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PRÉPARATION DE L'ACIDE CYANHYDRIQUE. 3G

laisse les matières en contact à froid pendant dix àdouze heures, on distille en entourant le récipient d'eau glacée, et on recueille la majeure partie du liquide.

jlciîe pur. — Pour préparer l'acide pur on distille :

Cyanure de mercure sec loo

Acide chlorhydrique à 1,17 90

Cblorhydrale d'ammoniaque 4S.

On réduit les sels en poudre, on las introduit dans une cornue tubulëe (Jig. 89), et on adapte aa col de la cornue un tube

deO",SO environ de longueur sur O^.OIS de diamètre, que l'on dispose horizontalement sur un support. Le premier tiers de ce tube est rempli de marbre concasse, et les deux autres tiersde chlorure de calcium fondu. A ce tube on enjoint un deuxième, de petit diamètre,courbc à angle droit, plongeant dans un tube ea U, ou dans un matras à long col, entouré de glace et de sel pilé. Les bouchons doivent fermer hermétiquement :

HgCy + HGI = HgCI + BCy.

On verse l'acide chlorhydrique par la tubulure de la cornue, et fou bouche, puis on chauffe lentement. U se dégage de l'acide cjanhydrique, qui entraine mécaniquement de l'acide chlorhydrique. Ce mélange se condense sur le marbre et y abandoDne l'acide chlorhydrique. On promène alors à distance un charbon allumé le long du tube horizontal afin de chasser l'acide cyanbydrique dans le récipient, et l'on arrête lorsqu'on ne

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voit plus de liquide se condenser à la partie postérieure du tube horizontal.

Acide médicinal. — On verse ce liquide dans un flacon noir bouché à l'émeri et taré; on le bouche, on le pèse, puis on ajoute aussitôt un poids d'eau égal à neuf fois le poids de l'acide. On a ainsi l'acide cyanhydrique au dixième, qui est l'acide cyanhydrique médicinal.

Propriétés. — L'acide cyanhydrique pur est incolore, trèsmobile, d'une densité de 0,697 à + i8°. Il se solidifie à— 15<» et il bout à + 26%5.

La lumière l'altère et le transforme en une matière solide , brune, toutes les fois qu'il ne renferme pas une trace d'acide qui sature un peu d'ammoniaque, qu'il contient toujours. Ses solutions brunissent à la lumière.

L'acide cyanhydrique prend feu au rouge en présence de l'air en donnant de l'azote, de l'acide carbonique et de l'eau; il brûle avec une flamme blanche, teintée de violet. Le chlore l'attaque au soleil et produit de l'acide chlorhydrique et du chlorure de cyanogène. Il en est de même pour le brome.

II réagit sur les métaux comme l'acide chlorhydrique : il se forme du cyanure et un volume d'hydrogène égal à la moitié du volume du gaz cyanhydrique.

Les acides énergiques transforment à froid l'acide cyanhydrique en ammoniaque et en acide formique par la fixation de l'eau :

4 IIO + C^AzH = AzH^O^CHO^

Les bases opèrent plus facilement encore cette transformation. A une température voisine de 180° il se passe une réaction inverse : le formiate d'ammoniaque se change en acide cyanhydrique et eau (Pelouze).

L'acide cyanhydrique se comporte comme une ammoniaque composée vis-à-vis des hydracides anhydres. Il se produit une élévation de température et on obtient les composés,

qui ressemblent aux sels ammoniacaux correspondants; ainsi les bases en déplacent l'acide cyanhydrique comme elles chassent l'ammoniaque de ses sels. Son nom rationnel serait /b?'monitrile.

CYANURES. 265

i 12. Cyanures. — Le cyanogène se combine avec les métaux pour former des composés, très semblables aux chlorures, qu*on appelle les cyanures.

Nous distinguerons :

i° Les cyanures simples, formés par le cyanogène et un métal, comme le cyanure de potassium KCy, et le cyanure de mercure HgCy. Ces corps sont très vénéneux.

Les cyanures alcalins sont solubles ; mêlés avec un excès de base ils résistent à la chaleur rouge. Les acides les plus faibles les décomposent; c'est pourquoi ils exhalent à l'air l'odeur de l'acide cyanhydrique. Les cyanures formés par les métaux proprement dits sont pour la plupart insolubles. Chauffés ils donnent deTazote, du charbon, et du métal qui est quelquefois carburé, ou du cyanogène comme le cyanure de mercure.

2° Les cyanures doubles proprement dits, qui sont des composés résultant de l'union de deux cyanures simples, et dans lesquels ou retrouve les propriétés du cyanogène et des deux métaux. Ils sont vénéneux.

3*» Avec certains métaux, comme le fer, le platine, etc., on obtient des cyanures doubles, dans lesquels les propriétés du cyanogène et celles du fer et du platine sont masquées; ils ne sont pas vénéneux, ce ne sont donc pas des cyanures proprement dits. Nous étudierons en détail ces composés lorsque nous traiterons des composés du fer.

113. Caractères distinctifs. — On reconnaît Tacide cyanhydrique et les cyanures aux caractères suivants :

i» Si la solution est acide on la sature par un alcali, et on y ajoute quelques gouttes d'un mélange de sel de protoxyde et de sesquioxyde de fer : il se forme un précipité vert ocreux , qui est un mélange de bleu de Prusse et de peroxyde de fer. On porte à rébullition, puis on verse dans ce mélange de l'acide chlorhydrique, qui dissout ce dernier seulement, et alors le bleu de Prusse apparaît avec sa teinte caractéristique.

2" On verse dans la liqueur une solution de nitrate d'argent. lise forme un précipité blanc caillebotté, insoluble dans l'acide nitrique, solubledansl'ammoniaque, dans l'hyposulfile de soude et dans les cyanures alcalins. On peut recueillir ce précipité de cyanure d'argent, le laver, le sécher et le placer dans un petit tube avec un cristal d'iode. On recouvre ces matières d'un tampon d'amiante et d'une petite quantité de carbonate de soude sec, destiné à absorber Texcès d'iode. En chauffant légèrement, il se forme de l'iodure de cyanogène, qui se condense en ai-

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