CHAPITRE PRELIMINAIRE
Studium (1er alten Geschichte (Leipzig, 1895, in-8) de C. Waschsmuth ; et, sur Thistoire des travaux relatifs à l'histoire primitive du christianisme, les dissertations de A. Meyer (Die moderne Forschung ûher die Geschichte des Vrchristentums, Freiburg i. B., 4897, in-8) et de A. C. Hcadlam (Methods of earhj church history, dans YEnglish historical review, janvier 4 i
326. — Quels qu'en soient le cadre et la forme, toutes les « histoires des études historiques », d'un caractère général, sont fondées sur des monographies préalables. Tel érudit, que Wachler se contente de nommer, auquel Wegele n'accorde que deux lignes et une note, est le sujet d'un gros livre. Les Histoires les plus volumineuses de la Philologie classique consacrent quelques pages à Casaubon; mais il y a toute une littérature sur la vie et les œuvres de Casaubon. Non seulement les individus, mais les diverses Compagnies (Ordres rehgieux. Académies, Universités, Sociétés savantes) qui se sont occupées d'histoire, ont, presque toutes, leur « histoire ».
Cette extrême abondance de la littérature moderne sur l'histoire des anciens érudits est, au premier abord, étonnante. En effet, l'histoire de l'érudition n'offre qu'un faible intérêt, si elle n'a pas pour but, soit d'étudier, au point de vue de la méthode, comment des erreurs ont été jadis commises, puis redressées, soit de faire le' départ de l'utile et du suranné dans les ouvrages vieillis : l'histoire anecdotique de la vie des érudits (et des savants en général) n'importe guère, puisque l'œuvre scientifique, à la différence de l'œuvre d'art, est essentiellement impersonnelle. Or, c'est au point de vue anecdotique que les historiens des érudits d'autrefois se sont, presque toujours, placés. — Mais une circonstance fortuite suffit à tout expli- (juer. Les érudits des trois derniers siècles, dépourvus de journaux techniques et de moyens réguliers d'information s'écrivaient beaucoup de lettres pour se demander et s'envoyer des nouvelles; ils avaient l'habitude professionnelle de conserver leurs papiers; il est arrivé souvent que leurs correspondances et de leurs autres pape* rasses soient entrées, après leur mort, dans des dépôts publics dû
manuscrits. D'autre part, ils engageaient fréquemment les uns contre les autres des polémiques furieuses : il faut voir dans le volume du Ciatalogue méthodique (manuscrit) de la Bibliothèque royale de Berlin qui a pour titre : Slreit- und Flugschriften, Streiiigkeiten , quel amas forment les pièces de ces anciennes controverses. Or, ces papiers privés, ces controverses publiques sont des sources très abondantes pour les biographies de ceux qui les ont échangés. C'est là une raison suffisante pour que ces biographies aient été ou soient écrites. Tant d'hommes de bonne volonté sont maintenant à la recherche de sujets dont les matériaux soient, pour ainsi dire, à fleur de terre, que tout érudit des derniers siècles, dont les papiers n'ont pas été perdus, sera monographie tôt ou tard.
327. — De tout ce qui précède il résulte que la Seconde Partie de ce Manuel de Bibliographie historique ne peut être ni un Guide analytique et descriptif des principaux instruments de travail à l'usage de tous les étudiants en histoire, quelle que soit leur spécialité, ni une Histoire-nomenclature de l'érudition en général.
Un Guide analytique et descriptif? Nous avons dit (§ 508) pour- «juoi ceux-là seuls sont utiles qui traitent des instruments spéciaux pour une partie bien définie et très limitée de l'Histoire universelle.
Une Histoire-nomenclature de l'érudition dans tous les temps et dans tous les pays? Los exemples de L. Wachler et de Fr.-X. v. Wegele (§§ 517, 520) interdiraient d'y penser, s'il n'était évident a priori que ce serait une entreprise désespérée.
Les idées qui nous ont guidé sont :
1 <* Il est important pour tout étudiant en histoire, quelle que soit sa spécialité, d'avoir des notions sur l'évolution des sciences histori(jues en général.
2*^ 11 est possible de dresser la liste des Guides spéciaux et des Histoires partielles des études historiques qui ont été publiés juscpi'à présent par des spéciaHstes j)our faciliter la connaissance et l'usage des instruments du travail histori(jue ; il serait commode d'avoir sous la main une liste de ce genre.