Magnesium. — Cet élément, découvert par
sir H. Davy, à l’aide de l'électricité voltaïque, n’a été obtenu qu’à l’état d’amalgame avec le mercure; cet amalgame distillé, sans le contact de l'air, laissa une pellicule métallique d’un gris foncé , infusible à une chaleur qui faisait ramollir le verre, et qui dans le cours de la distillation du mercure rendait noir le verre à son point de contact avec le métal. Chauffé fortement, la pellicule brülait avec une lumière rouge et se convertissait en une poudre blanche, ayant tous les caractères de la magnésie.
On ne connaît encore qu’une seule combinaison du magnesium et de l’oxigène; cet oxide est la magnésie.
Magnésie. — Cet oxide n’ayant point encore été trouvé dans la nature à l’état de pureté, on le retire ordinairement du sulfate de magnésie, sel composé de cette terre et d’acide sulfurique , qui existe en abondance dans les eaux de la mer et dans celles de beaucoup de sources. L’eau de la fontaine des environs d'Epsom, en Angleterre, en est particulièrement chargée, ce qui avait fait donner autrefois au sulfate de magnésie le nom de sel d’Epsom. En ajoutant à une dissolution de ce sel dans l’eau la moitié de son poids de potasse, la magnésie en est immédiatement précipitée à raison de l’affinité plus forte de l’acide sulfurique pour la potasse. On la lave alors dans une suffsante quantité d’eau, et on la fait sécher.
La magnésie ainsi obtenue est une poudre blanche, très douce au toucher, inodore, et sans saveur bien sensible; sa pesanteur spécifique est d'environ 2,3 suivant Kirwan. Elle verdit le sirop de violettes et l’infusion de choux rouge, et elle
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rougit la teinture de curcama ; elle est infusible, ‘excepté quand on la soumet au chalumeau hydrooxigène, c’est-à-dire à courant de gaz oxigène et hydrogène. Elle est presque insoluble dans Peau, mais elle peut absorber une certaine quantité de ce liquide, avec développement de chaleur. Cette terre, précipitée du sulfate par un alcali caustique, est à l’état d’hydrate, ou retenant en combinaison une certaine quantité d’eau, qui cependant s’en sépare à une chaleur rouge.
Elle contient environ le quart de son poids d’eau.
La magnésie exposée à l’air en attire très lentement l’acide carbonique. La magnésie ne se fond point à la chaleur la plus forte que nous puissions
roduire; mais M. Darcet a observé qu’à une très LL. température elle devenait en quelque sorte agglntinée. Lorsqu'après l’avoir formée en tablettes, en la pétrissant avec de l’eau, on l’expose à une chaleur violente, l’eau en est chassée par degrés, la magnésie se contracte dans ses dimensions, et l’on à annoncé qu’elle acquiert en même temps la propriété de luire dans l’obscurité lorsqu'on la frotte sur une plaque de fer chaude.
Le magnesium s’unit au chlore et au soufre; on ne la point encore combiné avec liode, le fluor, l'hydrogène, l'azote, le carbone et le bore.
37. Yttrium. — Sir H. Davy reconnut qu’en faisant passer du potassium à travers l’yttria rouge de feu, le potassium est converti en potasse, et l’on aperçoit des particules grises d'apparence métallique en état de mélange avec la potasse; ces particules sont probablement l’yttrium réduit à l’état métallique.
On ne connaît encore qu’une seule combinaison de l’yttrium et de l’oxigène ; cet oxide est l’yttria.
Yttria. — On n’a trouvé jusqu’à présent cet oxide que dans le minéral noir appelé sadolinite, parce que ce fut Gadolin qui l’analysa le premier
en 1794; ce minéral avait été trouvé en 1787 dans le canton d’Ytuby en Suède.
Le moyen le plus facile pour se procurer lyttria consiste à faire fondre le minéral avec deux parties de potasse caustique, à laver la masse avec de l’eau bouillante, et à filtrer ensuite la liqueur, qui doit être d’un beau vert. On évapore alors cette liqueur jusqu'à ce qu’il ne s’en précipite plus d’oxide de manganèse, sous la forme d’une poudre noire, après quoi le liquide est saturé avec de l’acide nitrique très étendu , qui dissoudra V’yttria avec beaucoup de chaleur, et laissera la silice et le fer oxidé à un haut degré, non dissous. Après avoir alors mêlé les deux liqueurs, on les évapore à siccité; en redissolvant ensuite le résidu et en filtrant, on séparera tout ce qu’il a pu laisser de silice et d’oxide de fer. En ajoutant alors quelques gouttes d’une dissolution de carbonate de potasse, on séparera la chaux qui peut ètre présente, et par une addition faite avec ménagement d’hydrosulfate de potasse, on précipitera l’oxide de manganèse s’il en est resté ; mais si l’on en emploie beaucoup trop, l’yttria sera également précipitée; enfin, on précipite l’yttria par de l’ammoniaque pure; et après avoir bien lavé le précipité, on le fait sécher.
L’yttria ainsi obtenue est une poudre fine, très lourde, blanche, sans saveur ni odeur; elle n’altère point les couleurs bleues végétales.
L’yttria est insoluble dans l’eau, qu’elle peut cependant retenir en grande proportion, et même jusqu’au tiers de son poids, ainsi que Klaproth sen est assuré. L’yttria est insoluble dans l’eau, et la plupart des acides la dissolvent.
38. Glucinium. — En chauffant la glucine avec le potassium , sir H. Davy reconnut que le potassium est converti en potasse, et l’on apercoit des particules grises d'apparence métallique en état de mélange avec la potasse. Lorsqu'on met dans l’eau
ces particules, qui sont probablement la glucine réduite à l’état métallique, elles dégagent lentement de l'hydrogène, et sont converties en glucine.
On ne connaît encore qu’une combinaison définie du glucinium et de loxigène; cet oxide est Ja glucine.
Glucine. — Elle fut découverte en 1798, par M. Vauquelin, d’abord dans l’algue marine, et ensuite dans l’émeraude; son nom est dérivé de la propriété caractéristique qu’elle a de former avec les acides des sels d’un goût sucré. M. Vauquelin préparait la glucine ainsi qu’il suit : après avoir réduit en poudre fine dans un mortier de silex 100 parties de béril ou d’émeraude, on les fait fondre dans un creuset d’argent avec 300 parties de potasse pure. La masse étant fondue dans Peau, on ajoute de l'acide hydrochlorique qui la dissout. Après avoir alors évaporé la dissolution à siccité, en ayant soin de remuer sur la fin de l’o-
ération, le résidu est mêlé avec une grande quantité d’eau, et l’on filtre la liqueur pour en séparer la silice. Après avoir ensuite précipité la liqueur filtrée par du carbonate de potasse, on lave le précipité, puis on le fait dissoudre dans l'acide sulfurique. En ajoutant alors à la dissolution une certaine quantité de sulfate de potasse, on évapore la liqueur, et il se produit des cristaux d’alun; lorsqu'il ne s’en forme plus par du sulfate de potasse, et en évaporant, on ajoute une dissolution de carbonate d’ammoniaque en excès; et après avoir bien agité le mélange , on le laisse reposer pendant quelques heures, jusqu’à ce que la glucine ait été redissoute par l’excès de carbonate d’ammoniaque, et qu’il ne reste que l’alumine au fond du vaisseau. En évaporant alors à siccité la dissolution filtrée, on chasse l’acide du carbonate d’ammoniaque ; en le calcinant légèrement dans un creuset, on obtiendra ainsi quinze à seize pour cent de glucine pure.
La glucine ainsi obtenue est une poudre blanche, douce au toucher, légère, insipide, et adhérant à la langue; elle ne fait point éprouver de changement aux couleurs bleues végétales. Elle ne se durcit, ne prend de retrait, ni ne s’agglune par l’action de la chaleur; elle est infusible, et ne se dissout pas dans l’eau, maïs elle forme avec ce liquide une pâte qui a un certain degré de ductilité.
39. Aluminium. — Sir H. Davy, en faisant traverser par du potassium l’alumine chauffée au blanc, la plus grande partie du potassium fut convertie en potasse, qui, avec la portion d’alumine pure décomposée, forma une masse cohérente, dans laquelle on distinguait de nombreuses particules grisätres d’un éclat métallique. Celles-ci, chauffées à l’air, devenaient blanches , et faisaient lentement effervescence dans l’eau en s’y convertissant en alumine.
On ne connaît encore qu’une combinaison définie de l'aluminium et de l’oxigène; cet oxide est l’'alumine. ”
Alumine. — Cet oxide fut appelé autrefois argile ou terre argileuse, mais depuis qu’on le retire dans son plus grand état de pureté de l’alun, il a reçu le nom d’alumine.
L’alumine native la plus pure se trouve dans les pierres orientales, le saphir et le rubis ; elles consistent presque entièrement dans l’alumine unie à une petite portion de matière colorante.
Pour obtenir l’alumine pure, on fait dissoudre de l’alun dans vingt fois son poids d’eau , et on y ajoute un peu d’une dissolution de carbonate de soude afin de séparer le fer qui peut être présent ; on verse alors la liqueur surnageante dans une certaime quantité d’ammoniaque liquide, en ayant ts de ne pas ajouter plus de dissolution d’alumine qu'il n’en faut pour saturer l’ammoniaque ; celle-ci se combine avec l’acide sulfurique de l’alun,
et la base terreuse est séparée sous la forme d’une masse spongieuse. Il faut ensuite la jeter sur un filtre, l’éduicorer par des effusions d’eau successives , et la faire sécher. ;
L’alumine ainsi préparée est blanche, pulvérulente ','douce au toucher. Elle happe à la langue, et forme dans la bouche une pâte douce et sans gravier; elle est insipide, inodore , et ne produit ‘aucun changement sur les couleurs Yégétales ; elle est insoluble dans l’eau, mais elle se méle avec ce liquide dans toute proportion, et elle en retient une portion avec une force considérable; elle est infusible à la plus grande chaleur de nos fourmeaux, qui lui font seulement éprouver une diminution de volume , et lui donnent par conséquent de la dureté; au chalumeau à double courant de gaz oxigène et hydrogène, elle se fond en petite quantité. |;
L’alumine est répandue avec profusion dans la mature; c’est un des principes constituans de tous les sels et de presque toutes les roches x c’est la base de la porcelaine, des poteries, des briques et des creusets. On met à profit sa grande affinité pour la matière colorante végétale, dans la préparation des laques, ainsi que dans l’art de la teinture et de l'impression en calicot. Les combinaisons natives d’alumine constituent la terre à fou- Jon , les ocres, les bols, les terres à pipe, etc.
40. Thorinium. — Cet élément fut découvert en 1816 par M. Berzelius; il en reconnut l'existence dans la gadolinite de Korarvet, ainsi que dans deux minéraux nouveaux, qu’il appelle le deutofluate de cerium et le fluate double de cerium et d’yttria. Berzelius n’obtint que l’oxide du thorinium , ou la fhorine.
Thorine. — On peut l'obtenir des minéraux qui contiennent le protoxide de cerium et d’yttria, en opérant ainsi qu'il suit : après avoir séparé le fer par Île succinate d’ammoniaque, on précipite le
cerium par le sulfate de potasse; par l’'ammoniaque caustique, on précipite alors ensemble la thorine et l’yttria ; on fait dissoudre ce mélange dans lPacide hydrochlorique ; et après avoir fait évaporer la dissolution à siccité, on verse sur. le résidu de l’eau bouiliante, qui se charge de la plus grande partie de l’yitria : on dissout la partie restante du résidu dans les acides hydrochlorique ou nitrique, et on évapore la dissolution jusqu’à ce
u’elle soit devenue neutre aussi exactement que possible. On y verse ensuite de l’eau, qu’on fait bouillir un instant; la thorine se précipite, et la dissolution contient de l’acide libre; en saturant cet acide et en faisant bouillir une seconde fois, il se produit un nouveau précipité de thorine.
La thorine , séparée par le filtre, a l’apparence d’une masse gélatineuse demi-transparente ; lavée et séchée, elle devient blanche; elle se dissout dans les acides avec effervescence ; elle conserve, même après avoir été calcinée, la couleur blanche ; et lorsqu'elle n’a étésoumise qu’à une chaleur modérée, elle continue d’être ainsi aisément soluble dans l'acide ; mais après qu’on lui a fait éprouver une chaleur violente, il faut qu’elle soit mise en digeston dans l’acide hydrochlorique concentré pour être dissoute. Cette dissolution est jannâtre; mais elle devient incolore lorsqu'elle est étendue d’eau. Si la thorine est à l’état de mélange avec l’yttria , elle se dissout plus aisément après avoir été chauffée.
Les dissolutions neutres de thorine ont une saveur purement astringente, qui n’est ni sucrée, ni saline, ni amère , ni métallique. Cette propriété la distingue de l’yttria, et elle diffère de l’alumine par son insolubilité dans l’hydrate de potasse.
45. Zirconium. — En mettant en contact avec le potassium la zircone chauffée au blanc, le tout est converti en potasse et en molécules de couleur foncée, qui, examinées à la loupe, paraissent être métalliques dans quelques parties, d’un brun cho-
colat dans les autres , et qui se trouvent disséminées à travers la potasse,
On ne connaît encore qu’une combinaison définie du zirconium et de l’oxigène ; cet oxide est la zircone.
Zircone. — Eile n’a encore été trouvée jusqu’à présent que dans Le jargon de l'ile de Ceylan, ou zircor, et dans l’hyacinthe ; on peut l’en obtenir pure de la manière suivante : on fait fondre dans un creuset un mélange de minéral réduit en poadre avec trois fois son poids de potasse; on lave la masse fondue dans de l’eau pure, jusqu’à ce qu’elle en ait séparé toute la potasse. Le résidu de ce lavage est alors dissous autant que possible dans j’acide étendu. On fait bouillir cette dissolution, pour que le peu de silice qu’elle pouvait retenir l’abandonne en se déposant. On la filtre alors , et on en précipite, par un alcali caustique , la zircone à l’état de pureté.
La zircone ainsi préparée est une poudre blanche, sans saveur ni odeur, un peu rude au toucher lorsqu’on la frotte entre les doigts. Elle est insoluble dans l’eau; cependant elle à pour ce liquide une forte affinité, et si, lorsqu’elle en a été précipitée, on la fait sécher lentement , elle se rassemble en une masse jaunâtre transparente, semblable à de la gomme arabique qui retient le tiers de son poids d’eau. Elle est infusible au chalumeau; mais chauffée à un feu violent dans un creuset de charbon, elle acquiert une couleur grise; dans cet état de fusion imparfaite, elle a quelque chose de l'apparence de la porcelaine. Elle est alors devenue très dure et insoluble dans les acides.
42. Silicium. — En faisant traverser, par du potassium en excès, la silice dans un tube de platine, le potassium fut converti en Potasse, à travers laquelle était disséminé le silicium sous la forme d’une poudre de couleur foncée; cette poudre dé-
compose l’eau et se convertit immédiatement en silice.
On ne connaît encore qu’une combinaison définie du silicium.et de l’oxigène; cet oxide est la silice.
Silice. — Si, après avoir calciné dans un creuset d'argent du quartz réduit en poudre avec trois parties de potasse pure, on fait dissoudre dans l’eau le composé fondu; et si, ajoutant alors à la dissolution une quantité d’acide convenable pour saturer la potasse, on évapore le tout à siccité, on obtiendra une poudre graveleuse, qui, après qu’elle a été bien lavée dans l’eau chaude et ensuite calcinée , laissera la silice à l’état de pureté.
La silice ainsi obtenue est à l’état d’une poudre blanche , dont les parties les plus fines sont rudes et graveleuses au toucher. Elle n’est fusible que par le chalumeau à courant de gaz hydrogène et oxigène , et elle semble être, par expérience, insoluble dans l'eau.
La silice existe presque à l’état de pureté dans le quartz transparent où cristal de roche ; elle forme aussi la principale partie constituante des cailloux.
La silice a la propriété de se combiner avec le fluor.
BARS L/L'R LRQ ER /R L'O/D BR RQ QE QE D A DS AR EE QU Q/R A/R TU RE RUE ALES /U ES