ACTION TOXIQUE DU SULFURE- DE CARBONE
carbonates^ et il fournit avec lui des sels mixtes dont il conviendrait de doubler les formules (107) , et qui sont MSCS", — MOCSS - MSCO^
OzysiUftire de carbone. — Quand on dirige un mélange d'oxyde de carbone et de vapeur de soufre dans un tube de porcelaine chauffé au rouge sombre, on obtient outre de Tolide de carbone, un gaz dont la formule est CK)*S*.
On l'obtient plus pur en traitant du sulfocyanure de potassium par un mélange refroidi de 4 vol. d*eau et de & vol, d'acide salfurique.
Sa sulation dans les alcalis dégage au contact des acides un mélange de gaz carbonique et sulfhydrique. Il se distingue de ce dernier en ce qu'il ne précipite les solutions d'argent et de cadmium que lorsqu'elles ne sont pas acides.
Bmplois. — Il sert à débarrasser le [phosphore rouge du phosphore blanc qu'il renferme encore^ à dissoudre le soufre et le caoutchouc. On l'a proposé pour enlever la matière grasse qui est dans les graines oléagineuses et sur la toison des moutons.
Action toxique. — Les ouvriers qui fabriquent le sulfure de carbone, ceux qui vulcanisent le caoutchouc en le traitant par le sulfure de carbone sont sujets à des accidents dus à la présence des vapeurs du sulfure de carbone (M. Delpech).
L'action toxique est quelquefois aiguë ^ mais le plus souvent elle est lente ou chronique. On remarque dans l'intoxication deux périodes : l'une est une période d'excitation, l'autre est une période de collapsus.
Les ouvriers éprouvent d'abord des vertiges , des éblouisse ments, l'altération du goût, une céphalalgie intense. La douleur ne se limite pas à la tête; les articulations sont attaquées, des crampes violentes se déclarent, ainsi qu'une douleur dans les membres que la pression rend insoutenable. L'excitation devient bientôt générale, le malade pleure, rit, parle sans raison, et plusieurs ont été atteints d'un délire violent et d'aliénation mentale. L'appétit est exagéré.
A cette période succède une phase d'abattement profond. Le malade est découragé, triste, somnolent, et il finit par perdre la mémoire. La sensibilité s'atténue, disparaît même ; une sorte d'anesthésie locale ou générale se déclare. Les membres inférieurs sont le plus atteints, ce qui est dû à la densité de là vapeur de sulfure de carbone. La céphalalgie, le trouble de la y\xe augmentent ainsi que les douleurs lancinantes. Une fai-
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blesse générale dans les membres» qui va quelquefois jusqu'à la paralysie, se déclare; les fonctions se font mal, Tappétit disparait, et le malade éprouve une oppression continuelle.
Il y a donc de grands rapports entre cette intoxication , l'alcoolisme et remploi des anesthésiques. Le sulfure de carbone peut déterminer une ivresse aiguë , comme l'alcool , et ensuite une dépression telle que la mort en soit la conséquence.
Il est nécessaire de ventiler fortement les ateliers où Ton emploie le sulfure de carbone^ et l'ouvrier doit cesser son travail dos que les accidents apparaissent.
CYANOGÈNE.
Syxontmc : azoture de carbone.
Pécouvert par Gay-Lussac, en 1815.
C^Ai ou Cy = 26. Cet équîTalent correspond h 2 vol.
Densité rapportée à l'air, 1,806.
Densité rapportée à Thydrogène ou poids atomique, 26.
Formule moléculaire (^Az)2 (36).
Gat incolore, liquéfiable, brûlant avec une flamme pourpre à Tintérieur, Terte h IVxtérieur.
Môle diini^ae. — Corps composé ayant toutes les aUures d*un corps simple métalloïde, comme le chlore.
iiO. Préparation. — Le carbone ne s'unit pas directementà l'azote, mais la combinaison de ces deux corps s'opère lorsqu'on calcine des matières azotées avec un carbonate d'alcali ou de baryte; lorsqu'on fait passer de Tair privé d'oxygène {azote) sur du charbon imprégné de carbonate alcalin, ou encore lorsqu'on ait passer de Taromoniaque sur du charbon incandescent.
Lorsqu'il s'est agi de l'ammoniaque , nous avons supposé l'existence d'un corps composé, nommé l'ammonium, qui aurait les caractères des métaux. Or le corps qui nous occupe nous offre l'exemple d'un corps composé isolé, qui a toutes les allures des métalloïdes. Cette analogie avec les corps réputés simples est tellement frappante qu'au lieu de le représenter par le nom (Tazoture de carbone, que lui assigne sa composition, on lui donne un nom simple, celui de cyanogène.
Pour le préparer, on dessèche parfaitement le composé qu'il
CVANQGËNE. ]6I
forme a«îC le mercure, le cyanure de mercure, et on le calfine légèrement dans un tube en verre (fig. 88) ,- HgC»Az = IIg + CSAi, Le cyanogène se dégage : on le recueille sur la cuve à mercure. Le mercure reste dans les parties froides de l'appareil. On troute aussi dans le fond du tube un résidu noir abondant, ayant la composition du cyanogène , qui paraît en ë^e un produit de condensation (C* Az)" : on lé désigne sous le nom de parac^anogéne.
Le cyano^ne s'obtient dans la décomposition de l'oxamide et de diverses autres matières organiques, et si nous l'étudions avec les métalloïdes, c'est qu'il intervient dans l'histoire des mélaui et que nous devons le connaître avant d'entreprendre leur étude.
C'est un gaz incolore , d'une odeur vive , dont la densité est f,BO. Il se liquéfie sous une pression de 4 atmosphères.
L'eau en dissout 4 fois , et l'alcool 33 fois son volume. Ces solutions s'altèrent à la lumière; il se forme une matière brune qui se rattache au paracyanogène , et divers composes, l'acide carhonique, l'acide formique, l'acide cyanhydrique, l'acide oialique, l'ammoniaque, l'urée.
Il ne se détruit pas dans un tube rouge, mais il se décompose «n passant sur du fer incandescent, ou sous l'inQuence des étincelles électriques.
Il brille avec une flamme pourpre à l'intérieur, verte à l'eitériear, en produisant de l'azote et de l'acide carbonique : on se scride celle propriété pour l'analyser dans l'cudiomëlre. Il ne se combine pas directement aux métalloïdes, maison a obtenu par voie indirecte des chlorures, des bromures et des iodures