CHLORURE D*ARGENT
AgQ t=: 143,5.
Ce composé se produit toutes les fois qu'on ajoute un chlorure soluble à un sel d'argent. C'est à l'état de chlorure qu'on amène les résidus d'argent dans les laboratoires ; c'est encore à cet état qu'on dose l'argent et le chlore (77). Si le sel d'argent était du chlorure dissous dans de l'hyposulfite il faudrait précipiter l'argent par l'acide sulfhydrique, laver ce sulfure, le décomposer par l'acide nitrique et précipiter cette solution par l'acide chlorhydrique. Les sels d'oxydule de mercure sont les seuls qui pourraient comme les sels d'argent précipiter par l'acide chlorhydrique. On s'en débarrasserait en faisant bouillir la liqueur avec de l'acide nitrique : le sel d'oxydule serait changé en sel de protoxyde qui ne précipite pas par l'acide chlorhydrique.
Dans le cas où l'argent serait combiné à une matière organique^ on brûlerait la matière et on traiterait le résidu par l'acide nitrique.
11 se présente sous forme d'un précipité blanc> cailleboté, devenant violet^ puis noir à la lumière^ insoluble dans l'eau et dans les acides^ soluble dans l'hyposulûte de soude et dans l'ammoniaque.
Ce chlorure fond vers 400® et donne un liquide huileux* qui, en se solidifiant, prend l'apparence de la corne (argent corné). L'hydrogène libre le réduit à une température peu élevée. La production d'argent a lieu même à la température ordinaire, et souvent, quand on veut obtenir l'argent, on met dans un vase du chlorure d'argent avec un barreau de zinc et de l'eau acidulée par l'acide sulfurique. On lave cet argent avec de l'eau acide, puis avec de l'eau pure, pour enlever le sel de zinc, et on fond l'argent avec un peu de borax. Caractères des sels d^argent. — Incolores, vénéneux. Potasse, soude. Précipité brun olive d'oxyde insoluble.
Ammoniaque, Léger précipité solable dans un excès de réactif. Si la liqueur est acide ce précipité ne se forme pas.
Adde ehlorkydrique et chlorures solubles. Précipité blanc, en caiUots^ altérable à la lumière, soluble dans Fammoniaque et dans l'hyposulûte de soude , insoluble dans les acides.
On a TU plusieurs fois l'action des sels d'argent sur les bromures et les iodures. Ce sont aussi des réactions caractéristiques (77).
Acide sulfhydrique. Précipité noir^ insoluble dans le sulfhydrate d'ammoniaque.
Phosphates ordinaires. Précipité jaune soluble dans l'acide nitrique et dans Tammoniaque.
Je me suis assuré que la méthode électrolytique donne de bons résultats lorsque la quantité d*ai^ent est peu considérable.
On fait usage d'un élément Leclanché et on opère en solution faiblement nitrique.
ALUAGES D'ARGENT.
L'argent est trop mou pour qu'il puisse servir à faire des monnaies , des médailles et de la vaisselle ; le frottement en amènerait une usure trop rapide. On l'unit au cuivre pour ces divers usages.
Argent. CiiiTre.
Médailles, vaisselle 950 50
Monnaie de 5 francs 900 lOO
— divisionnaire 835 165
Bijoux 800 200
L'essai des alliages d'argent se fait, soit par voie sèche (coupellation), soit par voie humide en dosant l'argent à Tétat de chlorure.
OR MÉTALUQUE.
Au = 98,2.
230. État natnreL Extraction. — L'or se rencontre, à l'état natif, dai^ des sables charriés par les eaux, ou dans des roches. Son extraction repose sur sa densité considérable et sur son affinité pour le mercure métallique. Si la matière est du sable , on l'amalgame directement, si elle est en roche , on la
broie auparavant. L'amalgame d'or est ensuite distillé. Les exploitations principales sont en Australie, et en Californie.
L'or peste comme résidu, et le mercure distillé sert à des opérations suivantes.
L'or qui arrive des mines est souvent mélangé d'argent et de cuivre. Pour le retirer de ce mélange (affinage) on attaque Talliage, réduit en grenaille, par de l'acide sulfurique concentré, et bouillant, qui dissout l'argent et le cuivre en dégageant de l'acide sulfureux. On décante cette solution et on lave le dépôt d'or. On précipite l'argent de la solution mixte de sulfate d'argent et de cuivre en introduisant des lames de cuivre dans la liqueur. On lave Targent précipité, et on évapore la solution pour obtenir le sulfate de cuivre en cristaux. Depuis quelque temps, pour éviter la formation du sulfate de cuivre dont on n'a pas d'emploi sufQsant, on réduit l'argent par le sulfate de fer.
Pour préparer l'or et l'argent purs au moyen d'un alliage d'or, d'argent et de cuivre , on traite cet alliage en grenailles ou en lames par l'acide nitrique, puis on étend de beaucoup d'eau : l'or reste insoluble. Dans la liqueur filtrée on place une lame de cuivre qui précipite l'argent. On détache celui-ci des lames, on le lave tant que la liqueur contient du cuivre, on redissout cet argent dans l'acide nitrique, puis on le précipite par le sel à l'état de chlorure d'argent qui, bien lavé, fournira Targent pur (228). Quant à l'or précipité, il est redissous dans l'eau régale et la liqueur est évaporée lentement à sec. On reprend par l'eau, on filtre et l'on fait bouillir la liqueur avec un agent réducteur : l'acide arsénieux réussit très bien; on pourrait lui substituer le protochlorure d'antimoine, le sulfate de protoxyde de fer, l'acide oxalique. Lorsque l'or s'est précipité dans le fond du matras, on le lave à l'acide chlorhydrique, puis à l'eau, on le sèche et on le fond avec un mélange de borax et de nitre.
Propriétés. — L'or est le type des métaux précieux, car aucun des principes de l'air ne réagit sur lui. C'est le plus ductile et le plus malléable de tous les métaux; avec 1 gramme d'or on peut obtenir un fil qui ait 3 kilomètres de longueur ; en battant des lames d'or entre àes feuilles de baudruche {batteurs d'or), on obtient des feuilles dont 43000 ont l'épaisseur d'un millimètre.
La couleur ordinaire de l'or est jaune. La lumière qui a passé à travers les feuilles d'or extrêmement minces, dont nous venons de parler, possède une teinte verte.
Sa densité est f 9,50. 11 fond vers 1050^ il émet des vapeurs dans U flamme du chalumeau oxhydrique.
Le chlore et le brome le dissolvent; l'arsenic^ le phosphore, le percent Le mercure le dissout. Les acides simples sont sans action sur lui, mais l'eau régale l'attaque en raison da chlore qu'elle dégage.
Les alcalis ne réagissent pas sur l'or.
Ozyd«8» chlorures d^or. — On connaît les composés
Aa*0 Au'O*,
Au^Cl Aa^CR
Le perchlorore Au* Cl' est seul usité, U sert comme réactif dans les laboratoires. Pour le préparer on dissout l'or dans leau régale, on évapore à sec et l'on reprend par l'eau; ce liquide constitue la solution de chlorure d'or. Ce sel calciné donne d'abord une poudre jaunâtre qui est le chlorure Au' Cl, puis de Tor métallique. Le perchlorure d'or dissous , agité avec de l'éther, cède à ce dernier une certaine quantité de son sel : cette liqueur aurifère éthérée était appelée autrefois Vor poiahle.
Ce chlorure s'unit aux chlorures basiques alcalins pour former des chlorosels cristallisés.
Il sert à préparer l'oxyde Au* C. A cet effet on fait bouillir la solution d'or avec de la potasse dissoute : il se produit une dissolution d'aurate de potasse qui, traitée par de l'acide nitrique dilué ou par de l'acide acétique, fournit l'oxyde sous forme d'une poudre marron, facilement réductible en oxyde. Au* 0, puis en métal.
On connaît sous le nom de pourpre de Cassius une matière que l'on prépare au moyen de divers procédés, qui consistent à précipiter du chlorure d*or par un mélange très dUué de protochlorure et de bichlorure d etain. Le pourpre de Cassius fournit sur le verre et sur la porcelaine de magnifiques coue urs violettes, roses et pourpres. Cette substance parait être de l'oxyde d'étain mélangé d'or très divisé.
On emploie en photographie un se} blanc cristallisé 3 MO (S*0*) AuH) S*0* + 4H0. Cet hyposulfite dissous s'altère très rapidement. Il ne précipite pas par les réactifs de l'or, si ce n'est l'acide sulfhydrique.
Caractères des sels d*or {perchlorure). — Solution jaune.
ProtoMorure et bichlorure d'étam mélangés. Précipité de pourpre de Cassius.