‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutiqueChapitre 284 sur 527 · ESSAI DES MINERAIS DE CUIVRE · texte numérisé non relu

ESSAI DES MINERAIS DE CUIVRE

lité qaand on le trempe, mais il ne peut être travaillé qu'à une température voisine du rouge sombre.

ils se séparent au moment delà coulée en plusieurs alliages, ou 9 autrement dit, ils éprouvent une forte liquation (123); aussi n'obtient-on que difficilement des bronzes homogènes. Lorsque l'on fabrique un canon, on est obligé de couler une masse beaucoup plus longue que le canon ne doit être, et de rejeter la portion supérieure qui est désignée sous le nom de masse' lotte.

Laitons. — Le laiton type est un alliage de 33 de zinc et de 67 de cuivre. On y ajoute aujourd'hui d'autres métaux, et on varie les proportions suivant les usages auxquels on destine ces alliages. Voici la composition des laitons usuels :

Laiton des

Similor.

Ghrysocnle

tournears.

ordinaire.

Cuivre, 65,0

Zioc, 33,3

Plomb, 1,5

Étain, 0,2

Basai das minerais de cuivre. — II. faut distinguer le cas où les minerais sont oxydés et celui où ils sont sulfurés. On peut opérer par- voie sèche ou par voie humide.

Oœyde$, carbonates. — On fond dans un creuset en terre 20 gr. du minerai avec le même poids de flux noir. Quand la matière est devenue bien liquide, on retire le creuset du feu ; on le laisse refroidir, on le casse, et on en détache le culot métallique. Avant de le peser on le met digérer quelques instants avec de Feau aiguisée d'acide sulfurique, puis on le lave, et on le sèche.

Sulfures. — On prend 5 gr. du minerai pulvérisé avec soin, et on les traite dans un ballon par de Teau régale qu'on ajoute peu à peu. On forme généralement cette eau régale avec 4 p. d'acide chlorhydrique et 1 p. au plus d'acide nitrique.

On étend de 3 à 4 volumes d'eau, on filtre pour séparer la gangue et le soufre non oxydé; on lave le filtre, et on introduit un barreau de fer doux dans la liqueur claire. Le cuivre se dépose sur le fer; si l'action ne se produisait pas, on l'activerait en mettant le vase dans un bain-marie. Au bout de douze heu* res, la précipitation du cuivre est terminée. Pour s'en assurer on plonge, pendant un quart d'heure, dans le liquide, l'extrémité

418 ËSSAlS DES BRONZES Et DES LAltONS.

d'une aiguille ou d'une petite tige de fér; elle ne doit pas se recouvrir de cuivre.

On détache alors le cuivre^ déposé sur le barreau, à l'aide d'un pinceau, on recueille ce métal sur un filtre, on le lave deux ou trois fois avec de Teau aiguisée d'acide sulfurique, puis avec de Teau pure; on le sèche à une température peu élevée, de façon à ne pas Toxyder, et enfin on le pèse. Il est mieux, au lieu de le peser à l'état pulvérulent, de le fondre dans un petit creuset en terre avec du cyanure de potassium.

La précipitation ne doit jamais être faite en présence de Tacide azotique.

214 6t5. Essai d^an bronze on d'un laiton. — On en prend 5 gr., on les traite par l'acide nitrique, on étend de beaucoup d'eau, et on filtre pour séparer l'étain qui s'est précipité à l'état d'acide stannique. On recueille le précipité, on le lave plusieurs fois avec de l'eau distillée, et on le grille avant de le peser. La meilleure manière de faire cette opération est de détacher la matière du filtre, de la faire tomber dans une petite capsule de porcelaine, de porter cette capsule dans un moufle ou sur une lampe à double courant d'air, et de faire brûler, le filtre au-dessus de la capsule. Ceci fait, on retire la capsule, on mouille la matière refroidie avec quelques gouttes d'acide nitrique, on calcine, puis on pèse.

On verse dans la liqueur de l'ammoniaque, puis du carbonate d'ammoniaque, qui dissolvent le cuivre et qui fournissent un précipité de carbonate de plomb qu'on peut recueillir, laver, et changer en sulfate de plomb en le lavant sur le filtre avec de l'eau acidulée par l'acide sulfurique. 6e filtre est séché, on en détache le sulfate et on le grille; quant au filtre, on le brûle au-dessus de la capsule où est ce sulfate, puis on ajoute sur le résidu incinéré quelques gouttes d'acide nitrique pour oxyder un peu de plomb réduit et une goutte d'acide sulfurique, et l'on chauffe de nouveau. Quelquefois ce carbonate de plomb est souillé de peroxyde de fer qu'on reconnaît aux flocons gélatineux rougeàtres qu'il forme au milieu de la poudre blanche de carbonate de plomb. Dans ce cas l'acide sulfurique dissout le fer et on peut le précipiter par l'ammoniaque, puisle doser (194 bis).

Le cuivre ramené en dissolution chlorhydrique est dosé comme ci-dessus.

Pour doser le zinc on opère à la Monnaie de Paris en chauffant l'alliage au rouge vif pendant 12 heures avec de l'étain, à l'abri de Tair. La perte de poids représente le zinc.

ESSAIS DKS BRONZES Et DES LAITONS. 4l&

J'ai fait connaître récemmeat un procédé général de dosage des alliages de cuivre, de plomb, de zinc que je vais résumer.

Il est basé sur la décomposition des sels et la précipitation des mélaui par le courant électrique. L'appareil où se passe l'aclion décomposante sur la solution saline se compose d'un creuset de platine, de la dimension usuellement employée dans les laboratoires, et d'une lame de platine. Cette lame est taillée en tronc de cdne ouvert aux deux eitrémités reproduisant sensiblement la forme du creuset dans lequel elle doit être suspendue sans le toucher yi0. 96) ; elle constitue le pâle négatif, et le creuset est ie pôle positif.

Ce cane porte deux ou trois ouvertures longitudinales de petites dimensions ; par ce mojen le liquide reste homogène et le courant passe régulièrement L'écartement entre le cane et le creuset est de 2 à 4 "•".

Le cdne estsuspendu sans le toucher dans lecreuset, au moyen d'un support (fip. 97) '| qui se compose d'une tige en verre plein verticale D, assujettie dans une planche en bois ou dans une plaque de métal A> Sur ce montant isolant s'adaptent par le moyen de vis H ° un anneau en laiton B, dans lequel se place le creuset, qui s'y trouve légèrement pressé par le moyen d'une vis d qui '''^ " sert également k Rier le fil de cuivre qui est lie au pcle char bon; 2° une tige en laiton C, portant deui ouvertures dans lesquelles pénètre une vis : l'une permet de suspendre le cône de platine dans ie creuset, l'autre L reçoit ie fil de cuivre qui communique au pôle zinc. Afin de maintenir les contacts aussi parfaits que possible, le laiton est platiné ou doré.

Pour empêcher les projections de liquide, on recouvre le creuset de deux demi-disques provenant d'un verre de montre coupé en 2 parties. Quand-on opère à chaud, le creuset est placé dans une capsule pleine d'eau, disposée sur un fourneau ou sur un bec de gaz.

L'élain étant séparé sous la forme d'acide métastannique, le liquide filtré est placé dans le creuset, on chauffe au bainmarie ; dèsque le courant passele cuivre se dépose au pôle — sous la forme d'un enduit d'un beau rouge adhérent et brillant; au

ESSAIS DES bHONZES ET t>ES LAlTONâ.

pôle + le plomb, le mangaoèse, se déposent à l'état de bioiydes ; le zinc reste dans la liqueur.

Lorsque la liqueur est totalement décolorée on enlève par siphonnement le liquide du creuset et on le remplace par de l'eau que l'on siphonne également.

Le creuset lavé à l'alcool est séché. Le plomb est dosé à l'état de PbO'; s'il y a du manganèse il est précipité avec PbO' à l'é. lat de MnO*; on dissout le dépôt dans l'acide azotique étendu contenant un peu de sucre, on ajoute 1 à 2 gr. de sucre et i à 5 gr. d'azotate d'ammoniaque. On fait passer dans la liqueur chaude le courant de 1 élément Bunsen, le plomb seul se dépose au pôle négatif.

Le cône recouvert de cuivre est lavé à l'alcool, séché et pesé. Le liquide siphonné auquel on réunit les lavages du creuset est évaporé à sec, l'azotate de zinc est transformé en sulfate, l'on reprend par l'eau, l'excès d'acide est neutralisé par l'ammoniaque; on ajoute 4 àSgr. de sulfate d'ammoniaque et 2 à3 gouttes

ËMt^OISONNEMÈNTS t>AR LE CUIVRE 421

d'acide salfuriqoe en excès. Dans la liqueur froide on fait passer le courant de 2 éléments; le zinc se dépose au pôle — ; Toperation terminée^ le cône est lavé^ séché et pesé.

SI l'alliage contenait de l'argent, ce métal se déposerait avec le cuivre. Pour l'obtenir on dissout le cuivre dans Tacide azotique, CD évapore à sec pour chasser Texcès d'acide on repren par Teau; dans la liqueur on fait passer le courant de un élément Leclanché : Fargent se dépose seul au pôle — , on lave, on sèche, on

Si la présence de l'argent avait été connue, on aurait pu l'isoler le premier en soumettant la liqueur débarrassée d'étain à l'action d'un élément Leclanché : l'argent serait seul séparé, et les autres métaux seraient ensuite enlevés comme il vient d'être indiqué.

215. Empoisonnements par le cuivre. ^ Le cuivre a été réputé jusqu'à ces années dernières comme un agent toxique. D'après divers expérimentateurs il n'en serait rien. Au premier rang des protecteurs du cuivre il faut citer M. Galippe qui a fait sur des animaux d'abord des expériences qui paraissent très concluantes en faveur de l'innocuité de ce métal. Il a ensuite expérimenté sur lui et il n'en a éprouvé aucun inconvénient, ie n'ose pas me prononcer d'une façon absolue, mais il n'est pas douteux pour moi que, dans la plupart des cas où l'intoxication est attribuée au cuivre, il faut en accuser l'arsenic qui l'accompagne dans certains produits très usités autrefois pour les papiers, le vert de Scheele et celui de Schweinfurt, ou bien le plomb qui existe toujours dans les soudures et les étamages des ustensiles en cuivre.

Pour rechercher le cuivre dans une matière organique il n'y a qu'à l'incinérer, à traiter la cendre par de l'acide azotique pur, à évaporer presque à sec, et à reprendre par l'acide azotique étendu. On essaie sur cette liqueur les caractères des sels de cuivre. La présence du cuivre a été signalée dans le thé vert, dans divers extraits ou sirops, dans des fruits à l'eau-de-vie, dans des cornichons, dans de l'eau de fleur d'oranger, et même dans certains pains. Ce fait est des plus graves; il s'est produit il y a déjà quelques années, et il est dû à ce que la panification est plus rapide quand on ajoute un peu de sulfate de cuivre à une farine avariée. Pour reconnaître la présence du cuivre dans le pain, on l'incinère, on ajoute à la cendre de l'acide azotique, puis on étend d'eau distillée, et on essaye dans cette liqueur les réactifs des sels de

4$2 ACTION DU MEHCUHE SUH L*ÉCONOMlE.

cuivre; le plus commode est le prussiate jaune. On ne peut pas remployer directement si le cuivre est mêlé de fer j dans ce cas on commence par précipiter le fer au moyen de Tammoniaque; on filtre, puis on neutralise la liqueur par de Tacide acétique, et on y verse le prussiate.

On a beaucoup discuté pour savoir si le cuivre existe normalement dans l'économie; il paraît prouvé qu'il n'en est rien.

216. Action snr réconomie. — Ce métal et ses composes doivent être placés au premier rang des médicaments altérants. Les mercuriaux sont employés avec succès dans une foule de maladies. Ils tuent les vers intestinaux et les animaux inférieurs. Ils constituent l'antisyphilitique par excellence. Ils réussissent dans la plupart des affections scrofuleuses et lymphatiques, et ils sont un remède précieux dans certaines maladies chroniques de la peau.

L*énumération des préparations mercurielles serait extrêmement longue. On peut les diviser en deux grandes classes.

Les premières, qui ont le calomel pour type, correspondent au premier degré d'oxydation du mercure; leur action est Jente. Les secondes^ qui ont pour principal représentant le sublimé corrosif, correspondent au degré supérieur d'oxydation du mercure, et ont une activité foudro vante.

M. Mialhe a fait une étude approfondie des diverses préparations mercurielles au point de vue de leur action thérapeutique, et sa théorie, très ingénieuse, donne une explication satisfaisante de cette action si diftérente des composés mercurieis au maximum et au minimum.

i® Le mercure et tous ses composés produisent^ en présence des chlorures alcalins, un chlorure double soluble renfermant le sublimé corrosif et le chlorure alcalin. Or, comme ce sont les sels au maximum qui agissent, l'action du mercure et des sels au minimum est lente, parce qu'il faut que les sels au minimum se changent en mercure et en sublimé corrosif,

Hg2ci = Hg + HgCl,

et que le mercure se transforme en sublimé sous l'influence des chlorures de l'économie*

2® Le sublimé corrosif fournit avec les matières albumineuses un composé, soluble dans les chlorures alcalins et dans l'ai-

Page 1