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V. — Appareils distiUatoires continus

Tandis que dans les deux appareils précédents la distillation des produits de queue est seule continue, le remplissage el la distillation des chaudières à moût ayant lieu périodiquement, ce qui exige une interruption momentanée du travail, les appareils continus avec construction différente convenablement ménagée offrent cet avantage que le moût est déversé sans interruption dans l'appareil et que la vinasse (le moût désalcoolisé) s'écoule continuellement et spontanément.

Les distilleries tant soit peu importantes préfèrent le travail avec des appareils continus, qui en peu de temps, par conséquent avec économie de combustible, fournissent un distillatum à haut degré.

Appareil de Bohm. — Comme type des appareils continus nous représentons dans la figure 119 l'appareil allemand continu, dit appareil à colonne, construit par Bohm, de Fredersdorf, près Berlin.

L appareil se compose des organes suivants :

La colonne distillatoire ou colonne à moût M;

La colonne rectificatrice R ;

Le déflegmateur C, qui sert en même temps de chauffe- vin, et

Le réfrigérant K.

En outre, S représente le régulateur de l'écoulement des vinasses et A la sortie de l'alcool (l'éprouve tte). Un tube de sûreté, adapté à la colonne à moût, au-dessous de M, empêche qu'il se produise dans celle-ci une tension trop grande.

La colonne à moût se compose de douze éléments ou chambres; par les tubes de trop-plein e^ le moût réchauffé et amené à la

Fig. 1!9. — Appareil conlinu de Bohiii à une a3ule colonne.

colonne par le tuyau c descend de chambre en chambre; chaque ehambre joue ici le rôle d'une chaudière, dans laquelle le moût est porté à rébullition par les vapeurs qui montent de la chambre immédiatement inférieure. Dans la chambre la plus basse se trouve un tube de vapeur /, contourné en spirale et perforé comme un crible, à Taide duquel on peut introduire dans l'appareil aussi bien de la vapeur directe que de la vapeur d'échappement.

Marche du moiU. — La pompe à moût refoule ce dernier, soit directement de la cuve de fermentation, soit d'un réservoir particulier, dans le tuyau a; de ce dernier, le moût passe dans le serpentin réchauffeur b qui se trouve dans le déflegmateur et, par le tube c, il arrive dans la chambre supérieure de la colonne de distillation M. Pendant que le moût froid traverse le déflegmateur, il est réchauffé par les vapeurs alcooliques qui circulent autour du serpentin. Lorsque Vêlement supérieur de la colonne M s'est rempli de moût jusqu'à la hauteur du tube de trop-plein, le moût s'écoule dans la chambre immédiatement inférieure^ et ainsi de suite, jusqu'à ce que par h il sorte à l'état de vinasse, après avoir traversé le régulateur S. L'orifîce d'écoulement est fermé à l'aide d'une boule creuse ^, qui se soulève, dès que la vinasse a atteint un certain niveau dans le régulateur.

Marche de la vapeur. — La vapeur nécessaire pour la distillation du moût arrive, comme on Ta déjà dit précédemment, par la spirale i, dans l'élément le plus bas de la colonne à moût; elle passe de là dans le compartiment qui se trouve au-dessus par l'orifice central du fond de ce dernier, et comme cet orifice eist recouvert par une calotte dont les bords inférieurs plongent dans le liquide qui s'est rassemblé sur le fond du compartiment, elle est obligée de traverser cette couche liquide. Les vapeurs montent ainsi de chambre en chambre en portant à l'ébullition le moût qui s'y trouve et s'enrichissant de plus en plus en alcool. La vapeur pénètre ensuite dans la colonne rectificatrice R, elle traversa lee membreux petits trous dont sont munis les quinze plateaux superposés formant cette colonne en s'enrichissant encore en alcool, et avant son entrée dans le condenseur c, elle passe à travers les produits de queue amenés de ce dernier par une tube recourbé sur les plateaux du rectificateur.

UANUBL DE DISTILLERIE. 27

Les vapeurs rectifiées passent par le tube désigné par une flèche dans le condenseur, c'est-à-dire dans Tintervalle qui est formé par deux cylindres de diamètres différents placés Tun dans l'autre. Dans cet espace se trouve le tube b contourné en spirale, dans lequel se meut le moût h réchauffer. Les deux cylindres sont établis dans un vase où circule un courant d'eau froide; celle-ci, en circulant autour des parois extérieures des cylindres, ainsi que le moût en traversant le serpentin 6, produisent une déflegmaiion intense des vapeurs alcooliques. Celles-ci quittent c par le tube p et se rendent dans le réfrigérant K, d'où elles sortent en A, sous forme d'un produit à haut degré.

L'eau de réfrigération arrive par le tube q dans la partie inférieure du réfrigérant; elle en sort par en haut et se rend au condensateur, qu'elle abandonne par à*, après s'être échauffée.

Dans l'appareil de Bohm qui vient d'être décrit, la colonne rectificatrîce est placée directement sur la colonne à moût, de sorte que les produits de queue résultant de la rectification retournent avec leurs essences et les autres substances odorantes qu'ils renferment dans le moût et dans la vinasse, qui est alors donnée aux animaux chargés de ces substances. Afin d'éviter cet inconvénient et d'obtenir une vinasse plus concentrée, ou construit des appareils dans lesquels les colonnes de distillation et de rectification ne sont pas superposées, mais établies sur le même plan l'une à côté de l'autre. En outre, il arrive souvent qu'avec les appareils de grande production, cette juxtaposition est nécessitée par le manque de hauteur du bâtiment de la distillerie.

Appareil (TEllenberger, — La figure 120 représente un dispositif de ce genre construit par Ellenberger, de Darmstadt. Dans la colonne qui se trouve à droite dans le dessin, le moût est désalcoolisé au moyen de vapeur directe ou d'échappement et la vinasse est évacuée par le régulateur fonctionnant automatiquement. Un petit appareil de contrôle permet de se rendre compte à chaque instant du degré d'épuisement de la vinasse.

De la colonne à moût, les vapeurs alcooliques passent dans la colonne rectificatrice qui se trouve à côté. Ce mode de construction permet de séparer et de recueillir isolément les pro-

DISTILLATION ET APPAREILS DISTILLATOIRES 41d

duits, ce qui fait de la vinasse une nourriture plus saine pour le bétail.

Le condensateur établi au-dessus de la colonne rectificatrice agit comme déflegraateur et, en échaufiTant le moût, il permet en môme temps de réaliser une économie d'eau et de vapeur.

Les vapeurs alcooliques à haut degré sortent du condensateur pour aller se liquéfier dans le réfrigérant.

Appareil de C. Heckmann. — La figure 121 représente une excellente disposition d'appareil continu à deux colonnes. L'appareil fournit un alcool à 96-97 p. 100 en volume et il est construit par G. Heckmann, de Berlin.

 l'aide de la pompe P, le moût est refoulé continuellement par le tube a dans le chauffe-vin D et de ce dernier il se rend par le tube b dans un deuxième chauffe-vin Y, duquel il passe dans la colonne à moût. Dans celle-ci, le moût descend de compartiment en compartiment pour s'écouler finalement, dépouillé d'alcool et à Tétat de vinasse, par le régulateur R. La vapeur de chauffage pénètre au bas de la colonne et par le tube c elle passe sous forme de vapeur assez chargée d'alcool dans la colonne à esprit C.

Tandis que la partie supérieure de cette colonne sert à enrichir les vapeurs qui y pénètrent, la partie inférieure (au-dessous du tube c) a pour but de dépouiller du reste de son alcool le liquide retombant de la colonne à esprit.

Les vapeurs qui s'élèvent de la colonne G sont à très haut degré, grâce à la disposition de la colonne et à son fractionnement bien conçu; elles se rendent par le tube k dans le déflegmateur, où elles réchauffent le moût arrivant par a et sont encore déflegmées plus fortement par Teau pénétrant par />, de sorte que ce qui rétrograde par / est à un degré très élevé.

Les vapeurs non condensées en D se rendent dans le réfrigérantK, duquel, complètement liquéfiées etrefroidies, elles passentà l'intérieur d'une cloche de verre, où Ton peut les voir, les mesurer et les peser, dans le récipient S, d'où elles sont ensuite évacuées.

Le réfrigérant de contrôle N permet de s'assurer du degré d'épuisement de la vinasse et des produits de queue, i sert à indiquer la pression qui règne à l'intérieur de l'appareil ; r^ r sont

Fig. m. — Appareil de Ueokmuui.

des ouvertures par lesquelles on peut introduire la main à l'intérieur de la colonne.

DISTILLATION ET APPAREILS DISTILLATOIRES 43t

Éprouveite. — Occupons-Dous maiotenant du dispositif qui est

adapté aux réfrigérants de tous les appareils distillatoires et qui sert

pour contrdler à tout iostant l'écoulement de l'alcool; on donne à

ce dispositif le nom à'éprouvelle.

La figure 122 représente une éprouveite ordinaire en laiton avec cloche de verre. L'alcool venant du réfrigérant entre par le tuyau latéral de droite, il monte dan» l'autre branche, s'échappe par son

Fig. 122. Fig. 123.

Eprouveite oriliDairi:. Rêi'ipieDt ù. alcool avec éprouveUe.

orifice supérieur disposé en forme de gouttière et s'écoule par le tube de gauche. Dans le tube que recouvre la cloche Ootte l'alcoo» mètre destiné à contrôler la force du produit. Un tube de sûreté recouvert d'un capuchon permet le dégagement de l'air de l'appar reil distillaloire et du réfrigérant, ainsi que de l'acide carbonique provenant du moât ; sans ce tube, l'air et l'acide carbonique passeraient dans le tube coudé et projetteraient le distillalum avec l'alcoomètre, qui serait alors brisé.

La Ggure 123 représente l'éprouvette combinée avec un récipient en cuivre, qui sert pour mesurer la quantité d'alcool obtenue et

i2i MANUEL DE DISTILLERIE

qui peut être construit dans toutes les dimensions, suivant les

besoins de la distillerie.

La figure 124 montre une éprouvette disposée d'après les prescriptions de la loi actuellement en vigueur en Allemagne. D'après ce qui vient d'être dit, le dessin n'a besoin d'aucune explication.

^ I Nous ne ferons que mentionner ici

l'éprouvetle Savalle ordinairement employée en France, sa description devant èlre donnée plus loin k proposdes appareils de ce constructeur.]

Acanlages des appareils continus.

Si l'on compare les appareils à chaudières dits périodiques avec les appareils continus, on trouve en faveur de ces derniers les avantages suivants :

r Us permettent de distiller le moût beaucoup plus rapidement que les appareils à chaudières et , par suite de cela, ils consomment moins de vapeur, c'est-à-dire de combustible ;

2^ Ils fournissent en général un distillalum avec un degré plus élevé.

Mais le service et le maniement des appareils continus exigent beaucoup plus d'attention et de pratique que la conduite des appareils à chaudières. Il arrive assez souvent que la vinasse sortant d'appareils continus renferme encore de petites quantités d'alcool, ce qui ne se produit jamais avec les appareils périodiques à deux chaudières, mais assez fréquemment avec ceux à une seule chaudière.

Lorsqu'on achète de nouveaux appareils distiltatoires, le mieux est de toujours choisir pour les petites usines (jusqu'àSOOO litres de capacité de cuve par jour) un appareil périodique à deux chaudières, avec lequel, sa construction et son maniement ne laissant rien à

désirer, on peut compter sûrement sur une désalcoolisation complète de la vinasse et des produits de queue, ce qui, je le répète, est beaucoup moins fréquent avec des appareils à une seule chaudière. Avec ces derniers, la distillation doit être conduite avec les plus grandes précautions, et il ne faut jamais négliger de contrôler fréquemment la vinasse et les produits de queue. En outre, il faut donner la préférence aux dispositifs qui permettent d'envoyer séparément à Tégout ces derniers produits, par conséquent de ne pas les réunir à la vinasse. Mais il faut éviter les appareils à chaudières, dans lesquels le récipient des produits de queue n'est pas chauffé par un tube de vapeur particulier. Si alors ce récipient a un tuyau de vidange conduisant directement à Tégout, il en résulte fréquemment des pertes d acool, dont le plus souvent on ne se doute pas.

Si Ton veut obtenir un distillatum aussi riche que possible en alcool, on établit un appareil à deux chaudières avec colonne à produits de queue* et une colonne à rectification juxtaposées et un grand déflegmateur (voy. fig. 118).

Relativement à Tacquisition des appareils continus, il faut, ce qui est encore plus important que pour les appareils périodiques, s'adresser à des fabriques sûres et renommées, qui savent établir une construction exactement suivant les règles. En outre, il faut se faire garantir une distillation parfaite, c'est-à-dire l'absence complète d'alcool dans les produits de queue et dans la vinasse, ainsi que la force moyenne du distillatum et le délai nécessaire pour la distillation d'un hectolitre de moût. En même temps, il ne faut pas oublier que la distillation du moût doit être terminée dans un espace de temps égal à celui qu'exige la préparation du moût frais. Toute la distillation peut alors être etTecluée avec la vapeur des machines.

[Les appareils distillatoires continus, dont il a été question jusqu'ici, ne sont guère employés qu'en Allemagne; nous allons maintenant nous occuper de ceux qui sont généralement usités en France.]

* [Ces produits^ dont il a été fréqueiuinent question, ne sont autre chose que les huiles de fousel mêlées avec de Teau ; ils sont désignés en Allemagne sous le nom ^^ Lutter (voy. Chap. IX, Purification ou raffinage de V alcool 6?*^/).]

Appareils Egrot. — Parmi les appareils conatruiU par Eakot, les plus petita, dans lesquels on peut traiter jusqu'à 300 hectolitres

Pif. 1£i. — Appareil Egrot avec chauffoige à feu du.

par vingt-quatre heures, peuvent être chauffés à feu nu o« i l> vapeur, et les grands, de 300 à 1 000 hectoUlres, à la vapeur >ealement.

La figure 135 représente un appareil avec chauffage à feu M*

a est la chaudière (en cuivre), de laquelle la vinasse épuisée s'écoule sans interruption par le tube-siphon è. Â est la colonne de distillation, formée de quatre à six plateaux, D la colonne de rectification, £ le tube amenant les vapeurs au serpentin réfrigérant, qui se trouve dans le chauffe-vin F; G est le réfrigérant, V l'éprouvette de sortie de l'alcool condensé, K le tuyau établissant la communication entre le chauffe- vîn et le premier plateau; N est le tube de rétrogradation avec roliinets conduisant à la colonne de rectification D ; R est le bac régulateur de l'écou-

Flg. 136. — Plateau Egrot; coupe verticale.

lement du moût, J l'entonnoir d'entrée du moût el J' l'entonnoir d'entrée de l'eau de réfrigération.

Les plateaux dont se compose la colonne de distillation A offrent une disposition toute particulière, qui est représentée en coupe verticale et en plan par les figures 126 et 127. Le moût arrivant d'un plateau supérieur par le tuyau a parcourt dans le sens des flèches l'anneau extérieure (^, descend en c et parcourt en sens inverse c d. II suit de même les quatre anneaux concentriques disposés les uns au-dessus des autres, comme le montre la figure 120. Enfin, arrivé au centre du plateau, en 0, le moût descend sur le plateau inférieur, où il recommence une circulation semblable. La surface du plateau est, comme on le voit, utilisée de telle sorte que le moût y parcourt un chemin très long; en outre, la disposition en cascade lui permet d'effectuer ce long parcours avec une grande régularité de niveau; enfin, les nombreux petits bouilleurs K, interposés sur le passage du liquide, le divisent, le brassent et assurent son contact intime sur les vapeurs montantes.

Pour mettre l'appareil en activité, on ouvre le robinet du bac R et on laisse le moût s'écouler par J dans le réfrigérant G, le chauffe-vin F et sur les plateaux de la colonne A, sans le laisser

pénétrer jusque dans la chaudière a, si l'on distille à feu nu. Ou remplit alors a avec de l'eau ; mais si l'on travaille à la vapeur, on laisse aussi le moût arriver eu a. Le mode de fonctionnement de l'appareil est maintenant facile à comprendre, d'après la description qui vient d'en être donnée. Il permet d'obtenir des produits dont on peut faire varier le degré depuis 60 jusqu'à 80". Le moût ne reste dans la colonne de distillation que dix à quinze minutes. Cet appareil oITre les avantages suivants : Il prend peu de place et comme il ne se compose que d'un petit nombre de pièces, il est

Elg. 127. — Plateau Egrol; plan.

facile à monter partout; n'offrant à l'air ambiant qu'une surhce peu étendue, le refroidissement produit par ce dernier est peu considérable et par suite la consommation de combustible n'est pas très élevée. Les plateaux qui Forment la colonne n'étant jamais bien nombreux (quatre à six suivant la force du produit que l'on veut obtenir], la pression à surmonter est peu considérable, ce qui permet un travail plus régulier, une production meilleure et moins d'entraînement de moitt vers l'appareil réfrigérant. Lorsqu'on veut obtenir un alcool concentré (80") , ainsi que lorsque le moût est très riche en alcool (10 à 12 p. 100}, il faut augmenter de un ou deux le nombre des plateaux de distillation. La ligure 128 représente un appareil Egrot avec chauffage à la

DISTILLATION ET APPAREILS DISTILLATOIRES iVI

vapeur, qui permet de produire de premier jet des alcools à 85-90° G.~L. ; pour cela, il a follu ajouter à l'appareil précédent le cha-

Flg. 1^8. — Ai>par<.'il Egrot avec chauffage à [a. vapeur.

piteau rectificateur E, dont le fonctionnement nécessite un petit courant d'eau amené par le robinet e. P est un régulateur de

vapeur*, au moyen duquel le chauffage par la vapeur, amenée par un serpentin ou un barboteur, est obtenu absolument uniforme.

Appareils Saval/e. — Les appareils de Savalle sont des appareils à colonne, qui généralement ne fournissent que des alcools peu concentrés — 4j à 60** — et sont surtout destinés au travail de moûts clairs comme les moûts de betteraves et de mélasses. Ils sont très répandus en France et en Belgique, où le plus souvent on traite de grandes masses de matières premières Seulement pour alcool bnit [flegmes). Sous cette forme le produit ne peut pas être livré au commerce, ni consommé, et il est généralement, dans la distillerie même, transformé en un produit à haut degré commerciale t consommable; pour opérer celte transformation, on sou-

Fig. 129. — Plateau des colonnes Savalle.

met l'alcool brut à une nouvelle distillation [recliftcalion)^ combinée avec une épuration physique ou chimique (voy. Chap. IX).

Pour ce mode de travail, les appareils de Savalle sont supérieurs aux autres dispositifs. Ils permettent, avec un travail très régulier et très sûr, d'épuiser complètement de très grandes masses de moût et ils fournissent un produit tout à fait convenable pour la rectification.

Les colonnes distillatoires des appareils Savalle sont chauffées au moyen de vapeur introduite dans leur partie inférieure et dont l'afflux est réglé au moyen du régulateur automatique dont il sera question plus loin. Elles se composent d'éléments ou plateaux rec-

^ [Il existe actuellement un certain nombre de régulateurs de vapeur se rapprochant tous plus ou moins du système Savalle, qui sera décrit plus loin. Indépendamment du régulateur Egrot, mentionné plus haut, nous citerons ceux de Barbet, de P. Kyll et de £. Guillaume (ce dernier construit par Egrot et Grange). E. Guillaume a également imaginé un régulateur automatique de l'arrivée de Teau aux réfrigé* ranis et un appareil analogue pour régler Parrivée du moût dans les appareils distillatoires. J

DISTILLATION ET APPAREILS DISTILLATOIRES 42f

tangulaires, au nombre de 15 à 2S, suivant la destination de Tappareil. Chaque plateau (fig. 129) retient une certaine hauteur de moût réglée par un trop-plein a et, comme ce dernier plonge dans le liquide du plateau inférieur, les vapeurs plus ou moins alcooliques formées dans un tronçon de la colonne ne peuvent arriver au tronçon supérieur parle tube de trop-plein; elles s'échappent alors par des orifices longitudinaux 6, s*élevant un peu au-dessus du niveau des trop-pleins, orifices qui sont recouverts de calottes longitudinales c en forme de toits, dont les bords plongent dans le liquide recouvrant le plateau. Les vapeurs, avant de s'échapper, sont par suite forcées de passer à travers le liquide, où elles entretiennent Tébullition et s'enrichissent un peu en alcool avant de pénétrer dans le tronçon immédiatement supérieur, et ainsi de suite.

Maintenant, supposons la colonne pleine de moût, c'est-à-dire chaque plateau recouvert jusqu'au niveau du trop-plein. La vapeur, qui arrive au bas de la colonne, porte à Tébullition le moût contenu dans le tronçon inférieur ; les vapeurs alcooliques faibles qui y sont ainsi produites passent dans le tronçon immédiatement supérieur, y provoquant à leur tour l'ébuUition, s'enrichissent de l'alcool du moût qui s'y trouve et ainsi de suite de plateau en plateau, jusqu'à ce que les vapeurs parvenues à la partie supérieure de la colonne, passent de celles-ci dans le réfrigérant. Le moût contenu dans les tronçons s'est appauvri successivement, celui du plateau inférieur ne renferme même plus du tout d'alcool (vinasse)* On fait alors arriver d'autre moût à la partie supérieure de la colonne ; ce moût descend de plateau en plateau par les tubes de trop-plein, déplace celui qui s'y trouvait primitivement et force la vinasse épuisée du dernier tronçon à abandonner ce dernier. Les vapeurs alcooliques, dans leur mouvement ascendant de plateau en plateau, traversent donc du moût de plus en plus riche, tandis que ce liquide va au contraire en s'appauvrissant dans son mouvement en sens inverse. L'alimentation de l'appareil doit donc être réglée de façon que la quantité de moût introduite dans la colonne ne soit pas trop abondante et que son passage soit assez lent pour obtenir l'épuisement complet de la vinasse.

Le régulateur automatique de chauffage des appareils Savalle est représenté en coupe verticale par la figure 130. Son organe

principal est un flutteur C, qui a pour foocUon d'ouvrir et de fermer UD robinet de vapeur E, adapté sur les tuyaux amenant la vapeur de chauiïage des colonnes. On verse de l'eau froide dans la

Flg. 130. — Régulateur automatique de vapeur, syilèuie Sivollc.

bâche inférieure A, jusqu'au niveau de la tubulure F, par laquelle la pression de la vapeur dons l'appareil à régler se transmet au régulateur, par laquelle s'échappe aussi le trop-plein d'eau de A. Afin d'assurer toute sécurité au régulateur, on a ménagé en A une chambre d'air, qui forme matelas entre la vapeur de pression et la couche d'eau ; sous cette pression, l'eau monte pai' le tube B dans

la bâche supérieure, soulève à un moment donné le flotteur G et met en jeu le levier P, qui ouvre ou ferme la soupape du robinet distributeur E.

L'éprouvetie par où s'écoule Talcool offre une disposition ingénieuse, que nous allons indiquer avec quelques détails ; elle constitue le complément indispensable de tous les appareils à distillation continue, ainsi que des appareils de rectification. Le dispositif imaginé par D» Sav.vlle et appelé par lui éprouve tte-jauge a pour

Fig. 131. — Eprouvelte Savalle.

principe Técoulement difTérentiel, par un orifice donné, des liquides soumis à des pressions difTérentes. L'appareil, muni d'un thermomètre et d*un alcoomètre, indique en même temps au distillateur la température, le degré, la vitesse d'écoulement de l'alcool et, dans le cas où il est appliqué à un rectificateur, le moment où le produit doit être goûté, afin d'en opérer le fractionnement. La figure 131 représente la disposition de cet appareil, dont voici le mode de fonctionnement.

L'alcool arrivant du réfrigérant par le tube B emplit d'abord la tubulure G, autour du tube gradué F, baigne le robinet de dégusta-

tioD D et monte pour se déverser graduellement par Torifice d'écoulement pratiqué en F sur le tube gradué. Cet orifice est ûxe pour un même appareil et se trouve, une fois pour toutes réglé lors de la mise en marche ; mais il doit nécessairement varier avec le débit des différents appareils, et, en se rappelant que pour un débit de 100 lit. à l'heure, la section de Torifîce d'écoulement repré* sente 15 mm', on pourra facilement calculer la grandeur à donner à cet orifice pour chaque appareil. N'ayant qu'une section d'ouverture restreinte, le jet d'alcool ne peut passer en entier que si la pression l'y oblige. Le niveau du liquide s'élève alors dans Téprouvette jusqu'au point où la pression qu'il exerce sur l'orifice d'écoulement devient assez forte pour faire débiter à l'orifice le volume de l'alcool qui arrive. Le niveau du liquide de l'éprouvette subit ainsi des variations que l'on constate sur la graduation, dont chaque division correspond à un volume différent et indique la quantité d'alcool écoulée par heure.

De l'éprouvette, les alcools se rendent dans un réservoir de distribution G, muni de trois robinets, au moyen desquels on opère le fractionnement des produits (lorsqu'il s'agit d'une rectification de flegmes). Le robinet K communique avec le réservoir destiné aux alcools mauvais goût ; par I on évacue les alcools secondaires et par J les alcools bon goût. En plongeant dans l'éprouvette* un alcoomètre et un tliermomètre, on pourra à chaque instant se rendre compte du degré et de la température de l'alcool qui passe à la distillation.

La figure 132 représente un appareil Savalle, construit en fer ou en cuivre, suivant la nature des moûts à distiller, et qui donne un produit à 45-60"" Gay-Lussac. Dans cet appareil, la vapeur de chauffage est introduite directement à la partie inférieure de la colonne, et l'eau résultant de sa condensation vient se mélanger avec les vinasses et les diluer.

Pour éviter cette dilution dont les inconvénients se font surtout sentir lorsqu'on distille des mélasses, dont les vinasses doivent ètro évaporées en vue de leur traitement pour sels potassiques, Savallk a imaginé un dispositif dans lequel les vapeurs produites par chauf-fage, dans un système tubulaire, des vinasses sortant de la colonne sont employées au chauffage de celle-ci. Ce dispositif, qui est repré*

Fig. 132. — Appareil Savalle à coloone reclangulaice.

i3i UANUEL DE DISTILLERIE

sente en section verticale par la ligure 133, [onclionne de la manière suivante : la vapeur du générateur arrivant par le tube i ae jette autour de la paroi extérieure des tubes, cède sa chaleur à la vinasse contenue dans ceux-ci et sort condensée par le robinet 8, tandis que la vinasse, qui s'écoule continuellement

Fig. 133. — Sy9téiue tubulaire pour le chauffage des coIoddcs Savalle.

par le tuyau x, vient remplir la série tubulaire et sort sans interruption par le robinet 7; les vapeurs produites par la vinasse se rendent dans la colonne distillatoire par le conduit y; un gros tube z, établi au milieu du faisceau tubulaire, aide la circulation de la vinasse, qui est élevée par l'ébuUition à la partie supérieure des tubes et ramenée par l'entonnoir et le tube z dans le réservoir inférieur.

Fig. 131, — Appareil Savalle avoc Bjitéuie tubuloire de chauffage.

L'indicateur de niveau 10 permet de se rendre compte de la hauteur de la vinasse dans le réservoir G.

La Ggure 134 représente un appareil avec système tubulaire de

FIg. 13S, — Appareil pour le eontrtle continu des

chauffage ; cet appareil ne donne également que de l'alcool à 45- 60' et, comme celle du précédent, sa disposition est facile à comprendre Bans une description spéciale.

Savalle construit également des appareils distillatoires h colonne rectangulaire, à l'aide desquels on peut obtenir des produits marquant 90 à 95* G.-L. U établit aussi des dispositif spéciaux pour

la distillation des moûts épais, avec récupération de la chaleur des vinasses.

Avec les appareils à distillation continue, il est indispensable d'essayer fréquemment les vinasses sortant des colonnes^ afin de s'assurer si leur épuisement est bien complet. C'est ce que Ton peut faire en distillant une certaine quantité de vinasse dans les appareils dont il sera question dans le Chapitre XI, à propos de la détermination de la richesse alcoolique des moûts fermentes. Mais il est toujours préférable de se servir pour cet essai du dispositif imaginé par Savalle, lequel permet un contrôle continu^ sans aucune manipulation, puisqu'il suffît d'y faire arriver la vapeur des vinasses à la sortie des colonnes.

Ce dispositif peut être établi à côté de tout appareil distillatoire ; il est représenté par la figure 13S. a b est une petite colonne rectificatrice, dans laquelle en fait arriver, par le robinet g^ la vapeur des vinasses. Cette vapeur s'analyse en traversant la colonne a 6 et une sorte de chaufTe-vin, disposé dans un vase plein d'eau c, qu'on laisse chauffer de façon à régler la vitesse delà distillation ; d est un réfrigérant pour la condensation des vapeurs et e l'éprouvelte dans laquelle on plonge l'alcoomètre /. Un petit tube manométrique h indique la pression dans l'appareil. Les liquides condensés dans la colonne s'écoulent au dehors par le siphon /.

Appareil Champonnois. -> La figure 136 représente cet appareil tel qu'il est actuellement construit par P. Barbier. La colonne distillatoire, qui est en fonte, se compose de plateaux munis au centre d'une ouverture a (fig. 137), recouverte par une calotte c, se prolongeant horixontalement sous forme d'une étoile à six branches i; chacune de ces branches est soutenue à quelques centimètres du plateau au moyen d'un rebord dentelé o. Grâce à celte disposition, la vapeur qui ne s'est pas condensée sur la face inférieure de la calotte est obligée pour passer dans l'espace compris entre le plateau qu'elle traverse et celui qui se trouve immédiatement audessus de barboter à travers les dentelures des branches de la calotte. A la partie supérieure de la colonne et occupant la hauteur ile trois ou quatre plateaux, on a établi un analyseur consistant en une série de tubes de cuivre verticaux et à section elliptique ; cet

438 HANUBL DE DISTILLERIE

analyseur concentre les vapeurs alcooliques qui s'échappent de la

Fig. 13ti. — Appareil CliauipoDoois.

colonne et circulent à l'inténeur des tubes avant de passer dans le réfrigérant.

Le dispositif de chauffage, qui se trouve à la partie inférieure de la colonne, consiste en une série de tubes horizontaux recourbés en U, à l'intérieur desquels circule de la vapeur, et l'eau de condensation de celleycî, retournant directement au générateur, on évite ainsi la dilution de ta vinasse.

Le moût à distiller pénètre d'abord dans le réfrigérant par sa partie inférieure; il en sort ensuite, après s'être échauffé par la partie supérieure ; de là, il se rend dans un dispositif analogue, dans les tubes duquel circule la vinasse sortant de la colonne; ta vinasse est ainsi refroidie à la température de 60" et peut alors être immédiatement envoyée aux cuves de macération ; du réfrigirant à vinasses (qui se trouve en bas et à droite dans la figure), le moûtremonte par un tuvau vertical,

\ ■' ' Fig. i:n. - Plateaux des colonnes

qui le conduit dans 1 analyseur exté- champonnoia.

rieurement autour des tubes traversés par les vapeurs alcooliques et par un tube recourbé, que l'on voit à la partie supérieure de la colonne, il pénètre dans celle-ci vers le cinquième ou le sixième plateau; puis (descendant de plateau en plateau par tes tubes de trop-plein b, Og. 137} il arrive finalement au bas de la colonne à l'état de vinasse , c'est-à-dire dépouillé de son alcool, tandis que les vapeurs alcooliques se rendent au réfrigérant, où elles se condensent et coulent à l'éprouvette.

On peut avec cet appareil obtenir des flegmes marquant jusqu'à 83" G.-L.

Appareil Colletlc. — Cet appareil est spécialement construit pour la distillation des moûtx épais; il est représenté par la figure 138. Sa colonne distillatoire se compose d'une série de plateaux rectangulaires Â, A, A, disposés en chicane ; chaque plateau est fixé par trois de ses côtés sur la paroi de la colonne, le quatrième côté restant libre et son bord étant distant de plusieurs centimètres de la paroi qui se trouve vis-à-vis de lui; en outre, ce côté est terminé par une lame de cuivre repliée verticalement par en bas et dentelée sur toute sa longueur. Chacun des plateaux est percé d'un grand

nombre de trous, jusqu'à la ligne qui correspond & la lame dentelée

da plateau supérieur.

Le moût k distiller, déversé an sommet de la colonne , coule

F)g. 138. — Appareil Collette pour la distillation des moùti Cptia.

nir le premier plateau, tombe à son extrémité et anÎTe sur )e l4at8au immédiatement inférieur, d'où il tombe comme du premier

sur le troisième plateau, et ainsi de suite jusqu'au bas de la colonne, où il arrive finalement épuisé d'alcool. Les vapeurs produites par un plateau traversent le trou du plateau qui lui est immédiatement supérieur et viennent barboter à travers le liquide qui le recouvre.

Le fonctionnement de Tappareil est automatique. Celui-ci est muni d'un régulateur à vapeur, d'un régulateur de sortie des vinasses, d'un chaufTe-vin, d'un épurateur et d*un dispositif permettant de vérifier le degré d'épuisement des vinasses. Il donne des flegmes à haut degré et d'une parfaite limpidité.

Suivant Warein et Defrance, les constructeurs de l'appareil, ce dernier n'exigerait qu'une dépense de 120 kg. de charbon par hectolitre d'alcool pour tout le travail, depuis le maïs en grains jusqu'à l'alcool expédié.

Appareil horizontal Sorel, — Cet appareil (fîg. 139) est construit spécialement pour la distillation des moûts épais, 11 difTère, comme on le voit, de ceux qui viennent d'être décrits en ce que la colonne distillatoire, au lieu d'être verticale, est établie horizontalement; les obstructions sont ainsi rendues moins faciles et l'appa* reil peut être établi dans un local peu élevé.

Le fonctionnement du dispositif en question est basé sur ce fait, qu'un liquide chaud étalé en couches minces en contact avec un courant de vapeurs alcooliques se met immédiatement en équilibre avec elles, et la vapeur du courant prend la composition de celle qui se dégage du liquide.

La colonne horizontale Sorel est disposée intérieurement de la manière suivante :

Un cylindre horizontal est divisé en deux parties par un joint horizontal passant par Taxe; chaque moitié est subdivisée en une vingtaine de compartiments par des cloisons transversales, formant, une fois la colonne montée, autant de chambres; les cloisons inférieures sont munies alternativement à droite et i gauche d'échanerures permettant la circulation des liquides et d'oriflces ronds pour le passage des arbres.

Un ou plusieurs arbres parallèles à Taxe portent chacnn un disque dans chaque chambre ; ce disque est muni d'une palette

442 MANUEL DE DISTILLEDIE

qui passe à une dislance 1res faible des cloisons et du cylindre, de Façon à empêcher tout dép6t. En outre, chaque fois que la palette BOrtdu liquide, elle produit une petite vague, qui oblige le liquide à passer par-dessus l'échancrure de la cloisson dans le compartiment suivant. 11 y a donc circulation d'un bout à l'autre de la

Fig. 139. — Appareil hoiiiontal de Sorel.

colonne, sans que les contenus de deux compartiments successifs puissent se mélanger accidentellement.

La vapeur circule en sens contraire du mouvement des liquides; les obstacles présentés alternativement par les cloisons et par les disques les forcent à lécher leurs surfaces imbibées de liquide, à eu vaporiser l'alcool, en un mot à produire l'épuisemeot.

Cet appareil, qui fonctionne industriellement depuis 1891, est

appliqué avec succès aux moùls épais de pommes de terre ou de grains saccharifiés par le malt. Il produit à volonté une tri-s lionne eau-de-vie ou de l'alcool à fort degré.

Parmi les appareils & distiller tes moûL-ii'-paia, nous devons aussi mentionner la colonnf inclinép, imaginée récemment par E. Guillaume et construite par EunoT et Gha:(GÉ.

Citons, enfin, l'appareil de E. Barbet, qui forme en quelque sorte le terme de passage aux appareils de rectification.

Appareil de E. Barbet. — Cet appareil permet d'obtenir directement un produit à haut degré, avec une pureté suffisante pour n'exiger que peu de dépense pour son raffinage ultérieur. Sa construction a pour point de départ les considérations suivantes :

Les flegmes marquant un degré alcoolique élevé exigent pour leur obtention une dépense de vapeur beaucoup plus grande que les flegmes & bas degré et, étant très impurs, ils ne donnent pas à la rectification un meilleur alcool que ces derniers. Si l'on veut obtenir un résultat industriel correspondant au sacrifice de vapeur, il faut, lors de la distillation,

éliminer unegrande partie desimpu- ^-^ ,,^ ^^^^^.^ ,^ ^ ^^^^^ retés (produits de tête et produits de

queue}, tj'est précisément ce que l'on peut faire à l'aide de lappareil imaginé par E. Bakbet.

Dans cet appareil, qui est représenté par la figure 140, les produits de tête sortent par l'éprouvette de gauche dans la proportion

de 2 à 4 OU 6 p. 100; la seconde éprouvette donne l'épreuve de l'épuisement ; la troisième sert à l'extractioD des huiles amyliques ; enfin, la quatrième donne de l'alcool à 93°, presque complètement débarrassé des prodoits impurs et dont le rafânage ultérieur est ainsi rendu très facile et peu coûteux, car le produit ainsi obtenu

fig. 11[. — Baltcric Je pompes Egrot, type Ameriea.

ne conserve plus que son odeur d'origine ', dont il est facile de le débarrasser à peu de frais par une simple fiUration sur le charbon ou une seule rectilication.

Il alimentation des apparnUs distillatoires a lieu au moyen de

' [S'il s'agissait de vin, (le ciilre, de TniiU ou de canne, l'odeur d'origine, loin ■l'être un inconvénient, serait ou contraire une préciense qualité ; inaii qnand on distille des betteraves, par exemple, si faible que soit cette odeur, elle cotutitue on iDconTenient qu'il faut faire disparsllre.]

pompes de divers systèmes, parmi lesquels nous devons mentionner spécialement la pompe dite America, construite par EGROT(fig. 141), qui comprend, réunies sur un b&ti unique, toutes les pompes nécessaires à une distillerie et le moteur à vapeur qui les commande. La batterie se compose d'une pompe à eau en fonte, d'une pompe à moût en bronze et d'une pompe à jus fermenté également en bronze, pouvant fonctionner ensemble ou séparément.}

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