III. Éléments minéraux des urines noiinales
Les éléments minéraux des urines normales renferment, outre l'eau : du potassium, sodium, ammonium, calcium, magnésium et traces de fer, sous forme de chlorures, phosphates, sulfates; des traces de nitrates et de silice; enfin les gaz azote, acide carbonique et traces d'oxygène.
Les plus importants sont les chlorures, les sulfates et les phosphates. Tous trois proviennent certainement de nos aliments, mais les deux derniers sont en partie le résultat de l'oxydation des substances albuminoîdes. Un adulte élimine en moyenne, dans les vingt-quatre heures, de 15 à 25 grammes de ces sels.
i^ Chlore et chlorures. — Le chlorure de l'urine le plus important est le chlorure de sodium ; mais comme on ne peut facilement faire la part du chlore combiné à ce métal, on exprime tout simplement les résultats en chlore total. C'est ainsi qu'un adulte excrète environ 6à 8 grammes de chlore par jour, correspondant
à 10 ou 13 grammes de sel marin; cette proportion peut d'ailleurs varier à TinGui, sous l'inlluence de L'alimentation.
La proportion totale de chlorure de l*urine est augmentée à la suite d'une alimentation très salée, ou de ringestion d'aliments diurétiques, ou de boissons abondantes, dans le diabète insipide où elle peut atteindre 29 grammes, dans Thydropisie sous Tinfluence de la digitale ou d*un diurétique. Cette augmentation, qui est fâcheuse dans le diabète, est au contraire favorable dans l.'hydrémie et Thydropisie, où le corps renferme un excès de chlorures provenant de Textravasation de la partie aqueuse du sang.
La quantité de chlorure excrétée par la voie rénale est diminuée dans un assez graud nombre de circonstances; et presque toujours cette diminution, quand elle est très forte, devient un symptôme qui assombrit le diagnostic. Cette diminution se produit dans toutes les affections fébriles aiguës; les chlorures peuvent même disparaître presque complètement; mais ils augmentent à mesure que Tétat du malade s'améliore, et pendant la convalescence ils dépassent quelquefois la normale. Cette diminution se rattache d'abord au manque d'appétit et à l'absence d'alimentation salée, puis à une déperdition par la sueur et les selles. Une seule exception à cette loi générale se présente dans la fièvre intermittente, dont les accès s'accompagnent en général d'une forte augmentation dans l'excrétion des chlorures. La proportion des chlorures diminue en général dans toutes les affections chroniques, sauf dans le diabète insipide ou sucré et dans les hydropisies, ce qui s'ex-
EXAMEN DBS URINES. 103
plique par le ralentissement de la nutrition des malades et une alimentation réduite. Cette diminution est sensible surtout dans les cas de tumeursmalignesinlni-abdomi- ^ LJ
nales, où la quantité de chlorure ^— ^ /v
excrété peut descendre à 0,5 >^^v *^
-1 gramme dans les vingt-quatre /^
heures. ^^ (y
Quelquefois les urines très C^
concentrées renferment des cristaux de chlorure de sodium sous '^' • ' ~diuin™'^° ^ *^ forme de cubes ou d'octaèdres très faciles à reconnaître au microscope (fig. 34); dans les mêmes conditions, il peut se former des prismes ou des lamelles rhomboîdales d'une combinaison de chlorure de sodium et d'urée.
2^ Acide phosphorique et phosphates. — L'urine normale renferme des phosphates acides de soude, de chaux et de magnésie. L'acide phosphorique est introduit dans l'organisme par l'intermédiaire des aliments. Une alimentation protéique augmente considérablement (du double) la proportion des phosphates qui sont éliminés, en partie par les urines, et en partie par les matières fécales.
La proportion d'anhydride phosphorique (Ph'O'^' •éliminé en vingt-quatre heures par un individu sain, est en moyenne de 3k%5. Quand les principes azotés et les chlorures se trouvent en proportion anormale dans une urine, on peut être sûr que la proportion des phosphates se trouve également modifiée. Au début .<ie8 affections fébriles aiguës, l'élimination de l'acide phosphorique diminue ; cette diminution va croissant
iOi PROCÉDÉS D'INVESTIGATION ET D'EXPLORATION.
quand la maladie a une terminaison funeste. Vers la période de déclin de la fièvre, Facide phosphorique est au contraire éliminé en grande quantité. Il semble que l'organisme ait une tendance particulière à retenir les phosphates au début de la fièvre.
La proportion des phosphates est très variable dans les afTections chroniques; c*est ainsi qu'ils sont augmentés dans les afTections chroniques du cerveau, dansla phthisie au début, le rhumatisme chronique, Tostéomalacie et le rachitisme, certains cas de fractures des os, dans le catarrhe de la vessie, le diabète et la polyurie phosphalique : par contre, ils sont diminités dans les afTections chroniques des reins, dans Tanasarque généralisée, dans les affections chroniques de la moelle, dans la chlorose vraie. L'augmentation qui se manifeste dans les ^^^ Fg afTections osseuses et dans la ^■""^ Jl phthisie au début porte surtout
J^ sur les phosphates terreux.
(^ k  Quand l'urine est ammoniacale,
yc=^ ^ — ^ par suite d'une fermentation qui
/r — y\ r%s s'est produite aux dépens de l'urée
^^ dans la vessie ou qui ne s'est déve-
Fig. 35. — Prismes de loppée qu'après la miction, les
^^^Ssi^n!^"''''^''''''' phosphates terreux sont précipités
à Fétat de sels calcique neutre et ammoniaco-magnésien qui forment un sédiment blanc, ne se redissolvant pas par la chaleur, mais par l'addition d'acide acétique. Au microscope, le phosphate ammoniaco-magnésien se reconnaît à sa forme de couvercle de cercueil (fig. 35) ; le phosphate de chaux souventestamorphe, d'autres foissous forme d'aiguilles
minces groupées en rosaces ou en globules (fig. 36).
Un phénomène de précipitation du même ordre que le précédent se produit quand Turine est rendue alcaline par l'usage des sels alcalins ; il se précipite en ce cas des phosphates neutres de chaux et de magnésie.
Une partie du phosphore se trouve dans les urines
Fig. 36. — • Phosphate bibasique de chaux (Méhu)<.
à Tétat diacide pkosphoglycérique ; la quantité de cet acide oscille entre 0«%006 et 0^^028 dans les vinglquatre heures; elle augmente sensiblement chez les phthisiques atteints de foie gras et atteint alors OS',046 à0«',ll7.
3<* Acide sulfnriqae et sulfates. — L'acide sulfurique des sulfates des urines provient directement des