‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutique (volume 2)Chapitre 428 sur 508 · MATIÈRE COLORANTE DU SANG · texte numérisé non relu

MATIÈRE COLORANTE DU SANG

contenus dans un millimètre cube de sang. La masse rouge des globules, recueillie sur un filtre , soumise à l'action de Teau, se dissout avec une teinte rouge. Cette liqueur, placée sur le porte-objet du microscope et abandonnée à Tévaporation, cristallise. Les cristaux varient de forme avec l'espèce : tétraédriques avec le sang de souris, rhomboédriques avec celui d'écureuil , prismatiques avec celui de l'homme et des carnivores.

Ces cristaux sont éminemment altérables. Pour les obtenir (M. Funcke) on exprime le caillot, on lave le résidu avec de l'eau distillée, on y ajoute un peu d'alcool , et on fait passer dans la liqueur un courant d'oxygène, puis un courant d'acide carbonique. Les cristaux se précipitent mais ils sont trop altérables pour qu'on puisse les analyser.

On ne peut dire d'une façon précise si ces cristaux existent en réalité dans le sang ou s'ils ne résultent pas de l'action de l'oxygène et de l'acide carbonique sur le principe albuminoïde des globules. On a donné le nom d' hématocristalline à cette substance qui se distingue de toutes les matières albuminoïdes par la propriété de cristalliser. Les globules en renferment 18 à 25 pour 100.

Elle est rougeâtre, éminemment altérable à l'air, soluble dans l'eau, plus soluble dans les alcalis et dans les liqueurs albumineuses. Elle se coagule vers 65% elle n'est pas précipitée, comme l'albumine, par le sous-acétate de plomb et le sublimé corrosif; l'alcool la précipite.

L'hématocristalline laisse 1,2 pour 100 de cendres, qui renferment de 91 à 95 pour 100 de fer, mais on peut enlever le fer sans lui faire perdre sa couleur rouge.

Placée dans le vide elle perd de l'eau et de l'oxygène, et elle devient incolore. Le corps produit a été nommé Vhémoglobiiline; sa composition se rapproche de celle des matières albuminoïdes. D renferme du fer.

•Cette substance se dédouble , sous l'influence des acides et des alcalis, en hématosine, qui est la matière colorante du sang, et en globuline, substance que l'on a cru longtemps identique avec la matière albumineuse du cristallin de l'œil, mais qui en diffère en ce que la globuline du cristallin est précipitée de sa solution par un courant de gaz carbonique.

L'hématosine s'obtient quand on verse un acide ou une base dans du sang défibriné : la globuline se dépose, et la liqueur, qui est très-brune, contient l'hématosine en dissolution. Le meilleur moyen consiste à traiter le sang dcÇ\ViY\m ^^^ ^^ \a-

potasse; le iiquide brunit fortement. On le chauffe vers 40* ou 45% et on filtre, puis on évapore et on dessèche la matière. On la reprend par l'alcool, et on ajoute à la liqueur brune qui se forme une solution alcoolique d'acide tartrique, qui précipite de la globuline et qui dissout l'hématosine. La liqueur filtrée donne des tables rhomboïdales à reflet bleuâtre et métallique.

L'hématosine est à peu près insoluble dans Teau. L'alcool, les acides la coagulent; l'alcool ammoniacal, ou chargé d'un autre alcali, la dissout et se colore en brun.

On l'a représentée par beaucoup de formules,

C»»H»«Az«06Fe3,

C*4HaiAi3o6Fe,

C'^H^AzO^Fe;

mais, conime on peut enlever le fer par une digestion dans l'acide sulfurique concentré sans modifier notablement ses propriétés, ces formules ne sont pas admissibles.

Lorsque le sang s' extravase l'hématosine se change en une matière, amorphe ou cristalline, rouge, qui est insoluble dans les alcalis et dans laquelle la quantité de fer peut être très-friable et même nulle. M. Robin appelle cette substance Vhéi»toïdine.

M. Lehmann a constaté dans les globules la présence d'un acide incristallisable. On y a signalé l'existence de divers principes cristallisables. Lorsqu'on épuise'par l'éther les globules on en retire de la cholestérine.

L'eau albumineuse, gommée ou sucrée, l'acide carbonique, les sels alcalins, neutres au tournesol, n'attaquent pas les globules rouges. L'alun, le chlore, l'acide sulfurique et l'acide azotique les raccornissent. L'eau, les acides organiques, les arid'*' phosphoriques^ et surtout les alcalis les dissolvent.

367. M. Magnus a le premier fait une étude sérieuse des gai contenus dans le sang. Il a extrait les gaz de ce liquide en fal^* le vide au-dessus du sang. Ce moyen n'est pas rigoureux; une partie est retenue dans le sang. On faisait passer le san^, sortant des vaisseaux, dans un flacon, plein de mercure, renver?*' sur une cuve de ce métal, on bouchait le vase, et on l'agitai*

ivement pour coaguler la fibrine. Le sang défibriné était alors ransvasé dans une cloche pleine de mercure. On faisait le vide, it on mesurait le gaz dans un tube placé à la partie supérieure le cette cloche ; ce tube était plein de mercure et séparé de la îloche par un robinet.

M. Magnus opérait sur 150 centimètres cubes de sang envi- 'on, et il le laissait trois heures dans l'appareil (1).

Composition des gaz (taprès M. Magnus.

Sang Teineux. Sang artériel .

Acide carbonique 71,6 62,3

Oxygène i 15,3 23,2

Azote 13,1 14,5

M. Claude Bernard a dosé Toxygène du sailg en profitant de ce (ait, découvert par lui, que Toxyde de carbone déplace Toxygène du sang. On aspire le sang dans les vaisseaux au moyen cfune seringue, et on l'injecte aussitôt dans un tube gradué rempli jusqu'à moitié d'oxyde de carbone. On agite et on maintient quelques heures le mélange dans une étuve à 40®, puis on dose l'oxygène dans le gaz.

Le sang veineux et le sang artériel dissolvent des quantités variables d'oxygène. 100 volumes du sang d'un jeune chien contenaient :

dans le cœur droit, 23,0 vol. d'oxygène. Animal à jeun.

» » 17,6 » M en digestion,

dans le cœur gauche, 10,0 » » à jeun.

» M 10,2 » » en digestion.

En 1857, M. Meyer a publié sur les gaz du sang un travail fcnt nous empruntons les principaux résultats (2).

(1) Annales de Chimie et de Physique^ 2* série, t. 45, p. 169.

(2) Annales de Chimie et de Physique, 3« série, t. 53, p. 2S0.

m GAZ DU SAKG.

100 volumes de sang renferment à 0* et à 0'°,76 :

lï,M (S-TU)

la.is ii,aa

a,ss

(a,iî)

Uhr.

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A la pression d'une atmosphère et à la température de Hit! degrés centigrades, 100 volumes de sang en contact avec an atmosphère d'acide carbonique pur absorbent 17S,3 volumes de ce gaz. La quantité d'acide carbonique absorbée par le sangdms ces conditions se décompose en deux parties : l'une s'ajoule i l'acide carbonique qui y est déjà chimiquement combiné; indépendante de la pression, elle n'est pas soumise aux loisordindres de l'absorption; l'autre est simplement absorbée ou dissoute, elle varie avec la pression. Une dissolution de carbonate de soude en contact avec de l'acide carbonique pur offre des phénomènes d'absorption analogues à ceux que montre le sang lui-même- Une partie de l'acide carbonique absorbé se combine au ca^ bonate pour former du bicarbonate; la solution du bicarbonate dissout ensuite des quantités d'acide carbonique proportiooDelb à la pression. En contact avec un mélange gazeui renfernianl de l'acide carbonique, une dissolution (aîlile de carbonate Je soude attire ce gaz pour former du bicarbonate jusqu'à ce q* le mélange gazeux ne renferme plus que 1 pour IW d'aeiil* carbonique A cette limite, la faible tension de l'acide r^^ nique contre-balance l'action attractive qu'exerce le liquiiie' Réciproquement, une solution de bicarbonate de soude cède de l'acide carbonique à une atmosphère privée de ce gaz jusqv' ce qu'elle en renterme \ çoxit \W.

Comme dans les poumons le sang est en contact avec une atmosphère qui renferme environ 8 pour 100 d'acide carbonique^ il en résulte, d'après ce qui précède, qu'il devrait renfermer constamment du bicarbonate de soude ^ tant dans les artères que dans les veines. Il n'en est rien cependant. Le sang artériel ne paraît pas renfermer de bicarbonate de soude. Les 5 ou 6 volumes d'acide carbonique que le sang dégage dans le vide représentent bien la quantité d'acide carbonique que le sang doit absorber, ou plutôt dissoudre, au contact de l'air des poumons. S'ils étaient combinés à l'état de bicarbonate , il en résulterait que le sang artériel ne devrait pas contenir d'acide carbonique libre, ce qui est inadmissible , puisqu'il est en contact, dans les poumons, avec une atmosphère riche en acide carbonique.

100 volumes de sang absorbent, à 0» et à 0%76, de 9,2 à 9,5 volumes d'oxygène. Cette absorption est à peu près indépendante de la pression, ce qui prouve que l'oxygène n'est pas simplement dissous, mais qu'il entre réellement en combinaison avec le sang, circonstance importante à considérer au point de vue de la physiologie, puisqu'elle tend à soustraire les phénomènes de l'hématose et de la respiration à l'influence des variations de pression.

Lorsque le sang devient plus aqueux, la proportion d'oxygène qu'il peut entraîner à l'état de combinaison diminue rapidement; celles qu'il absorbe à l'état de simple dissolution augmente au contraire.

On doit encore des recherches sur ce sujet à divers expérimentateurs à MM. Hoppe, Ludwig, Setschenow et Schoffer, Helmholtz et Pflieger. L'extraction des gaz se faisait au moyen du vide renouvelé plusieurs fois.

100 volumes de sang de chien ont donné :

Sang artériel Sang veineux

Azote.

Oxygène.

Acide carbonique

Acide car

obten

u par le vide.

combiné.

traces

Lorsque Ton agite du sang veineux avec de l'oxygène, \\^ Prend la teinte vermeille du sang artériel. Quand au contraire On met du sang rouge au contact de l'acide carbqniqup , de ^'hydrogène ou de l'azote, il prend la X^\ï\iç brun noirâtre du ^ng veineux,

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