EAUX SULFUREUSES
L'eau de Saxon contieiit une forte quantité d'iodure de po-
tessioiD. Il s'y trouve même de Tiode libre. Xanx suUtu^enaes. — Elles doivent leur efficacité aux sul-
âires alcalins pu à l'acide sulfhydrique. Elles sont caractérisées ' par l'odeur d'œufs pourris, par la teinte noire qu'elles communiquent à une solution d'un sel de plomb, ou à du papier imbibé d'un de ces sels.
Ces eaux s'échappent des terrains primaires. Elles sont rarement froides comme celle de Labassère, le plus ordinairement Oiennales; telles sont les eaux sulfureuses des Pyrénées : Baréges, Luchon, Cauterets, le Vemet, Amélie-les-Bains, les Eaux- Bonnes, etc. L'eau arrive sulfureuse de l'intérieur du sol. Les eaux recueillies au griffon sont incolores et transparentes, ou à peine verdàtres; il en est comme celles de Luchon qui loucfaissent à l'air et se troublent légèrement par suite d'une formation de soufre très-divisé qui reste en suspension. Ce dépôt est dû à l'acide carbonique de l'air et surtout à la silice contenue dans l'eau, car ce corps ne se forme pas à l'air dans les sources <lDi, comme celles de Cauterets et de Baréges, ne renferment pas de silice. Celles-ci donnent à l'air du carbonate, de l'hyposulfite, du sulfate, et du poly sulfure alcalin.
Quelquefois cette action de la silice s'opère dans l'intérieur èsol. 11 se dégage en même temps de l'azote, des traces d'hyèogène sulfuré et de la vapeur d'eau qui est en proportion lotable, quand la source est très-chaude, comme au Vemet, et Ton respire ce mélange gazeux.
On a beaucoup discuté sur le principe actif des eaux des Pyrénées. Les travaux de M. Filhol ont démontré que c'était génénkment le monosulfure de sodium, aussi ont-elles une réaction alcaline. Les eaux d'Ax (Ariége) et celles de Bagnères de Luchon cutiemient surtout du sulfure de calcium. On s'expUque alors fcdrème altérabilité de ces eaux, car le sulfure de calcium panÉitêtre plus facilement décomposable que le sulfure de sodium.
L'acide sulfhydrique ne se trouve pas dans ces eaux à l'état de ■Ifhydrate de sulfure, car elles ne dégagent par l'cbuUition que te traces d'hydrogène sulfuré dû à une certaine quantité de «ttce qui décompose le monosulfure. De plus elles ne dégagent Us d'acide sulfhydrique en présence d'un sel neutre de manga- ■èse, comme le ferait un sulfhydrate de sulfure.
L'acide sulfhydrique ne s'y trouve pas à l'état de liberté, car
te eaux se colorent en violet ou en bleu lorsqu'on y verse une solution de nitroprussiate de potasse; or, tandis qu'un \\c\u\^ft
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contenant un sulfure alcalin se colore de ces nuances^ lorsqii'oii y Yerse du nitroprussiàte^ celui qui tient en dissolution de iV cide sulfhydrique libre reste sans altération apparente.
Cest là un bon caractère pour distinguer les eaux salfbreufles où le soufre existe à l'état de sulfures^ de celles qui renferment Facide sulfhydrique.
Quantité de sulfure alcalin renfermée dans 1 litre de l'eau de
jrr Luchon 0,078
Labassère. 0,045
Vemet 0,040
Baréges 0,040
Cauterets 0,029
Amélie-les-Bains. 0,021
Eaux-Bonnes .... 0,02 1
Eaux chaudes... 0,006
Ces eaux ne contiennent en dissolution que 20 à 40 centi-' grammes de matières solides; ce sont du carbonate, du silicate, du chlorure de sodium, de la silice et une matière oi^ ganique azotée appelée barégine.
Les rigoles où coulent ces eaux se recouvrent rapidemait d'un dépôt d'une matière gélatineuse grisâtre, onctueuse et colorée par du fer, qu'on appelle la glairine, qui paraît n'êtic qu'un produit d'altération de la barégine. M. Bonis a ijpQwré dans cette matière de fortes quantités de silice, et un peu d'iode. Ce même chimiste a trouvé de l'acide borique dansunc eau des Pyrénées, l'eau d'Olette. Les eaux dont la tempéra* ture n'atteint pas 50<» contiennent une confei*ve en filament! ténus, appelée sulfuraire par M. Fontan.
Il est probable que les eaux précédentes doivent leur sullùn à l'action des matières organiques sur le sulfate de soude danf les profondeurs du sol. Quelquefois cette réduction des sulfates, ei notamment celle du sulfate de chaux, s'opère auprès de la sur face du sol; témoin l'altération de l'eau de certaines sources qui coulent dans des marécages.
Beaucoup d'eaux minérales sulfureuses se forment ainsi dans les terrains d'alluvion; ces eaux diffèrent des précédentes en en qu'elles sont beaucoup plus riches en matières solides dissoutes.
L'eau d'Aix-la-Chapelle est une eau contenant du sulfure d€ sodium, du chlorure de sodium et divers sels de soude, de chauxj