EAU. 6S
L'équivalent rationnel de Teau et de ses dérivés^ ou , ce qui est synonyme^ le poids de sa molécule, est la quantité de ce corps qui occupe le même volume que H* 0* en vapeur (H* 0* occupe le même volume que H*). Cela revient à dire que pour avoir l'équivalent d'un corps on le réduira en vapeurs, à une température donnée, et l'équivalent sera la quantité de la vapeur de ce corps qui occupe le même volume que 2 d'hydrogène, ce volume étant ramené à la température de 0® et à la pression de 16*^. L'équivalent des divers corps a toujours la même signification^ parce que telle est la base sur laquelle on établit leurs formules.
37. Propriétés physiques. — L'eau se présente à nous 80U8 les trois états. Elle est liquide à la température ordinaire de nos climats; elle se solidifie à l'époque des froids, et constitue la glace ; c'est la vapeur de l'eau qui s'échappe des vases où l'eau est en ébullition.
Au moment où l'eau se change en glace^ elle se dilate^ et sa densité n'est que de 0^920^ celle de l'eau étant i ; cela revient à dire que d20«* d'eau forment 1000** de glace. Personne n'ignore cette légèreté relative, parce que chacun sait que la glace flotte à la surface des eaux. Cette dilatation explique la rupture des canaux des plantes, des tuyaux de plomb qui servent de conduites d'eau pendant les gelées : aussi doit-on toujours entourer de paille les plantes herbacées ou les tuyaux d'eau au moment des froids. La force d'expansion de l'eau qui se gèle est assez considérable pour faire éclater une bombe; mais si le tube employé est en acier assez résistant pour ne pas éclater, l'eau reste sans se congeler.
La glace comprimée commence par se diviser en fragments, puis ceux-ci se soudent de manière à former un solide ayant la forme du vase où elle est pressée. M. Tyndal se base sur cette sorte de plasticité pour expliquer le changement de forme des glaciers.
La glace n'est pas un corps amorphe, elle forme de petits cristaux qui, vus au microscope, se présentent en prismes hexagonaux réunis en étoiles à six rayons.
La glace fond à un point que l'on prend par convention pour le zéro des thermomètres Héaumur et centigrade. Elle absorbe pour changer d'état une quantité de chaleur nécessaire et suffisante pour élever d'un degré 79 fois son poids d'eau liquide ; on exprime ce fait en disant que la chaleur latente de fusion de l'eau est de 79 unités de chaleur.
La glace fondae ne se dilate pas en s'échaaffant; elle se contracte jusqu'à ce qu'elle ait atteint la température de -|- 4**^ et à partir de ce point elle se dilate : on traduit ce phénomène en disant que l'eau présente à 4» un maximum de densité. L'eau à ce maximum de contraction est l'unité des densités des liquides et des solides, et le gramme est le poids d*un centimètre cube d'eau à cette température.
Cette propriété du maximum de densité est exceptionnelle; grâce à elle la température des eaux profondes ne descend pas au-dessous de 4<».
L'eau^ chauffée dans un yase ouvert à la pression ordinaire (760*"), bout à 100<», et comme l'eau absorbe, pour que ce changement d'état ait Heu, la quantité de chaleur qui élèverait d'un degré un poids d'eau liquide 540 fois plus grand, on dit que la chaleur latente de vaporisation de l'eau est de 540 unités de chaleur.
L'eau possède une chaleur spécifique considérable, exceptionnelle même. Cette propriété jointe à la précédente a pour effet de rendre moins brusques les variations de température à la surface du globe.
La densité de la vapeur d'eau est 0,622.
L'eau, jetée dans un vase maintenu à quelques degrés audessus de 100®, entre immédiatement en ébullition et disparaît. Si le vase est chauffé au-dessus de 171% l'eau ne bout pas, contrairement à ce que Ton aurait pensé ; elle ne fait que s'évaporer lentement. Cela tient à ce que l'eau ne touche pas en réalité ce vase. Elle en est séparée par une mince couche de vapeur qui l'isole du corps chaud : un thermomètre placé dans ce liquide marque une température inférieure à 10®. L'eau dans ces conditions forme sur la surface métallique un sphéroïde; laisse-t-on refroidir le métal, l'eau entre en ébullition, quand la température du vase est abaissée vers 171°, parce que le contact a lieu.
L'eau liquide est incolore sous une faible épaisseur, elle n a ni odeur ni saveur.
L'eau est l'agent de dissolution des substances minérales le plus général et le plus employé.
Elle est le véhicule des aliments, le dissolvant des principes du sang et des autres liquides animaux,- l'agent qui propage et équilibre la chaleur dans tout le corps. Elle donne aux mem-
^anes la souplesse, l'élasticité et la perméabilité sans la-
^\\e les organes ne pourraient pas remplir leur rôle.
DiAiaion. — Lorsqu'on met en contact deux solutions du même sel difTéremment concentrées, la liqueur la plus étendue cède del'eau à celle qui est plus concentrée qui lui fournit du sel, et cet échange se continue tant que Téquilibre n'est pas établi. Cette diffusion s'accompagne quelquefois d'une décomposition : ainsi le bisulfate de soude NaO HO^ 280^^ formé de deux éléments très inégalement diffusifs^ se scinde en sulfate neutre NaO^ SO», et en acide sulfurique SO'^HO.
Sindosmose, colloïdes, cristalloldes, dialyse. — Nous renvoyons à la physique pour la théorie de ces phénomènes.
Liorsqu'on place entre deux liquides une cloison poreuse, telle qu'une membrane animale^ du papier trempé dans l'acide sulfurique, un vase de pile, il se produit un échange. Graham a fait de cette question une étude très remarquable. Il y a des corps très diffusibles ; ce sont les substances cristallisées dont la solution ne présente pas de viscosité : de là le nom de cri^talloîdes donné à ces corps. Les substances dont les solutions sont visqueuses, qui ne cristallisent pas, ne sont pas diffusibles; on les appelle colloïdes. L'acide silicique, l'alumine, le peroxyde de fer, les gommes, les matières gélatineuses, amylacées, tannantes, albumineuses, extractives sont dans ce cas. Les organes des animaux sont imbibés et remplis surtout de matières colloïdes.
38. Propriétés chimiques. — L'eau rendue conductrice est facilement décomposée par le courant électrique en ses deux éléments (/Ig. 33).
Il en est de même de la chaleur. On supposait que cette destruction exigeait la température de fusion du platine; M. H. Sainte-Claire Deville a montré qu'elle se dissocie déjà à 1000°. Ce fait est plus difficile à constater qu'on ne serait tenté de le croire parce que les deux éléments de l'eau se reconi* binent dans les parties moins chaudes de Tappareil. Pour le démontrer, M. H. Deville a fait usage de l'appareil suivant (fig. 38). De Teau arrive en vapeur dans un tube enterre poreuse , tandis qu'un courant d'acide carbonique pénètre dans un tube en porcelaine qui entoure le premier. Ce système de deux tubes concentriques est chauffé fortement. L'hydrogène se diffuse plus fortement que l'oxygène dans Tacide carbonique à travers le tube poreux, de sorte que si Ton recueille en D le gaz du tube intérieur, ce sera principalement de l'oxygène et de Tacide carbonique aspiré à travers les pores de la terre , tandis que les gaz du tube extérieur recueillis en C seront sur-
EACX POTABLES.
iMit ae l'sdae cariMMiHae et de Toiygène. Le tube se; com-
fNffte <y«iaie un filtre^ OKi w<\Mmâî«i ûtdienent les dcui gaz à leurs caractères
<«>towkt?^ i^fc^ >t$ âv^C' J^^te? a^iw «»e solution de potasse ou iV**0$< 4^^«tt^v^^J^^f 3r«ttr k **îikof <t ks coqis âectro-néga-
|î^ ^-^^ W ttvsattix j^k^i^r^mA 5«aL ôr»£«ie à des tempé- V:»,^:^" sî>c\«vr^ 4{î4 HVitc*i[}^|fv^ô«t^tlïr£7ta»£»lMb«Y d'autres,
de e
.>; WvxVv^t,^ ^\sitiA^ti«,^ n'^Kimi^Mt^ ^â ^t ipfWîL** J«s h^irmifs.
^^«lœ^ tV >IC »r :W%ti>i.. if)«n»^ 11:$. tUll^«f$. ^ -» «