‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 366 sur 554 · I. Auteurs des actes ; parties contractantes et intéressées · texte numérisé non relu

I. Auteurs des actes ; parties contractantes et intéressées

Les souscriptions des auteurs des actes, ou, lorsqu'il s'agit de contrais, celles des parties contractantes, se rencontrent presque toujours dans les documents de la première partie du moyen âge. Il faut faire exception, cependant, pour certains actes de l'autorité royale qui ne sont souscrits que par le chancelier ou son substitut.

* Têtard et Darras, Marques et signatures d'ouvriers dans Bulletin de la Soc. hist. de Soissons, l. m (1849), p. 156. — Bryois, Marques et signatures d'ouvriers, Ibid., t. V (1851), p. 146. — Ed. Flenry, Les signatures d'artisans de la ville de Laon aux \y\* et \y\\* siècles, dans Bulletin de la Soc. acad. de Laon, t. V (185(i), pp. 60-72, avec 104 rcprod. de signatures. — H. Jottroj, Les signatures parlantes au XVII* siècle; les signatures de femmes, dans La Thiérache, Bulletin de la Soc. Archéol. de Vervins, t. II (1874), pp. 175-193, avec 2 pi. de rcprod. — M.-G. Gnigue, De Vorigine de la signature (v. plus haut, p. 592), p. 79 et pi. X^X.

1. EUc est empruntée à une quittance du 20 juillet 1168 {Rec. de fac^sim. à Vus. de VÈcole des Chartes, n« 189).

612 SOUSCRIPTIONS ET SIGNATURES. [Liv. iv, Chap. vfii

Dans les documents les plus anciens, ces souâcriptioas sont ordinairement assez développées : outre le nom de la personne avec ses titres et qualités, elles comprennent ordinairement une formule plus ou moins longue, spécifiant que l'acte a été fait par elle, ou sur son ordre, qu'elle le conflrme, le souscrit et parfois aussi qu'elle a requis les témoins. L'expression de cette formule a beaucoup varié ; elle s'est ajoutée aussi liien aux souscriptions libellées à la première personne : t In Christi 9 nominc Landeberlus abba cummutacionem a me facta subscHpsi' i, qu'à celles qui sont à la troisième personne : a Signum -|- inlustrîs Deo « devotae Chrotilde qui nunc delibcracionem pro animae nostrae reme- I dium fieri rogavemus manu propria firmavemus'. a On trouve des souscriptions do cette espèce jusqu'au cours du ii" siècle'. Toutefois, dès l'époque mérovingienne on en rencontre aussi qui ne se composent que du nom (avec titres et qualités) de la personne qui souscrit, simplement suivi du mot lubtcripii ou précédé du mol iignum. C'est le cas par exemple des souscriptions royales mérovingiennes, toujours conçues en ces termes : A', rex subfcripsi. Ce fut cette forme abrégée des souscriptions qui tendit à prévaloir sur les souscriptions développées auxquelles elle s'était à peu près complètement substituée lorsque, comme on l'a vu plus haut, les souscriptions disparurent devant la généralisation de l'usage des sceaux.

A côté des souscriptions des auteurs ou des parties contractantes, on voit figurer souvent, particulièrement depuis le milieu du v siècle jusqu'à la fm du XI', celles d'autres personnes qui n'interviennent pas seU' lement dans l'acle k litre de témoins. Ce sont les divers membres de la famille des auteurs ou parties, mère, femmes, enfants ; et, depuis la constitution de la hiérarchie féodale, les suzerains et vassaux. Ces souscriptions avaient la valeur de consentement, d'autorisation, de confirmation. Il n'est pas inutile de faire remarquer à ce propos qu'on peut rencontrer dans les chartes des souscriptions de ce genre attribuées à de tout jeunes enfants, hors d'état, non seulement, bien entendu, de souscrire personnellement, mais même d'agir avec le moindre discernement. Les exemples n'en sont pas rares; il suffira d'indiquer ici, comme caractéristiques, la souscription d'un petit enfant qui n'est pas même baptisé, Bernard, à une charte de son père, le comte de Carcassonne, Roger, en août 981 S et celle d'Eudes, second fils du comte Eudi>s 1" de Blois, qui

1. Échange ctiIi-cLandcberl.abbédeSl-Germain-deS'Prés, et Hagnoald.abbèdeTussonvat. y. œi (Tai-dif, Mon. hiit.. ii- 29. p. 23).

3. Fondation du monastère de Urujèrcs. vers eiO{lbid., n' 10, p. 15).

3. Souscription de Ruix-rl, duc de Bour^gne, à une donation A l'abbiye de Sain<- "'-■■;iio en 1I1Û4 ; « S. Rotberli ducîs, aucUioris liujus tradiiionis. > (Orig- An*- '^ te-d'Or; Petit, llùl. det duei de Bourgogne, t. I, p. 581.)

Donation par le comte de Carcassonne A l'abiiayc de St-Hilaiit^. La suscriptioD esi connue : € Ego Hoggarius comcs, simul cum conjure comitissa Adaiaicc K" "5^' indo sotiole Bt(|ue Bcrnardo sobole qui necdum est iaclicc lonsecratus baptiEi'"'''^' * I les sou-cri plions de Roger. d'Adélaidc et de Itaimond vient celle de ce jeune it : € Sig. + Durnai-dt. • [llùt. de Languedoc, édit. Privai, t. V. Pr., col. W)

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