RECHERCHE DU PHOSPHORE
bîKeax suivis de coliques et de diarrhée. Ces accidents ne durent pas au delà de trente-six heures^ et souvent alors il se produit un état de calme tel que le malade paraît guéri^ maïs tout à coup il meurt sans accidents nouveaux. D'autres fois celte sédation est courte; vers le troisième jour, les vomissements reparaissent accompagnés d'évacuations alvines. L'ictère apparaît, puis il se déclare des convulsions, dil délire et enfin le coma, que la mort suit du septième au douzième jour.
Dans d'autres cas cette action sur le système digestif est accompagnée d'une attaque du système nerveux. On observe un engourdissement suivi de crampes violentes, de syncopes fréquentes et prolongées. La voix s'éteint, la prostration augmente et peut durer cinq à six jours. Vers cette époque une excitation extrême se déclare, le délire apparaît soudain, et enfin rétat comateux précurseur de la mort qui a lieu vers le même laps de temps que dans le cas précédent.
n est une troisième marche de l'empoisonnement plus lente et plus difficile à reconnaître. Le début est le même, mais il est moins douloureux, et les vomissements sont sanguins. Cet état se calme, et la période de sédation peut durer plusieurs semaines, à tel point que le malade paraît en voie complète de guérison. Tout à coup il se déclare une hémorrhagie du nez ou d'une autre partie du corps, suivie bientôt d'une foule d'autres qui prennent toutes les voies. Le sang est de- ▼eoa très Hqoide^ et le malade en perd tant qu'il s'engourdit et ^zBaiase peu à peu. Le système nerveux s'attaque, et le malade meort souvent sept à huit mois après les premiers accidents.
Chez les jeunes enfants les symptômes se réduisent souvent à des craïQpes, des convulsions, de l'engourdissement. La mort arrive au bout d'un à deux jours.
On voit par ces symptômes si divers qu'il est difficile de classer le phosphore parmi les poisons. Cependant quand il a été administré à l'état solide, — et c'est le cas le plus fréquent, — il excite, corrode les points touchés; il va même jusqu'à perforer les parois du tube digestif; aussi le classe-t-on quelquefois parmi les poisons excitants ou corrosifs.
On ne connaît pas de contre-poison certain du phosphore ; il faut donc se hâter de faire évacuer le poison par tous les moyens possibles. M. Personne a montré que l'essence de térébenthine est un bon antidote du phosphore.