EMPOISONNEMENTS PAR LÀ STRYCHNINE
me activité respiratoire très-grande. Les convulsions deviennent )eu à peu plus fortes et plus violentes^ le délire ne cesse bientôt )lus et la mort est la terminaison ordinaire. Dans le cas où elle )sX évitée , le système nerveux ne se remet qu au bout d'un emps extrêmement long.
Dans le cas de la strychnine les muscles se roidissent avec âolence , le corps devient rigide et se renverse en arrière ; puis mrvient une période de rémission bientôt suivie d'un second iccèsplus violent, qui est rarement le dernier. Ces accès durent trois à quatre minutes; ils sont séparés par un temps de calme c[ui, de 7 à 15 minutes au début, se réduit à quelques instants. Les accès deviennent de plus en plus violents et la mort a lieu brusquement.
Quelquefois la violence et la fréquence des accès décroissent et la guérison arrive à la longue.
L'absorption des sels de strychnine est très-rapide. L'action de l'upas tieuté des flèches des Indiens se déclare au bout de 2 minutes quelquefois. L'absorption a lieu par l'estomac, par la peau et par les membranes muqueuses.
On ne connaît pas de contre-poison certain de la strychnine.
On administre du tannin, la teinture d'iode (274). Le mieux est de provoquer d'abondants vomissements.
Le cadavre des animaux qui ont succombé à l'action de la strychnine présente une rigidité très-forte, qui persiste pendant un temps très-long. Le cadavre des personnes empoisonnées a une teinte violacée.
La recherche de la strychnine peut s'opérer par la méthode générale indiquée plus haut (276). Le travail de l'expert est facilité par ce fait que l'alcaloïde n'éprouve pas d'altération au milieu d'organes et de liquides à l'état de putréfaction.
Pour reconnaître la strychnine dans la substance séparée des matières organiques, on en met quelques milligrammes sur une ioucoupe et on les mouille avec une goutte ou deux d'acide sul- Turique concentré; le mélange reste incolore si la strychnine 3St bien pure, il prend une teinte brune si l'alcaloïde n'est pas ibsolnment pur. On y ajoute alors une très-petite quantité de )ichromate de potasse ou de bioxyde de plomb : il se produit iussitôt une teinte bleu-violacé avec le premier réactif, bleue ivec le second. Si l'on ajoute de l'eau, la liqueur passe au jaune [teu coloré ou se décolore. Il est donc important d'agir sur la strychnine solide et de ne pas se servir d'acide étendu. La réaction réussit bien avec un sel solide de âlT^cYvuVu^ ^\x\x^ ^^
530 BRUCIlNE. GURARINE.
le chlorhydrate. Avec ce dernier sel il se déga^ du chlore^ qui modifie la réaction ; la coloration bleue s'altère peu à peu, et devient successivement violette^ rouge^ puis jaune au bout d'une heure environ.
BnUONE.
c" n»* Az» o», 8 n o = MO.
296. Les Urjuides alcooliques desquels s'est séparée lastrychnine sont saturés par l'acide oxalique^ et évaporés. Les cristaux d'oùlate de brucine qui se fonnent sont lavés à l'alcool à 95^* et redissous dans l'eau. La liqueur est décomposée par la chaux; le |)récipité est recueilli^ séché ^ et dissous dans l'alcool bouillant. La brucine se sépare de la liqueur en cristaux qu'on purifie par deux autres cristallisations.
La brucine forme des gros prismes du système klinorhuui' bique^ solubles dans l'alcool^ insolubles dans l'éther^ se dissolvant dans 850 p. d'eau froide et dans oOO p. d'eau bouillante.
L'acide sulfurique concentré colore la brucine en rose^ puis en vert. L'acide nitrique le colore en rouge, puis, si l'on chauflè) il se dégage de l'éther azoteux, de l'esprit de bois et de l'aeide carbonique.
La brucine forme des sels cristallisables^ qpii prennent la même coloration sous l'influence de l'acide azotique.
La brucine est beaucoup moins toxique que la strychnine. On la reconnaît au moyen de l'acide azotique concentré. U se produit une teinte rouge, qui passe au violet sous l'influence du . protochlorure d'étain : cette dernière coloration ne se forme i»as avec la morphine.
On a retiré des flèches empoisonnées des Indiens habitant les bords de, l'Amazone et de l'Orénoque une matière brune et résineuse, de laquelle on a extrait des cristaux d'une substance dont l'action toxique est foudroyante. M. Preyer, à qui l'on doit cette découverte, lui attribue la formule C** H" Az et l'a nommée cumrine. Les Indiens de la Guyane hollandaise enduisent leurs flèches de deux autres matières non moins dangereuses, Vwari et le tikanas» Ces trois substances paralysent l'action des muscles en tuant les nerfs moteurs (M. Cl. Bernard).