ACIDES A 6 ÉQUIVALENTS D'OXYGÈNE
Acide carbonique. . . . C^H^Q^.
» glycolique C^H*0«.
» lacUque C«H«0«.
» oxybutyriquc.. C'H'O®.
» leucique C^^H^^o».
» œnanthique . . . C^^H'^^^O".
Acide pyruYique C®H*0*.
» scammomque.. C^^H^so».
» ricinoliquc . . . . C'^H^^O».
Acide gaiacique C**H*0*.
» Uchensléarique. C»8H**0^ C2»H2n-«0«.
Acide pyroméconique. C*®H*0®,
Acide salicylique C<*H«08.
» anisique C^WC*.
» phlorélique.... C**H*»0'.
» oxycuminique. . C^^H^^o*. C3nH2o-<oo«.
Acide coumarique. . . . C**H*0*.
ACIDES A 8 ÉQUIVALENTS D'OXYGÈKE.
Cf"H2nO». Acide cilraconiqae... C*®H«0».
Acide glycérique C«H«0«. » camphorique . . C2®H**0».
CHl2°-2 08. » térébique C**H«W.
Acide oxalique C^H^O». » HthofeUique . . . C* W^os.
.. malonique. . . . . COH^O». C^-H^— «O».
» succiniqae .... C^HSO». Acide téréchrysique. . C*2H«0».
» pyrotartrique.. C^oh^O». C^-H^— *0».
« adipique C^^h^W. Acide vératrique C*WW.
» piméUque C'^H^W. C^-H^— <«0».
>» subérique C*«H**0». Acide phtalique C^^H^O».
» anchoïque C*«H*608. » choloïdique . . . C*WO^
« sébacique C^oh'^O». C^^H^^-Mo^.
Q2nH2a-4 o«. Acîde oxynaphthalique. C^»H«0^
Acide fumarique. . . . C^H^O*. » pipérique C«*H*oo«.
ACIDES A 10, 12, 14, 16 ÉQUIVALENTS D'OXYGÈNE. Q2nii2n-2o«0, • C2°H2°-2o<2.
Acide tarlronique . . . C^H^O*». Acide tartrique C^H^O'-^.
,, malique CWO'». » quinique C^^H'^0'^
C2nH2a-4 Q\Ù C2"H2»-»0*2^
Acide mésoxalique. . . CWO'®. Acide aconilique C'2H«0'-.
C2nH2n- 6 0<0. Q2n^ln-\Q qI2,
Acide cholestérlque.. C'^n'OO*». Acide Chélidonique... C**H*0'2.
Q2njj2ii- 8o*0 ■
Acide croconique C^^H^O*». » méconique .... C**fl*0'V
» coménique C^^H^O*®.
t, gallique C^^HOQ*».
» cholalique C^W^O*». » citrique C*WO'^
» mucique C^^H'^O**-
11 y a quelques-uns de ces acides dont la composition n'est pas certaine.
Il existe des acides composés, formés par l'union d'un de ce? acides ou d'un acide minéral avec certains éléments organique?. Tel est, par exemple, l'acide éthylsulfurique CWOHOS-u". Nous examinerons seulement à cette place les acides monoatomiques. L'étude des acides polyatomiques, comme l'acide oxalique, l'acide lactique, sera faite après celle des alcools polyatomiques dont ils dérivent.
Les acides organiques possèdent les 'propriétés générales de? acides minéraux. Beaucoup d'entre eux, comme Tacide acétique, ont une action énergique sur le tournesol. En général, il^
sont solides et cristallisables ; cependant les acides formique, propionique, butyrique, eto.^ sont liquides. Lès acides dont requis aient est faible sont le plus ordinairement solubles dans Teaa, leâ autres y sont peu solubles ou insolubles. Les acides monobasiques sont volatils^ à moins que leur équivalent ne soit très fort. Les acides polybasiques se décomposent par la chaleur.
Les sels sont ordinairement cristallisables.
Les acides s'obtiennent par l'oxydation de Talcool correspondant^ ou de i'aldébyde qui est lui-même le premier produit d'oxydation de cet alcool^
aldéhyde.
C4H*Oî» -I- 0> =. C*H*OV
aldéhyde beiuoîque. acide benzoïque.
263 bis. Un acide peut donner naissance, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un composé chloré, brome ou nitré, à un autre acide renfermant la même quantité de carbone, et grâce à ces méthodes on a reproduit artificiellement trois acides naturels. L*acide butyrique est susceptible de s'oxyder directement et de fournir l'acide succinique :
C«H«0* 4- 0« « H202 + C^H^O^ acide butyrique. acide succinique.
L'acide succinique donne sous l'influence du brome deux composés {M. Kékulé) :
l'acide snccinique monobromé C'H^BrO*,
» » bibromé CWBt^O*,
Si l'on traite ces acides bromes par la potasse on obtient : C'HSBrO» -1- KH02 = KBr + C^H^O*».
acide malique.
CWBt^O^ 4- 2 (KH02) = 2 KBr+ C«H«0<2.
acide tartrique.
On obtient des acides en fixant les.^éléments de l'oxyde de carbone, de l'acide carbonique, etc.^ sur des carbures d'hydrogène^
sur l'eau et sur d'autres corps. La remarquable synthèse de l'acide formique par M. Berthelot se rattache à cette méthode (105\
acide propionique.
C20* + C^H^Na = C^H^NaOV
méthyl-sodium. acétate
oxyde de acide formique.
carbone.
Pelouze a montré que Faction ménagée de la chaleur sur les acides polyatomiques leur enlève un certain nombre d'équivalents d'eau, ou d'acide carbonique, ou de Tun et l'autre, et fournit des acides plus simples, dont la capacité de saturation est moindre, qu'il a désignés sous le nom d'acides pyrogénés :
2(CWO*2) = C*W0« + 2(H202) +6 00».
acide tartrique. acide pyro-
tartrique.
La famille des acides gras qui dérive de celle des alcools ordinaires est de beaucoup la plus importante.
On prépare ces acides :
1" Par oxydation directe de l'aldéhyde ou de l'alcool par l'intermédiaire d'agents chimiques, de Tair et du platine spongieux, des ferments.
2° Au moyen d'un éther cyanhydrique de l'alcool homologue inférieur (249).
3<* Par d'autres réactions dont nous ne décrirons qu'une parce qu'elle peut être généralisée, et qu'elle montre bien comment on est susceptible d'obtenir des acides homologues et isomères.
Soit l'éther acétique : C*H»(C*H^)0\
Par l'action du sodium il donne : C*H«Na(C*H5)0*.
Celui-ci avec l'iodure d'éthyle donne : C*H2(C*H5)(CW)04, qui est r éther éthyl acétique.
Celui-ci, saponifié par un alcali, donne de l'alcool avec l'équivalent d'éthyle qui était dans l'éther acétique, et de l'acide éthyl acétique, ou butyrique,
C^H3(C^H5)0* = CWOV
Mais on comprend qu'on puisse remplacer, d'une part, l'iodure
d'éthyle par Tiodure de méthyle, de propyle : ce qui produira racide propionique et l'acide valérique.
D'autre part, on comprend qu'on puisse remplacer deux équivalents d'hydrogène par deux équivalents de méthyle : ce qui donnera un isomère du précédent acide, l'acide diméthylaeétique.
Le point d'ébuUition des acides de cette famille s'élève de \ 5» à 20** quand on passe d'un terme à celui qui renferme (C*H*) en plus.
Les sels ammoniacaux de ces acides chauffés avec Tanhydride phosphorique donnent Téther cyanhydrique de l'alcool immédiatement inférieiur :
AzH*OC»H5o3 = 2(H2»0*) + C«H5 Az.
Certains de leurs sels, ceux de chaux, par exemple, se détruisent en fournissant des composés appelés acétones (262 bis).
CïH«04 = a6.
(264). Lorsqu'on fait marcher des fourmis rouges sur du papier bleu de tournesol humide, on observe que ce papier rougit. L'acide sécrété par les fourmis a été retiré par Gehlen de ces animaux, et il a reçu le nom d'acide formique.
1® M. Berthelot Ta obtenu par synthèse avec l'oxyde de carbone (i05).
2» On le préparc en distillant un mélange de 10 p. d'amidon^ 30 p. d'acide sulfurique, 20 p. d'eau et 37 p. de bioxyde de manganèse dans une vaste cornue adaptée à un réfrigérant. Il se produit un boursouflement considérable; aussi faut-il chauffer peu au début. L'acide formique distille, on le sature par du carbonate de plomb. On fait cristalliser le formiate dans l'eau bouillante, on décompose par un courant d'hydrogène sulfuré ce sel de plomb placé dans une cornue, et on chauffe : l'acide formique monohydraté distille.
3® On introduit dans une cornue 1 kilogr. de glycérine sirupeuse, 150 à 200 gr. d'eau et i kilogr. d'acide oxalique, et on chauffe quinze heures vers 100". L'acide oxalique se détruit, mais il ne se dégage que de l'acide carbonique; tout l'oxyde de carbone se fixe sur les éléments de l'eau. On ajoute alors de l'eau de temps en temps dans la cornue, et on distille jusqu'à ce qu'on ait 8 litres de produit. La glycérine reste intacte dans
&3« Aaoe ACÉTIQUE.
U cornue et peot senrir de nouveau. Elle a pour effet deretenit l'acide formique et l'eau, et on peut chauffer sans crainte.
L'acide formique est un liquide incolore doué d'une saveur très acide* d'une odeur piquante^ cristallisant vers 0'', bouillant
11 réduit l'oiyde de mercure et donne du mercure en poudre brune, de l'acide carbonique et de l'eau.
Ses sels sont solubles ; celui de plomb, très peu soluble dans l'eau froide, se dissout notablement;dans l'eau bouillante, et se dépose de ces solutions à l'état cristallin.
AODB ACÉTIQUE.
CiHSOS \ CiH«04 = 'g I os =s M. Cet équivalent représente k vol.
Densité de vapeur rapportée à Tair, 2,09.
Double densité rapportée à l'hydro^ne, ou poids de la molécule, 00.
Foramle moléculaire, O^H^Ô^.
Densité 1,08. Fond à 17*. Bout à 118«.
265. Cet acide est le principe aigre du vinaigre. On le. trouve dans la sève d'un grand nombre de végétaux et dans certains liquides de l'économie. Il se forme par synthèse avec le métb^flsodium ou formène potassé (263 bis) ; par l'oxydation de Tacétylène (263); dans l'action de l'acide azotique sur les corps gras; dans la réaction de la potasse sur les acides tartrîque, malique, citrique , etc.
On le fabrique par deux méthodes tout à fait différentes.
1" Oxydation de f alcool (244 bis). L'opération s'exécute à Orléans dans des tonneaux qui servent indéfiniment à cette fabrication, et qui sont placés dans un cellier maintenu à une température voisine de 30®. Tous les six à huit jours on soutire quelques litres de vinaigre, et on les remplace par du vin.
H. Pasteur a établi que l'oxydation de l'alcool est produite par un petit végétal, le myœderma acetL En effet TacétiGcation ne commence que lorsque ce mycoderme s'est formé à la surface du liquide (mère du mnaigrc); si son développement s'arrête, l'oxydation cesse. 11 puise l'oxygène dans l'air et le cède à l'alcool.
Ce procédé est lent. On l'active en prenant de l'alcool dilué, et en le faisant couler sur des copeaux ie bêtre empilés dans des tonneaux I l'air pénètre dans ^'appareil par <|es ouvertures pigées à 1^ partie inférieure. Qu^r/s pa^^ge§ ^up |ps copeaux 9^m^t pour opérer f'^^tjÇcjttiç^ijiq |'3}ç9àJ fll^tç'ppjrature
est maintenue à 25<^ environ, si Tair se renouvelle bien, et si on ▼erse régulièrement le liquide sur les copeaux. Le mycoderme se forme sur les copeaux et s'y développe; ces copeaux peuvent servir pendant un temps extrêmement long.
2** Distillation du bois, acide pyroligneiix. On distille le bois dans des cornues en tôle. Il passe des vapeurs et des gaz : on condense les premières en forçant tous ces produits à traverser un serpentin refroidi, et on fait arriver ïés gaz sous les cornues ; ils s'enflamment, et la chaleur* qu'ils développent économise le combustible nécessaire pour carboniser le bois.
Les liquides condepsés sont de l'eau « de l'acide acétique, de l'esprit de bois et du goudron. On sépare mécaniquement la majeure partie du goudron, et on distille le liquide restant au bainmarie. L'esprit de bois, qui bout à 63®, passe dans le récipient.
L'eau et Tacide acétique restant dans la cornue sont saturés par du carbonate de soude, et le produit est évaporé à sec et torréfié vers 250^ à 350® : cette température, incapable d'opérer la décomposition de l'acétate de soude, est suffisante pour carboniser les matières goudronneuses restées en dissolution. On dissout la masse dans l'eau, on filtre et on fait cristalliser Tacétate. Si on veut obtenir l'acide acétique monohydraté, on traite l'acétate fondu par deux équivalents d'acide sulfnrique monohydraté
ou, plus ordinairement, on distille le biacétate de soude qui se décompose vers 200^ en sel neutre et en acide monohydraté.
Autrefois, en pharmacie, 0n préparait de l'acide acétique concentré mais impur, sous le nom de vinaigre radical, en distillant de l'acétate de cuivre.
L'acide acétique est liquide au-dessus de i 7®, au-dessous il cristallise en belles lames. Il est très acide, d'une odeur vive, et d'une grande causticité, car il produit des ampoules sur la peau.
Il est solnble dans l'eau et dans l'alcool en toutes proportions et dans l'éther. Il dissout les résines, le camphre, les essences. L'acide et l'eau se contractent en se mélangeant, et la contraction est assez considérable.
La chaleur rouge le détruit. Il se forme beaucoup de produits : le formène, l'acétylène, l'acétone, la benzine, là naphtaline, etc., et du charbon, qui reste dans le tube où Ton a fait l'opération.
Si Toti expose 'ail' soleil un flacon renfermant du gaz chlore et unte" petite quaiitîfé d'acideyèétîqiié, îlrié'^Wrhie 'de Fàicide. t«ctilbr*c*tiqué, C^CPD^HO.^ • if./t.Ni m î» umn m. i t 1
.iV, r ' ."l'i .•• ' .,. •; II.}
&M YINAIGRE.
Cette expérience de M. Dumas a ser^i de base à la théorie des substitutions. M. Leblanc a obtenu Tacide monochloré.
Ces acides chlorés sont ramenés à l'état d'acide acétique par les agents réducteurs, comme l'amalgame de sodium, en présence de l'eau.
De même que l'acide acétique chauffé en présence d'un excès de base fournit du gaz des marais» l'acide acétique trichloré produit le gaz des marais trichloré, qui est le chloroforme,
C*H*0* + 2 BaO = C^Ba^O» + C»H*, C*HCI»0* + 2 BaO s C^BaW + C^HCl*.
Le perchlorure de phosphore est devenu entre les mains de Gerhardt la source d'une découverte importante, celle de l'acide acétique anhydre et des acides monobasiques anhydres. Si l'on mélange dans un ballon refroidi de l'acétate de soude sec (3 p.) avec du perchlorure ou mieux avec de l'oxychlorure de phosphore (i p.), et que Ton distille, on obtient un chlorure appelé le chlorure d'acétyle, C*H*0«C1.
Ce chlorure, soumis à son tour à l'action d'un excès d'acétate de soude, se décompose, et fournît de l'anhydride acétique :
C*H5NaO* + C^H'O^Cl = NaCl + C«H»0^.
Le symbole C»H«0* = XuaJ^j [ 0« représente la vraie formule
de ce dernier corps, parce qu'elle correspond à 4 vol. de vapeur, et que, d'ailleurs, le chlorure d'acétyle, traité par le sel d'un acide autre que l'acide acétique, fournit des composés mixtes; ainsi :
C*HWC1 + C^SNaO* = NaCl + j ^', J* J^ | O^.
chlorure benzoate de soude. ' ""^^ —
d'acétyle. anhydride beazo<
acétique.
L'acide acétique anhydre bout à 139°. L'eau le détruit en donnant l'acide acétique hydraté.
Le chlorure d'acétyle est un liquide irritant, bouillant vers ioS*", décomposable par l'eau en acide acétique et en acide chlorhydrique.
266. Yinai^re. On donne ce nom au mélange que Ton obtient par l'acétification du vin; aujourd'hui le vinaigre de vin est souvent falsifié avec le vinaigre d'alcool obtenu avec les copeaux de hêtre, et, ce qui est plus grave, avec le vinaigre de bois.
En pharmacie on ne doit faire usage que de vinaigre de vin. Il se distingue des autres vinaigres en ce qu'il contient les sels
du vin et notamment de la matière colorante et du tartre. Les vinaigres d'alcool ne renferment pas de potasse, mais de la chaux, qui provient de l'eau ordinaire. Les vinaigres de vin ont seuls un goût et un parfum agréables; les vinaigres de bois ont une odeur et une saveur fortes.
On distingue parmi les vinaigres de vin le vinaigre blanc et le vinaigre rouge; ils ne diffèrent que par la proportion de matière colorante.
Autrefois on remontait les vinaigres dilués par de l'acide sulfurique' ou de l'acide chlorhydrique. Le bas prix des vinaigres d'alcool a fait disparaître cette falsification.
On ne pourrait pas conclure que de l'acide sulfurique ou de l'acide chlorhydrique ont été ajoutés à du vinaigre en versant dans ce liquide les réactifs de ces acides, car le vinaigre de vin renferme des sulfates et des chlorures. Pour reconnaître la présence du premier, on évapore le vinaigre à consistance de sirop, on ajoute à l'extrait de l'alcool à 40°, qui dissout l'acide sulfurique ; on sépare le liquide, on l'étend d'eau, on chasse l'alcool par la chaleur, et on verse dans la liqueur un sel de baryte.
Pour reconnaître la présence de l'acide chlorhydrique, on distille le vinaigre, sans pousser l'opération jusqu'à siccité, et on verse du nitrate d'argent dans la liqueur distillée ; s'il y a de l'acide chlorhydrique on obtiendra un précipité blanc, soluble dans l'ammoniaque et insoluble dans les acides.
Emplois médicaux. — Le vinaigre radical et l'acide acétique concentré sont employés comme excitants. On les conserve dans de petits flacons contenant en outre une matière blanche inattaquable par cet acide, qui est ordinairement le sulfate de potasse.
Le vinaigre sert à dissoudre en pharmacie diverses matières organiques et notamment des essences, du camphre, des résines. Les vinaigres médicinaux s'obtiennent par macération, rarement par distillation.
Réveil a donné pour l'essai des vinaigres le moyen suivant, qui est à peu près seul employé à Paris.
L'appareil se compose d'une pipette divisée par centimètres cubes, et d'un tube bouché gradué, nommé Vacétimétre, Celuici porte vers le fond un premier trait, 0, au-dessous duquel est écrit le mot vinaigre, parce que cette partie inférieure du tube doit être d'abord remplie de vinaigre ; elle contient 4^. Au-dessus sont marqués les nombres 1, 2, 3, 4, etc., jusqu'à 25.
La liqueur acétimétrique se prépare en dissolvant 45 gr. de borax pur, du commerce dans de l'eau additionnée d'un peu de soude et colorée par le tournesol de façon à avoir un litre de liquide. Les vinaigriers l'achètent toute fabriquée (1). Si on voulait la faire soi-même, il faudrait titrer la liqueur dont nous venons d'indiquer la préparation. Pour cela, on fait tomber dans l'acétimètre 4" de liqueur alcalimétrîque (100*^' d'acide sulfurique concentré dans un litre d'eau ) et on y verse lente ment, et en agitant, la liqueur acétimétrique jusqu'à ce que la couleur bleue persiste.
A ce moment, le niveau du liquide doit affleurer le trait 20^ ou du moins il en est très rapproché : s'iï avait fallu un peu moins de liqueur on retendrait un peu; si, au contraire, le trait 20 était dépassé on ajouterait quelques gouttes d'alcali dans la liqueur; puis on l'agiterait, et on recommencerait un autre essai jusqu'à ce qu'on soit arrivé à une liqueur exacte.
Pour faire l'essai des vinaigres on en prend 4«« et on opère exactement comme nous venons de l'indiquer. Supposons que le liquide affleure le trait 7 lorsque la liqueur d'épreuve reste bleue dans l'acétimètre : cela signifie que 100 litres de ce vinaigre contiennent 7 litres d'acide acétique C*H*0*.
Il est clair que cet essai commercial n'a qu'une valeur comparative, et qu'il suppose ce qui n'est pas toujours vrai que le vinaigre ne contienne pas d'autre acide que l'acide acétique. Acétates. — L'acide acétique est monobasique. On ne connaît guère que les sels neutres. M0,C*H'05 = C*H»MO*. Cependant il existe des biacétates alcalins, et quelques acétate? basiques de cuivre et de plomb.
L'acétate d'argent est peu soluble dans l'eau froide. On peut reconnaître un acétate ou de l'acide acétique en le chauffant légèrement avec de l'acide sulfurique et de l'alcool; l'odeur suave et caractéristique de l'éther acétique se déclare. Chauffes avec l'acide sulfurique seul, ils dégagent une vapeur qui a l'odeur du vinaigre.
267. Acétates de potasse {terre foliée de tartre). — Ce sel, distillé avec son poids d'acide arsénieux, fournit une liqueur très inflammable, appelée anciennement la liqueur de Cadet* et dans laquelle M. Bunsen a démontré l'existence d'un radical spontanément inflammable,
le cacodyle C^Hl^Az^ = 4 vol.
Cette réaction permet de déceler des traces d'acide acétique ;
(1) Salleron, Paris,!
AGlDE ACÉTIQUE. 53»
OD le sature par du carbonate de potasse» et on le chauffe avec de l'acide arsénieux dans un tube bouché : des fumées et une odeur repoussante se manifestent.
L' acétate de potasse forme^ ainsi que Tacétate de soude^ un biacétate C*H3K0SC*H*0* quand on le traite par l'acide acétique.
Acétate d'ammoniaque G^H^(AzH^)0^. — On prépare ce sel en traitant du carbonate d'ammoniaque par Tacide acétique. Sa dissolution constitue Vesprit de Mindereriis. Traité par l'acide phosphorique anhydre, il fournit le cyanure de méthyle.
Acétate de sonde. — Nous Favons employé pour préparer le gaz des marais (238) et Tacide acétique concentré.
Acétate de chaux. — Ce sel, soumis à la distillation^ donne un liquide renfermant une forte proportion d'acétone, C*H*0' C262 bis).
Acétate d'alumine. — Ce corps est le sel d'alumine^ préféré aujourd'hui par les teinturiers pour mordancer les étoffes. On le prépare en faisant réagir le sulfate d'alumine sur Tacétate de plomb:
Al^O* 3S0» + 3 (Pb0C*H305) = 3 (PbOSO^) + Al^O» 3(G*H»03).
On sépare le sulfate de plomb, qui est insoluble, en filtrant le produit de la réaction.
Acétate de fer. — Ce sel (pyrolignité) a été employé, et il l'est quelquefois encore^ pour injecter les bois en vue de les conserver.
Acétates de cuivre.-^ L'acétate neutre C^H^CuO^ est appelé verdet, cristaux de Vénus. Ce sel forme de beaux cristaux verts qui, soumis à la distillation, fournissent de l'acide acétique mêlé d'acétone. Dans cette opération, il se forme un sublimé blanc qui s'attache au col de la cornue. Ce corps est un acétate de sousoxyde de cuivre; entraîné dans le récipient, il s'oxyde, et se change en acétate de protoxyde qui colore en bleu le liquide distillé. Ce produit redistillé était cpnnu sous le nom de vinaigre radical. Il reste dans la cornue, après cette décomposition, du cuivre très oxydable, qui prend feu lorsqu'on le chauffe légèrement à l'air.
La dissolution dé cet acétate réduit les sels de l'otyde CuO^ et nous a servi pour préparer l'oxyde Cu' 0 (212).
On désigne sous le nom de vert' de-gris un acétate basique qu'on obtient en exposant à l'air des plaques de cuivre mouillées de vinaigre ou entourées de marc de raisin. Le métal se recouvre
540 EXTRAJT DE SATURNE.
de croûtes verdàtres dont la formule est C*H»CuO* + CuO-l-3 (H«0*).
Ce sel dissous dans l'acide acétique donne une liqueur qui, sou mise à l'evapuration, produit le verdet.
Acétates de plomb. — L'acétate neutre C*H'PbO* +3 HO se prépare en traiiant ia iitharge ou le massicot par de l'acide acétique en Icjrer excès. Ce sel, connu sous le nom de sel ou de sucre de Saturne, cristallise en prismes obliques à base rhoinl)e, solubles dans 2 p. d'eau et dans 8 p. d'alcool à 95*=. Sa saveur est douce. Il est vénéneux.
11 est employé, comme réactif des sels de plomb, et pour préparer l'acétate d'alumine et le chromate de plomb.
Mis en digestion avec un excès de Iitharge, il fournit un acétate sexbasique. Si l'on emploie pour 10 p. d'acétate neutre 7 p. de Iitharge, et qu'on mette ce mélange en digestion avec 30 p. d'eau, il se forme de petites aiguilles d'un sel tribasiqu»'. 3 l»bOC*H»0=^-|-HO. Enfin, ce sel, dissous dans l'acétate neutre., donne un acétate sesquibasique, qui se dépose en cristaux.
L'extrait de Saturne est une solution renfermant un mélange d'acétate neutre et d'acétate sesquibasique de plomb que l'un prépare en faisant bouillir
9 p. d'eàu, 1 p. de Iitharge, et 3 p. d'acétate neutre.
Lorsqu'on verse ce liquide dans de Teau ordinaire, l'acide carbonique et les sulfates contenus dans l'eau produisent du carbonate et du sulfate de plomb insolubles et blancs, quirendeFit l'eau laiteuse {eau blanche).
Les sous acétates de plomb servent à fabriquer la céruse et j précipiter les matières albuminoïdes et gommeuses.
^68. Acide butyrique C«H«0*.- On maintient vers 30« à 3^'^ un mélange de 10 p. de sucre ou glucose, i p. de fromage blanc 10 p. craie et p. d'eau. Il se forme d'abord du lactate de chaux, qui éi)aissitla masse, puis ce sel se change en butyrate en deirageant de l'hydrogène et de l'acide carbonique. Uuand le mélan;:t est redevenu tout à fait liquide, on évapore la liqueur, et on sépare avec une écumoire le butyrate, qui est moins soluble a chaud qu'à froid. On décompose ce sel par l'acide chlorhvdrique concentré, qui sépare l'acide butyrique sous forme d'une huile qu'on distille. Il bout à 163°. Il est doué d'une odeur fétide, il est soluble dans l'eau, l'alcoel et l'éther.
ACIDE YÂLÉRiANlQUE. 541
Acide Talérianicpie, G^ogioQ^. ^ La théorie des radicaux composés permet de prévoir l'existence de quatre acides isomères ayant la formule brute G^^H^^O^
Ces quatre acides ont été obtenus.
Soit l'acide formîqiie H^G^HO^ :
On peut considérer l'acide acétique comme .G^H^,C^HO^.
i^ Remplaçons dans le radical (C'H') \ éq. d'H par le propyle C*H^, on a un acide qui peut être appelé Vacide propylacétique C«H« (CW) C«HO* = C*»H*»0». Cet acide est appelé Vacide normal. Il bout à 185®.
2» Remplaçons dans (CW) 2 éq. d'H par (CW) et dans ce dernier i éq. d'H par C'H'; on a
J'acide isopropylacétique C«H (C«H») [C«H*(C«H8)] C«HO* = C»»H««0*.
Cet acide paraît être l'acide valérianique ordinaire des pharmacies. Il bout à i75<^. On le prépare en oiydant l'alcool amylique par le bichromate de potasse et l'acide sulfurique; en distillant la valériane avec de l'eau acidulée par Tacide sulfurique; en saponifiant par la chaux Thuile de marsouin : le Talérianate de chaux se dissout presque seul dans Teau.
Cet acide existe dans les racines d'angélique^ d'athamanfa oreosolenum, dans Tassa fœtida.
3<* On aura un acide secondaire en remplaçant dans CW
1 équiv. de H par C^H* et 1 équiv. de H par C^H' .
Ce sera l'acide^
C2H(C*H5) (C2h3)C2HO* = C*«H*W.
4* En6n H doit exister un acide tertiaire qui provient du rem* placement des 3 équiv. d'H dans C*H' de Tacide acétique par 3(C*H*). C'est l'acide triméthylacétique
C2(CW)5C2HO* = C*«H*»0*.
Le premier de ces acides^ l'acide normal, s'appelle aussi Y acide butylformique parce qu'on peut l'envisager, en partant de Vacide formique^ comme ayant pour formule
(C«H9)C2ho* = C«W»0*
butyle.
543 ACIDES AMiDÉS, GLYGOGOLLE.
Ces quatre acides valériques isomères ont été isolés.
On conçoit qu'au fur et à mesure qu'on s'élève dans la série, le nombre des substitutions possibles et^ par suite ^ celui des isomères possibles augmente.
AaOES AMIDÉS.
269. On donne ce nom à des corps dont le premier a été isole par Balard : .c'est Tacîde oxamîque. Ce sont des substances qu'on peut considérer comme dérivées des acides par la substitution d'un équivalent du radical (A2 H*) à H (314).
M. Cahours a fait voir que le glycocoUe, produit que l'on obtient par le dédoublement de l'acide hippurique (321 bis) ou de la gélatine y doit être considéré comme l'acide acétamique.W a reproduit en effet cette substance en faisant agir une solution alcoolique d'afnmoniaque sur de l'acide monochloracétique ;
Acide monochloracétique C^H'ClO*.
GlycocoUe ou acide acétamique. C*H'(AzH^)0*.
Olycocolle , C*H'AzO*. — Ce corps se produit lorsque l'on fait bouillir la gélatine avec de l'acide suifurique étendu ^ et lorsqu'on dédouble l'acide glycocolique par les solutions alcalines bouillantes. Le meilleur moyen de le préparer consiste à faire réagir l'acide chlorhydrique sur l'acide hippurique ; il y a fixation d'eau :
C*«H»Az05H0 + H^O* == C**fl«0* + C*H5AzO*. acide hippurique. acide benxolque. glycocoUe.
On filtre pour séparer l'acide benzoîque. Le glycocoUe se trouve datis la liqueur en combinaison avec l'acide chlorhydrique. On ajoute au liquide un alcali et de l'alcool concentré : le glycocoUe se sépare en prismes aplatis volumineux.
Ce corps est peu soluble dans l'eau froide^ insoluble dans Taicooi et dans Téther^ doué d'une saveur douce : delà son nom de sucre de gélatine.
Il jouit comme ses homologues de la propriété de se combiner avec les bases^ les acides et les sels.
La leucine (345), qui est produite par l'action des bases et des acides étendus sur les matières albuminoïdes, «t par la putrei'action de ces corps, est de
l'acide caproamique.«i C^*B*^{Aza?)0^ \ ^
ÂGIDE BENZOIQUË. 643
ACIDE BENZOIQUE.
GUII604 = i22.
Densité de Tapeur rapportée à Pair, il,27.
Double densité de Tapeur rapportéeà l'iiydrogène ou poids de la molécule, 122.
Formule moléculaire, ^^H^^O^.
U fond à 120«; U bout à 250*.
270. On Tobtient par voie sèche et par voie humide. Pour le préparer par la première méthode, on place dans un vase en terre des poids égaux de sable et de benjoin^ on recouvre ce mélange d*une feuille de papier à filtre^ que Ton colle sur les bords^ et on colle sur la terrine un long cône de carton blanc. On chauffe sur un feu doux pendant deux heures^ et on détache le cône après refroidissement. L'acide benzoïque s'y est condensé en belles lames ou en aiguilles.
Pour Tobtenir par voie humide^ on mêle du benjoin pilé avec la moitié de son poids de chaux , et on fait bouillir pendant une demi-heure dans une marmite en fonte avec six fois son poids d'eau en ayant soin d'agiter le mélange. On jette sur une toile et on traite à deux reprises le résidu par une nouvelle quantité d'eau.
Les liqueurs sont réduites aux deux tiers de la quantité d'eau employée dans le premier traitement et sursaturées par Tacide chiorhydrique. L'acide benzoïque se sépare ; on le fait recristalliser dans Teau bouillante.
On le retire aussi de Turine des herbivores^ de l'urine de cheval par exemple. A cet effet, on la réduit par la chaleur, et on la traite par l'acide chiorhydrique; il se produit un dépôt d'acide hippurique, qui chauffé avec de Tacide sulfurique étendu se transforme en acide benzoïque.
Enfin, on l'obtient comme produit secondabre, dans la fabrication du nitrotoluène par l'oxydation du toluène.
Cet adde cristallise en lames ou en aiguilles brillantes, peu solubles dans l'eau froide, se dissolvant assez bien dans l'eau bouillante, très solubles dans l'alcool et dans l'éther.
Cet acide a les plus grandes analogies avec l'acide acétique. Il se dédouble, par son passage dans un tube de porcelaine chauffé au rouge, en benzine et en acide carbonique,
Ijd chlore, le brome, l'acide azotique monohydraté, le trans-
&44 ACIDE BENZ0IQ13E.
forment en acides chlorés, bromes, nitrés^ produits par substitution^
Acide chlorobenzoîque. . • G'^H^CIO^, HO. Adde dimlrobenioïque. . . C**fl'(AzO*)»0',HO.
Le benzoate d'ammoniaque distillé fournît le benzonitrile,
AzH'C'^HW = C**H»Az + 2 (HîQ^).
Les benzoates alcalins traités par le chlorure ou par Toxychlorure de phosphore fournissent le chlorure de benzoïle, lequel soumis à l'action de benzoate en excès donne de l'acide benzoïque anhydre,
3(C» *H*KO*) + PhO^^Cl' = 3(C» *H502C1) + PhO"K^
chlorure de benzoQe,
C**H*02C1 + C^^H^KO* = C^«H*«0« + KCI.
acide benzoïque.
anhydre.
Le benzoate de chaux soumis à l'action d'une haute température fournit de la benzone C**H*®0*.
L'acide benzoïque et les acides de sa série donnent naissance à des acides amidés, comme Tacide acétique et les autres acides gras. Enfin, l'acide benzoïque est monobasique, et les benzoates sont généralement solubles comme les acétates.
L'acide benzoïque ingéré dans les aliments est transformé dans l'économie en acide hippurique.
27i . Acide cinnamique. — On trouve dans certains baumes un acide, nommé Yadde cinnamique, qui a pour formule
Il existe dans les baumes du Pérou et de Tolu, dans le styrax liquide. Il fond à 129o, et il bout à 290®. Il a des traits de ressemblance frappants avec l'acide benzoïque, il se produit comme ce dernier par l'oxydation d'un aldéhyde. Cet aldéhyde est l'essence de cannelle préparée par la distillation de la cannelle avec l'eau, c'est-à-dire de l'écorce du laurus cinnamomum. Cette essence, C*»H«0*, est solide à 0«, liquéfiable à + 5». Son mode de formation, ses propriétés sont celles de l'essence d'amandes amères (261) : on l'a nommée Vhydrure de cinnamyle.