SM EXSUDATIONS
M. Bœdecker a trouTé dans nn pus légèrement alcalin :
Eaa 88,76
Albomine 4 ,38
Prioe 4,65
Corps gras et choleslériiie 1,09
Chlonire de sodium 0,59
Autres sels alcalins 0,32
Pliospliates terreux 0,21
Certaines Tariétês de pus ont la propriété de donner une teinte bleue au linge. M. Fordos a découvert le principe de cette coloration : c'est une substance cristalline qu'il a nommée le pyoeffomme.
Le pus se gonfle et prend l'aspect de la gélatine lorsqu'on le mélange avec de l'ammoniaque. Cette réaction le distingue du mucus.
Comme les experts ont souvent à donner leur avis sur les mélanges de tissus, sur les altérations en écritures sur les corps gras etc., nous avons cru devoir traiter de ces points.
ESSAI DES TISSITS.
S'il s'agissait simplement de distinguer des fibres végétales d'avec des fibres animales, rien ne serait plus simple : on les chaufferait dans un petit tube. Les matières animales laissent un charbon volumineux, dégagent de l'ammoniaque et répandent l'odeur de corne brûlée. Les matières végétales laissent un faible résidu et dégagent une vapeur acide. Mais on peut avoir à séparer les différentes fibres les unes des autres ; dans ce cas voici la manière d'opérer.
11 faut commencer par débarrasser le tissu de la matière colorantç et de l'apprêt. A cet effet, on le tient pendant quelques minutes dans de l'eau bouillante contenant deux ou trois centièmes d'acide chlorhydrique. On répète ce traitement si le tissu paraît décharger beaucoup. Dans le cas où la couleur ne serait pas entièrement enlevée, on porterait l'échantillon dans un bain de carbonate de soude très étendu (2® Baume environ), et on terminerait par un nouveau passage à l'acide. L'échantillon étant ainsi préparé, on le lavera à grande eau et on le laissera assez longtemps dans la salle où on opère pour que deux pesées successives fournissent le même nombre. Si on a pesé
l'échantillon avant ces traitements, la différence des poids don* nera la quantité de teinture^ d'apprêt et de matière qui a servi à charger le tissu. On opérera sur un échantillon pesant 3 à 4 gr.
i^ Iiaine et coton, soie et coton. — L'échantillon précédent est introduit dans un bain bouillant de soude caustique marquant 9^ B. On Ty laisse un temps variable avec la nature de la fibre et la contexture du tissu ^ mais qui ne dépassera pas 10 minutes. La fibre animale est dissoute et il reste le coton. On le retire avec soin, on le lave d*abord à l'eau acidulée puis à Teau pure, on le sèche et on le pèse après l'avoir laissé un temps suffisant dans la même pièce pour que deux pesées consécutives accusent le même poids. La perte représente la laine ou la soie. L'expérience montre qu'il est bon d'ajouter au poids de coton trouvé 3 0/0, le coton étant légè* rement attaqué par la lessive alcaline.
2** Iiaine et soie. — On doit à M. Persoz fils un excellent moyen de séparation qui consiste dans l'emploi du chlorure de zinc en solution concentrée et bouillante.
On prépare du chlorure de zinc, et on Tévapore en présence d'un excès d oxyde de zinc afin d'enlever l'acide chlorhydrique libre, puis on filtre la solution et on Tévapore jusqu'à 60® B.
On place cette solution dans une capsule de porcelaine, et quand elle est bouillante on y introduit Téchantillon : la soie se dissout presque instantanément, et la laine reste inaltérée. On la retire avec un agitateur en verre et on la lave à Teau aiguisée d'acide chlorhydrique, puis à l'eau pure. Enfin on la sèche et on la pèse avec les précautions indiquées plus haut. Le bain peut servir à plusieurs essais parce que le chlorure de zinc dissout une grande quantité de soie.
S^Iiaine, soie et coton. — L'échantillon, privé des matières colorantes ou autres, est pesé, puis passé d'abord au bain de chlorure de zinc (2°) qui dissout la soie. Après avoir lavé, séché puis pesé la laine et le coton qui restent on les soumet à l'action de la soude caustique comme au {^, on lave, on sèche et on pèse le coton non attaqué.
Si, au lieu d'opérer sur des tissus, on agissait sur des fils mélangés, il serait bon d'introduire l'étoffe dans'un nouet en fil léger afin d'éviter toute perte de fibre.
4® Soie on laine d'avec chanvre on lin. — On traitera le tissu privé d'apprêt comme au i^. La substance animale se dissout et les fibres végétales restent.
5^ Coton d'avec lin ou chanvre. — L'apprêt étant enlevé,
et le tissu desséché puis pesé^ on le plonge pendant 1 à 2 minutes dans l'acide sulfurique concentré et froid, puis on le lave, en le irottant^ avec de l'eau pure, puis de Tammoniaque. Le coton est changé en une matière gommeuse que l'eau entraîne, et il reste le chanvre ou le lin que Ton pèse (Kindt).
(}* Un, chanvre, phormiom tenaz et j aie. — M. Vincent^ inspecteur du service de santé de la Marine, a donné le moyen suivant, qui est d'un emploi commode et qui réussit bien. Oq plonge l'échantillon de filasse^ fil ou tissu^ dans une solution de chlore saturée. Si l'on doute que la chaîne et la trame soient formés de fils semblables^ on ôte quelques fils sur les deux côtés d'un angle du petit carré de toile sur lequel on opère^ afin de pouvoir juger isolément la coloration des fils en saillie sur les deux bords.
Après une minute d'immersion dans le chlore, on retire les échantillons, on les place sur une plaque de porcelaine, et on verse sur chacun d'eux un léger excès d'ammoniaque. Des colorations spéciales se prononcent aussitôt.
Les produits du phormium tenax prennent une coloration d'un rouge vif qui brunit en une minute.
Les chanvres de France rouis dans Teau courante et le chanvre d'Italie acquièrent une teinte orangée qui se fonce en une minute sans atteindre la nuancé et l'intensité de couleur que prend le phormium.
Les chanvres de France, préparés après un rouissage dans l'eau stagnante, prennent des teintes plus foncées que les précédents, mais qui ne peuvent se confondre avec les nuances rouge-vif du phormium.
Les lins de France rouis h Teau courante ou stagnante acquièrent, après l'immersion dans le chlore, et au bout d'une minute de contact avec l'ammoniaque, une teinte plus faible que les chanvres. Cette nuance, toutefois, se rapproche assez de celle qui est développée sur le chanvre roui à l'eau courante pour qu'il reste des doutes si l'on n'avait pas reconnu de prime abord la teinte orangée que manifeste le chanvre.
Le coton donne des teintes extrêmement faibles. Les fibres textiles des plantes suivantes, jute, agave americana et fœtida, hibiscus cannabinus, bohemeria, îagetto capsularis, asclepias gigantea prennent avec les deux réactifs précédents des colorations d'un rouge violacé.
Si, après ces essais, il restait des doutes, on recourrait à remploi du microscope.
Emploi da microscope. — M. Vétillart a fait connaître un mode d'analyse des fibres de lin^ de chanvre^ de jute^ de coton, de china-grass et de phormium tenax basé sur Tusage du microscope^ et d'un petit nombre de réactifs. Cette méthode est très bonne^ mais elle est d'un emploi difficile parce qu'elle repose surtout sur Texamen de la tranche des fibres , et je conseillerai de n'y recourir que lorsque tous les autres moyens auront été insuffisants. (Un, Ph. 1870, p. 179).
Je dois à l'obligeance de M. Mussat les caractères suivants que font très bien saisir les dessins qui les accompagnent. Ces dessins ont été pris à la chambre claire au niveau de la platine du microscope^ avec Tobjectif n" 3 et Toculaire n® 1 de Nachet. Le résultat est sensiblement le même avec l'jobjectif n<> 6 de Verick.
Le grossissement est de 315 diamètres.
Ces dessins sont tout à fait comparables entre eux. Pour faire ces essais on prendra donc un grossissement voisin de 300.
lÂn, — Fibres creuses, très allongées, insensiblement atténuées
Fig. 121. — Un de France.
aux deux extrémités. Parois épaisses limitant une cavité assez large. Diamètre général uniforme (fig, 121).
Chanvre. — Fibres creuses, très allongées, atténuées aux deux extrémités en pointes souvent dentelées d'un côté. Parois très épaisses ; cavité très petite. Diamètre général très irrégulier présentant une succession de renflements séparés par des régions plus étroites. Ces fibres sont toujours plus grosses que celles du lin (fig, 122).
Coton. — Tubes plus ou moins longs suivant es variétés.
Sl> ESSAI DES TISSUS.
loajoors xplatis, rabanes, à parois très minces, plus on n
contoumês, soovent roulés en hélice {fig. 123).
rig. iï3. — Coton.
Soie. — Fibres pleines, de grosseur assez variable, mais d'un - diamètre assez régulier. Réfractent assez fortement la lumière transmise (/ig. 134).
lame. — Poils de grosseur variable suivant les animaux, el aussi suivant les différentes régions du mËme animal. Cellules épidermiques à bords très relevés, formant un réseau de lignes très nettes, à maille* sensiblement éqmlattraks sur les parties
Tuesde race, et produisant Gur les bords {'apparence de dentelures très manifeÈtes. — Fibres longitudinales du tissu sous-épidermique généralement bien visibles. — Diamèlre assez peu uniforme {fig- 125).
Mg. IM. - Polli de ehevri