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PRÉPARATION DU CHLORE

muni d'un flacon laveur et d'un tube de déj^aj^ement i pailie de bioxyde de manganèse et 4 parties d'acide chlorhydrique dà commerce. On chauffe à peine avec quelques charbons. La liqueur noircit , puis dégage bientôt du chlore en abondance et avec une grande régularité. Il est probable que la liqueur noires contient du bichlorure de manganèse formé en vertu de la réaction :

Mn O^ 4- 2 HCI = Mn Cl^ -f- 2 HO.

Si ce corps se forme il se détruit aussitôt, et en réalité la réaction est la suivante :

Mil 0^ + 2 HCI = Mn Cl + Cl + HO,

car il se dégage du chlore et le ballon renferme une solutijn de protochlorure de manganèse.

Autrefois, lorstiue l'acide chlorhydrique était rare et cher,0B l)réparait le chlore par le chlorure de sodium et l'aride sulfu- ■ rique, mais aujourd'hui ce pnmédé est à peu près abandonné. .; Il s'exécute dans le même a|)pareil que le précédent, et vuid la réaction : :

MnO* + NaCI + 2 SO^ HO = MnO, SO^ + NaO, SO^ + 2 HO + Cl.

En résumé, ce procédé revient au précédent, carie chlorun^de sodium attaqué par l'acide sulfuri([ue donne de l'acide chlorr,. hydrif^ue, et, s'il ne reste pas du chlorure d(^ manganèse, c'est (jne le second étiuivalent d'acide sulfurique le détruit à son tout- '

Le chlore peut être recueilli .sur l'eau pure si l'on ne craint- ; pas d'en perdre, car il est soluble dans l'eau; mais alors il faut (jue le vase soit bien remi)li et bouché aussitôt. Lorsqu'on se propose d'obtenir du chbu'e sec, on ne peut pas le recueillir suri© mercure, parce ([u'il attaque ce métal; (m profite alors des»grande densité : le gaz lavé et séché est amené dans le fondd'un flacon sec. Au bout de 8 à 10 minutes l'air en a été à peU près totalement expulsé.

Action sur réconomie. — (iC gaz (*st jaune vcrdàtre, d'un^ odeur très-suffocanti;. Il provoque la toux et amène rapideraen*' un violent coryza et une forte oppression (jne suivraient des cr»*" chements de sang si la dose inhalée était un peu forte. Un aiiiin** placé dans du chlore très-dilué périt en quelques moments. Ap"" plitiué sur la peau, il produit une vive démangeaison et une fort^ rougeur.

JVlletier père est mort victime de ce gaz. On a conseillé d'c***** wiuistivr (jiwU{\ws g(julles iV amu\v)uuvv\vv\i ^vv\ personnes qui *"**

o&t respiré. Le mieux est de leur faire inhaler avec de grandes K^utions du gaz sulfliydrique, et d'administrer de l'eau sulfureuse et de Teau albumineuse si le chlore a été pris à l'état liqaide.

j 73. Propriétés. — Le chlore se dissout facilement dans l'eau, 1 et sa solubilité, contrairement à la règle, croît de 0" à S»*, car

l'eau en dissout 1 vol, 44 à 0", 0 » 3 vol, 07 à 8^

Ce fait tient à ce que dans ces limites de température il se forme un hydrate qu'on obtient facilement eu dirigeant un fuurant de chlore dans de l'eau refroidie vers 0" : il se dépose di's flocons jaunâtres dont la formule est Cl -j- 10 HO.

Lorsque Ton comprime rapidement ces cristaux dans du papier et qu'on les introduit dans un tube de Faraday, puis qu'on chauffe vei-s 40° la brandue où ils sont enfermés, ils se détruisent et dégagent du gaz chlore , qui, se comprimant luimême, vient se liquéfier dans l'autre branche sous forme d'un Kquide jaunâtre. Abandon ne-t-on le tube à lui-même, les cristaux se reforment, et l'appareil peut servir indéfiniment à la même expérience.

Rôle chimique du chlore. — C'est un corps analogue à l'oxygène, plus comburant que lui dans btîaucoup de cas. Ainsi farstMiic, l'antimoim^, le phosphore, le potassium, le cuivre ^visé, prennent feu spontanément dans le chlore et donnent des cUorures. Le carbone fait exception, il ne s'unit pas au chlore : ■ne bougie allumée brûle pendant quelques instants lorsqu'on I* place à l'ouverture d'une éi)rouvette renfermant du chlore, «xaison de Thydrogène de la bougie, puis elle s'éteint en répondant du charbon autour de la flamme. Au contraire, l'iiy- <lfogènc est violemment attaqué par le chlor^ : à froid, dans la tamière diffuse, ces deux gaz se combinent en quelques heures; *u soleil l'union est instantanée et s'accompagne d'une explosion. Cette grande tendance à l'union dont le chlore et l'hy- ''f^îînc sont doués l'un pour l'autre est la base dv, l'histoire et <fes applications du chlore.

Wri{^ez un courant de chlore dans de l'eau bouillante et con- •iuisez l»'s deux vapeurs dans un tube dcî porcelaine rouge : il en sort (le l'oxygène et de l'acide chlorhydri([ue,

Cl -I- IIO =IICI + O.

^ne température élevée n est j>as nécessaire, car V eau à^ ç\v\vit^

perd peu à peu sa teinte jaune à la lumière et devient fort^ ment acide par l'acide chlorhydrique qui s*est formé dans cette eau.

Cette action décomposante du chlore sur l'eau fait du chlore humide un agent beaucoup plus oxydant que Toxygène luimême, et ceci se conçoit parce que l'oxygène est à l'état naijh sant dans la liqueur. L'oxyde de fer se rouille lentement à l'air; si l'on ajoute de l'eau de chlore au mélange, la rouille prend naissance aussitôt :

2 FeO + Cl + HO = HCl + Fe^O^.

Nous avons vu le chlore décomposer l'acide sulfhydrique (66) et l'ammoniaque (40).

Il en est de môme des matières organiques : ou bien le chlore fixe sur elles de l'oxygène, ou bien il leur enlève simplement de l'hydrogène, ou bien il leur enlève de l'hydrogène et subsH^ du chlore à équivalents égaux à l'hydrogène enlevé. Dans tons les cas il se forme de l'acide chlorhydrique.

Le dernier mode d'action est le plus fréquent. Les produits de substitution, et c'est là le point capital, conservent le type elles propriétés générales du corps (jui leur sert d'origine. Cesfaitsont été découverts par M. Dumas; ils l'ont conduit à la théorie des substitutions dont la connaissance a été la cause principale des rapides progrès de la rliimie organique.

C'est encore la tendance extrême que le chlore possède à s'unir avec l'hydrogène qui rend compte du rôle de ce corps dans ses deux principaux emplois : la désinfection et la décoloration. Les corps putrides, les miasmes, renferment dft'acide. sulfhydrique, de l'ammoniaque et des corps organiques hydrogénés. Les matières colorantes sont également hydrogénée»; on suit partout aujourd'hui le conseil de Berthollet, et l'on blaochit le chanvre et le lin par l'emploi du chlore et non plus en exposant ces tissus sur les prés pendant un long espace de temps à l'action des agents atmosphériques.

Il suffit d'agiter du vin, de l'indigo, du tournesol, de rencre ordinaire avec un peu d'eau de chlore pour constater l'efficacité de son pouvoir décolorant. Cette propriété, rapprochée de cette autre que le chlore est inactif sur le charbon, permet d'enlever des taches d'encre ordinaire sur du papier imprime (le principe colorant de l'encre d'imprimerie est le noir de fumée). Une simple immersion dans l'eau de chlore suffit pour faire disparaitre /'écriture ou la tad\e -, ma\s, e^^mme l'encre contient du

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