DU SULFURE DE CARBONE
ijres que la pression rend insoutenable. L'excitation devient tôt générale, le malade pleure, rit, parle sans raison, et rs ont été atteints d'un délire violent et d'aliénation men- L'appétit est exagéré.
A cette période succède une phase d'abattement profond. Le ludade est découragé, triste, somnolent, et il finit par perdre la f^iànoire. La sensibilité s'atténue, disparaît même; une sorte ^^inesthésie locale ou générale se déclare. Les membres infé- -tÎRirs sont le plus atteints, ce qui est dû à la densité de la va- ■ peur de sulfure de carbone. La céphalalgie, le trouble de la vue Migmentent ainsi que les douleurs lancinantes. Une faiblesse Wnérale dans les membres, qui va quelquefois jusqu'à la paral-^fàe, se déclare ; les fonctions se font mal, l'appétit disparaît, et :k malade éprouve une oppression continuelle. ' ' H y a donc de grands rapports entre cette intoxication et l'alcoolisme et remploi des anesthésiques. Le sulfure de carbone *fMt déterminer une ivresse aiguë, comme l'alcool, et ensuite rone dépression telle que la mort en soit la conséquence.
n est nécessaire de ventiler fortement les ateliers où l'on emploie le sulfure de carbone, et l'ouvrier doit cesser son travail dès que les accidents apparaissent.
CYANOGÈNE.
Synonyme : azoture de carbone.
Découvert par Gay-Lussac, en 1815.
(? Ax ou Cy = 26. Cet équiv. corresp. à 2 toI.
Dntité rapportée à l'air, 1,806.
Douité rapportée à l'hydrogène ou poids atomique, 26. ,
Fonnote moléculaire {€r Az) ».
Gii incolore, liquéfiable, brûlant avec une flamme pourpre à l'intérieur, verte Afatèrieur.
Mis chimique. — .Corps composé ayant toutes les allures d'un corps simfi^iinétaUoIde, comme le chlore.
<iO. Préparation. — Le carbone ne s'unit pas directement à l'azote, mais la combinaison de ces deux corps s'opère lorsqu'on ^cinedes matières azotées avec un carbonate alcalin, lors- <ltt'ott lait passer de Tair privé d'oxygène (azote) sur du char- ^ imprégné de- carbonate alcalin, ou encore lorsqu'on fait Wtefier de l'ammoniaque sur du charbon incandescent.
Lorsqu'il s'est a^i de ï ammoniaque, nous avoivs» ^xx^^^'s»^
242 CYANOGÈNE.
l'existence d'un corps composé, nommé l'ammonium, qui aurait les caractères des métaux. Or le corps qui nous occupe nous offre l'eyemple d'un corps composé isolé, qui a toutes les allures des métalloïdes. Cette analogie avec les corps réputés simple! est tellement frappante qu'au lieu de le représenter par le nom d'azoture de carbone que lui assigne sa composition, on lui donne un nom simple, celui de cyanogène.
Pour le préparer on dessèche parfaitement le composé qu'il forme avec le mercure , le cyanure de mercure , et on le calcine légèrement dans un tube en verre (fig, SI) :
HgC2Az = Hg+ C^Az.
Fîg. 87.
Le cyanop^ène se dégage : on le recueille sur la cuve à me^ cure. Le mercure reste dans les parties froides de l'appareil. Oa trouve aussi dans fond du tube un résidu noir abondant, ayant la composition du cyanogène, qui paraît en être un produit de condensation (C* Az)" : on le désigne sous le nom de paraeyamh gène.
Le cyanogène s'obtient dans la décomposition de roxamide et de diverses autri^s matières organiques, et si nous l'étudions avec les métalloïdes, c'est qu'il intervient dans l'histoire d^ métaux et que nous devons le connaître avant d'entreprendre leur étude.
C'est un gaz incolore, d'une odeur vive, donl la densité eà 1,80. Il se liquéfie sous une pression de 4 atmosphères.
L'eau en dissout 4 fois, et l'alcool 23 fois son volume. Ces solutions s'altèrent à la lumière; il se forme une matière brune qui se rattache au paracyanogène, et divers composés, l'acide carbonique, l'acide formique, l'acide cyanhydrique, l'acide oxalique, l'ammoniaque, l'urée.
IJ ne se détruit pas dans uulwbe Tou^e^mais il se décompose
en passant sur du fer incandescent, ou sous l'influence des étineelles électriques.
Il brûle avec une flamme pourpre à l'intérieur, verte à l'extérieur en produisant de l'azote et de l'acide carbonique : on se sort de cette propriété pour l'analyser dans l'eudiomètre. Il ne 88 combine pas directement aux métalloïdes, mais on a obtenu par voie indirecte des chlorures, des bromures et des iodures de cyanogène. Il forme avec les métaux des cyanures qui offrent de grandes analogies avec les chlorures : ainsi le cyanure d'argent est blanc, insoluble dans l'eau, solublc dans l'ammoniaque etdansl'hyposulfite de soude, et l'acide cyanhydrique est formé, comme l'acide chlorhydrique, par des volumes égaux des deux corps unis sans condensation.
Le chlore et le cyanogène sont attaqués d'une manière semblable par les solutions alcalines :
2 Cl + 2 KO = KO, CIO 4- KCl, 2 Cy+ 2 K0= KO, CyO + KCy.
Synonyme: acide prussique.
Découvert par Scheele en 1782.
CAzHoiiGyH = 27. Cet équiv. représente ft vol.
tlearité rapportée à l'air, 0,965.
■OMMe densité rapportée à Thydrofène ou poids de la molécule, 27.
Formule moléculaire , HGAz*
Uqulde très-vénéneux, bouillant à 26o,5.
Adde faible. Composition analogue à celle de Tacide chlorhydrique.
If l.itat naturel, préparation. — Cet acide existe dans les «uix distillées obtenues avec les feuilles de laurier cerise, les mandes de pêche, d'abricot, de cerise; aussi a-t-il servi depuis les temps les plus reculés à commettre des empoisonnements. Il prend naissance lorsqu'on fait passer de l'ammoniaque «ur du charbon porté au rouge. Il s'en forme lorsque du gaz de l'éclairage est abandonné pendant un certain temps avec une solution d'ammoniaque, ou encore lorsqu'on traite des matières grasses et des substances animales par l'acide azotique.
On le prépare toujours dans les pharmacies en décomposant un cyanure par un acide.
Acide dissous. — On verse dans une cornue 12 p. d'e^w ^V 5 p. d'acide su) fur/que concentré; quand le mélange esXlT^\^
PRÉPARATION DE L'ACIBE C Y AH HYDRIQUE.
Dii y ajciiitB <8 p. de prussiate jaune de potasse. On place.É cornue sur un bain de sable, on y adapte une allonge récipient au moyen de bouchons fermant parfaitement, | laisse les matières eiicontact à froid pendant dix à duiize benf^ on distille en entourant le réripieiit d'eau glacée, el un recuôl la majeure partie du liquide.
Adftejjur. — l'our préparer l'acide pur on distille
Cyanure de mercure liec loo
Aeide chlurbydrlque à 1,17 90
Chlorbydral« d'aimnoniaqae 45
On réduit les sels en poudre, on les introduit dans u nue lubulée (ftj. 88), et on adapte au nil de la cornue i
<le O",!») environ de bmgueur sur 0",0I3 de diamètre, qiiï l'a dispose huriiontalement sur un sup|K>rl. Le premier tiers «tel luhi' est rempli de marbre concassé , et les deuï entres tien ' chiurorc de calcium Tondu. A ce tube on en joint un deuKÎil <le petit diamètre, courbé à angle droit, plongeant dans an II «n it, ou dans un nialros h long col, entouré àc glac« et d«a ptlé. 1*8 bouchons doiveiil fermer hermèliquenienl. llg Cy + 11 Cl = Hg a + llCy.
On viTN' l'aeide chlorhydrique par la lubulun.' de U crinMI l aàl'on buurhe, puis on chauffe lentement. Il se dégage du vanhydrique, <|ui entraine nu^aniquenient de TadM i||uc. Ce mélange se condensi^»ur le marbre ety ^W-^ liila ehlorbydrique. On promène alors à dislûuc «.[ jhnné le long du Vtt^ji' Wrâ»Wa\ aSs» dii chasMT Tin
A€IDE PRUSSIQUE MEDICINAL. CYANURES. 245
ëàe cyanhydrique dans le récipient, et l'on arrête lorsqu'on ne ibHpltts de liquide se condenser à la partie postérieure du ttibe horizontal.
•Adde médicinaL — On verse ce liquide dans un flacon noir iRHiclié à Fémeriettaré; on le bouche, on le pèse, puis on ajoute inssitôt un poids d'eau égal à neuf fois le poids de l'acide. On a aiosi l'acide cyanhydrique au dixième, qui est l'acide cyanhydrique médicinal.
Propriétés. — L'acide cyanhydrique pur est incolore, trèsnobile, d'une densité de 0,697 à + 18°. Il se solidifie à — 15° etilboutà + 260,5.
La lumière l'altère et le transforme en une matière solide, brune, toutes les fois qu'il ne renferme pas une trace d'acide qui sature un peu d'ammoniaque, qu'il contient toujours. Ses solutions brunissent aussi à la lumière.
L'acide cyanhydrique prend feu au rouge en présence de l'air en donnant de l'azote, de l'acide carbonique et de l'eau; il brûle nec une flamme blanche, teintée de violet. Le chlore et le brome l'attaquent au soleil et produisent de l'acide chlorhyet du chlorure de cyanogène.
réagit sur les métaux comme l'acide chlorhydrique : il se du cyanure et un volume d'hydrogène égal à la moitié du -du gaz cyanhydrique.
t^addes énergiques transforment à froid l'acide cyanhyen ammoniaque et en acide formique par la fixation de Teaii :
4H0+ C^AzH = AzH*0,C2H0^
*le8 bases opèrent plus facilement encore cette transformaféà. A une température voisine de 180° il se passe une réaction ■vase: le formiate d'ammoniaque se change en acide cyanhy- Mqoe et eau (Pelouze).
■iit. Gyaaares. — Le cyanogène se combine avec les métaux pour furmerdes composés, très-semblables aux chlorures, qu'on «PpcUe les cyanures.
Nous distinguerons :
!• Les cyanures simples, formés par le cyanogène et un métal, wtome le cyanure de potassium K Cy, et le cyanure de mercure %"Cy. Ces corps sont très-vénéneux.
(Les cyanures alcalins sont solubles; mêlés avec un excès de We ib résistent à la chaleur rouge. Les acides les \Awç> l»\V\^,s ^décomposent; c'est pourquoi Us exhalent à Va\T Vodewt ^*i
ï*(i CVBACrfiHKS DE LAQUE CYASHYDRHÏtE.
l'aciile [:}Eiihv(lri<|iie. Les c\aiiures formés par les 1 |)ruiin^aM!nl dits sout pour la plupart insolubles. r^>"' <liiimi>nt (li; l'azofe , du cjanngène ^ des carliuivs.
â° Us l'jariuns doubles proprement dits, nui sont d»s n srh n'-ii)i:iiil ili' riiiM'iTi de deux ryartures Kmpli'S, etd" ijiiil- oji n-li-iiHir. Il-, iiropriétés du f;yanoféne et dvs <i
;i" .\\r.- FTTl^iJii- iiiiitaii)!, coraiin; le fer, le tdatine, e olilieiil des rjauures duuMes dans les()ucls k-s f (:,yatio({Ëti<! et iwlles du fer et du platine sont masquées mint pas vi'nâneux, l'e ne sont doiii; pas des cyanures pro{M ililN. Niiiis rliiilii'i'iiDs eu clL'tail ces compusés lorsque nous
-, ,iis
1 fer.
I ni . Caractères distlnctiib.— Onreconnait l'addc rjë
ilr'ii[ii('el li's c^vyiiiiresaux caractères suiTauU :
i" Si U solution Dst. acide on la sature par un alc^, y njoule quelques gouttes d'un niolange de sel de r-t d'' Kcs([iil(i\vdt' lie fer : il se Corme un précipité Tert i
i|iii I' f 'i,iii''i ilr lili'ude Prusse etdeperoiyift de
Ici I .1 , I NUI- ili' l'acide chjorhydritiue, qui
il' I ' I. 'Il ■ : :ilors le bleu de Prusse apparu
1 irn l'orme iil.H<pu', !
u- sohilion lie uitralcd'119
ill<'lM>Ur. insoluble daasi'j ii^ii|iii'. .Uii> rtivposultite lus. Ou peut recueillir ce I iiT, le sénher et leplateri ..rie. On ri
' (|uautité de G .l'i"iir.b:uehaur(uitU
1 , quisecundetw
,'.<i'!ies froidesdu tl
< I v.iiili>drique aoec
poiusipie ou un autre sulfure dissous. A
C^nnutt) alenliu. qui donne une colur
'S si'ls di' |iei'ux,vde de fer.
h méillciiux . Titrage de l'acide oyantiydr ,1,. l,iiirifi- n-ti-r. iclle d'amandes amiTfl uhv.lrniii.' >"iil euii.luvéL-s en medtfiu uf>. tliiiuuii- ie.i liquides eoustilUBiil « nenl a*oir un litre parfaitement d«W
DOSAGR l)K I/ACIDF: CYANHYDUIQliK. 'ZSI
ihh; (l<* l«*s aiialvsiT fr<'M|ii(>iiiin<Mit , afin ilr. coiiiiaitrc. leur un aride |)nissi(|u<' , (;t pai* siiitr leur action niédiraln. L'acidu iii(>dir.iiial est foriiié de 1 partie d'aride pur et di; d'«!aii i'ii poids. On doit conservitr (!ette )i(pieur dans des ms en v«;rre noir; nialj^ré vvAUy précaution il s'altère assez lenieni.
Trois promlés primtipaux peuvent s(;rvir à doser l'aride pjaiihydriqne.
i« Pmct^lè (iti M, lAMd, — On dissout \\ «M:i d'azotate d'arit fondu dans \H\f^',Hl d'eau distillée. D'autre part, on dissont ■à 2 déei ^ranimes de potasse dans (|nel(|ncs ^'raniuK^s d'(>au, I verRc danft ('/(ï liquide (|ucl({ues «gouttes d'eau salée, et on y ite un poids connu, M) centigrammes |)ar exi^mpli; , de l'aà (iflsaycT. On a ainsi une dissolution de cvaimre et de chloalcalins.
lOnversu alors dans ce liquide la solution titrée de nitrate d'ariplacée dans une burette fçraduée : il st; forme i\u cyaiuire' Fngent insoluble, (|ui se dissout (Misuit(; pour donner un c>asoluble d'argent et de potassium, Af^'dy, K (i>. On conk ajoutiT de Tardent jus({u'à ce (prune «^ontU*. produise iBouveau un précipité (pii est du chlornn; d'arj^ent. (lonnne itait par la sinqde lecture («e ipie l'on a versé (rar<;ent, et iGy d'autriï part, 2 é(|uivaleuts de cyanogène ou d'acide hydrîquti eornïspond(!nt à \ équivahuit d'argent (;mplové, proportion fait connaitn; la rictuïsst! du liquide en acidr; ûque. Il est indispensable de ne pas(>mployer une quantité potasse dépassant beaucoup la dose nécessaire pour saturer 4ldde cyanhydrique^ car le titre en est légêrenK^nt exagéré, (;t 'H l'est d'autant plus que la proportion d'alcali est plus considérable.
» f^ FrocM'i dfi MM. For/Z^M at (iélis. — 11 a pour base l'action 'del'iude sur le cyanure de pot;issinm. Si l'on v(!rse une solu- I lion alcoolique d'iode dans du evanun de potassium dissous, ' elle 8e décolore tant (|ue la dos(^ d'iode n'atteint ))as "1 équivakiit8|)our 1 équivalent de cyanure :
KCy + 1'^ = KI -l-Cyl.
Ce procédé, fort exact jMJur les cyaimres, laisse; à désin;r lorsiv*!! s'agit des eaux distillées ou do. l'acide prussi(|ue libn;, ce lûtient probablement à l'instabilité de l'acide iodbydrique qui ^tbrme; le dt^sage varie dans une même liqueur avec laquante d'eau que ïon ujouic. On remédierait à cet 'mvA)\\NÔ\ùvi,\vV.