CHAPITRE PREMIER
SI
Conditions que les bâtiments destinés aux bibliothèques doivent remplir.
La question de savoir quel est le meilleur moyen de conserver les livres est pour toute bibliothèque un problème d'une importance capitale; de sa solution dépend, en effet, non seulement le bon entretien et la garde des collections, mais encore la possibilité d'en user commodément et avec profit. C'est à l'architecte qu'il appartient de résoudre ce problème! ; loutefois, lorsqu'il s'agit de dresser les plans de l'édifice, 1l est nécessaire que le bibliothécaire assiste l'architecte de ses conseils ; seul, en effet, 1] peut connaître les besoins exacts de l'établissement dont on lui a confié la direction, et son devoir est de veiller à ce que ces besoins soient pris en considération sérieuse. La construction d'une bibliothèque une fois décidée, la première condition dont on doit se préoccuper, la plus importante, celle qu'il ne faut jamais perdre de vue, est de garantir d’une façon absolue les nouveaux bâtiments contre le double danger du feu et de l'humidité. Il faudra donc, dans tous les cas, choisir un emplacement aussi éloigné que possible d’un voisinage dan-
1. Cf. l'article de Leaer « Bibliothek » dans l'Encyclopädie de Enscu et Gacsen. Cf. aussi note 1, p. 44.
gereux (fabriques, théâtres, etc., etc.), de préférence isolé! et, si faire se peut, plus élevé que les terrains adjacents. L'emplacement choisi devra, en outre, être facilement accessible au public, et il faudra veiller à ce que la bibliothèque soit construite de façon telle que les salles de travail ne soient pas troublées par le bruit des rues avoisinantes. On devra enfin examiner si l'endroit destiné aux constructions est assez étendu pour suffire aux agrandissements qui pourraient plus tard être jugés nécessaires?. Nous savons, en effet, par expérience, qu'un bâtiment offrant au début toute commodité peut avec le temps devenir, faute de place, absolument impropre aux services quil doit rendre. Inutile de dire qu'en traçant les plans du monument, aussi bien qu'en choisissant l'emplacement qui lui est destiné, il faudra naturellement apporter la plus grande attention à ce que toutes les mesures soient bien prises à l'intérieur contre le feu et l'humidité et veiller en outre à ce que les locaux soient spacieux, commodes et bien éclairés. Pour préserver les bibliothèques de l'humidité, Virruve? et
1. La nécessité de choisir un emplacement isolé pour la constructian des bibliothèques est aujourd'hui reconnue par tous. A Paris, par . exeruple, on n'a pas hésité, ainsi que nous le verrons plus loin, à faire de grands sacrifices pour isoler la Bibliothèque nationale ; on n'a pu toute— fois arriver à la dégager comme elle devrait l'être et comme le sont leæ nouvelles bibliothèques construites en ces dernières années. Cf. Cornelius= Wazronn, The destruction of libraries by fire. Transactions and Proceedings of the ?. annual meeting of the Library Association U. K. London, 1880, p. 65-70.
2. C'est avec raison que Pouce dit : « Any plan for library construction is faulty which does not foresce and provide for future enlargement. »
3. Traité De Archilectura, lib. 6, cap. IV (vulgo VII) : « Cubicula et bibliothecæ ad orientem spectare debent, usus enim matutinum postulat lumen, item in bibliothecis libri non putrescent, nam quæcumque ad meridiem et occidentem spectant, a tineis et humore vitiantur, quod venti humidi advenientes procreant eas et alunt infundentesque humidos spiritus pallore volumina corrumpunt ». — Les observations de Franciscus Parricius, lib. IIX, De inslitutione reip. Tit. XV (réimprimé dans Îles De bibliothecis aique archivis libelli, ed. J. J. Manærus, p. 35) ne sont es partie qu'une réminiscence de Virauyes. Elles contiennent cependant un certain nombre d'idées nouvelles qui ont leur importance : « Bibliotheca salubri ac quieto loco constituenda est. Bibliothcecæ locus eligatur, qui ad orientem spectat, acies namque vculorum matutinum lumen postulat. Nas
tous ceux qui depuis l'ont suivi, se sout contentés de conseiller l'exposition des bâtiments au levant. Cette précaution n'est pas suffisante ; il faut encore, et c'est là le meilleur préservatif, percer des fenêtres nombreuses, que l'on ouvrira fréquemment, placer des ventilateurs dans les gros murs, enfin, si le terrain est trop bas, exhausser le rez-de-chaussée de l'édifice !.
Contre les dangers du feu, « ce fléau terrible, cauchemar de toutes les bibliothèques », auquel Virauve et ses successeurs À semblent n'avoir même pas pensé, les précautions à prendre sont multiples. Tout d'abord, :l faut, ainsi que le conseille LEGER, que le toit soit en cuivre ou en zinc, que les murs extérieurs soient en pierre de taille et très massifs, que les salles de la bibliothèque
si ad meridiem vel occidentem spectaret, venti, qui locum perflant, humido pallore librorum volumina corrumperent tineasque procrearent, quibus libri exeduntur corrumpunturque. Poliantur parietes opere tectorio, adornenturque viridi colore : viridia enim omnia oculis prosunt, acremque aciem reddunt. » Tous les manuels d'architecture anciens ou modernes sont d'accord avec Virauve au sujet: de l'exposition à donner aux bibliothèques et déconseillent l'exposition à l'ouest. Voici par exemple, ce que dit Snieautrz (Encyclopädie der bürgerlichen Baukunst, Leiprig, 1792, pt. [, p. 265:. « Les bibliothèques doivent ètre protégées aussi bien contre l'air trop chaud que contre l'air humide; le mieux sera donc de placer les fenêtres au nord. *» Nous lisons en outre dans Morues, Allgemeines deulsrhes Bauwôrterbuch, Leipzig, 1858. val. I. p. 281, le passage suivant : « Pour préserver les livres de l'humidité, il faut bâtir l'édifice sur une substruction assez élevée, veiller à ce que la ventilation soit bonne, enfin, si cela est possible, ne pas mettre de magasins de livres du côté de l'ouest et réserver la partie du bâtiment qui a cette exposition pour les salles de lecture, les escaliers, etc. »
1. Dans un article publié dans le Library Journal, vol. IV, p. 254-257, D. F. Lixcozx dit qu'une bonne ventilation doit donner « a comfortable temperature, an equable temperature, a suflicient supply of fresh air, freedom from uncomfortable draughts ». Cf. aussi W. GnreEexhoucn, On the ventilation, heating and lighting of free public libraries. The Library, vol. IE. 1490, p. 421-433. — A. VW. Rougnrsox, On the ventilation and heating of the Aberdeen Public Library. The Library, vol. VE, 1891, p. 93-98. |
°2. « Certains bâtiments anciens montrent que nos ancêtres ne songeaient méme pas au danger que nous estimons le principal : le danger du feu. Citons seulement la curieuse librairie du chapitre de Novon bâtie vers la fin du xv* siècle et tout entière en bois. » Grande Encyclopédie. Installation des bibliothèques, au mot « Bibliothèque », vol. VE, p. 657.
38 NANUEL DE BIBLIOTHÉCONOMIE
soient pavées et que, si cela est possible, les plafonds euxmêmes soient en pierre. On ne doit, en outre, avoir accès aux calorifères que du dehors; enfin, les cheminées, en règle générale, ne doivent jamais traverserla bibliothèque, et, si, par hasard, on ne peut se soustraire à cet inconvénient, 1] faut alors apporter à leur construction les soins les plus minutieux.
Les calorifères à air chaud, en usage maintenant dans bon nombre de bibliothèques, ont donné des résultats satisfaisants : ils fournissent une température agréable, facile à régler, et permettent de chauffer, en mème temps que les salles de travail, les magasins de livres, qui se trouvent, par le fait et jusqu'à un certain point, protégés ainsi contre l'humidité !.
Reste le dauger de la foudre. Pour ÿ échapper, le bâtiment ne devra pas excéder la hauteur de deux étages et devra être en outre protégé par des paratonnerres.
Toutefois, comme le feu peut éclater en dépit des précautions les plus minutieuses et les plus assidues, il faut avoir les moyens de l'éteindre dès le début. L'édifice devra donc être pourvu partout de conduites d'eau, d'instruments de sauvetage, extincteurs, lances à main, etc., etc. Dans le cas où l'établissement de tuyaux de canalisation serait impossible, il devra y avoir au moins, dans le voisinage, soit un puits, soit de l'eau courante. Il est utile enfin que quelques employés habitent dans la bibliothèque ou à proximité.
Quelle sera l'étendue à donner aux bâtiments? La solution de cette question dépend d'une foule de considérations diverses, mais, dans tous les cas, il faudra constamment avoir bien présent à l'esprit que l'édifice est destiné à recevoir et à conserver le plus grand nombre possible de livres et que les collections doivent pouvoir être placées de telle sorte que leur usage en soit
1. « Au British Museum, le chauffage se fait uniquement par circulation d'eau chaude, renforcée de jets de vapeur pour les parties les plus éloignées. Il y a deux générateurs d'eau bouillante fonctionnant simultanëment, à moitié force, pour éviter toute surprise, chacune des deux machines à vapeur devant suflire à actionner tout le système. Un seul maniement central suflit à tout. » Cf. J.-L. Pascar., Les Bibliothèques et les Facaltés de médecine en Angleterre. Rapport au ministre de l'Instraction publique et des Beaux-arts. Paris, Ducher, 1X84, p. 34-39,
facile même lorsque la bibliothèque sera absolument pleine. est clair que, si l'on ne tient pas compte de ce principe, on se trouvera obligé, après un espace de temps plus ou moins long, de procéder à des transformations ou à des constructions nouvelles, ce qui jette toujours, el forcément, une certaine perturbation dans la marche régulière de la bibliothèque et risque même, dans certains cas, de désorganiser complètement le service.
Quant à l'éclairage, il faudra qu'il soit le meilleur possible. Les travaux de bibliothèque exigent impérieusement une lumière tout à la fois bonne, abondante et régulièrement diffusée. Comment se procurer cette lumière, tout en évitant de recevoir directement les rayons solaires, dont l'effet serait nuisible? I] v a plusieurs moyens, différant naturellement l'un de l'autre suivant la situation topographique occupée par le bâtiment. Si, dans telle bibliothèque, par exemple, de hautes et larges fenètres placées en face des casiers sont suffisantes, dans elle autre elles ne le sont pas. Ainsi que le remarque Lecrr, pour les salles exposées au midi, une toiture en verre ou une coupole vitrée constitue un excellent mode d'éclairage, landis que, pour celles qui sont exposées au nord et ont par conséquent besoin de plus de lumière, il est utile de surmonter la toiture ou la coupole d'une construction en lorme de lanterne ou de parallélipipède emmagasinant la umière par les côtés. L'expérience a, en outre, prouvé quil est bon de joindre à l'éclairage par en haut l'éclairage latéral : on obtient ainsi un jour meilleur. Un grand nombre de bibliothèques, telles que la Bibliothèque Nationale de Paris, par exemple, ne sont ouvertes que le jour et n'ont pas besoin, par conséquent, d'éclairage artificiel. Pour celles dont les salles de lecture restent ouvertes le soir, on s'est jusqu'ici servi principalement du gaz. * « La lumière électrique produite par une force motrice disposée dans un bâtiment indépendant ! », est préférable ?, croyvons-nous, au gaz, parce qu'elle évite les chances
‘1. Cf. Grande Encyclopédie. Install. des bibliothèques, au mot « Bibliothéque », vol. VI, p. 658.
‘2. Pascas, Bibliothèques el Facultés de médecine en Angleterre, traite à plusieurs reprises la question de l'éclairage électrique, p. 19-37.
d'explosion et, partant, diminue les chances d'incendie" {.
Rappelons enfin, en lerminant, qu'il est nécessaire, en traçant le plau d'une bibliothèque, comme celui de tout autre édifice, de subordonner la beauté architecturale au but pratique que l'on se propose d'atteindre. Même lorsqu'il est obligé de s'inspirer de considérations purement praliques, l'architecte a encore devant Jui un champ assez vaste pour laisser libre cours à ses conceplions artistiques et donner à la bibliothèque, « dépôt des sources de la science et des œuvres immortelles créées par le génie de l'homme pour ouvrir la voie aux progrès ininterrompus de l'avenir », une apparence qui, intérieurement aussi bien qu'extérieurement, corresponde à sa haute destination.
Lorsqu'il s'agit de construire une bibliothèque, il faut toul d'abord se soucier de la destination même de l'édifice. C'est là une vérité évidente, et cependant, jusqu'à nos jours, les architectes en ont tenu très peu compte. Dans son Catéchisme. Perzuoipr leur adressait à ce sujet ces reproches mérités :
1. D'une façon générale, la lumière artificielle n'est pas bonne pour les bibliothèques. — Le gaz est nuisible aux reliures, parce qu'il surchauffe la température des salles. Une commission nommée par la bibliothèque publique de Birmingham, après avoir fait une séric d'expériences, reconnut que le cuir, en contact avec l'air impur d'une pièce dans laquelle on avait brülé du gaz pendant 1.000 heures, avait beaucoup souffert. Son pouvoir extensif était tombé de 10 0/0 à 5 0/0 et sa force de résistance de 35 à 17 :Centralblatt, f. B., V, p. 551:. L'éclairage au gaz est particulièrement nuisible aux livres dans les salles trèsélevées. Nous reviendrons plus loin sur cette question. Cf. note 1, p.63. — La lumière électrique présente de grands avantages. Moyennant certaines précautions, clle ne fatigue pas trop les yeux; elle ne décompose pas les couleurs, n'échauffe pas, ne vicie pas l'air. ne produit pas d'ombre, se rapproche enfin de la lumière solaire; mais elle présente un inconvénient que n'a pas le gaz, inconvénient particulier que M. Wissxen, professeur de botanique à Vienne, a été le premier à faire connaître ct qui est de produire sur le papier une sorte d'oxydation qui le fait roussir. (Centrathlalt f. B., IV. 281: P. Cower, Electric lighting in public libraries, a paper read at the meeting of the Library Association of the United Kingdom, sept. 6. 1882. London, 1883 (p. 7), reproduit dans les Transactions and proceedings of the 4. and 5. annual meetings. London, 1484, p. 153-157. Küsren, « Verwendung des elektrischen Lichtes zur Zwecken der Kunst- und Unterrichts-Verwaltung. » Centralblatt f. Bauverwallung, 1885, p. 185-1X6. W. J. Fiercuen, The proper lighting of library rooms. The Library Journal, vol. XV, 1890, n° 12, p. 9-11.
« On bâtit des écuries pour les chevaux et pour les vaches, et « l'on n'oublie pas de rechercher si l'endrait choisi et les con- « structions projetées remplissent les conditions voulues — pour « ces chers animaux, on ne néglige rien! — ne serait-il pas équi- «+ table de demander que l'on apporte la même attention et les . mêmes soins à la construction de ces bibliothèques, où des . milliers de savants viennent en quelque sorte puiser la sub- « stance de leurs travaux? Espérons que l'on finira par se persuader « dans un avenir prochain que de semblables exigences n'ont « rien que de raisonnable. »
— Dans son manuel, Moznecu s'était déjà exprimé sur le même sujet en termes d'une grande énergie : « Lorsque l'on parcourt, « écrivait-il, la plupart des nouveaux ouvrages d'archilecture dans lesquels il est question de la construction des bibliothèques, on s'aperçoit que les architectes ont traité le sujet « d'une façon incomplète et sans en avoir une connaissance suffisante ou, pour mieux dire, sans comprendre que les idées de beauté el de luxe sont des idées accessoires et que “ la première qualité d'un monument quelconque est d'être « approprié au but pour lequel il a été projeté! . Veut-on bâtir “ une bibliothèque, il ne s'agit pas de penser à une construction “ majestucuse, d'apparence magnifique, avec colonnes, portails, “ ete., etc. et dont l'intérieur sera splendidement orné pour le
1. C'était déjà à ce point de vue que se plaçait Lrororna DELLA SANTA,
dans son ouvrage paru en 1816 à Florence : Della costruzione e del regolâmento di una pubblica unirersale biblioteca con la pianta dimonstrativa Lurer a cherché à adapter aux besoins des pays septentrionaux le plan que DeczLa SANTA avait fait pour les bibliothèques méridionales, plan reproduit dans l'ouvrage de Mocnecn et dans la traduction italienne des brundzüge . °« Longtemps les architectes chargés de construire les biblivthèques ne se sont pas occupés des dispositions intérieures, réservant lout leur talent pour la façade, sans se soucier autrement de la destinalion du monument. C'est seulement le jour où la nécessité s'imposa de reconstruire la Bibliothèque nationale que l'on commença à se douter qu'il “ avait des règles pour la construction d'une bibliothèque comme pour celle d'une gare ou d'un marché. » Grande Encyclopédie, Installation des B. au mot « Bibliothèque », vol. VI, .p. 65%. Peut-être pourrions-nous ajouter qu'en France ces règles sont encore totalement inconnues de la plupart des architectes. *
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d'explosion et, partant, diminue les chan Rappelons enfin, en terminant, qu'ilest néc:
le plan d'une bibliothèque, comme celui de tou’ subordonner la beauté architecturale au but pr. propose d'atteindre. Mème lorsqu'il est obligé” considérations purement pratiques, l'architecte ” lui un champ assez vaste pour laisser libre cor tions artistiques et donner à la bibliothèque, « € de la science ct des œuvres immortelles créées | l'homme pour ouvrir la voie aux progrès i:l'avenir », une apparence qui, intérieurement a rieurement, corresponde à sa haute destination. Lorsqu'il s'agit de construire une bibliothè«d'abord se soucier de la destination même de Jin . une vérité évidente, et cependant, jusqu'à nos *.… . tectes en ont tenu très peu compte. Dans se.
Perzuoivr leur adressait à ce sujet ces reprr- ,
1. D'une façon générale, la lumière artificielle n'est j'* bibliothèques. — Le gaz est nuisible aux reliures, parce «.. température des salles. Une commission nommée pa publique de Birmingham, après avoir fuit une série d'exp que le cuir, en contact avec l'air impur d'une pièce dant brûlé du gaz pendant 1.000 heures, avait beaucoup souft extensif était tombé de 10 0/0 à 5 0/0 et sa force de r.. 17 {Centralblatt, f. B., V, p. 551:. L'éclairage au gaz est nuisible aux livres dans les salles trèsélevées. Nous reviend. cette question. Cf. note 1, p.63. — La lumière électrique p avantages. Moyennant certaines précautions, elle ne fat: yeux ; elle ne décompose pas les couleurs, n'échauffe pas, : ne produit pas d'ombre, se rapproche enfin de la lumière : présente un inconvénient que n'a pas le gaz, inconvénier : M. Wiesxer, professeur de botanique à Vienne, a été le connaître et qui est de produire sur le papier une sorte d' fait roussir. (Centralhlatt f. B., IV. 281:. P. Cower, Ele: public libraries. a paper read at the meeting of the Lib, of the l'nited Kingdom, sept. 6. 1K82. London, 1883 {] dans les Transactions and proceedings of the 4. and 5. a London, 1881, p. 153-157. Küsren, « Verwendung des elek zur Zwecken der Kunst- und Unterrichts-Verwal , f. Bauverwallung, 1K85, p. 185-186. W. J. F- a. of library rooms. The Library Journal, *
Les salles de travail et de manipulation du personnel doivent tre, autant que possible, installées au centre de la bibliothèque, hon loin des locaux réservés à l'administration, et, afin de facilier le service, entre les magasins des livres et la salle de ecture; c'est là, du reste, une nécessité de toute évidence t sur laquelle :1l est inutile d'insister. Pendant la saison roide, ces salles devront être convenablement chauffées; une onne ventilation atténuera les effets, nuisibles pour la santé, de | poussière des livres, que l'aération et la propreté la plus inutieuse ne suffisent pas à faire disparaître.
Si, en dehors du bureau du bibliothécaire en chef. on ne suvait avoir qu'une seule salle pour tous les autres employés, il udrait veiller à ce qu'elle soit suffisamment grande pour le cas 1 le personnel viendrait plus tard à s'augmenter.
Mème dans les petites bibliothèques, les locaux affectés au rvice du prèt doivent toujours être séparés de ceux où availlent les employés, afin de leur éviter toute cause de déranment; il est regrettable que cette disposition n'ait pas été loptée partout. Quant à la salle du prêt, il faut qu'elle soit cilement accessible au public, bien éclairée, et assez vaste pour * pas risquer d'être trop encombrée, soit lorsque l'on procède à restitution générale des livres, soit à l'époque de la réouverre du service de prêt.
Dans les bibliothèques plus importantes, dont le personnel est us nombreux et où le travail lui-même est plus pénible, il ne ffira pas d'augmenter les locaux réservés aux employés, il sera core nécessaire d'avoir une ou plusieurs pièces destinées à cevoir les livres non reliés et les périodiques en fascicules; si besoin sen fait sentir, on pourra en outre organiser un chier de reliure, un magasin d'emballage, etc., etc.
Un vestiaire pour le public sera installé dans le voisinage de salle de lecture, et de telle façon que la surveillance eu soit cile.
La salle de lecture est devenue aujourd'hui, pour toute biblioièque, d'une nécessité absolue : elle est indispensable aux traailleurs, et il en faut une, si simple soit-elle, même dans les lus petites bibliothèques. Cette salle est naturellement de ñgueur dans les bibliothèques qui ne prètent les livres au dehors
A2 MANUEL DE BIBLIOTHÉCONOMIE
« plaisir des veux mais bien à une construction capable de « renfermer le plus grand nombre de livres possible en offrant « toute warantie de commodité et de sécurité. »
En un mot chaque bâtiment doit être rigoureusement approprié à la destination spéciale de la bibliothèque pour laquelle il a été construit.
S Il Dela disposition deslocaux.—Considérations pratiques.
Nous venons d'exposer en quelque sorte les principes généraux applicables à la construction de toute bibliothèque ; nous allons maintenant entrer dans quelques détails relatifs à la disposition des locaux et aux conditions diverses qu'ils doivent réunir. Sur ce sujet, nous pourrions être très brefs et nous contenter de répéter tout ce que nous avons déjà dit plus haut sur les mesures à prendre contre le feu et contre l'humidité, et sur les différents modes d'éclairage à employer; mais, les locaux avant chacun une destination spéciale, il est utile, croyons-nous, d'étudier d'un peu près leur construction respective.
Une bibliothèque publique a tout d'abord besoin de bureaux pour son administration et de salles de travail pour son personnel. Ces différentes pièces doivent être de préférence exposées au nord. L'éclairage en est ainsi plus régulier et plus agréable que si elles élaient lournées du côté du sud. Il est vrai que cette dernière exposilion offre l'avantage appréciable, au moins dans les pays froids, d'être plus chaude pendant l'hiver.
1. Les observations présentées à ce sujet par Justin W'ixsor, dans un article sur lequel nous aurons plus loin à revenir, sont parfaitement justes: « The public wants books to read, not to look at. Men do not erecta building and decide afterwards whether it shall be a playhouse or a hospital : and vet these two are not more awkwardly interchangeable than the two kinds of library buildings needed, sax by an antiquarian society and a municipality; still committces go on and build a building, leaving the question an open one whether their library shall be of onc sort or another, » D'après Wixson, toute bibliothèque doit ètre bâtie de telle facon qu'aucune place n'y soit perdue et que le service puisse s'y faire rapidement. Ces deux conditions sont. à ses Yeux. d'une importance primordiale : « The main idea of the modern public library building, dit-il. is compact stowage Lo save space, and short distances to save time. »
s salles de travail et de manipulation du personnel doivent autant que possible, installées au centre de la bibliothèque, oin des locaux réservés à l'administration, et, afin de facile service, entre les magasins des livres et la salle de re; c'est là, du reste, une nécessité de toute évidence ir laquelle :ïl est inutile d'insister. Pendant la saison e, ces salles devront ètre convenablement chauflées; une e ventilation atténuera les effets, nuisibles pour la santé, de sussière des livres, que l'aération et la propreté la plus tieuse ne suffisent pas à faire disparaître.
en dehors du bureau du bibliothécaire en chef. on ne ait avoir qu'une seule salle pour tous les autres employés, il ait veiller à ce qu'elle soit suffisamment grande pour le cas personnel viendrait plus tard à s’augmenter.
me dans les petites bibliothèques, les locaux affectés au ce du prêt doivent toujours être séparés de ceux où ient les employés, afin de leur éviter toute cause de dérannt: il est regrettable que cette disposition n'ait pas été (ée partout. Quant à la salle du prêt, il faut qu'elle soit ment accessible au public, bien éclairée, et assez vaste pour s risquer d'être trop encombrée, soit lorsque l'on procède à titution générale des livres, soit à l'époque de la réouverdu service de prêt.
ns les bibliothèques plus importantes, dont le personnel est nombreux et où le travail lui-même est plus pénible, il ne a pas d'augmenter les locaux réservés aux employés, il sera e nécessaire d'avoir une ou plusieurs pièces destinées à oir les livres non reliés et les périodiques en fascicules; si soin s'en fait sentir, on pourra en oulre organiser un r de reliure, un magasin d'emballage, etc., etc. vestiaire pour le public sera installé dans le voisinage de le de lecture, et de telle façon que la surveillance en soit salle de lecture est devenue aujourd'hui, pour toute biblio- 1e, d'une nécessité absolue : elle est indispensable aux traurs, et il en faut une, si simple soit-elle, même dans les petites bibliothèques. Cette salle est naturellement de ur dans les bibliothèques qui ne prètent les livres au dehors
46 MANUEL DE BIBLIOTHÉGONONIE
qu'au moyen d'échelles. Les anciennes bibliothèques italiennes! furent pour la plupart bâties sur ces plans et elles servirent
phie des ouvrages relatifs aux bibliothèques italiennes compris les plans et reproductions. a été dressée par C. Fraacaiu dans la Ririata delle Bibliateche, vol. 1, 184%: n° 11-12, p. 161-165. À pro pos de la ma; de ces établissements, FEMAGALL rappelle les pare sr vitsox : « Books are, indeed, the least part of Lhe fur ordinarilÿ goes Lo see in an Italian library. »
ensuite de modèle aux constructions luxueuses qui furent dans les autres pays. ( que le premier édilice co:
en Allemagne pour servir de bibliothèque le fut sur le Lype italien; nous voulons parler de la Bibliothèque ducale de Weolfenbüttel!, commencée en 1706 d'après les plans d'Hermann Kons
1. D'après Mfizen, le prototype de la Bibliothèque dueale de Wolfenbüttel serait la Villa Rotonda du Pazzanio près de Vicenze.
46 MANUEL DE BIBLIOTHÉCONONIE
qu'au moyen d'échelles. Les anciennes bibliothèques italiennes ! furent pour la plupart bâties sur ces plans et elles servirent
aux bibliothèques italiennes par C. FrmaGauu . 161-167. À proauut rappelle les Bouks are, , the least part of the fur 15 Koex Lo sec in an Lalian library. »
eusuite de modèle aux constructions luxueuses qui furent élevées dans lex autrex pays. C'est ainsi que le premier édifice construit ,
en Allemagne pour servir de bibliothèque le fut sur le Lype italien: nous voulons parler de la Bibliothèque ducale de Wolfenbüttel!, commencée en 1706 d'après les plans d'Hermann Kors
1. D'après MEzzre, le prototype de la Bibliothèque ducale de Wolfenbüttel serait la Villa Rotonda du Paizani près de Vicenze,
48 MANUEL DE BIBLIOTHÉCONONIE
sous le règne d'Axrorse Uurien et achevée en 1723 sous Arat Wan tig. 31. Pendant longtemps, cette bibliothèque | È