RECHERCHE DES PARASITES. U
les agents parasitaires des affections cutanées connues sous le nom de dermatomycoses ; leur recherche peut-être utile souvent au diagnostic de ces affections. Pour les mettre en évidence, les poils ou on place les squames épidermiques des parties malades sur une lame de verre sur laquelle on dépose une goutte d'une solution de potasse caustique à 40 p. 100; la lame est chauffée alors sur une flamme de gaz ou d'alcool : la potasse éclaircit les tissus animaux et laisse intact les spores et le mycélium qui deviennent ainsi apparents ; la coloration peut êti:e faite à Téosine et au violet de méthyle après dégraissage ; Texamen peut être fait avec des grossissements de puissance moyenne.
Champignons agent des teignes tondantes, — On réunit sous le nom de teignes tondantes des affections parasitaires du cuir chevelu, qui tout en présentant des types cliniques divers, reconnaissant pour causes des espèces pathogènes variées, sont unies par quelques caractères généraux communs ; aux teignes tondantes on rattache l'herpès circiné des parties glabres et le sycosis parasitaire de la barbe, produits tous deux par des champignons analogues à ceux des teignes tondantes. Les principaux de ces champignons sont le Microsporon Audouini et le trichophyton endothrix :
Microsporon Audouini (agent de la teigne tondante à petites spores, à plaques squameuses et poudreuses). — L'examen microscopique du cheveu parasité, reconnais sable à la gaine blanche qui l'entoure , montre que le champignon forme autour de lui une gaine continue, formée de spores arrondies limitées, tassées de 2 à 3 fji de dimension ; sur le cheveu décortiqué, traité à la potasse, puis coloré à Téosine, le mycélium se montre sous forme de rubans minces au milieu des cellules corticales du cheveu.
Trichophyton endothrix. — 11 se montre sous forme de spores réfringentes disposées en chapelet ou en chaînes divisées dichotomiquement, et situées en grand nombre dans l'intérieur des cheveux de la partie malade ; ces
spores ont suivant les espèces des dimensions asseï variables (5 à 6 fi en moyenne).
Champignon de la teigne faveuse {Achorion SchOBf^' leinii), — Le champignon du favus est constitué par de* tubes et des spores ; les spores de 3 à 7 |a de diamètre^ aplaties par pression réciproque, sont disposées ci^ chaînes ramifiées ; les tubes mycéliens sont simples o^ ramifiés, noueux, cloisonnés, onduleux, dé largeU^ variable. Dans les godets faviques, les éléments â^ champignon sont agglutinés par une gangue amorphe * Le champignon a pour siège initial Tépiderme et ViiM^ fundibulum pilaire, d*où il envahit le poil.
Champignon du Pityriasis versicohr [Microsporon fwT^^ fur), — Ce champignon est formé par des amas ou de^ ^ grappes de spores situés dans des fentes résultant d ^ Técartement des cellules épidermiques : les tubes mycé — liens qui relient ces amas sont courts, peu flexueuz:^ Le parasite occupe les couches cornées de Tépiderm^ et n'envahit jamais le poil.
Champignon de V&rythrasma [Microsporon mtnufissi-— ' mum), — Il est constitué par de longs tubes flexueuz^ contournés et enchevêtrés en forme de feutrage; d^ nombreux amas de spores fines sont mêlés au mycélium^- Le parasite siège uniquement dans la couche cornée de répiderme .
G. — Microbes pathog^ènes.
Les éléments que la bactériologie fournit abondamment à rhistoire de la pathologie ne servent pas uniquement à éclairer l'étiologie ou la prophylaxie des maladies : dans les cas obscurs, ils doivent guider le clinicien dans son diagnostic.
Sans parler des procédés d'isolement et de culture des microbes qu'il ne nous appartient pas d'énumérer ici, un des progrès les plus importants réalisés dans la technique de la bactériologie a été la découverte de
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ffinitë des bactéries pour les couleurs d'aniline ; de lont nées les diverses méthodes de coloration, qui mettent non seulement de découvrir dans un liquide lanique ou un tissu les bactéries qui s'y trouvent, Ls quelquefois de les caractériser. C'est dans les lides fradchement recueillis (crachats, pus, liquides ponction, etc.), étalés sur une lamelle, séchés puis s à la flamme, ou dans les produits de raclage des us, que se fait cliniquement la recherche des mit>es pathogènes.
COLORATION DKS LAMELLES.
olortUion simple. — La lamelle est plongée pendant Iqaes minutes dans une solution de couleur basique liline ; le bain colorant le plus simple consiste en :
SohiUon alcoolique saturée de Tiolet de
gentiane oa de fachsine 1 partie.
Eao 10 parties.
aelituefois, au colorant, on ajoute un mordant, acide nique ou potasse ; tel est le liquide de Ziehl :
Fuchsine t gramme.
Acide phéniqne 5 grammes.
Alcoolà90« 10 —
San 90 —
le liquide de Lœffler :
Solntion akooliqae de bien de méthylène. 30 grammes.
Potasse 0«',01
Eaa 1 00 grammes.
u sortir du bain colorant la lamelle est lavée ; elle t être appliquée humide directement sur une lame examinée immédiatement, ou bien séchée, puis itée sur lame dans le baume. L'examen se fait jectif à immersion.
Coloration par la méthode de Gram, — Après coloration durant quelques minutes, dans la solution de violet de gentiane indiquée ci-dessus, la lamelle est portée pendant quelques instants jusqu'à coloration noire, dans La solution suivante, où l'iode agit comme mordant :
lodure de potassium 2 grammes .
Iode - l —
Eau 300 —
Après lavage à Teau, la lamelle est passée jusqu'à décoloration presque complète dans Talcool à 95®, puis lavée. Après décoloration par l'alcool, le fond peut être coloré par passage dans une solution d'éosine.
Quelques espèces microbiennes se décolorent après action de l'alcool : tels sont le gonocoque, le vibrion du choléra, le bacille typhique, le colibacille, le bacille de la morve, le pneumobacille, etc.; d'autres microbes restent colorés en violet après action de l'alcool : tels sont le staphylocoque pyogène,le streptocoque, le pneumocoque, le bacille de la diphtérie, du charbon, du tétanos.
La méthode de Gram est un procédé de diagnostic bactériologique couramment employé.
La coloration simple par le violet s'applique à presque tous les microbes pathogènes connus : seule, la coloration du bacille de la tuberculose repose sur un principe spécial qui sera exposé plus loin.
Les limites et la portée de cet ouvrage ne nous permettent pas d'énumérer, môme en résumé, tous les caractères différentiels des diverses variétés de microbes pathogènes connus : nous nous bornerons à indiquer leurs caractères morphologiques, leurs caractères de coloration, et leurs origines habituelles.
Staphylocoque (doré, blanc et citrin). — Existe comme parasite habituel de la peau humaine. Agent pathogène des furoncles, anthrax, de suppurations diverses de la peau, de la plupart des ostéomyélites, et de septi* cémies chirurgicales ou médicales de types divers.
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Micro coque s aptiériques, immobiles, ordinairement groupés en amas ou en grappes; se colorent par les méthodes habituelles, ne se décolorent pas par le
Streptocoque. — Vit souvent en parasite indifférent dans la bouche humaine; agent pathogène de l'érysipèlc, du phlegmon diffus, de beaucoup de suppurations de la peau, des séreuses (plèvre, méninges, articulations, etc.), de certaines angines, de l'infection puerpérale, de septicémies primitives ou secondaires; microbe associé dans nombre d'infections locales ou générales.
Microcoques sphériques, groupés en chaineltes courtes ou longues, à éléments plus ou moins lins; se colorent par les méthodea habituelles, ne se décolorent pas par le Gram.
Pneumocoque. — Parasite fréquemment rencontré dans les premières voies respiratoires (bouche, cavité nasale, pharynx); agent pathogène de la pneumonie franche, de certaines bro ne ho -pneumonies, angines, pleurésies, përicardites, péritonites, méningites, endocardites, arthrites, septicémies.
Microcoques lancéolés, en forme de grains de blé ou de fer de lance, généralement groupés deux par deux, el se regardant par les extrémités effilées; ordinairement entourés d'une auréole claire ou capsule (diplocoques encapsulés}; se colorent par les méthodes habituelles, ne se colorent pas par le Gram.
Mùtingocoque. — Agent pathogène de certaines méningites cérébro-spinales, en particulier des formes épidémiques.
Microcoques en demi-sphères, groupés deux par deux, les éléments se touchant par leur face plane; entourés d'une auréole claire ou capsule; toujours intra leucocytaire s (diplocoque intracellulaire encapsulé) ; se colorent par les méthodes habituelles, se décolorent
r le Gram.
^Pneumobacille. -^ Agent pathogène de certaines
broncho-pneumonies et de quelques suppurations (ozène, otites, etc.).
Bâtonnets courts de 1 à 3 (i, ordinairement groupés deux par deux, encapsulés; se colorent par les mé* thodes ordinaires, se décolorent par le Gram.
Gonocoque» — Agent pathogène de la blennorragie et de plusieurs suppurations, qui sont ordinairement complications de la blennorragie (conjonctivites, vaginites, etc.).
Microcoques en forme de grains de café, réunis deux par deux, se regardant par la face plane; les diplocoques sont ordinairement groupés en amas, qui sont souvent intracellulaires ; se colorent par les méthodes habituelles, se décolorent par le Gram.
Bacille dipthérique. — Agent pathogène spécifique de la diphtérie, où il existe toujours dans la fausse membrane, souvent associé à d'autres espèces (streptocoques, pneumocoques, etc.).
Bâtonnets de dimensions variées (formes courtes, moyennes et longues), quelquefois irréguliers, et renflés en massue; se montrant dans la fausse membrane, groupés en broussailles ou en touffes formées d'éléments parallèles; se colorent par les colorants habituels; prennent le Gram.
La méthode de diagnostic de la dipthérie par ensemencement des produits suspects sur sérum de boBuf solidifié, milieu de culture de choix du bacille, est fréquemment usitée : en dix-huit heures, à 37®, sur ce milieu se forment des colonies d'un blanc grisâtre, papuleuses, grosses comme une tête d'épingle.
L'examen sur lamelles et la culture seule sont, à strictement parler, insuffisanls pour diagnostiquer le bacille diphtérique : le bacille ne peut être distingué du bacille pseudo-diphtérique que par constatation de la virulence des cultures inoculées au cobaye.
Le bacille pseudo-diphtérique y semblable morphologiquement aux formes courtes ou moyennes du bacille dipthérique, est un parasite souvent rencontré dans, la