‹ Manuel de droit international public (volume 2)Chapitre 88 sur 152 · CINQUIÈME PARTIS · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIS

les Etats ne doivent pas chercher à Téviter, ils le doivent au contraire ; mais c'est justement parce qu'ils ne sont pas à même d'y parvenir, parce que la connaissance de leurs devoirs, de leurs droits et de leurs intérêts respectifs est encore trop incomplète, et parce que la politique est encore un empirisme assez grossier au lieu d'être une science, que la guerre éclate si souvent. Elle est toujours, de la part des Etats, une preuve d'impuissance intellectuelle et morale k comprendre le véritable rapport de leurs formes et de leurs intérêts respectifs et à le bien déterminer » (1).

Les mêmes auteurs constatent que les Etats sont représentés par des gouvernements et composés par des nations. Gouvernements et nations ont leur passions, et ces passions, avec leurs emportements, leurs colères, leurs méprises et leurs erreurs, conduisent fréquemment les Etats à se déclarer la guerre. — Le progrès de la civilisation ne fait pas disparaître les passions ; il ne fait que les transformer et qu'en changer les objets. Les passions religieuses ne sont guère plus en Europe des causes de guerre ; mais les théories de la Révolution, les systèmes des nationalités, des frontières naturelles, ont suscité des ambitions et des haines nouvelles, et provoqué des luttes rendues plus terribles et plus sanglantes par les progrès des sciences. — Et que réserve au monde l'avenir, quand s'accentuera le conflit, aujourd'hui latent et contenu, du monde civilisé et de l'empire chinois ?

(1) FuQck-Breatano et Sorel, Précis du Droit des gens» Uv. Il, ch. I, p. 235.

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