‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutique (volume 2)Chapitre 282 sur 508 · CINQUIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME SÉRIE

CM H'« = 136. Cet équivalent représente k vol.

Densité rapportée à Pair, 4,7.

Double densité rapportée à Thydrogène, ou poids de la molécule, 1S6.

Formule moléculaire, ^^^ H*^.

Bout vers 160®.

242. Cette essence "Se retire de plusieurs espèces de la famille des conifères, et notamment des pins , des sapins et des mélèzes. Les essences varient avec la nature du végétal, mais elles ont des caractères communs : ainsileur composition est lamême,leur densité presque identique, leur point d'ébullition très-voisin. Leur pouvoir rotatoire est très-variable. On trouve des carbures isomériques dans d'autres familles, dans les aurantiacées, par exemple : le citron, l'orange, contiennent des carbures très-différents par leur odeur et par certaines autres propriétés physiques, et différents aussi par certains caractères chimiques.

On peut les diviser en trois gro upes. Le premier renferme

ies carbures dont la formule est C** H*« ou C*® H*; leur point rébullition est inférieur à 200*». Telles sont :

Densité. Point d'ébullition.

l'essence de térébenthine 0,86. . 157*» à 160^

girofle 0,92.. 140*» à 145".

« citron 0,85. . 170° à 175°.

orange 0,83.. 176" à 180°.

« genièvre 0,84. - vers 160°.

» bergamote 0,85. . » 183°.

poivre 0,86.. » 167°.

élémi 0,85.. « 180°.

Les carbures du second groupe ont pour formule C*® H'* ; leur point d'ébuUition est supérieur à 200° :

essence de copahu 0,91. . 245°.

>» cubèbes 0,93.. 240°.

Le troisième groupe renferme des hydrocarbures non vola-

iis, tels que •

ie caoutchouc 0,92,

^ gutta percha 0, 98 .

L'essence de térébenthine de France dévie le plan de polariition à gauche de 32° ; celle d'Amérique dévie de 13° à droite; essence de cîtron exerce une déviation à droite de 50°; la éviatlon atteint 100° avec Tessence d'élémi.

Les principales différences chimiques sont Toxydabilité et action de l'acide chlorhydrique. L'essence de térébenthine se ïsinifie rapidement à l'air et devient solide ; l'essence de ci- 'on n'éprouve qu'un épaississement, et encore faut-il un temps 'ès-long.

Lorsqu'on fait agir le gaz chlorhydrique sur l'essence de té- 'benthine, il se forme immédiatement un composé cristalliible,

lis au bout de quelques semaines il se produit un dichlorhy- 'ate,

C20Ht6 2HCl.

L'essence de citron donne immédiatement deux dichlorhyates, l'un liquide, l'autre solide.

L'essence de térébenthine française s'extrait dans le midi du ws maritima. Lorsque l'arbre a une vingtaine d'années , au

moins, on pratique des incisions dans Técorce; il s'écoule un liquide cpais^ appelé térébenthine, qu'on recueille dans des vases en terre ou en bois. Lorsque le suintement cesse on fait une entaille au-dessus. Un même arbre rapporte pendant une trentaine d'années.

La térébenthine filtrée sur de la paille est distillée avec de l'eau ; il passe à la distillation de l'essence entraînée par l'eau, et il reste dans l'alambic des composés résineux^ connus sous le nom de colophane.

L'essence, ainsi obtenue et redistillée à feu nu, est un mélange de divers carbures isomériques, et de plusieurs produits oxygénés. Le seul moyen de l'obtenir pure consiste à distiller la térébenthine brute dans le vide parce qu'elle s'altère considérablement, vers son point d'ébullition, sous la pression ordinaire.

L'essence ordinaire est incolore, douée d'une odeur caractéristique. Elle est insoluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool et dans l'éther. Elle brûle avec une flamme fuligineuse.

Cette essence se résinifie ens'oxydantàl'air; le même effet se produit plus rapidement avec l'oxyde de plomb et quelques autres oxydes : ce qui fait dire qu'ils rendent les huiles siccatives, et les fait employer dans la peinture. Lorsqu'on abandonne de l'essence à l'air, en présence d'une solution d'indigo, elle absorbe l'oxygène et le cède à l'indigo, qui se décolore en donnant un produit d'oxydation, appelé ïisatine; l'essence ne s'altère nullement dans cette circonstance, et une quantité donnée d'essence peut absorber plusieurs centaines de fois son volume d'oxygène et oxyder, pour ainsi dire, une quantité indéfinie d'indigo.

Chauffée vers 300? dans un tube scellé, elle se changeendeux produits : un isomère , nommé Y isotérébenthéne , qui bout à 177° et qui exerce un pouvoir rotatoire de 10° à 15® à gauche; un polymère, le métatérébenthène , C^ H", bouillant vers SôC. A une température plus élevée, on obtient divers autres carbures et de l'hydrogène.

Le chlore agit directement sur cette essence pour donner divers chlorures de térébenthine, lesquels soumis à l'action de la potasse en solution alcoolique fournissent des térébenthines chlorées dans lesquelles l'hydrogène £st remplacé parle chlore, équivalent à équivalent.

Lorsque l'on dirige un courant de gaz chlorhydrlque dans de l'essence de térébenthine Tdiovdve, il se dissout d'abord, puis

on obtient une combinaison^ car il se sépare des cristaux; ces cristaux ont pour formule :

Le liquide a la même composition (camphre artificiel liquide ). Les cristaux ont Todeur et l'apparence du camphre; aussi leur donne-t-on quelquefois le nom de camphre artifijciel. Ce corps éstlévogyre. Traité au rouge par la chaux, il ne régénère pas fessence de térébenthine, mais un corps isomère , n'agissant pas sur la lumière polarisée, appelé le camphylène, ;Le camphre liquide donne dans les mêmes conditions un autre isomère, nommé le térébylène.

On obtient un troisième isomère, appelé, par M. Berthelot, le fxan^héne en décomposant le camphre solide à une température plus basse (260°). Il est cristallisable, fusible à 45°, volatil à 160°.

Une solution concentrée d'acide chlorhydrique maintenue pendant douze à quinze jours avec une couche mince d'essence pure donne naissance à des cristaux d'un dichlorhydrate,

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