I.] TITRES FÉODAUX
vicomte de Thouai^ avant celui de prince de Talmont, et que les Rohan faisaient précéder le titre de prince de Guéméné de leur plus ancien titre de vicomte de Rohan. A partir du xv<^ siècle on ajouta communément aux titres de seigneuries des titres d'offices qui commençaient à se multiplier, tels que conseiller, chambellan, maître d'hôtel du roi, etc.
Il ne passa jamais en coutume de joindre des qualificatifs au nom et aux tilres dans les suscriptions des chartes, mais Tétiquette prescrivit de le faire lorsque dans la teneur d un acte il était question d*un personnage. S*il s*agissait d'un grand feudataire, on l'appelait par exemple nobilis princeps; s'il s*agissait d'autres seigneurs, on disait magni ficus v/r, praepotenSf Ulmtris ou nobilis vir. Le mot de la langue française du moyen âge qui répond à ce terme latin vir est baron. Il n'exprima pendant longtemps chez nous qu'une qualité; tous les vassaux de la couronne composaient le corps des barons du royaume. Ce ne fut qu'à partir du xvi^ siècle qu'il y eut en France des fiefs érigés au titre de baronnies. Depuis le xiv® siècle, ce D*était cependant plus le mot baron qui était généralement employé dans les chartes comme équivalent de vir; on disait plutôt noble homme et Ton y ajoutait pour les grands feudataires : Monseigneur et pour les autres Messire. Hais dès la fin du xv<^ siècle la vanité fit perdre toute mesure dans l'expression de ces qualifications. Le moindre gentilhomme se fît désigner par l'expression : Haut et puissant seigneur ^ monseigneur N
A côté des titres féodaux il s'en rencontre dans les chartes un grand nombre d'autres : titres de fonctions ou d'offices, royaux ou seigneuriaux, tels que conseiller, chambellan, lieutenant du roi, sénéchal, bailli, prévôt, capitaine, etc.; titres de magistratures municipales, maire, jurés, consuls, etc. ; titres universitaires, bacheliers, licenciés, maîtres ou docteurs des diverses facultés. Tous peuvent servir à la critique des chartes, mais il serait impossible de les énumérer ici complètement, de faire l'histoire de leur emploi et d'indiquer les équivalents français de chaque titre latin, sans tracer un tableau des institutions de la France. Force est donc de renvoyer, pour l'étude de ces titres dans les chartes, au Glossaire de Du Gange, où l'on trouvera groupés sous chacun d'eux les textes qui en expliquent Tusage, et surtout aux ouvrages dont l'objet principal est l'étude des anciennes institutions de la France"^.
* Ach. Lnchaire, Manuel des institutions françaises. Période des Capétiens directs, Paris, 1892, iu-8».
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