SOUS-CHLORURE DE MERCURE
SVNONYHEB I protoclilorure de mercure, calomel, sublimé doux, mercure doux.
BgSCl s? 235,5.
222. Ce sel se prépare généralement par sublimation. On broie dans un mortier en porcelaine
400 grammes de sublimé corrosif,
humectés légèrement avec de l'eau, puis on y ajoute
300 grammes de mercure,
et on triture le mélange jusqu'à l'extinction complète du métal. La masse est séchée à Tétuve^ et placée dans un matras que Ton remplit à moitié. On place ce vase dans un bain de sable, et on sublime à une douce chaleur.
La matière est en cristaux. On la pulvérise et on la iave pour enlever le sublimé corrosif qui peut avoir échappé à la réaction.
Qalomel à la vapeur. — On introduit le calomel en fragments dans un tube en terre recouvert d'un lut argileux; on place ce tube sur un fourneau long, et on fait pénétrer son extrémité ouverte dans un grand vase en grès, par un orifice circulaire percé vers les deux tiers de la hauteur de ce récipient. On joint les deux vases avec du lut, puis on colle avec du papier le couvercle sur la fontaine, après avoir pratiqué une petite ouverture dans ce couvercle pour la sortie de Tair.
Le récipient doit être rapproché du fourneau. On chauffe au rouge sombre le tube en portant le feu d'abord autour de la partie la plus voisine du récipient; on laisse refroidir, on recueille le calomel, et on le lave tant que l'eau se colore au contact de l'hydrogène sulfuré.
Précipité blanc. — Le calomel, étant insoluble, peut être préparé par double décomposition ; cette préparation est peu usitée en pharmacie. On dissout dans l'eau les cristaux de nitrate de sous-oxyde de mercure, et on y verse un léger excès d'acide chlorhydrique. On lave et on dessèche le précipité, qui est improprement nommé quelquefois précipité blanc: cette dénomination est dangereuse, parce qu'elle peut le faire confondre avec le chloramidure de mercure (221).
Le calomel est blanc, cristallisable dans le système tétragonal, sans saveur et sans odeur, insoluble. Il est moins volatil
lODURES DE MËRCUnS. 4âl
que le sublimé. La lumière le décompose, en le noircissant^ par suite de la formation de mercure métallique
Hg^Cl = HgCl + Hg.
On doit, par suite, le conserver dans des flacons en verre noir.
L'acide chlorhydrique etles chlorures amènent cette transformation d'une manière plus rapide. Le chlore le change en suillimé corrosif. L'ammoniaque le transforme en un précipité jonsàtre, dont la formule se rapproche de :
AzH^Hg Hg^Cl.
Avec un corps pouvant fournir de l'acide cyanhydrique il donne naissance à du cyanure de mercure. Ces réactions expliquent comment le calomel, par lui-même non vénéneux, peut amener les accidents les plus graves.
lODLRKS DE MERCURK.
223. On en connaît deux ; leurs formules correspondent à celles des oxydes et des chlorures.
Sous-iodore, Hg'ï =: 327. — On broie dans un mortier en porcelaine 60 gr. d'iode, et iOO gr. de mercure avec assez.d'alcooi pour que le mélange forme une pâte coulante, jusqu'à ce que le mercure soit complètement éteint, puis on lave ce produit à l'alcool bouillant.
On doit mélanger l'iode et e mercure avec une certaine len* leur, et tenir la masse toujours humectée d'alcool, afin qu'il n'y ait pas d'échauffement du produit.
Le sous'iodure est verdâtre, volatil, insoluble dans l'alcool et dans l'eau, décomposable à la lumière en mercure et en protuiodure.
Emploi médical. — Cet iodure est un médicament très actif, dont on fait un grand usage aujourd'hui pour le traitement des accidents primitifs et secondaires de la syphilis.
On l'emploie surtout en pilules, auxquelles il convient d'ajouter de l'extrait d'opium pour empêcher la salivation.
Protoiodure, Hgl = 227. — On fait dissoudre isolément tOO grammes d'iodure de potassium et 80 grammes de bichlorure de mercure dans une forte quantité d'eau distillée, et on mélange les deux liqueurs. On lave le dépôt, qui est d'un rouge magnifique, et on le sèche.
L'iodure est d'un beau rouge, à la condition que Ton opère en