AVANT-PROPOS
En traitant, dans ce Manuel, des corps impondérables , j'ai cru ne pouvoir mieux faire que d'y relater l'extrait que M. Fresnel, aujourd'hui niembre de ^Académie des Sciences de l'Institut, eut, dans le temps , la complaisance de faire pour moi , de ses divers mémoires lus à cette Société savante sur la lumière. J'y ai également inséré, dans leur entier, les très intéressans articles de M. le docteur Ure, sur le calorique et sur Télectricité. 11 m'a semblé que je ne pouvais présenter ainsi d'une manière plus satisfaisante et plus complètement instructive, l'histoire de ces corps.
OBJET DB JéX CBIMXE.
Ija phimie est la science qui apprend à connaître ractton intime que tou» les corps de la' nature exercent uns sur les autres , et à déteraSoer . les changemens permanens auicqu^s cette actiou réciproijue peut donner lieu.
Parmi les corps naturels , on appelle corps simulés ou élimens, ceux en très petit nombre dont on n'est point encore parrenti à" séparlr de principes , ou dont on n'a pu , par quelque moyen que ce soit , retirer qu'une seule sorte de matière} et Ton donne le nom corps composés à ceux ^i existent au ^contraire en très grand nombre , dont, en les traitant convenablement , on peut obtenir plusieurs sortes de matières de nature différente. Ainsi, par exemple ^ Tor est un corps simple , pouvant rare considéré comme élément , parce que, de quelque manière qu^on le traite y on n*en obtient que de l'or ; le gypse est un corps composé , parce qu'on peut en retirer de l'acide sulfurique^ 4^ i& waux et de Teau. .
La chimie n'a que deux*^ moyens pour parvenir au but qu'elle se propose, et que nous venons d'indiquer ; il faut , ou qu'elle décompose les corps afin de rechercher quds sont les principes qui les
forment par leur réunion , ou qu'elle lea uniase , qu'elle les combine , pour étudier leur action réciproque; c'est donc à la décompçsition des corps , ou à leur analyse y et à la^réunion de leurs principes pour en opérer la comparaison ^ ou à la synthèse^ que se réduisenWtoutes les opérations chimiques.
On ne peut remplir cet objet important sans s'aider d'une /t^rre naturelle^ dont les effets s'exer- ^cent sur tous les corps , et cette force est VattracUon.
* DE Jl'aTTRACTIO^T.
Tous les corps s'attirent plus ou moins; tout dans la nature semble lié par l'attraction; elle varie dans ses effets, cause des changemens, établit
l'équilibre , et excite dans les corps inanimés une tendance à la combinaison | qui se fait sentir et TCttianluer partout. ^ ''Cette force d'attraction universelle à laquelle* tous les grands corps qui constituent notre système solaire ol^^isi^ent, qui les fait tendrç continuellement à se port^ les uns vers les autres y qui retient les planâtes dans leurs brbites et rëgK leur mouv^ent y se distingue pSrticulièrement de l'attrac-? .tion en général , lorsqu'elle s'exerce asnsi sur des masses considérables, par la.désignationd'attraction ' àb gravitation ; elle est alors du ressort de la pbv* sique. C'est au physicien qu'il appartient d'explimier les lois au moyen desquelles elle imprime, dirige ou relarde le mouvement des corps célestes; mais le chimiste 9 dont les expériences se font ordinairement sur des massés très peu considérables en comparaison des globes de cet univers , s'occupe à étudier les lois, les effets de cette même force modiiiée, et s'attache à suivre les phénomènes que présente dans sa marche et dans son action Vattraction chinuque.
Le changement que l'attraction produit sur les
D£ CHIMIE. 3r
corps, est une diminution fie la distance qui les sépare. Or^ les distances entre les corps sont de deux sortes; elles sont ou trop petites ^poor être apercevabies pariios sens, ou assez grandes pour, pouvoir être facilement reconnues et appréciées. Dans le j)remier cas, l'effet de l'attraction ne doit pas se manifester d'une manière sensible, tandis ^ que dans l'autre le cbangenient de distance est visible. Ainsi les attractions des corps en ce qui nous concerne , se divisent naturellement en deux classes : i°. celles qui s^exercent à des distances sensibles; a^. cell^ qui ont lieu à des distances imperceptibles. La première classe de T^es attractions ne s'^ppliqué éfîdenimcnt qu'à ceux des corps qui s6nt en masses de grandeur sensible; dans la seconde , le» attractions doivent se borner molécules des eorps, parce que ce n'est qu*à Vègsird de ces molécules seulement , que la distance qui existe entre elles est imperceptible.
On a particulièrement distingué par le nom èiaffinUi^ cette classe d'attractions qui Se bornent aux molécules de la matiètre , et l'oii â plus géné«^ ralement restreint la signification du terme attmc'tion aux cas où cette force agit à distance sensible. Mais il y *a deux espèces de molécules de la matière, elles sont ou homogènes on hAérogènes. Par molécules homogènes, on' entend désigner celles qui composent le même corps, ainsi toutes les molécules du fer sont homogènes ; la dénomi-. nation de molécules hétérogènes s'applique à celles qui entrent 4ans la composition de eotps différens , aîiisi une molécule de fer et une molécule de plomb sont des molécules hétérogènes.
L'affînité homogène porte les molécules homo* gènes à tehére les unes vers les autres , et les maintient à des distances insensibles; Vest par l'effet de cette force que les corps sont presque toujours à l'état d'union, de manière à former des