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OXYDES

Il y a peu d'oxydes préparés en grand pour les besoins de l'industrie. Nous avons dit, dans la Chim ie générale, comment on obtient l'oxyde de calcium ou la chaux vive. La potasse et la soude, si utiles pour le blanchiment et la fabrication des savons, seront # examinées plus tard, lorsque nous parlerons des potasses et soudes du commerce. Nous n'avons donc à mentionner ici que le sinalt ou Xazur, les cendres bleues et les oxydes de plomb, presque tous employés comme couleurs minérales.

Smalt ou azur. — L'azur, dont on se sert pour donner une teinte azurée au linge, aux différents tissus et à la pâte du papier, que les peintres emploient aussi comme bleu à l'huile sous le nom de smalt, est un verre coloré par l'oxyde de cobalt. On le prépare en grand en Saxe, dans la Hesse et en Silésic, en grillant le minerai de cobalt, arséniure de cobalt impur, le mélangeant ensuite avec du quartz ou du sable, et fondant ce mélange, appelé safre, avec de la potasse ou de la soude. Il en résulte un verre que l'on projette dans l'eau froide, tandis qu'il est incan-

dcsccnt, pour le diviser. On le pulvérise ensuite sous des meules horizontales, et la poudre obtenue est soumise a la lévigalion pour en obtenir divers degrés de finesse qu'on désigne dans le commerce par les noms d'azur de premier, de deuxième, de troisième, de quatrième feu. Leur prix est d'autant plus élevé que leur ténuité est plus grande et leur couleur plus pure. En Allemagne, on ne produit pas moins de 13,500 quintaux métriques d'azur, année commune.

Cendres bleues. — On donne ce nom à un produit que l'on obtient en précipitant une dissolution mixte de sulfate de cuivre et de chlorure de calcium par un lait de chaux, puis triturant le précipité, lorsqu'il est presque sec, avec de la chaux en bouillie, afin de lui donner une couleur d'un beau bleu velouté. Ccfte préparation est très-délicate et ne réussit qu'entre les mains d'ouvriers expérimentés. Cette couleur est un mélange de chaux, de sulfate de chaux et d'hydrate blèu d'oxyde cuivrique. On la livre aux fabricants de papiers peints et de fleurs artificielles, soit en pâte, soit en pierre.

Oxydes de plomb. — En chauffant le plomb métallique dans des fours à une température peu élevée et incapable de mettre l'oxyde en fusion, on obtient l'oxyde plombique désigné dans les arts sous le vieux nom de massicot . On le sépare du plomb en excès par des lavages et des décantations. Il est d'un jaune sale et pulvérulent.

Le massicot n'a d'autre emploi que de servir à la préparation du minium ou oxyde rouge de plomb. Pour cela, après l'avoir divisé et broyé, on l'expose à une température de -f- 320° environ sous de grandes surfaces dans un four à réverbère, soit sur la sole, soit dans des caisses en tôle. La teinte du

massicot vire très-rapidement, elle passe au rouge vif et au brun ; c'est même la portion qui a d'abord pris cette teinte qui fournit le plus beau minium. Voici ce qui arrive dans cetle calcination : une parlie de l'oxyde plombique enlève à l air de l'oxygène et se change en suroxyde de çouleur puce. Celui-ci s'unit intimement au restant du massicot non oxydé, et il en résulte alors un oxyde double ; c'est là le minium, que les chimistes nomment, pour donner une idée de sa nature complexe, oxyde plombosoplombique.

Le minium est employé, en raison de sa belle couleur, pour colorer les papiers de tenture, les cartes à jouer, les cires molles et à cacheter, mais rarement comme couleur à l'eau et à l'huile. Son plus grand usage est de servir à la fabrication du strass, du flint-glass et du cristal, verres auxquels il donne une grande pesanteur, beaucoup de fusibilité, une puissance réfractive considérable, une limpidité parfaite et la faculté de pouvoir être taillés plus aisément. Pour cette dernière application, on recherche le minium le plus pur, celui qui est exempt d'oxyde de cuivre, attendu que ce dernier donne une teinte verdâtre au cristal. •

Il est un autre produit non moins commun que le minium dans le commerce, c'est celui qu'on appelle litharge. Ce n'est autre chose que du massicot cristallisé en petites lames, qu'on obtient, comme produit secondaire, dans la calcination ou coupellation du plomb argentifère. Cet alliage, chauffé au contact de l'air, donne, d'une part, de l'argent métallique, et de l'autre de l'oxyde de plomb fondu qu'on fait écouler de temps en temps au dehors du four; en se solidifiant, le massicot cristallise en petites paillettes hexaèdres d'une couleur rougeâtre. C'est là la &V

tharge, dont le nom, qui signifie pierrù d'argent, rappelle l'origine.

La litharge doit sa belle couleur rouge à un peu de minium qui s'est formé pendant la coupellation. C'est avec elle qu'on prépare généralement dans les fabriques les sels de plomb dont on a besoin. Elle entre dans la composition de quelques verres ; elle est la base des emplâtres des pharmaciens. On fait avec elle une couleur jaune très-belle, qui rend de grands services dans la peinture à l'huile, à cause de son éclat et de sa fraîcheur. C'est le jaune minéral, dit aussi jaune de Cassel, jaune de Paris et jaune de Vérone, qu'on obtient en fondant de la litharge et du sel ammoniac; il en résulte une masse demivitreuse composée de chlorure et d'oxyde de plomb.

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