MM. Frank Campbell et G. Maas ont mené, d'ailleurs, une campagne énergique au nom des intérêts scientifiques, pour que ce mouvement s'accentuât. Enfin l'initiative privée a commencé d'agir : de grandes collections de publications des Gouvernements ont été formées, dont les Catalogues sont précieux, au point de vue bibliographique. — Mais ce qui a été fait est très peu de chose en regard de ce qui reste à faire. La mise en valeur bibliographique de YOfficial literature y publiée par les Gouvernements, les Parlements et les Corporations locales, commence à peine.

123. — États-Unis. — Le Congrès des États-Unis a fait exécuter, sous la direction de B. P. Poorc, A descriptive catalogue of the Government Publications of the United States, sept,^, 1776-mrtrcA 4, 1881 (Washington, 1885, gr. in-8) Cf. Frank Campbell, o. c, p. 367*.

Des travaux rétrospectifs du même genre ont été exécutés pour l'ensemble des publications de certains États de l'Union, par exemple par R. P. Rayes pour l'Ohio : Publications of the State of Ohio,

1. On a commencé à faire des inventaires descriptifs spéciaux de certaines catégories des publications sommairement indiquées dans le Catalogue de B. P. Poore. Par exemple miss A. R. Masse s'est occupée des a Rejiorts of explorations printed in the Documents of the U. S. Government ». Cf. The Library Journal, 1899, p. 537. — Voy. la liste des index antérieure à 1896 dans le Guide to the study of American history de E. Clianning et A. Bushnell Hart (Boston, 1896, in-42), p. 38.

92 INvSTRUMENTS DE BIBLIOGRAPHIE HISTORIQIE.

1803-1896 (Norwalk, 1897, in-4); la liste de ces travaux, au nombre de seize, se trouve dans le Library Journal, 1899, p. 108. — Enfin II. R. Bowker a publié le premier fascicule d'un répertoire général : State Publications. A provisional list of the officiai publications ofthe several States of the U. S. from their organization. I. New England States. New York, 1899, in-8.

La bibliographie courante des publications du Gouvernement fédéral, des États et des Territoires se trouve, depuis 1876, à Fétat d'appendices, dans V American Catalogue de Le\|)oldt (g 62).

124. — Grande-BretaGxNe. — Le Gouvernement anglais publie chaque année (chez Eyre et Spottiswoode) une List of officiai and parliamentary publications published in the year..,. Cf. Frank Campbell, o. c, p. 548, 568.

Les répertoires rétrospectifs, pour les publications officielles de la Grande-Bretagne, sont dus à l'initiative privée, partiels et insuffisants. M. Frank Campbell, qui en a donné la liste (o. c, p. 112), est d'avis que d'aussi vastes entreprises ne pourront jamais être exécutées convenablement, en Angleterre, qu'aux frais et sous les auspices de l'État.

125. — LxDE Anglaise. — M. Frank Campbell, le bibliographe le plus exj)ert en ces matières, estime que l'Inde anglaise est, avec les États-Unis, le pays oîi V Officiai literature est rendue présentement le plus accessible par le moyen d'instruments bibliographiques appropriés. Il a traité amplement de ces instruments dans sa monographie : An Index-Catalogue of bibliographical works relating to India (London, 1897, in-8).

126. — Les autres pays sont complètement dépourvus, ou peu s'en faut. Sans doute, tous les États ont l'équivalent de notre Journal officiel y oïl les lois, les décrets, les rapports et les débats parlementaires sont annuellement indexés. Mais il n'y a point de listes périodiques de toutes les publications faites par les Gouvernements, ni d'index (( cumulatifs » ou rétros})ectifs qui s'applicpient aux publications d'une lonmie série d'années*. — On en est donc réduit à consulter

1. S'il y on a, los spécialistes l'ignorent : « I am lold Ihat the Austrian Government once published a very complète list or catalogue of Austrian State

les catalogues des bibliothèques qui possèdent beaucoup de « papiers d'État » : celle du Reichstag allemand (Katalog der Bibliothek des Reichstages, I. Berlin, 1890, in-8) ; celles du Comité de législation étrangère fondé à Paris au Ministère de la Justice {Catalogue.,. Paris, 1889, in-8); celle du Bureau de législation fondé à Bruxelles au Ministère des Affaires étrangères {Catalogue... y Bruxelles, 1892, in-8); celle du Musée social à Paris, et la « British Library of political science » , créée à Londres expressément en vue de « former une collection centrale de matériaux historiques de cette espèce [Officiai literature] ».

M. Frank Campbell s'est consacré à l'étude théorique des questions relatives à l'amélioration de l'aménagement bibliographique des « papiers d'État )). A son avis, il y aurait lieu de fonder, dans chaque pays, une « National Library of officiai documents » et une « Society for the investigation of the bibliography of State Papers ». En revanche, il fait remarquer que l'idée, souvent émise, d'établir un « Bureau international d'échanges pour les publications officielles de tous les États civilisés » ne sera acceptable que le jour où tous les États sauront exactement ce qu'ils ont pubhé et ce qu'ils publient. Présentement, ils l'ignorent. Du reste, les négociations (ouvertes dès 1883) en vue d'élaborer un plan d'échanges internationaux de publications officielles, ont, jusqu'à présent, échoué *•

Papers, but I hâve ncvcr been ablc to obtain a copy, so as to be able to judge of its character » (Frank Campbell, o. c, p. 368). t Es cxistiert Aehnlichcs wie das Rcpertorium der Blue Books wcder fur das Deutsche Reieh noch fur eincu bestimmten Bundesstaat. Ich beschâftige mich scit Jahrcn mit dicser Fragc, habe abep nichts kennen gelernt » (G. Maas, lettre particulière). — Il existe un index alphabétique général des Ordres du Gouvernement russe pour les années 1880-92 (N. Damie, Ohchtclœhii alphavitni ukasatel k sobraniou usakonenii roêportajenti pravitelstva. Saint-Pétersbourg, 1893, in-fol.). — Pour la Suéde, voy. les ouvrages énumérés par B. Lundstedt, Aperçu cité, p. 16-17,

1. Voy. l'historique de ces négociations par G. Maas, dans le Jahrbuch der internat. Vereinigung fur vergleichende Rechtswissenschaft..., II, p. 127 et s. — Cf. K. Geiger, Ueber Vermehrung der Bibliotheken durch den Austausch amtlicher Publikationen, dans le Centralblatt fur Bibliothekswesen, 1900, p. 353.

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