‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutiqueChapitre 138 sur 527 · USAGES MÉDICAUX BU CHARBON · texte numérisé non relu

USAGES MÉDICAUX BU CHARBON

comme lorsqu'on approche Tun de l'autre deux agitateurs îm* prégnés de ces gaz.

On tire parti de ce pouvoir absorbant du charbon vis-à-vis des gaz pour opérer des désinfections. C'est par suite de cette faculté que l'on conserve des viandes en les entourant de charbon^ qu'on purifie les eaux en les passant à travers des filtres contenant du charbon. Il suffit d'agiter pendant quelques instants une âolution d'acide sulfhydrique avec une pincée de noir animal pour lui enlever son odeur.

Il n'y a pas davantage combinaison du charbon avec la matière colorée; la substance colorée est fixée sur le charbon par une action capillaire à la façon des couleurs dans les tissus. Pour montrer que la couleur n'est pas détruite^ on décolore de la teinture de tournesol par le noir, on recueille celui-ci sur un filtre , et on le lave avec une solution bouillante de carbonate de soude : le liquide s'écoule coloré.

M« Melsens a profité de cette faculté d'absorption considérable pour liquéfier l'ammoniaque , le chlore ^ l'acide sulfureux^ en chauffant dans le tube de Faraday (48) de la braise refroidie^ soumise à un courant longtemps prolongé de ces gaz.

Le carbone joue quelquefois un rôle chimique^ mais il est toujours faible : de la braise saturée de chlore sec puis soumise à l'action de l'eau fournit de l'acide chlorhydrique et un peu d'acide carbonique.

Usages pharmaceutiques. — Certains sirops doivent être traités par le noir pour être décolorés. Il ne faut pas employer à ces usages le noir du commerce; supposons, par exemple, un sirop acide , il attaquera le carbonate de chaux contenu dans le noir. Il faut donc le purifier.

On délaye le noir ordinaire dans l'eau de manière à faire une pâte assez consistante, et on y ajoute le huitième de son poids d'acide chlorhydrique du commerce. Au bout d'une heure environ, on délaye la masse dans de l'eau bouillante, on la jette sur une toile , on la lave à l'eau bouillante , et on la sèche. Si Von voulait enlever au noir tout le phosphate de chaux, il faudrait le traiter par 5 ou 6 fois son poids d'acide chlorhydrique, et même répéter plusieurs fois ce traitement; la matière perd 85 à 90 pour iOO de son poids, mais elle devient éminemment absorbante.

Le noir absorbe l'iode , les matières tannantes , les alcaloïdes; aussi ne doit-on jamais l'employer comme agent de décoloration dans les recherches toxicologiques.

t46 COMBUSTIBILITÉ OU CHAHBON.

CambttsHbiliié du charbon. — Cette matière est d'autant plus combustible qu'elle est moins dense; son pouvoir calorifique croit au contraire avec sa densité. Il se forme dans sa combustion de Tacide carbonique ou de l'oxyde de carbone^ suivant que l'air est en excès ou qu'il manque.

Plonge-t-on un cbarbon incandescent dans l'eau sous une cloche 9 l'eau est détruite ^ car on recueille de l'hydrogène, de l'oxyde de carbone, de l'acide carbonique et même un peu de carbure d'hydrogène.

Le charbon s'unit directement au soufre vers le rouge pour donner l'acide sulfocarbonique CS'.

C'est l'agent réducteur par excellence des oxydes et des sels. Par suite de cette circonstance il forme la base d'un grand nombre de traitements métallurgiques.

Si l'on veut avoir une idée approximative de la valeur d'un combustible (houille par exemple), on en prend 10 gr. que l'on calcine dans un petit creuset couvert enfermé dans un creuset en terre rempli de charbon. Quand le tout est refroidi, on retire le creuset intérieur, on pèse le coke obtenu, on voit s'il est boursouflé ou s'il occupe le même volume que la houille qui l'a produit , et enGn on en prend le poids.

D'autre part, on incinère avec lenteur 10 gr. de ce combustible dans une petite capsule , on pèse les cendres, et au besoin on en fait l'analyse. Des cendres rouges indiquent la présence du fer qui provient ordinairement de la pyrite de fer contenue dans la houille, et c'est là une fâcheuse circonstance : ce soufre dans les traitements métallurgiques rend les métaux cassants ; de plus il attaque les grilles des fourneaux.

On pulvérise 1 gr. de matière , et on le mêle avec 40 à 45 gr. de litharge; on introduit dans un creuset en terre ce mélange, que l'on recouvre de 45 à 20 gr., de litharge, puis on chauffe lentement ce vase de manière à tenir la litharge bien fondue pendant un quart d'heure. Le creuset étant froid, on le casse, et on trouve dans le fond un culot de plomb, que Ton pèse.

On sait que 1 gr. de charbon pur donne 34 grammes de plomb. Si alors on représente par p le poids de plomb obtenu, le pouvoir calorifique sera représenté approximativement par

parce que 7815 est le pouvoir calorifique du charbon pur.

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