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SCIENCE UNIVERSELLE

Presque tous les arts doivent leur naissance au hasard ; ils ne sont, en général, ni le fruit des recherches, ni le résultat des combinaisons ; mais tous ou presque tous ont un rapport plus ou moins marqué avec les sciences, et notamment avec la chimie ; cette dernière, surtout, peut en éclairer les principes, en réformer les pratiques vicieuses, en simplifier les moyens, en hâter les progrès.

Habile à tout transformer, à tout utiliser, la chimie sait donner de la valeur à des matières qui n'en

ont pas dans leur état primitif, et très-soment elle crée des industries lucratives, en tirant parti de substances inertes, incommodes ou nuisibles. C'est ainsi que nous la voyons extraire de résidus immondes un sel ammoniacal nécessaire à plusieurs arts ; qu'avec les os et les cornes des animaux, les débris de nos vêtements de laine, les cadavres des vieux chevaux, elle fabrique un sel jaune d'une superbe cristallisalion qui sert à produire Tune de nos plus belles couleurs minérales, le bleu de Prusse; que des résidus de garance épuisés par la teinture, elle parvient à retirer presque autant de matière colorante rouge que celle qui a passé dans les bains de teinture. Du sel marin, on fait de la soude; de la pomme de terre, du sucre ou de l'eau- de-vie; du coton, de la poudre; du suif, de la bougie qui rivalise avec la cire pour l'éclairage; du bois, un excellent vinaigre; de la mélasse et de la fécule, un acide puissant, l'acide oxalique, qui sert aux indienneurs dans la confection de leurs charmantes peintures sur toiles, etc.

Toutes ces merveilleuses créations font comprendre l'intérêt que doivent inspirer la chimie et tous les arts qui en dépendent.

Dans un premier traité (1), nous avons exposé les principes et les lois de cette science, indiqué les caractères généraux des corps simples et de leurs principaux composés, montré comment, avec un petit nombre d'agents, le chimiste parvient à sonder les mystères de la nature, à détruire et à recomposer, à créer même des substances que nous ne trouvons pas à la surface de la terre. Maintenant nous allons nous occuper spécialement des industries chimiques propre-

(\) Voir le Traite de Chimie générale, n° 5 de la Bibliothèque industrielle.

ment dites, c'est-à-dire de toutes ces opérations pratiquées en grand dans les fabriques pour obtenir les produits nécessaires à nos divers besoins journaliers. La liste en est longue. Mais comme plusieurs des arts chimiques nécessitent des développements plus considérables en raison de leur importance, nous renverrons à des traités particuliers l'exposition que nous en devrions faire. Nous ne parlerons donc pas, en ce moment, de la fabrication des engrais, du vin et des autres boissons fermentées, de l'industrie du fer, des arts céramiques et de la verrerie, de la teinture et de l'impression des tissus, de l'exploitation des mines, des carrières et des salines.

Nous rangerons sous deux titres principaux les matières premières et les industries chimiques que nous avons à étudier :

1. Produits et arts chimiques dérivant de l'exploitation du règne minéral.

2. Produits et arts chimiques dérivant de l'exploitation du règne organique.

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