‹ Manuel de chimie, ou précis élémentaire de cette science dans l'état actuel de nos connaissancesChapitre 31 sur 69 · IL. — ammoNnrAQUE · texte numérisé non relu

IL. — ammoNnrAQUE

Composé résultant de la combinaison des gaz hydrogène et azote, l’ammoniaque n'existe à l’état de pureté que sous forme gazeuse; on peut l’obtenir aussi de la manière suivante :

Après avoir mis dans une cornue un mélange de trois parties de chaux vive, et d’une partie de sel ammoniac en poudre, on en fait aboutir le bec sous une cloche de verre remplie de mercure et renversée sur ce métal. En exposant ensuite cette cornue à la chaleur d’une lampe , il s’en dégage un gaz qui déplace le mercure et remplit la cloche ; ce gaz est l’ammoniaque. L’ammoniaque , à l’état de gaz, est d’une transparence parfaite, et sans couleur comme l’air. Sa saveur est âcre et caustique comme celle de la potasse ou de la soude, mais beaucoup moins forte; et l’ammoniaque ne corrode point les substances animales sur lesquelles on l'applique. L’ammoniaque est remarquable par son odeur piquante, qui cependant n’est pas désagréable, lorsque cet alcali est suffisamment étendu.

Les animaux plongés dans le gaz ammoniac ne peuvent le respirer, ils y périssent; lorsqu'on laisse une bougie allumée dans une cloche pleine de ce gaz, elle s'éteint à trois ou quatre reprises successives ; mais, chaque fois, la flamme acquiert un volume plus considérable par l’addition d’une autre flamme de couleur jaune pâle ; et, à la fin, cette flamme descend de la partie supérieure de la cloche vers le fond ; la pesanteur spécifique du gaz ammoniac est de 0,500, celle de l’air étant t.

En exposant le gaz ammoniac à un froid de quarante-trois degrés centigrades environ au-dessous de zéro, il se condense en un liquide; mais il reprend sa forme gazeuse à mesure que sa température s'élève au-dessus de ce degré de froid. Lorsqu'on fait passer ce gaz à travers un tube de

porcelaine ou de verre rouge de feu , il est totalement converti dans ses deux parties consti- tuantes, les gaz hydrogène et azote.

Le gaz ammoniac se combine très promptement avec l’eau. Lorsqu'on met un morceau de glace en contact avec ce gaz, la glace se fond, absorbe l’ammoniaque, et la température s’abaisse ; avec l’eau froide, l’absorption est presque instantanée : il y a dégagement de calorique, et la pesanteur spécifique de l’eau est diminuée, L’eau est capable d’absorber, d’après les essais du docteur Thomson , 780 fois son volume de gaz ammoniac; et par cette absorption l’augmentation du volume du liquide est de 8 à 103 la pesanteur spécifique de la dissolution est de 0,900. C’est dans cet état que les chimistes emploient ordinairement l’ammoniaque ; et par cette dénomination, on entend presque toujours cette dissolution aqueuse de gaz ammoniac. Lorsqu'on la chauffe à la température d'environ 54 degrés centigrades, l’ammoniaque s’en sépare sous forme de gaz; lorsque cette dissolution est rapidement refroidie, à environ 55 degrés centigrades au-dessous de zéro, l’ammoniaque se prend en une gelée épaisse, et conserve à peine de l’odeur.

$. [IT — ga,

L’eau est ce liquide répandu avec tant d’abondance sur toutes les parties de la surface du globe, et d'une nécessité indispensable à l’existence des animaux et des végétaux. Il suffit de distiller ce liquide pour lavoir pur; et dans cet état il est transparent, inodore , insipide, élastique, susceptible de transmettre les sons et de mouiller la plupärt des corps.

L'eau existe dans les quatre états, de solide ou glace, de liquide où eau, de Yapeur, et dans l’état de combinaison avec d’autres corps. L'état de glace est celui le plus simple de l’eau, parce qu’a-

lors elle contient moins de calorique que dans son état d’eau; dans son état de vapeur, c’est de l’eau combinée avec une quantité additionnelle de calo- | rique. / L'eau est un protoxide d’hydrogène, formé!

d’oxigène et d'hydrogène dans les proportions de! | 88 parties 29 d’oxigène, et de 11,71 parties d’hydrogène en poids, ou de un volume de gaz oxigène et de deux volumes de gaz hydrogène. On prouve que telle est la nature et la proportion des deux principes constituans de l’eau, soit par l’analyse,, soit par la synthèse.

Plusieurs chimistes des plus distingués, parmi lesquels ont peut citer Macquer, en 1776, Lavoisier et Bucquet, en 1777, Cavendish et le docteur Priestley, en 1781, s’occupèrent successivement d’expériences intéressantes sur Ja composition de l’eau, et sur la détermination de ses principes constituans en gaz hydrogène et en gaz oxigène. Ce fut dans l’été de 1781 que Henri Cavendish, | s’occupant d'examiner ce que devient l'air perdu

ar la combustion, entreprit ses expériences dans | lesquelles il brûla 32,K1.355, mesure, de gaz hy- || drogène avec deux fois et demie cette quantité! d’air commun, et en faisant passer ce mélange! brülant à travers un tube de verre d’environ deux mètres de long, il se condensa 8,8r87/40 d’eau pure. Cavendish fit aussi brûler dans un vaisseau fermé un mélange d'environ 1253 grammes, mesure, de gaz oxigène, et d'environ 2400 grammes de gaz hydrogène; la liqueur condensée fut reconnue contenir une petite portion d'acide nitrique , lorsque le mélange de l'air était tel que l'air brülé contenait une proportion considérable d’ox1gène. On peut, dans ce cas, présumer qu’il se combine de l’oxigène avec l’azote présent.

Le 24 juin 1783, Lavoisier et M. Delaplace répétèrent l’expérience de la combustion de l’hydrogène et de l’oxigène dans un vase de verre sur le

| mercure, en quantité plus grande encore que celle Cu avait été brûlée par Cavendish; le résultat fut d’environ 1917 grammes d’eau pure.

Lavoisier procéda à peu près dans le même temps, javec Meunier, à une expérience qui consistait à faire traverser par de la Vapeur d’eau un tube de ‘fer rouge de feu. Il trouva que le fer était oxidé, et qu'il y avait eu dégagement d'hydrogène; et la Yapeur d’eau qu’il fit traverser diverses autres sub- Stances combustibles ou oxidables, produisit des résultats semblables, disparition de l’eau et dégagement d'hydrogène. Lavoisier donnait Pexplication de ces expériences capitales en supposant que Veau était décomposée en ses parties constituantes, l’oxigène et l'hydrogène, dont la première s’unit avec la substance en ignition, et dont l’autre est dégagée. Enfin la grande expérience de la décomposition de l’eau par Fourcroy, MM. Vauquelin et Séguin , commencée le mercredi 13 mai 1790, ne fut achevée que le vendredi 22 du même mois ; la combustion fut maintenue avec peu d’interruption pendant 185 heures. Les expérimentateurs ne quittèrent pas un seul moment l’appareil ; ils se relevaient alternativement, lorsqu'ils étaient fatigués, pour se reposer pendant quelques heures sur des matelas dans le laboratoire. Pour obtenir le gaz hydrogène, ils firent d’abord fondre du zine, qui fut ensuite réduit en poudre dans un mortier très chaud. Ils se servaient, pour dissoudre ce métal, d’acide sulfurique concentré, étendu de sept parties d’eau, et ils faisaient passer le gaz produit à travers la potasse.

Pour se procurer l’oxigène, ils distillèrent 1,Klre de chlorate da potasse cristallisé en faisant également passer le gaz dégagé à travers la potasse.

Le volume du gaz hydrogène consumé fut de Dr5,décim. cubes623, dont le poids était de 55,8r.205.

Le volume du gaz oxigène consumé fut de 24gdécim. cubes 362 , pesant 32981-,837.

Le poids total de l’un et l’autre de ces fluides: élastiques était de 385,sr042.

Le poids de l’eau obtenue fut de 384,#.818; et per conséquent le déficit sur le poids ne fut que de 0,8r-224. |

La quantité de gaz azote, avant l’expérience, était de 8,décim. cubes236 ; il s’en est trouvé, après l’expérieuce, 9,décim. cubes263 , donc l’excès du gaz azote était, à la fin de expérience, de 1 ,déc.cub.027. Cette augmentation peut être attribuée, suivant Fourcroy et M. Vauquelin, à la petite quantité d’air atmosphérique qui restait dans les cylindres intérieurs des gazomètres à l’instant où les autres airs y avaient été introduits. Ce décimètre cube en excès ne pouvait provenir du gaz hydrogène; car il fut reconnu par l'expérience qu’il ne contenait pas du tout de gaz azote. L’eau obtenue ayant été examinée avec le plus grand soin, on lui reconnut toutes les propriétés de l’eau distillée la plus pure, et sa pesanteur spécifique était à celle de l’eau distillée comme 186,7r est à 166,70.

La décomposition de l’eau se démontre le mieux en enflammant dans l’eudiomètre un mélange de deux volumes d'hydrogène et d’un volume d’oxigène : les deux gaz disparaissent en totalité, et il en résulte de l’eau pure.

Le litre d’eau pure, mesure contenant un décimètre cube de ce liquide, pèse un kilogramme; ce poids du litre ou décimètre cube d’eau est environ 825 fois plus considérable que celui d’une mesure semblable d’air atmosphérique.

L’atmosphère, lorsque sa température est suffisamment abaissée, enlève à l’eau une certaine portion de son calorique; alors une cristallisation S ensult, l’eau se solidifie et devient glace. Près des pôles l’eau est éternellement solide; elle y

existe dans un étet sembiable à celui des roches les plus dures,

Il faut que la glace à zéro absorbe au-delà de 77 degrés centigrades de calorique pour devenir * fluide, où une quantité de calorique telle qu’elle suffirait pour qu’un volume égal d’eau l’élevât de zéro à 77 degrés centigrades : c’est ce dont où peut s’assurer au moyen d’un thermomètre. Après avoir mêlé ensemble des poids égaux de glace ou de neige à zéro et d’eau chauffée à 77 degrés centigrades, la glace ou la neige fondent à l’instant, et la température du mélange n’est encore qu’à zéro. Dans ce cas, cependant, l’eau s’est refroidie de 77 degrés centigrades, tandis qu'il n’y a eu aucune augmentation dans la température de la glace ou de la neige; de manière que 77 degrés centigrades de calorique ont disparu. Cette quanüuté de calorique à dü s’être combinée avec la glace ou la neige, mais elle n’a pu suffire qu’à la faire fondre sans produire d’a ugmentation dans sa température, d’où il suit irrésistiblement que Ja glace ou la neige, lorsqu’elle est convertie en eau, a absorbé 77 degrés centigrades de calorique, et s’y est combinée. Ainsi, l’eau refroidie à zéro ne peut se congeler qu’autant qu’elle aura perdu 977 degrés centigrades de calorique; et la glace, après avoir été amenée à zéro, qui est le terme exact de la congélation , ne peut fondre jusqu’à ce qu’elle ait absorbé 77 degrés ccntigrades de calorique. On ne peut donc plus douter alors que l’eau ne doive sa fluidité à son calorique latent, et que son calorique de fluidité ne soit de 77 degrés centigrades.

De l’eau tenue en ébullition pendant tout aussi loug-temps que ce puisse être dans un vaisseau ouvert, ne peut acquérir le plus petit degré de chaleur au-delà de celui auquel elle à commencé à bouillir, ou de 100 degrés centigrades ; Jorsqu'elle est parvenue à ce point, la vapeur absorbe le calorique et l’entraîne à mesure qu'il s’en dé-

veloppe. Cependant la continuation de la chaleur, jointe à une pression additionnelle, peuvent augmenter considérablement et l’expansibilité et !a température de la vapeur. C’est à raison de la grande quantité de calorique qu’exige la conversion des liquides en vapeur que l’évaporation produit du froid. Lorsqu'on jette de l’eau sur des corps chauds, cette eau est à l’instant convertie en vapeur, et elle enlève ainsi à ces corps une grande portion du calorique qu'ils contiennent.

On a supposé que les terribles effets de quelques éruptions de volcans et de tremblemens de terre étaient produits par ce prodigieux pouvoir de la vapeur, l’eau de la mer parvenant à se frayer une issue dans des feux souterrains.

C’est à la force expansive de la vapeur de l’eau qu’il faut attribuer le mouvement bien connu sous le nom d’ébullition qui s'établit dans l’eau; il est occasionné par le passage à travers l’eau de la vapeur, qui se forme d’abord au fond du vaisseau.

On connaît aujourd’hui quel parti avantageux on est parvenu à tirer, dans ces derniers temps, surtout pour les arts, les manufactures et la na-

vigation, du moyen de la force de la vapeur de

l’eau.

Eau oxigénée. — Ce peroxide d'hydrogène fut découvert, en 1818, par M. Thénard. Ce savant

préparait l’eau oxigénée en dissolvant le deutoxide-

de barium dans l'acide hyÿdrochlorique, versant dans cette dissolution une certaine quantité d’acide sulfurique ; répétant ensuite nombre de fois ces deux Opérations sur la même liqueur, puis y ajoutant du sulfate d'argent, et enfin de la barite. En séparant successivement tous les précipités par le filtre, ON parvient à charger l’eau de beaucoup d'oxigène, et c’est en opérant ainsi que M. Thénard a fait absorber à ce liquide jusqu’à

616 fois son volume d'oxigène, c’est-à-dire le double de la quantité de ce principe , qui lui est propre. Dans cet état de l’eau la plus chargée d'oxigène, que M. Thénard ait pu obtenir, et qu’il a considérée en conséquence comme étant un peroxide d'hydrogène, sa densité est de 1,452. C’est à raison de cette grande densité qu’en versant le peroxide d'hydrogène dans de l’eau ordipaire , on le voit couler à travers cette eau comme une espèce de sirop, quoiqu'il soit très soluble. fl attaque lépiderme presque instantanément, et y cause des picotemens dont la duré - varie en raison de la quantité de ce liquide appliquéesur la peau ; si cette quantité est trop considérable, où que Vapplication du liquide sait renouvelée, la peau elle-même est attaquée et détruite; appliqué sur la langue, ce liquide la blanchit et la picote aussi; il épaissit la salive et produit sur l’organe du goût une sensation diflcile à exprimer, mais dans laquelle on peut discerner celle du tartre émétique. Son action sur loxide d'argent est des plus violentes; chaque goutte que l’on en laisse tomber sur cet oxide sec, produit une véritable explosion, et elle donne lieu à un dégagement de chaleur tel, que si l’expérience se fait dans l’obscurité, il y a développement très sensible de lumière. Outre l’oxide d'argent, il en est plusieurs autres , tels que les peroxides de manganèse et de cobalt, les oxides de plomb, de platine, d’or, d’iridium , de rhodium, de palladium , qui agissent aussi très vivement sur l’eau oxigènée à l’état de peroxide d'hydrogène. Plusieurs métaux, par exemple , l’argent, le platine, l’or, l’osmium, Piridium, le rhodium, le palladium , lorsqu'ils sont à l’état de division extrême, produisent le même phénomène. Dans tous les cas précédens, c’est toujours l’oxigène uni à l’eau qui est dégagé, et quelquefois également celui de loxide; mais

dans d’autres cas, comme lorsque le peroxide d'hydrogène est mis en contact avec l’arsenic, le molÿbdène, le tungstène et le selenium, une portion de l’oxigène s’unit avec le métal lJuimême; ces métaux sont Souvent acidifiés avec production de lumière. ;

Les oxides rendent l’eau oxigénée plus stable, L'or à l’état de division extrême agit avec une grande force sur le peroxide d'hydrogène ; cependant son action sur ce liquide est nulle s’il est mélé avec un peu d’acide sulfurique.

M. Mérimée à fait connaître un des bons effets de l’application de l’eau oxigénée à la restauration des dessins gâtés par laltération du blanc de plomb, d’après la propriété que M. Thénard lui avait reconnue , de convertir instantanément Je sulfure noir de plomb en suifate qui est blanc. M. Mérimée s’assura qu’il suffit de quelques coups de pinceau d’une eau très faiblement oxigénée, ne contenant au plus que cinq à six volumes d’oxigène, et n'ayant même aucune saveur, pour enlever toutes les taches et restaurer parfaitement

le dessin, sans que le papier, même coloré, en Soit en aucune manière altéré.

SIV. — ox1DE Dr CHLORE.

Protoxide. — Ce gaz, découvert en 1811 par Humphry Davy, qui lui donna le nom d’Euchlorine, est d’une couleur plus intense et plus jaune que le chlore ; son odeur ressemble beaucoup à celle du sucre brülé, mélée cependant avec l’odeur du Chlore, et il est très probable que cette dernière odeur est due à la présence d’une petite portion de chlore, tant il est difficile d’enlever complétement ce gaz à leuchlorine.

Lorsqu’après avoir introduit du chlorate de potasse dans une Petite cornue de verre, on verse par-dessus de l'acide hÿdro-chlorique , il ya ef-

fervescence et dégagement abondant d’un gaz de couleur jaune verdâtre : si l'acide hydro-chlorique qu’on emploie est affaibli en létendant d’eau, si le sel est en grand excès relativement à l’acide, et enfin si l’on chauffe doucement , ilse dégage très lentement un gaz, qu'on peut recueillir dans de petites cloches sur le mercure. Lorsque le gaz a été ainsi préparé, il convient de le laisser pendant vingt-quatre heures en contact avec le mercure; car, lors de sa formation , il contient toujours une assez grande quantité de gaz chlore mélé avec lui, qui en déguise et en altère sensiblement les propriétés. Le mercure peut absorber le chlore et s’y unir, tandis qu’il n’a aucune action sur le nouveau gaz. Le mercure en sépare donc par degré tout le chlore, et laisse le gaz protoxide de chlore nouvellement formé à l’état de pureté.

Lorsqu'on chauffe doucement un vaisseau rempli d’euchlorine, il se fait une explosion, et le gaz est décomposé dans un mélange de ses élémens, le chlore et le gaz oxigène. Il suffit d’une très légère chaleur pour produire cette explosion ; quelquefois même elle à lieu par la chaleur de la Main , mais alors elle est faible. D’après les expériences de sir Davy, cinq volumes de cet oxide de chlore en deviennent six par la décomposition : de cinquante parties de gaz ainsi décomposé, l’on retire Quarante parties de chlore et vingt parties de gaz oxigène. L'expérience doit être faite sur Jer mercure, pour pouvoir recueillir les produits.

L’oxide de chlore rougit d’abord les couleurs bleues, et les détruit ensuite. Sa pesanteur spécifique, calculée d’après sa décomposition, est de 2,379.

Plusieurs substances, telles que le phosphore, par exemple, prennent feu par leur contact avec le protoxide de chlore , etil y a explosion.

Peroxide. — Ce gaz, d’un vert jaunâtre, plus

clair encore que celle du protoxide ; a une odeur aromatique particulière, sans aucun mélange de celle du chlore.

Lorsque ce gaz est chauffé à la température de 1000 centigrades , il détonne avec plus de violence que le protoxide, en donnant beaucoup de lumière.

$: V. — composés D’Az07€.

Protoxide. — Ce gaz, découvert par Priestley en 1772 , et examiné successivement par différens chimistes, surtout par Berthollet en 1780, par sir Humphry Davy er 1799, et par MM. Gay-Lussac et Thénard, peut s’obtenir de la manière suivante : on expose à la flamme d’une lampe d’Argand, dans une cornue de verre, du nitrate d’ammoniaque; quand la température s'approche de 200 degrés centigrades, un nuage blanchâtre commence à s'étendre dans le col de la cornue, accompagné d’un dégagement abondant de gaz, que, pour des recherches exactes, on doit recueillir sur le mercure; mais qui, pour les expériences ordinaires, peut être recu sur l’eau. Ce gaz a toutes les propriétés physiques de l’air atmosphérique. Sa saveur est douce, son odeur faible et agréable; et l’eau, préalablement dépouillée d'air atmosphérique, peut en condenser à peu près son propre volume; propriété qui fournit le moyen d’en déterminer la pureté. Quand on plonge dans ce gaz une bougie allumée, elle y brûle avec un grand éclat, et la flamme est entourée d’une auréole bleuâtre. On peut respirer le 842 protoxide d’azote; mais il n’est pas propre a entretenir Ja vie. Sir Humphry Davy a fait connaître le premier que lorsqu’on en respire, pendant deux ou trois minutes, quelques litres qu’on a renfermés dans une vessie ; on éprouve des effets analogues à ceux Que produit la boisson de li-

queurs fermentées; Îes effets sont cependant différens, comme on devait s’y attendre, suivant la diversité des tempéramens.

Ce gaz, désigné d’abord sous le nom de gaz nitreux déphlogistiqué, et, quelque temps après, par ceux d’oxide nitreux, d’oxide d'azote, d’oxidule d'azote, ne doit plus l'être, pour éviter toute confusion , que par la dénomination de gaz protoxide d'azote. Sa pesanteur spécifique est de 1,5204c.

Peroxide. — La découverte de ce gaz est due à Hales; mais ce fut Priestley qui fit connaître le premier, en 1772, la plupart de ses propriétés ; il a été examiné depuis par sir Humphry Davy et par M. Gay-Lussac.

On peut l'obtenir en versant dans une cornue de verre, contenant des tournures de cuivre, de lPacide nitrique, étendu de six ou huit fois son poids d’eau. En chauffant légèrement, il se développera un gaz, qu'on peut recevoir sur l’eau Ï mais que, pour des expériences exactes , on devra recueillir sur le mercure.

Le peroxide d’azote, que plusieurs chimistes appellent encore gaz nitreux , oxide nitreux , oxide nitrique , oœide d'azote, deutoxide d'azote, est toujours à l’état de 8az, Sans couleur, probablement sans odeur, sans action sur la teinture de tournesol. Ce gaz éteint les corps en combustion , et asphyxie les animaux qui le respirent. Sa pesanteur spécifique est de 1,0388.

Ce gaz est décomposé par la chaleur et l’électricité, de même que le protoxide.

Lorsqu'on ouvre dans l'air atmosphérique un flacon contenant du gaz peroxide d’azote, il se forme à l'instant des vapeurs rouges, dues à l’absorption de l’oxigène et à la formation d’acide nitreux. Quand on force un animal à respirer ce gaz , il périt instantanément à cause de la formation de cet acide et de la condensation de l’oxigène dans ses poumons.

Le peroxide d’azote est décomposé par plusieurs métaux, lorsqu'on les chauffe dans ce gaz. Le charbon, chauffé au rouge dans ce gaz par le moyen d’un verre ardent, produit un demi-volume d’azote et un demi-volume d’acide carbonique. Toutes ces expériences analytiques se réunissent pour faire voir que le peroxide d'azote consiste en oxigène et azote à volumes égaux.

Chlorure. — Le chlorure d’azote fut découvert

au commencement de 1812 par M. Dulong ; mais.

sir H. Davy fit le premier connaître sa nature.

Mettez dans une capsule à évaporation en porcelaine une dissolution de r partie de nitrate ou d’hydro-chlorate d’ammoniaque dans 10 parties d’eau, chauffée à environ 100°, et renversez dans ce bain une fiole à large ouverture remplie de chlore; à mesure que le liquide s’élève dans la fiole par la condensation du gaz, On voit nager à sa surface des gouttelettes oléagineuses » Qui ne tardent pas à se rassembler et à se précipiter au fond en gros globules, c’est le chlorure d’azote. Il faut mettre au fond de la capsule une couche légère de sel marin, afin d'empêcher la décomposition du chlorure par le sel ammoniacal, et on ne doit le préparer qu’en très petite quantité.

Le chlorure d’azote, ainsi obtenu > est un liquide d’apparence huileuse, de couleur jaune, et ayant une odeur pénétrante insupportable ; sa pesanteur spécifique est 1,653. Quand on verse de l’eau tiède dans un verre qui en contient, il se développe un grand volume de fluide élastique de couleur orangée, qui diminue à mesure qu'il traverse l’eau.

n petit globule de chlorure d'azote, jeté dans un verre contenant de l’huile d'olive, produit une explosion très violente, et le verre est brisé en morceaux. La force mécanique de ce composé dans la détonation, paraît être supérieure à toute autre cause, sans même en excepter les poudres

fulmminantes les plus énergiques ; la rapidité de son action paraît aussi beaucoup plus grande; ayant touché un très petit globule de cette substance, placé dans une cuiller de platine sur une table,avec un petit fragment de phosphore à la pointe d’une lame de canif,la cuiller fut aussitôt mise en pièces par la force de l’explosion.

Zodure. — Cette combinaison d’azote et d’iode ne peut s’obtenir qu’à l’aide de l’ammoniaque ; il suffit de mettre de l’iode en poudre dans de l’ammoniaque liquide.

L'iodure d’azote est pulvérulent et d’un noir brunâtre ; il détonne par le plus léger choc ou par la chaleur, en émettant une vapeur violette légère. Quand il est convenablement préparé, il détonne souvent de lui-même, d’où il suit que lorsque la poudre est formée, et qu’on a décanté l’ammoniaque liquide, il faut laisser la capsule qui le Contient dans un repos parfait. Comme les élémens de l’iodure d’azote sont très faiblement unis, on ne doit le préparer qu’avec précaution, et ne point en conserver.

$. VI. — comrosés pe CARBONE.

Oxide. — Le seul moyen d’obtenir pur le gaz oxide de carbone, est d’enlever une proportion d’oxigène à l’acide carbonique, soit à l’état gazeux ou condensé dans les carbonates ; ainsi, en introduisant du charbon bien calciné dans un tube traversant un fourneau, et en faisant lentement passer et circuler sur ce Charbon, lorsqu'il est chauffé au rouge, un courant d’acide carbonique, cet acide est converti en un oxide ayant plus de volume que lui.

Si l’on chauffe au rouge, dans une cornue de fer, un mélange à parties égales de limaille de fer et de craie, ces substances ayant été desséchées l’une et l’autre, autant que possible, il se dégage en grande abondance un gaz consistant en partie

en gaz acide carbonique, et, pour le surplus, en une espèce d'air inflammable pesant; lorsqu'on sépare l’acide carbonique par l’eau de chaux , on obtient le gaz inflammable à l’état de pureté. Ce fut le docteur Priestley qui se procura le premier ce gaz; mais les expériences de Cruikshanks sur ce gaz nous firent connaître sa composition et ses propriétés. MM. Clément et Desormes, Guyton- Morveau et Berthollet, l’examinèrent aussi bientôt après; ces chimistes lui donnèrent le nom de gaz oxide de carbone, et Cruiskshanks a fait voir que c’est un composé d’oxigène et de carbone. Le gaz oxide de carbone a les propriétés mécaniques de l’air. Sa pesanteur spécifique est de 0,96783. Il ne rougit point la teinture de tournesol ; il éteint les corps en combustion, et fait périr promptement les animaux qui le respirent.

Le gaz oxide de carbone n’éprouve aucune altération au plus haut degré de chaleur; il n’est point non plus altéré par l'électricité. Le gaz oxide de carbone brüle avec une flamme d’un bleu foncé, ne donnant que peu de lumière. Lorsqu’après l’avoir mêlé avec le gaz oxigène, on fait passer l’étincelle électrique à travers le mélange, il détonne. Cent mesures de ce gaz exigent, pour leur combustion complète, cinquante mesures de gaz oxigène, et le produit est cent mesures de gaz acide carbonique. [l s'ensuit que le gaz oxide de carbone contient exactement la moitié du gaz oxigène qui existe dans un même volume de gaz acide carbonique.

L'action du gaz oxide de carbone sur l'air est la même que sur le gaz oxigène, si ce n’est qu’elle est moins vive; il s’ensuit qu’en plongeant une bougie allumée ; dans une cloche de verre pleine de gaz oxide de carbone , ce gaz doit s’enflammer et donner lieu à du gaz acide carbonique.

Phosgène (acide chloro-carbonique). — Ce gaz, composé de chlore et d’oxide de carbone, s’ob-

tient en exposant pendant environ un quart d'heure, à la lumière du soleil, dans un flacon de verre, vidé d’air et bien sec, un mélange à volumes égaux des gaz chlore et oxide de carbone, après les avoir tenus l’un et l’autre pour les dèssécher en contact avec du chlorure de calcium fondu : la couleur du chlore disparaît, et le volume du mélange diminue de moitié ; le gaz nouveau ainsi formé est le gaz phosgène.

Ce gaz est incolore et élastique comme Vâir:; il a une odeur forte que l’on a comparée à celle qui résulterait d’un mélange de chlore et d’ammoniaque ; l’odeur du gaz phosgène est plus désagréable et plus suffoquante que celle du chlore : elle affecte les yeux d’une manière particulière, en pro-

Yoquant les larmes et en produisant des sensations

douloureuses. Ce gaz a les propriétés acides ; il rougit les couleurs bleues végétales et se combine avec le gaz ammoniacal, en neutralisant quatre fois son volume de ce gaz wi.

L’étain , le zinc, l’antimoine ou l’arsenie chauffés dans ce gaz, le décomposent en absorbant le chlore et en mettant le gaz oxide de carbone en liberté ; l’eau décompose également le gaz phosgène en le convertissant en acides hydrochlorique et carbonique.

Cyanogène. — Ce composé de carbone et d’azote, découvert en 1815 par M. Gay-Lussac, s’obtient en chauffant dans une petite cornue, au-dessous de la chaleur rouge, du cyanure de mercure neutre et parfaitement sec. Le sel noircit, et il se dégage en abondance une substance gazeuse qu’il faut recueillir sur le mercure. Ce gaz est le cyanogène ; il est incolore et d’une odeur particulière extrémement désagréable; sa pesanteur spécifique est 1,8064.

Le cyanogène est inflammable et brûle avec une flamme d’un bleu pourpre; il peut supporter la chaleur rouge sans se décomposer ; l’eau en dis-

sout quatre fois et demi son volume, et l’alcool vingt-trois fois.

Ç. VII. — composés DE PHOSPHORE.

Oxide. — Cet oxide est solide, blanc, insipide ;

son odeur ressemble à celle du phosphore; sa pesanteur spécifique n’a point été déterminée.

Îl'entre moins facilement en fusion que le phosphore, brüle rapidement dans le gaz oxigène et dans l’air, pour peu qu’on le chauffe : il ne se dissout point dans l’eau.

Cet oxide n’existe point dans la nature; on le prépare en mettant le phosphore à la température ordinaire sous forme de cylindre d’un petit diamètre, dans un flacon presque plein Lis en renouvelant l’air de temps en temps ; le phosphoreperd peu à peu sa transparence, et se recouvre: d’une croûte blanche qui n’est autre chose que l’oxide que l’on cherche à obtenir; il se forme ex même temps une certaine quantité d’acide phosphorique , qui reste en dissolution.

orsqu'on s’est servi de phosphore à plusieurs reprises pour faire des analyses d’air, que ce corps paraît impur et qu’on le distille dans une petite cornue de verre, l’on obtient pour résidu une matière rouge qui ne parait être que de l’oxide de phosphore. En brülant rapidement dans l’air, le phosphore donne également lieu à un semblable résidu. Les propriétés de cet oxide sont sensiblement les mêmes que celles de l’oxide blanc. M. Thénard paraît être d'opinion que les deux oxides ne diffèrent l’un de l’autre qu’en ce que le blanc contiendrait de l’eau et serait un hydrate.

Protochlorure. —— On l’obtient aisément en faisant passer du phosphore en vapeur à travers dun perchlorure de mercure, chauffé dans un tube de verre ou de porcelaine. Pour cela on met au fond du tube, fermé par un bout, une certaine quantité de phosphore, et on remplit alors en très

grande partie le tube avec du perchlorure de mercure; on chauffe cette partie du tube qui contient le perchlorure, et en appliquant ensuite quelques morceaux de charbon rougis au feu , à l'extrémité du tube où est le phosphore, la chalewr le réduit en vapeurs, et il passe ainsi à travers le perchlo- rure; on a adapté à l’autre extrémité du tube,

. celle qui contient le perchlorure , un tube recourbé bien luté, qui plonge jusqu’au fond d’un récipient convenable; il se condense dans ce récipient un Jiquide qu’on en peut facilement retirer et qui est le protochlorure de phosphore.

Ce liquide est incolore comme l’eau ; il répand des fumées épaisses lorsqu'il a le contact de l'air, et il a une saveur acide très caustique; sa pesanteur spécifique est 1,45. On peut Île conserver dans des vaisseaux fermés , sans qu’il éprouve d’altération ; mais exposé au contact de l’air, il se dissipe promptement en déposant une grande quanüté de phosphore.

Lorsqu'on met ce protochlorure dans l’eau, il s’y convertit en acides hydrochlorique et phosphorique.

Perchlorure. — On peut le former aisément en brülant du phosphore dans le chlore sec, dans la proportion de 6,5 centigrammes du premier, et de 197 centimètres cubes du second.

C’est une subsance d’un blanc de neige, excessivement volatile, qui se réduit en vapeur à la température au-dessous de l’eau bouillante, Sous une certaine pression elle peut être mise en fusion , et alors elle cæistailise en prismes qui sont transparens ; lorsqu'on en met dans l’eau, il se produit une action violente, l’eau est décomposée, et il ya formation d’acides hydrochlorique et phosphorique. Ce perchlorure semble avoir les propriétés acides, car sa vapeur rougit le papier de tournesol, et lorsqu'elle a été allumée , elle brûle à l’air; lorsqu'on le fait traverser un tuhe rouge

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