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ALCALOÏDES DE L'OPIUM

Sous l'influence de la chaleur elle fond dans Feau de cristallisation ; celle-ci s'échappe, et l'alcaloïde se prend en cristaux.

La morphine est un agent réducteur énergique; ainsi elle sépare l'or et l'argent de leurs sels. Elle réduit Tiode des solutions d'acide iodique. Si l'on met dans un tube une solution d'amidon, puis qu'on y ajoute une solution d'acide io(|ique et .des traces de morphine, la coloration bleue de l'iodure d'amidon apparaît.

Si Ton fait tomber de la morphine dans quelques gouttes d'une solution concentrée et peu acide d'un sel de peroxyde de fer, il se produit une belle coloration bleue qui passe au vert au bout d'un certain temps.

La morphine mouillée avec de l'acide azotique prend une coloration rouge-orangée qui devient rapidement jaune (296).

Ces quatre réactions sont caractéristiques pour la morphine.

Lorsqu'on mélange de l'iode et de la morphine à parties égales, et qu'on fait bouillir ce mélange avec de l'eau, il se forme une liqueur brune qui laisse déposer une poudre rougeàtre nommée ïiodomorphine.

La morphine réagit sur les alcalis fondus, et parmi les produits obtenus on trouve de la méthylamine.

Elle est attaquée par l'iodure d'cthyle à 100*. Un seul équivalent d'éthyle pénétrant dans la molécule, on doit ranger la morphine parmi les bases tertiaires.

La morphine en dissolution verdit le sirop de violettes. Elle forme des sels cristallisables qui sont précipités par les alcalis; le précipité floconneux d'abord, puis cristallin, est de la morphine.

Chlorhydrate de morphine, ,C*^H^«AzO'HCl + OHO. — Pour le préparer on délaye dans un peu d'eau chaude 100 p. de morphine réduite en poudre, puis on y ajoute de l'acide chlorhydrique étendu de son volume d'eau en quantité suffisante pour dissoudre l'alcaloïde. On évapore ensuite la solution au bain- marie jusqu'à cristallisation.

Ce sel se présente en aiguilles soyeuses, solubles dans 20 p. d'eau froide, très solubles dans l'alcool. C'est le sel de morphine le plus usité, il contient 70 pour 100 de morphine.

Le sulfate de morphine, C^H^'AzOSHOSOS se prépare comme le sel précédent. Il en a l'aspect et les propriétés.

On a renoncé presque généralement à l'emploi de l'acétate de morphine, parce que la simple évaporation de sa dissolution le décompose. Il faut, lorsqu'on veut le dissoudre, ajouter de l'acide acétique.

M« APOMOEPHniE. OOMCIE.

La morphine et ses sds sont emplojés a tièspeliles doses, comme calmants; ce sont à dose ^ns forte des poisons énergiques.

APOMORPHRE.

283 bû, La morphine soumise à Faction proloi^ée de faeide chlorhydriqae concentré en tabès scellés vers 150* se transforme avec perte [de HM)* en un nouvel alcaloïde, Tapomorphine G*^ll*^AzO^. On décompose le sel par le bicarbonate de soude, et on reprend le précipité par Téther qui ne dissout pas la morphine. Elle est soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther; sa saveur est amère. Avec le perchl(Hrure de 1er eUe se teint en rose, et non pas en bleu comme la morphine; avec l'acide iodique an dixième elle se colore en rouge grenat.

A Tair elle verdit peu à peu en s'oxydant; après 24 h. elle est d'un beau vert, et elle a perdu son activité. Sa solution dans le sucre n'éprouve pas cette altération. EUe possède la remarquable propriété de provoquer des vomissements par injection souscutanée à la dose de 2 à 3 miUigr. Elle agit de même à l'intérieur.

CODÉINE.

C36HïlAz06 2 HO = 317.

284. Cette base existe en 'dissolution dans l'ammoniaque lorsque, dans la préparation de la morphine, on a versé cet alcali dans le chlorhydrate. On évapore cette solution, qui dépose quelquefois une petite quantité de morphine, puis, quand l'excès d'ammoniaque a été chassé, on précipite la codéine par la potasse. La codéine se précipite d'abord sous forme d'une masse visqueuse, qui devient peu après pulvérulente. On la lave, on la dissout par l'acide chlorhydrique, on fait bouillir la liqueur avec du noir lavé, et on précipite la codéine par la potasse. On lave de nouveau cette base avec un peu d'eau, puis on la dissout dans l'éther bouillant, enfin on ajoute un peu d'eau à ce liquide : la codéine cristallise par l'évaporation spontanée du liquide.

La codéine se sépare en cristaux volumineux du système rhombique, ces cristaux contiennent deux équivalents d'eau. Ils sont très solubles dans l'alcool et dans l'éther; ils se dissolvent dans 80 p. d'eau froide et dans 20 p. d'eau bouillante.

La codéine se sépare de ses solutions dans l'éther anhydre en octaèdres du système rhombique.

ALCALOIBES DE L*OPIUM. 567

La codéine est très soluble dans l'ammoniaque, et à peu près insoluble dans la potasse. Elle donne avec le chlore, le brome, et l'acide nitrique des produits de substitution. Elle fournit avec l'iode des cristaux rouge*rubis, dont la formule est 2 (C^ H" Az 0« l«).

C'est une base énergique qui bleuit le tournesol et qui forme des sels bien cristallisés aussi. Le chlorhydrate a pour formule £»• H" AzO« HCl + 4 HO.

La codéine est employée comme calmant.

Elle se distingue facilement de la morphine, car : 1* La codéine est soluble dans Téther et dans l'ammoniaque» 2<* Elle est insoluble dans les solutions de potasse, 3^ EUe ne réduit pas l'acide iodique et les persels de fer, 4<* Elle ne se colore pas avec l'acide nitrique.

NARCOTINE.

C«4H23AzOl4 = ftlS.

285. La narcotine est cristallisée en prismes du système rhombique. Elle est à peu près insoluble dans l'eau froide, un peu soluble dans l'alcool, assez soluble dans Téther. Elle fond à ilO^ et se décompose au-dessus de 200<». L'acide nitrique étendu la transforme en divers produits d'oxydation, dont les plus importants sont la méconine, la cotarnine, et l'acide opianique.

La narcotine s'unit aux acides, mais les solutions se détruisent par l'évaporation.

La narcotine se distingue de la morphine en ce qu'elle ne réduit pas l'acide iodique et les persels de fer; de la codéine en ce qu'elle donne avec l'acide nitrique une coloration rouge de sang. En outre ce corps n'est soluble ni dans la potasse ni dans Tammoniaque.

THÉBAINB.

G38HS1A206.

286. Cet alcaloïde, nommé quelquefois paramorphine, serait la plus toxique des bases de l'opium.

Il est cristallisable, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et dans Téther. L'acide azotique fumant l'attaque à froid et donne un liquide jaune, qui brunit au contact des alcalis et qui dégage une vapeur alcaline. L'acide sulfurique monohydraté lui donne une teinte rouge.

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