‹ Manuel de culture physique militaireChapitre 5 sur 32 · IG · texte numérisé non relu

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Cela étant acquis, le travail de la caserne devra se diviser en deux parties bien distinctes :

1° L’enseignement technique du métier ndlilaire ;

2° U entraînement physique.

Nous ne nous occuperons ici que de cette dernière partie.

Cet entraînement doit d’abord réaliser deux qualités essentielles et primordiales : il doit être méthodique et rationnel.

Méthodique, c’est-à-dire procéder graduellement, aller du simple au composé, de l’effort léger à l’effort maximum.

Rationnel, c’est-à-dire s’inspirer des leçons de l’expérience, de la physiologie, être en conformité avec les données de la science, qui permettent de réaliser cet idéal de la sagesse antique : mens sana in corpore sano.

Pour y parvenir, la première chose ù faire, dès que les recrues arrivent au régiment, c’est de les sélectionner.

Car la gymnastique parfaite n’est point du tout une gymnastique de groupe, de collectivité. Il faut, autant que possible, qu’elle soit individuelle cl, puisque cela ne

se peut quand on s’adresse à des masses humaines aussi considérables que l’armée, il faut tout au moins qu’elle s’applique à des sujets ayant de proches analogies physiologiques et anatomiques.

Sans qu’il soit besoin d’insister, on comprend tout ce qu’il y aurait d’absurde à imposer au soldat Dupont et au soldat Durand, par exemple, dont l’un serait un vigoureux garçon et l’autre un malingre, le même entraînement. L’exercice trop faible pour Durand sera trop fort pour Dupont, de sorte que le premier perdra son temps et que le second se surmènera.

La compagnie, la batterie ou l’escadron étant ici considérés comme unités de commandement, le capitaine, aussitôt qu’il sera entré en possession de ses recrues, devra procéder à cette sélection avec l'aide du médecin-major.

Une division en trois groupes suffira : le premier sera formé des hommes les plus vigoureux ; le second comprendra les hommes moyens ; le troisième, les plus faibles, formera ce qu’on a déjà appelé le peloton des malingres.

Ou’on ne croie pas que ce peloton des malingres constitue un déchet du recrute- Culturephys. 2

menl ! Ce serait une erreur profonde, une faute contre l’armée et contre la patrie. Nombre de jeunes gens faibles à vingt ans pourront faire, à vingt-deux, des hommes vigoureux, s’ils sont soumis à une culture physique judicieuse. Et quel beau rôle humain et patriotique pour l’armée si, ayant pris au pays quelques-uns de ses enfants chétifs, elle lui rend des hommes robustes et forts !

Cela est possible à la condition que le peloton des malingres soit confié à des mains expertes et intelligentes. Ce sera au capitaine à répartir ces trois groupes de jeunes soldats entre ses collaborateurs, lieutenants, adjudant, sous-officiers, selon les goûts et les aptitudes de chacun.

Ne forçons point notre talent,

Nous ne ferions rien avec grâce.

Tel officier athlétiquement bâti, ayant le ' goût et la passion de la force, fera un excellent entraîneur du premier groupe, celui des hommes forts déjà, et un très • mauvais des malingres. La réciproque est également vraie. Un bon chef doit savoir caser chacun à sa place.

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